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Chacun sa monnaie commune !

Sommet européen : créer un euro du Nord est-il le seul moyen de sauver l'Europe de l'austérité ?

Publié le 13 décembre 2012
Les dirigeants européen se réunissent à Bruxelles les 13 et 14 décembre. Quatre ans après le début de la crise économique et financière, l'Union européenne est désormais aux prises avec une crise budgétaire. A moins que les véritables causes de la crise soient monétaires...
Nicolas Goetzmann est gérant de fortune privée, ancien gérant de portefeuilles. Diplômé du Master Finance Banque de la Luxembourg School of Finance, et d'une Maîtrise en droit des affaires de l'Université Robert Schuman de Strasbourg. En 2012,...
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Les dirigeants européen se réunissent à Bruxelles les 13 et 14 décembre. Quatre ans après le début de la crise économique et financière, l'Union européenne est désormais aux prises avec une crise budgétaire. A moins que les véritables causes de la crise soient monétaires...

Atlantico : Les dirigeants européens se réunissent le 13 et 14 décembre alors que la zone euro est toujours en crise. Les politiques d'austérité semblent pour l'instant inefficaces, voire contre-productives et les pays du Sud continuent à s'enfoncer dans la récession. Finalement ne se trompe-t-on pas de diagnostic ? La crise que traverse actuellement la zone euro est-elle budgétaire ou monétaire ? 

Nicolas Goetzmann : C'est tout le problème. Nous vivons une crise de la demande, et la demande est sous la responsabilité de l'autorité monétaire, le pouvoir budgétaire ne peut rien ici. Il faudra bien changer de diagnostic pour s'attaquer à la cause de la crise, plutôt qu'au symptôme qu'est la dette. Nous avons un problème de doctrine monétaire, c'est ce sujet seul qui devrait être au cœur du débat. 

La difficulté tient au fait que toute révision de notre doctrine monétaire suppose une refonte du traité de Maastricht, et que cela suppose une importante force politique. De nombreuses banques centrales (Japon, Royaume Uni, Etats Unis) sont en train de faire le même constat et s’apprêtent à modifier leur façon d’agir. Cette pression extérieure devrait pouvoir accélérer les choses.

Philippe Herlin : La crise est d'abord monétaire : l'euro ne convient pas à tous les pays européens, il serait temps que les autorités européennes s'en rendent compte ! L'ajustement budgétaire ne peut suffire à lui tout seul. 

Paul Goldschmidt : La politique monétaire n'est pas le problème essentiel. Sans structure fédérale permettant des transferts de ressources pour que la solidarité se manifeste, il est évident que la politique monétaire telle qu'elle est conduite n'est pas adaptée à une telle situation. Une monnaie sans Etat ne peut pas fonctionner à la longue. On arrive très vite au bout des possibilités. Il y a dans le livre de Daniel Cohn Bendit et Guy Verhofstadt Debout l'Europe ! une phrase extrêmement puissante : il est possible d'envisager un État sans monnaie, mais on ne peut pas envisager une monnaie sans État.

George Dorgan : En fait, il n'y a jamais eu de « crise de l'euro », dans le sens d'une crise de tous les pays de la zone. La crise de l'euro est toujours resté une crise de la périphérie, des pays trop faibles pour avoir la même monnaie que l’Allemagne.

Pour la première fois, il semble que l'Allemagne est fortement affectée aussi. Je ne pense pas que cela devrait durer. L'Allemagne et les autres pays du Nord profitent actuellement d'un cours d'échange euro/dollar extrêmement favorable et ont augmenté leurs balances commerciales avec les Etats Unis, l’Asie et la France. Les Américains ne créent pas assez d'emplois car l’incertitude est trop élevée mais aussi parce que le dollar est trop fort par rapport à l’euro.

Les pays faibles se trouvent dans un cercle vicieux : plus d'austérité, moins d'achats, des salaires qui doivent baisser selon la Commission européenne pour augmenter la compétitivité.  Comme cela n’est pas tellement facile, les gens sont licenciés. Il n'y a pas de capitaux étrangers pour financer ni pour innover. Résultat : encore moins d'achats et encore plus d'austérité pour satisfaire le « Fiscal Compact » ... et donc encore plus de chômage. 

