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La nourriture peut-elle générer de véritables addictions ?
Publié le 02 novembre 2012
Qui n'a jamais constaté l'effet addictif que pouvait avoir un paquet de chips, une tablette de chocolat ou une pizza au fromage ? De plus en plus de recherches scientifiques viennent étayer la théorie selon laquelle certains aliments auraient sur nous l'effet d'une drogue.
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Qui n'a jamais constaté l'effet addictif que pouvait avoir un paquet de chips, une tablette de chocolat ou une pizza au fromage ? De plus en plus de recherches scientifiques viennent étayer la théorie selon laquelle certains aliments auraient sur nous l'effet d'une drogue.

Et si le problème des obèses était en fait le même que celui des alcooliques, des toxicomanes, des fumeurs, … Et si la nourriture avait sur certaines personnes l’effet d’une drogue ?

Kay Sheppard, une mère de famille installée en Floride, se considère comme une ancienne accro à la nourriture. Elle raconte au magazine américain Newsweek comment elle passait son temps à faire des aller-retours au supermarché pour acheter des cookies, du chocolat, des gâteaux,... qu’elle finissait bien souvent par engloutir avant même d’être arrivée chez elle. Kay Sheppard se souvient également avoir dû racheter cinq fois la boîte de chocolats qu’elle avait prévu d'offrir à son père pour Noël car elle n’avait pu résister à la tentation de tous les dévorer.  

Aujourd’hui réconciliée avec la nourriture et avec son poids, elle estime que les obèses n’arrivent plus à se contrôler, à l’instar des autres personnes souffrant de dépendance. Partant de ce postulat, elle a même fondé un programme de réhabilitation et écrit plusieurs livres, et ce bien avant que la science ne s’empare de la question et valide l’hypothèse de cette mère de famille de Floride. Car actuellement, la théorie selon laquelle le cerveau répond à la nourriture riche en graisses, riche en calories de la même manière qu’il répond aux drogues, gagne du terrain.Bien sûr, toutes les personnes obèses ne souffriraient pas d’addiction et cette théorie ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes de surpoids. 

De plus en plus de recherches porteraient sur la nourriture comme les pizzas les sodas, les crèmes glacées, qui sont des aliments très attrayants et auxquels il nous est difficile de résister. Pour couronner le tout, plus on en mange, plus on a envie d'en manger, ce qui expliquerait pourquoi une fois que l’on a pris des mauvaises habitudes alimentaire, il est très difficile de s’en défaire.

Une étude de Paul Johnson et Paul Kenny du Scripps Research Institute à Jupiter en Floride et relayée par le site d'information L’Express ont souligné des caractéristiques similaires à l’addiction chez les obèses. Le cerveau des obèses réagirait à la prise de nourriture de la même manière que celui des personnes dépendantes d'une drogue. Ensuite, le comportement consistant à manger au-delà des besoins énergétiques est le même que le comportement compulsif des toxicomanes.

"Dans cette étude, les animaux ont complètement perdu le contrôle de leur comportement alimentaire, premier signe de l'addiction. Ils continuaient à se suralimenter même lorsqu'ils anticipaient un choc électrique, ce qui montre bien combien ils étaient motivés pour consommer de la nourriture appétissante", a expliqué Paul Kenny.  

Mais si cette théorie est plausible, certains chercheurs jugent qu'une partie des données n'est pas suffisamment consistante pour valider cette hypothèse. C’est le cas de Paul Fletcher, spécialiste des neurosciences à l'université de Cambridge, interviewé par Newsweek qui estime également que la définition d’une addiction est stricte et  "l’addiction" à la nourriture ne répond pas tout à fait à cette définition. La communauté scientifique spécialiste des abus de substances, utilise une définition stricte de l’addiction qui prends en compte des éléments qui vont au delà de la simple prise de plaisir, comme l’évolution du seuil de tolérance, l’apparition de perturbations dans la vie quotidienne, et ce longtemps après la prise de drogue. Ce qui n'est pas le cas de la nourriture. 

Si la sciences parvient à démontrer qu’il y a addiction à certains produits alimentaires riches en sucres et en graisses, alors cela pourrait non seulement avoir un impact sur la façon que l’on a de traiter l’obésité mais aussi sur la façon dont certains produits sont marketés, et peut-être même taxé. Un argument qui n’est pas sans rappelé ceux avancés lors du débat sur la taxe sur les sodas. 

Atlantico a demandé son avis à  Dan Véléa, psychiatre addictologue à Paris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les addictions, dont Toxicomanie et conduites addictives (Heures-de-France). Avec Michel Hautefeuille, il a co-écrit Les addictions à Internet (Payot).

Atlantico : Certaines études montrent que les nourritures riches en graisses ou en sucre par exemple peuvent avoir sur l'homme l'effet d'une drogue. Mais les mécanismes sont-ils vraiment les mêmes ?

Dan Véléa : Pour le sucre, c'est prouvé. Il y a un effet anti-dépressif. On sait très bien que lors des dépressions saisonnières, qui apparaissent à l'automne et au début de l'hiver, c'est la fringale au sucre. C'est donc quelque chose qui calme les angoisses, qui donne un état de bien-être voire d'euphorie. C'est donc en effet très simple de tirer de ça que ces types de nourriture ont un potentiel addictif. En plus, il y a un contenu riche, calorique qui dégage de la chaleur interne suite au métabolisme ce qui va procurer plus de plaisirs et beaucoup plus de substances addictives, c'est logique.

Cela peut-il changer la manière de traiter l'obésité ?

Sur la partie traitement de l'obésité comme conséquence de l'addiction à la nourriture, il va falloir traiter tout d'abord ce contexte addictif avec la notion de vide que certains ressentent et qui est  liée au remplissage avec de la nourriture et les aider à trouver d'autres sources de plaisirs dans leur existence. Pas que la nourriture, il y a peut-être des activités, des relations, les réparations des traumatismes de l'enfance et des situations difficiles qu'ils ont à gérer même au quotidien. Ce sont des situations classiques pour les étudiants en période d'examens, les gens stressés au travail qui font alors du remplissage avec des boîtes de chocolats, de bretzel, des gâteaux à gogo. Si on traite les symptômes psychologiques qui amènent cette addiction à la nourriture, ça peut nous aider beaucoup. Il faut ensuite introduire des mesures d'hygiène de vie : du sport, des pratiques physiques.

Devient-on de plus en plus sujet à des addictions en tous genres ?

L'addiction est à prendre dans le sens strict du terme : c'est une perte de liberté, l'absence d'autres centres d'intérêts et la focalisation vers d'autres addictions comme la drogue, la nourriture, ou d'autres types d'objets comme le conjoint dans une dépendance affective, le jeu dans une addiction à l'argent. Il y a différents critères à mettre en place, et on constate que des gens peuvent devenir addicts à beaucoup de choses, et il faut faire attention également à ne pas banaliser ce type d'addiction car ça va perdre dans la pertinence et donc dans la partie soins des patients. Mais la question se pose : n'est-on pas dans une société des excès en tous genres qui poussent et favorisent l'apparition des addictions à tous types de produits ou comportements.

Il ne faut néanmoins pas parler d'addiction à tout va. Pour qu'il y a ait vraiment une addiction au chocolat, il faut manger l'équivalent de 2 kg de chocolat, ce n'est même plus de la boulimie à ce niveau. La question qui se pose est : Quels sont les traumatismes et les explications d'un tel comportement addictif ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Ravidelacreche
- 02/11/2012 - 09:51
Leçon de morale d'antan
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Et c'est quand que l'on réinvente la roue ?