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Les jeunes sont les premières victimes de la pénurie de l’offre et de l’envolée des prix des logements.
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Génération galère : les jeunes sacrifiés sur l'autel d'une politique du logement shootée aux bons sentiments

Publié le 02 novembre 2012
La trêve hivernale a pris effet jeudi. Jusqu'au 15 mars, les locataires ne pourront être expulsés de leur logement, même en cas de procédure judiciaire.
Alexis Normand est diplômé d'HEC et de Sciences-Po. Il poursuit son engagement public au travers de la Fondation Concorde.
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La trêve hivernale a pris effet jeudi. Jusqu'au 15 mars, les locataires ne pourront être expulsés de leur logement, même en cas de procédure judiciaire.

La crise du logement frappe d’abord les jeunes. Parce qu’ils sont nés trop tard dans un monde trop vieux, les jeunes français subissent de plein fouet la crise du logement. La Fondation Abbé Pierre soulignait dans son rapport sur le mal logement de 2012 les difficultés croissantes des primo-accédants. En plus du quart de jeunes au chômage, "le logement se ferme aux salariés qui disposent de revenus corrects mais dont la pérennité n’est pas assurée". Or, la moitié des salariés de moins de 25 ans sont concernés par ces contrats précaires (CDD, Intérim, apprentissage etc.), quatre fois plus que la moyenne des actifs. 

Les jeunes sont les premières victimes de la pénurie de l’offre - estimée entre 800 et 900 000 logements - et de l’envolée des prix – les loyers ont augmenté de 30% entre 1999 et 2009 -. La part du revenu des moins de 25 ans consacrée au logement a doublé en vingt ans, dépassant 20%, contre près de 10% pour les 45-59 ans et 5 % pour les plus de 60 ans.

Le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions

Face à l’ampleur de la crise, les annonces du gouvernement semblent incantatoires. Avec le blocage des loyers, le relèvement à 25% de l’objectif de logements sociaux par commune, ou encore la volonté de construire 500 000 logements par an, le gouvernement croit faire mieux que par le passé, sans innover en période de crise budgétaire.

Le blocage des loyers n’a rien d’une mesure structurelle. L’histoire montre qu’une telle mesure freine la rénovation du parc, une gageure alors qu’il s’agit d’inciter les propriétaires à faire des travaux d’isolation dont seules les locataires profitent. Pour être efficace, il faudrait cibler le blocage sur les petites surfaces louées aux bénéficiaires des Aides Personnalisées pour le Logement (APL), qui dopent abusivement les prix aux bénéfices des propriétaires.

Favoriser l’accès des ménages les plus modestes au logement social est un objectif louable. Mais le fait d’assigner aux communes un objectif de 25% de logement sociaux, quand plus de 60% de Français y sont éligibles, illustre l’inefficacité du système. Après une attente moyenne de 8 ans, seuls 50 000 nouveaux ménages par an accèdent au parc social, soit 1% des 4,3 millions de HLM. L’absence de mobilité de ceux qui dépassent les plafonds de revenus aggrave la pénurie. Le parc social trahit sa vocation initiale ; être un coup de pouce pour ceux qui démarrent dans la vie.

Enfin, doper la construction à 500 000 logements neufs par an ne peut se faire sans lutter contre la pénurie du foncier. Or, le gouvernement a choisi d’abolir contre l’avis des acteurs de l’habitat social la loi qui ajoutait 30 % de droits à construire aux terrains à bâtir. Malgré le relèvement du plafond du Livret A, le "Duflot" à la place du "Scellier", les mises en chantier plongent, avec seulement 300 000 logements neufs attendus en 2013 …

Réinventer la politique du logement

Une politique plus juste du logement social implique de cibler les publics les plus fragiles, en particulier les jeunes. Cela passe par des critères transparents d’attribution –un système à points?- et la baisse des plafonds de revenus d’éligibilité. Pour restaurer la mobilité dans le parc, la prise compte des revenus des locataires doit permettre d’ajuster les loyers sur ceux du marché immobilier local en cas de dépassement, au lieu de la majoration forfaitaire actuelle.

Pour promouvoir l’habitat social sans figer les statuts, pourquoi ne pas s’inspirer de l’Allemagne, où des partenariats publics-privé permettent à des opérateurs de financer et gérer les logements, accueillant pour une durée limitée les publics vulnérables en échange de subventions ?