A la fin, on arrive éventuellement à réduire les dettes, mais on réduit aussi le ratio produit intérieur/dettes, parce que le produit intérieur diminue. Après quelques années, les leaders vont se rendre compte que le processus des pays faibles pour gagner en compétitivité va durer quinze ou vingt ans ... jusqu'à ce que le coût du travail, en Espagne, passe des 32 euros actuels à 25 de l'heure tandis que ceux des Slovaques passeront sur le même laps de temps de 12 à 25.

Pendant ces 20 ans, l’incertitude va freiner le progrès en Allemagne tout en demandant d'importantes dépenses pour soutenir le Sud.

 

Quels risques courraient les pays les plus fragiles de la zone euro s'ils devaient être amenés à en sortir ? Pourquoi est-ce un scenario que l'Union se refuse à envisager ? 

Nicolas Goetzmann : Toute sortie fragiliserait durablement l’ensemble. L’Europe est une entité qui a plus de crédibilité que la somme de ses parties. L’Union refuse de l’envisager car elle serait tout autant victime. Dans un tel cas, il n’y aura pas de gagnant. Si un pays sort, il fera défaut immédiatement et procèdera à une dévaluation, comme tout Etat se trouvant dans une telle situation. L’Union aura, elle, perdu sa raison d’être, parce qu’une union suppose d’être unis.

La crédibilité de la zone tient de sa cohésion. Pour le moment celle-ci est réelle, mais elle souffre d’une incapacité à résoudre la question monétaire qui est pourtant décisive. La demande est insuffisante en Europe, et la seule autorité capable de répondre à ce problème est la BCE. 

Philippe Herlin : La sortie de la Grèce ou d'autres pays en difficulté de la zone euro se heurte à deux freins. Le premier est politique : ce serait un aveu d'échec de la construction européenne. Le deuxième est comptable : c'est Target 2. L'Allemagne a des excédents commerciaux sur les autres pays européens, mais il se traduisent concrètement par des créances de la Banque centrale allemande sur celle de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne, etc. Si la Grèce sort de la zone euro, cette créance disparaît (ou est remboursée en drachmes, et encore), et donc l'Allemagne a beaucoup à perdre, un tel scénario provoquerait un cataclysme dans ses comptes publics ! Une remarque : cette histoire de Target 2 est lié à la construction bancale de l'euro qui n'est en fait pas une véritable monnaie unique, sinon il n'y aurait qu'une banque centrale et pas de problème de compensation entre des banques centrales nationales (c'est comme si à l'époque du franc il y avait eu des banques centrales régionales avec un système de compensation entre elles !). Regardez un billet, devant le numéro de série, il y a une lettre, certainement U : c'est un billet "français", il figure au bilan de la Banque de France. Et la Banque de France a donc une position comptable vis-à-vis de ses congénères. Target 2 est le miroir inversé des balances des paiements : cela rend le système inextricable et explosif en cas de déséquilibres prononcés. C'est n'importe quoi.

Paul Goldschmidt : Les enjeux de la zone euro restent les mêmes à 7 ou à 17. S'il n'y avait que quelques pays du Nord qui gardaient l'euro, ils seraient soumis à la même pression visaant créer une structure étatique de type fédéral que la zone euro l'est aujourd'hui à 17. C'est pour cela que tant d'efforts ont été faits pour éviter que la Grèce reste dans la zone euro.

George Dorgan : Les leaders européens ont peur du fameux « bank run ». Si on laisse aller la Grèce, les gens vont retirer leur argent des banques de l'Europe périphérique et le déposer dans une banque allemande. Un scenario catastrophique pour les leaders.

 

Dans ces conditions, le scénario d'une Union monétaire à deux vitesses vous semble-t-il  davantage acceptable et réalisable ? Les pays du Nord pourraient-ils ainsi faire en quelque sorte sécession ? Faudrait-il envisager d'abandonner la monnaie unique pour sauver la monnaie commune ?

Nicolas Goetzmann : Cette idée ne me convient pas. Si sécession il y a, combien d’années devront nous attendre avant une seconde, puis une troisième, pour en arriver au point de départ ?

