En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© Reuters
La puberté précoce touche de plus en plus les filles.
Trop jeune pour grandir
Toujours plus de cas de puberté précoce chez les filles : quels responsables ?
Publié le 09 novembre 2012
La puberté précoce touche de plus en plus d'enfants et particulièrement les filles. Nos modes de consommation et notre environnement ne sont pas étrangers à l'émergence de ce phénomène.
Le docteur Michel Colle, pédiatre, a consacre une partie importante de son activité professionnelle à la compréhension et au traitement des anomalies de croissance. Formé à l'Ecole de pédiatrie des hôpitaux universitaires de Bordeaux, il a examiné ce...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michel Colle
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le docteur Michel Colle, pédiatre, a consacre une partie importante de son activité professionnelle à la compréhension et au traitement des anomalies de croissance. Formé à l'Ecole de pédiatrie des hôpitaux universitaires de Bordeaux, il a examiné ce...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La puberté précoce touche de plus en plus d'enfants et particulièrement les filles. Nos modes de consommation et notre environnement ne sont pas étrangers à l'émergence de ce phénomène.

Atlantico : La puberté commence de plus en plus jeunes chez certaines jeunes filles. Certaines sont déjà réglées et formées dès l'âge de huit ans. Comment expliquer la puberté précoce chez certains enfants ?

 

Michel Colle : Il existe deux types de puberté précoce que l'on peut observer. Tout d'abord les vrais pubertés précoces, que l'on qualifient en médecine de précocissime. Ce sont des petites filles le plus souvent qui font une puberté entre 2 et 5 ans. La fréquence de ces cas est infime. L'autre catégorie correspond à des petites filles qui commencent la puberté un peu plus précocement que les autres, c'est-à-dire entre 7 et 9 ans. Aujourd'hui, on constate en effet que les cas sont de plus en plus fréquents.

 

Cette augmentation est liée à plusieurs raisons. La première vient très certainement du fait que les conditions nutritionnelles et environnementales ont changé et que les petites filles, qui sont les principales touchées, deviennent plus corpulentes plus tôt. Or, il y a une relation entre le déclenchement de la puberté et la corpulence de l'enfant. C'est une constatation que l'on fait dans plusieurs pays industrialisés car l'amélioration des conditions nutritionnels et les conditions de bonne santé font qu'on observe un démarrage plus prématuré qu'auparavant.

 

La deuxième circonstance que l'on peut invoquer découle de l'environnement de l'enfant. En effet, la précocité est également liée à l'influence de certains dérivés de produits chimiques, pesticides, etc. qui se répandent dans l'environnement, entrent dans l'organisme et se comportent comme ce que l'on appelle des interrupteurs hormonaux. Ces derniers ont de multiples conséquences : ils expliquent la baisse de la fertilité masculine que l'on constate depuis quelques années mais ils seraient également mis en cause dans le déclenchement de certains cancers et dans l'augmentation de la fréquence des malformations des organes génitaux chez les petits garçons.

 

Quelles sont les conséquences sur le développement futur de l'enfant ?

 

On peut répertorier trois conséquences d'une puberté précoce. Tout d'abord, et c'est quelque chose que l'on ne dit pas aux parents car cela est trop anxiogène, il faut savoir que plus une enfant commence tôt à être formée, plus elle est soumise précocement aux hormones féminines, plus elle a statistiquement de risque de développer un cancer du sein ou des organes génitaux. Mais cela reste un risque statistique contre lequel on ne peut pas grand chose.

 

Deuxièmement, il peut y avoir des risques sur la croissance et sur la taille adulte. Plus la puberté commence précocement, plus tôt l'enfant risque de s'arrêter de grandir. A termes, cela peut faire perdre quelques centimètres à ce qui était génétiquement prévu. Mais ce n'est pas du tout le cas de toutes les situations. Il faut donc évaluer au cas par cas la possibilité de réalisation d'un tel risque. Cela sera surtout le cas pour une jeune fille qui commencerait la puberté plus tôt en étant déjà de petite taille.

 

Enfin, il peut en découler quelques petits problèmes psychologiques, mais ils sont loin d'être constants. Il existe un petit contingent de petites filles qui sont très contentes d'avoir des signes de puberté plus tôt que les autres, d'autres qui sont plus malheureuses et qui se sentent exclues par rapport à leurs camarades et un grand nombre qui y sont indifférentes. Le regard des parents et de l'entourage compte aussi énormément. S'ils sont entourant et dans une démarche de communication, tout se passera bien pour l'enfant.

 

Comment traiter médicalement ces enfants ?

 

L'important, c'est d'apporter une bonne évaluation. Cela passe tout d'abord par une observation de la courbe de croissance pour comprendre où en est l'enfant. Il faut également évaluer le potentiel résiduel à l'aide d'une radiographie que l'on appelle « âge osseux ». La croissance d'un enfant ne s'arrête pas à un certain âge mais au même âge osseux : 15 ans. Si l'âge osseux est avancé par rapport à son âge, l'enfant va s'arrêter de grandir avant les autres. Le médecin doit également procéder à une échographie des ovaires et de l'utérus pour apprécier le véritable stade de puberté.

 

Il y a également une notion d'évolutivité qui est apportée par le temps. Les bouffées pubertaires spontanément régressives ne se traitent pas, on se concentre seulement sur les enfants qui voient leur puberté évoluer très jeunes.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Pourquoi l’incendie de Notre-Dame oblige Emmanuel Macron à revoir sa copie
02.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
03.
Le Royaume-Uni champion des investissements en capital risque malgré le risque du Brexit
04.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
05.
Et encore des contacts "volés" à ses utilisateurs : l’heure de dissoudre Facebook est-elle venue ?
06.
Le nouveau parti du Brexit de Nigel Farage prend la tête des sondages pour les Européennes au Royaume-Uni
07.
Notre-Dame de Paris : l'entreprise en charge des travaux impliquée dans un autre départ de feu récent
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Rebelotte
- 10/11/2012 - 22:10
Sarkozy, c'est sûr!
Mais pour les autres... Euh Fillon? Copé?
jazzpote
- 10/11/2012 - 08:29
Substances nocives
Oui les pesticides sont en cause et certains chercheurs en pédiatrie l'ont mis en évidence voir le congrès AFPA de Montpellier en 2011 pour lequel j'ai acris un colmpte rendu dans la presse. mais ce sont aussi les phtalates et les paraben substances utilisées dans les plastiques des bouteilles, dans les revetements des boites de conserve, dans les barquettes etc. ces substances devraient être interdites, les députés ont voté la loi mais jamais les décrets d'application n'ont été promulgués car les lobbies des l'industrie sont plus forts. Roselyne bachelot en son temps à tout fait pour que cette loi ne soit pas promulguée car très attachée à ces lobbies. le député du Var rapporteur de cette loi a tout fait sans succès pour que cette interdiction soit mise en pratique mais la presse n'est pas chaude à en parler.
copélia
- 09/11/2012 - 16:40
une étude a-t-elle été faite
faute dans l'intitulé , corrigée