Enfin, la France doit se donner les moyens institutionnels pour relancer la construction. Il est loin le temps où Haussmann perçait les avenues pour adapter Paris à la modernité. Aujourd’hui, la décision et les budgets sont fragmentés entre une multiplicité d’acteurs aux intérêts divergents ; Etat, régions, départements, communes, offices HLM. Qu’on songe que le nombre d’arrondissements n’a pas changé depuis 1860.... Une recentralisation paraît seule à la mesure de l’urgence dans les zones en crise. Malgré les prérogatives constitutionnelles des collectivités, l’Etat conserve le pouvoir des décisions pour des réalisations importantes, avec l’Opération d’Intérêt National ou le Projet d’Intérêt Général.

Une politique ambitieuse d’aménagement du territoire est le corolaire nécessaire de cette reprise en main. Puisque l’Ile-de-France étouffe par manque d’espace, l’Etat doit rééquilibrer le territoire autour des métropoles régionales. Le Commissariat général pour l’Egalité des Territoires, dont la création est discutée, aura-il l’ambition du défunt Commissariat au Plan, instrument d’un Etat stratège au service des générations futures? 

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patho
- 05/11/2012 - 19:30
aux biens-pensants (laurentso, jerem etc.): petite histoire....
La loi surprotège les locataires (en place) et par ricochet pénalise ceux qui cherchent à louer (ayant des revenus modestes) et qui ne bénéficient pas de super-caution familiale. Cette évidence est niée par nos biens-pensants.

Ma belle-mère vit en HLM dans le 93, elle a demandé un HLM à Paris et on lui a dit qu'elle n'avait AUCUNE chance. Mes parents ne sont pas propriétaires. Ma femme et moi avons acheté un "de Robien" avec 100% d'emprunt. Je suis au chômage (je fais des CDD depuis 3 ans, souvent à temps partiel) et notre situation est TRES difficile. Notre locatrice ne paie pas et est quasi inexpulsable. Notre fils ne trouvera pas de location car nous n'avons pas les revenus pour être une caution valable, et ne pourra occuper notre logement "squatté".

Je déconseille fortement l'investissement immobilier, sauf peut-être pour des locataires avec des super-garanties (donc issus de familles aisées). C'est le résultat de cette politique: chute de la construction de logements (donc future hausse des prix) + location impossible pour des gens modestes: bravo !

Il faut libérer le logement de ces lois soi-disant "sociales" qui ont un effet exactement inverse.
jerem
- 03/11/2012 - 09:15
Comme l'herbe est toujours verte dans les tetes....
Petit rappel pour les afficionados de l'herbe toujoursp lus verte ailleurs:

les 18-34 ans : 30% vivent chez leurs parents

Chiffres 2008 (donc avant effet catastrophe)

france 5e apres le danemark , la finlande , lasuede et les pays bas.

suivent à 40% des 18-34 ans vivant chez leurs parents ....(attention herbe verte) : Royamue uni, belgique allemagne autriche luxembourg

Et dans les meilleurs du fond de la classe :espagne 50%, italie 55% comme la pologne (pourtant plus de 5% de croissance) et portugal


ALORS JEUNE quand on te bourre la tete avec l'herbe verte ailleurs , fait le en juste connaissance. oui il ya mieux a faire chez toi, mais ailleurs ce n'est pas l'eldorado

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-SF-10-050/EN/KS-SF-10-050-EN.PDF

Quelle curiosité n'est il pas une espagne avec 55% de ses jeunes encore chez leurs parents avec un marché de bulle immoblilere et une surproduction commencée il y a plus de 20 ans et qui n'arrive toujours pas a s'ecouler pour ses jeunes.
Flexibilité, CDD et pas de logement .... la triple peine espagnole
jerem
- 03/11/2012 - 08:22
@Grwfsywash
vos jeunes precaires ont donc des parents largement aisés . c'est surement le cas de figure qui interesse. celui des enfants qui fournissent une caution parentale parce qu'ils le peuvent.

Au fait la donation desfiscalisée, il y a un moment que cela existe que cela permet d'anticiper la non imposition totale de la succession.