La monnaie unique peut être sauvée si nous le voulons. Cela suppose un transfert de souveraineté du pouvoir budgétaire, pour rejoindre le pouvoir monétaire qui doit lui être modifié. Plus nous attendons, moins les peuples européens auront confiance dans ce schéma. Si la politique menée offrait croissance et plein emploi, elle aurait peut-être plus de chance de susciter l’adhésion. Sur cette question, l’économie n’est que secondaire à mon sens, c’est une question éminemment politique. Les peuples européens sont-ils prêts à devenir le peuple Européen ? Le reste est accessoire, les solutions économiques existent.

Philippe Herlin : Je ne crois pas à une zone euro à deux vitesses, avec un euro fort et un euro faible pour le Sud, car l'euro faible ne serait absolument pas viable. Nous sommes actuellement prisonniers d'une alternative : soit les pays en difficulté restent dans la zone euro, et il faut leur verser toujours plus d'aides, sans espoir de redressement. Soit ils sortent et c'est le cataclysme assuré, en tout cas un risque extrêmement dangereux à prendre. Je propose une solution pour sortir de ce dilemme : passer (pour les pays en difficulté) de l'euro comme monnaie unique à l'euro comme monnaie commune. C'est à dire permettre à la Grèce de réintroduire la drachme, mais laisser l'euro circuler librement, et chaque acteur économique choisira la proportion des deux monnaies qu'il utilisera. Beaucoup de pays fonctionnent avec le dollar en plus de leur monnaie : c'est la même idée, une liberté qui confère de la résilience et de l'adaptabilité au système monétaire.

En ce qui concerne la France, je ne préconise pas ce scénario, car nos problèmes économiques proviennent d'une dépense publique excessive, ce sont des réformes structurelles dont nous avons besoin. Ceci dit, comme l'euro devient de plus en plus une planche pourrie (à cause de la monétisation de la BCE et des multiples plans d'aide), il faut sans doute y penser...

Paul Goldschmidt : La réponse à l'idée de résoudre la crise, en imaginant que la zone euro soit scindée en deux zones est: no n! Cela signifierait qu'il faudrait créer deux Etats : un avec "l'euro un", et l'autre avec "l'euro deux", alors qu'on n'est même pas capable aujourd'hui de créer un Etat pour l'eurozone dans son entier. Il ne sera pas plus facile de créer deux Etats, qui vont s'opposer par définition puisqu'ils seront différents. Cette idée de vouloir résoudre le problème de la crise avec deux eurozones est vouée à l'échec depuis le départ.

Dans le scénario où l'eurozone se révèlerait incapable de se pérenniser dans sa forme actuelle avec ses 17 membres, et l'eurozone imploserait, il est tout à fait concevable qu' une partie de l'eurozone resterait dans une construction d'union monétaire. L'autre partie retomberait à des formes de monnaie nationale. Cependant, il est totalement exclu que l'eurozone se divise en deux : l'euro survivra peut-être sur une échelle plus restreinte, avec éventuellement plus de pays du nord, mais la "partie sud" ne va pas créer sa zone euro. Elle va se désintégrer au plan monétaire, en pays autonomes. Les secousses qui suivraient un démantèlement de l'eurozone à 17 serait telles qu'elles rendraient très, très difficile la création d'une "zone euro nord" avec des pays dits plus ou moins forts. La nécessité de créer un Etat pour cette monnaie serait la même qu'aujourd'hui. Comme dit précédemment, on retourne à la phrase de Cohn-Bendit et Verhofstadt.

Au plan théorique, il est tout à fait concevable qu'après la catastrophe que constituerait l'implosion de la zone euro (elle impliquerait certainement l'implosion de l'Union européenne toute entière) une union renaisse de ces cendres. Elle serait plus restreinte, et on corrigerait les erreurs du passé. On adopterait aussi des structures institutionnelles de type étatiques permettant une gestion d'une monnaie commune.

George Dorgan : L'Europe à deux vitesses est déjà une réalité : il suffit de comparer la hausse de la bourse ou des prix immobiliers allemands par rapport aux baissesespagnoles. Il faut que les responsables politiques européens l'admettent et reconnaissent que l'euro, tel qu'il est conçu actuellement, était une erreur.

Accepter cette Europe à deux vitesses, c'est tout simplement accepter que l'Allemagne et les autres pays nordiques aient une monnaie propre, un "euro du nord", qui vaudrait 20% plus cher que l'euro des pays du sud, l'euro actuel. Cette opération est réalisable, du jour au lendemain, en évitant le risque catastrophique de l'expulsion simple d'un pays trop faible. On pourrait commencer par l'appliquer aux paiements par carte de crédit. L'achat de devises sous tutelle d'une banque nordique permettrait de tranquilliser les marchés. Il y aura un contrôle des virements transfrontaliers pour une courte période.

 

Quels seraient les avantages et inconvénients d'un tel scenario ?

Nicolas Goetzmann : Les pays du nord se retrouveraient avec une monnaie ultra forte et perdraient des parts de marchés au niveau mondial. Les Etats du Sud feront le chemin inverse. Peut-être que nous nous rendrons compte que ceux du sud ne sont pas moins « bons » que ceux du nord, et que la notion de cycle a un sens. Mais cela n’est pas une raison pour briser 50 ans de construction européenne. L’idée de créer deux blocs sur les moteurs de l’humiliation et de la rancœur ne me semble pas être un projet enthousiasmant. Ce qui peut avoir un sens économique est ici dépourvu de sens politique.

Philippe Herlin : L'avantage c'est donner de la liberté aux acteurs économiques, et donc de la souplesse au système. On ne doit même pas s'arrêter là, il faut qu'il puissent aussi créer des monnaies locales, ou faire circuler l'or ou l'argent comme monnaies. C'est l'idée des monnaies complémentaires ou libres, défendues par des économistes comme Silvio Gesell ou Friedrich Hayek. Le désavantage ? L'Etat perd de son pouvoir monétaire, de son contrôle sur la vie des gens... Mais moi je trouve ça très bien.

Paul Goldschmidt : Il n'y a pas d'avantages, ou d'inconvénients, c'est infaisable ! Tout le monde peut être d'accord si on regarde en arrière en disant que la création de l'euro était une avancée formidable. Mais il faut se remettre dans le contexte que c'était une étape dans l'approfondissement de l'union monétaire puisque ça s'appelait "union économique et monétaire". On a fait le pari de faire l'union monétaire d'abord, et on a oublié de faire l'union économique ! Quand la crise est arrivée, on s'est rendu compte qu'on avait créé un petit monstre. Ce n'est pas en créant deux monstres au lieu d'un qu'on va faire un avancer l'un ou l'autre.

George Dorgan :  L'inconvénient, c'est que les classes supérieures, les banques des pays du nord et la Bundesbank vont réaliser des pertes avec leurs devises en "euro du sud". L'industrie allemande va se plaindre : les Allemands restent les pires manipulateurs des cours d'échange ... plus que la Chine ou la Suisse ! L'histoire montre que les Allemands ont toujours pu soutenir leur innovation, même avec un mark particulièrement élevé.

 
 

Sinon, de quelles autres solutions l'Union dispose-t-elle pour sortir de l'impasse ?

Nicolas Goetzmann : C’est une course contre la montre. La politique de rigueur monétaire est inefficace au Japon depuis 22 ans. Je ne pense pas que les Grecs, les Espagnols accepteront 20 ans de marasme pour se révolter, les Français non plus.

La révision des statuts de la BCE vers une politique de croissance donnera une latitude politique plus importante aux dirigeants. Ce nouveau souffle servira de base à une harmonisation budgétaire, fiscale etc…De plus, il est primordial de comprendre que le pouvoir budgétaire est aujourd’hui annihilé par le pouvoir monétaire. Un système de stabilité des prix a pour effet de donner tout pouvoir à la BCE sur le niveau d’activité. Changer ce régime redonnera le pouvoir aux politiques.

Philippe Herlin : Je n'en vois pas d'autres, et certainement pas faire encore plus de construction bureaucratique et intégrée, encore plus de dettes, etc...

Paul Goldschmidt : Il commence à y avoir un consensus de plus en plus large sur le fait que la seule solution pour sortir de la crise de la zone euro ne peut se résoudre que par la création d'un Etat de type fédéral. C'est un constat largement partagé. Cependant, certains observateurs affirment que cet Etat ne va pas se faire car politiquement parlant, les Européens ne sont pas prêts à mettre en commun leur souveraineté.

En même temps, beaucoup de gens se rendent compte que l'euro ne pourra pas survivre si on ne va pas plus loin dans l'intégration politique, économique et sociale. Il y aussi des observations sur le fait que la crise a creusé les inégalités entre les pays, et au sein même de ces derniers. Ces inégalités renforcent plutôt ses tendances humaines moins avouables comme l'égoïsme ou le repli sur soi. En prenant en compte ce dernier élément, peu de gens, de manière réaliste, parieraient sur cette union monétaire mais aussi économique, même si on sait que c'est la seule solution pour sauver l'euro.

La BCE a fait un travail absolument remarquable, et a poussé son pouvoir jusqu'à ses extrêmes limites, sans enfreindre son statut, bien que dans l'esprit elle ait été au-delà (heureusement, car sinon la fin de l'euro aura déjà eu lieu). Aux Etats-Unis, il existe la Fed, la banque centrale. Elle doit répondre devant le Congrès qui est issu d'élections démocratiques, et qui a des pouvoirs de contrôle très étendus dans le cadre d'une fédération. En Europe, on a le Parlement européen, mais il n'a pas les mêmes pouvoirs. Il faut réfléchir sur une structure institutionnelle à mettre en face de la BCE, qui pourrait jouer un rôle similaire à celui du Congrès aux Etats-Unis.

George Dorgan : Une Union des transferts ou des eurobonds ne sont pas des solutions. Comme je l'ai dit, le coût serait encore plus élevé pour l'Allemagne qu'une Europe à deux vitesses avec deux monnaies distinctes.

 

Propos recueillis par Ann-Laure Bourgeois  et Alexandre Devecchio

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jirem
- 14/12/2012 - 07:17
tout est dit
D’après l’économiste François Ecalle, de la fin des années quatre-vingt à 2012, le déficit structurel a augmenté d’environ 2 points de PIB. Les gouvernements de gauche ont contribué à l’aggraver à hauteur de 4,7 points, du fait d’une très forte croissance des dépenses publiques dans les années 1989-1993 et d’importantes baisses des prélèvements obligatoires dans les années 1999-2002. Les gouvernements de droite l’ont globalement réduit de presque 3 points de PIB, avec notamment des mesures de redressement de 2011 et 2012. La gauche a-t-elle naturellement tendance à dépenser plus que la droite ??
Ludo1963
- 13/12/2012 - 23:38
le vrai problème c'est la responsabilité des peuples
les pays du Nord de l'Europe ont su élire des hommes politiques responsables, qui ont fait les réformes à un moment où elles étaient supportables. Ils ont aussi été élus grâce à l'absence de partis, médias et syndicats démagogues (tout le contraire de la France).
Pourquoi Delors a-t-il refusé de se présenter aux présidentielles ? en europe du Nord il y serait allé...
en Europe du Sud on a attendu le plus mauvais moment, quasiment sous la contrainte, pour entamer ces réformes... doit on s'étonner de leur échec ? pour autant ces pays peuvent ils continuer à vivre à vrédit ? non.
c'est là toute la différence
C'est comme si on comparait un homme sain qui accomplit un travail, avec un homme qui attend d'être très malade pour accomplir ce même travail..
Notez qu'en France on attend encore... alors que nous vivons en direct les drames grecs ou espagnols... on élit un piniouf qui ne ferait pas 5% avec son programme en europe du Nord...la chute sera plus dure encore
CyrilDLR
- 13/12/2012 - 21:44
Compétitivité
Mais de quelle compétitivité parle-t-on ?? Vis à vis de la Chine, de la Bulgarie ? Je suis d'accord pour dire que les entreprises, tout du moins les PME et les artisans, doivent se voir singulièrement facilité la vie dans ce pays, ce qui n'est malheureusement pas le cas. Mais ne soyons pas aveugles ! La concurrence totale avec des pays à très bas niveaux de salaires, de protection sociale et de critères environnementaux inexistants va nous conduire dans le mur avec violence, il faut savoir se protéger intelligemment.
D'accord avec Sianabog qui souligne que le PNB n'est pas un indicateur absolu mais une astuce comptable comme beaucoup d'autres (n'apprend-on pas à l'école qu'on n'additionne pas des choux et des carottes, contrairement au PNB !!) Parlons d'éducation, de santé publique,de qualité de vie; on peut facilement remettre en cause les classements officiels des pays où en apparence il ferait bon vivre selon des critères quantitatifs dépassés....