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Jean-Louis Borloo souhaite rassembler les insatisfaits de l'UMP et de l'ancien Centre au sein de l'UDI.
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Jean-Louis Borloo souhaite rassembler les insatisfaits de l'UMP et de l'ancien Centre au sein de l'UDI.
Petit nouveau

Qu’est ce que change l’UDI de Jean-Louis Borloo dans le paysage politique français?

Publié le 23 octobre 2012
Lancement lundi de l'Union des Démocrates Indépendants. A sa tête Jean-Louis Borloo, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui souhaite en faire "le premier parti de France" et rassembler les insatisfaits de l'UMP et de l'ancien Centre. Nouvelle attrape-tout de droite ou véritable force d'opposition capable de peser dans la balance dès 2014?
Thomas Guénolé est politologue et maître de conférence à Sciences Po. Son dernier livre, Islamopsychose, est paru aux éditions Fayard. Pour en savoir plus, visitez son site Internet : thomas-guenole.fr
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Lancement lundi de l'Union des Démocrates Indépendants. A sa tête Jean-Louis Borloo, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui souhaite en faire "le premier parti de France" et rassembler les insatisfaits de l'UMP et de l'ancien Centre. Nouvelle attrape-tout de droite ou véritable force d'opposition capable de peser dans la balance dès 2014?

C’est en pratique la renaissance de l’UDF. Simone Veil invitée d’honneur de la convention fondatrice, Valéry Giscard d’Estaing souhaitant bonne chance aux fondateurs, la filiation est explicite.

Ce pôle de centre-droit avait été affaibli en 2002, lorsque nombre de cadres et d’élus centristes avaient rejoint l’UMP naissante sur la promesse d’un parti de la droite et du centre organisé en courants. Il avait ensuite explosé en 2007, lorsque François Bayrou avait opté pour une stratégie d’extrême centre rejetant gauche et droite, tandis qu'Hervé Morin et une seconde vague d’élus centristes avaient créé le Nouveau centre sans parvenir à en faire autre chose qu’un satellite de l’UMP.
 
On revient donc à la situation antérieure à 2002, celle d’un parti de droite, l’UMP, et d’un parti du centre, l’UDI. Si l’on observe le paysage politique français dans son ensemble, on passe donc d’un jeu à cinq – l’extrême droite, la droite avec satellite centriste, l’extrême centre, la gauche, l’extrême gauche – à un jeu à six : extrême droite, droite, centre-droit, extrême centre, gauche, extrême gauche. Cependant, en termes de viabilité électorale et de cadres ou d’élus en nombre suffisant pour faire vivre le parti correspondant, il est peu probable que centre-droit et extrême centre puissent durablement coexister.
 
Justement, qu’est-ce que l’apparition de l’UDI change pour François Bayrou ?
 
C’est la phrase récurrente des westerns : «cette ville est trop petite pour nous deux». Sur le plan des idées, l’idéologie du centre est la transposition de la vertu grecque de tempérance, la sophrosunê, dans le champ politique. À cet égard, rigoureusement rien ne distingue les différentes chapelles centristes. Leurs désaccords sont tactiques et portent donc sur les choix d’alliances dans un système politique où, les scrutins majeurs se jouant à deux tours, forcent donc à la bipolarisation. Le centre-droit s’allie avec l’UMP, le centre-gauche s’imbrique au PS, l’extrême centre renvoie dos-à-dos les deux partis dominants, et le centre écologiste s’allie avec le PS par l’intermédiaire d’un mariage avec les Verts.
 
Or François Bayrou, au fil des élections depuis 2007, a montré que la tactique d’extrême centre, qui radicalise l'idéologie du centre, est une impasse. Au lendemain de sa rupture de l’alliance à droite dans l’entre-deux tours de 2007, il a perdu les cadres et l’électorat de centre-droit. À l’occasion des élections européennes de 2009, en refusant une alliance avec Europe Écologie à laquelle Daniel Cohn-Bendit était prêt, il a perdu l’électorat du centre écologiste. À l’occasion du positionnement délibérément modéré de François Hollande pendant la présidentielle de 2012, il n’a pas pu se rallier le centre-gauche. De fil en aiguille, il a donc apporté la démonstration que dans le cadre des règles actuelles du jeu électoral, la ligne d’extrême centre aboutit à une extinction électorale progressive et à une diminution systématique du nombre d’élus.
 
L’apparition de l’UDI présage donc une lutte à mort entre le centre-droit et l’extrême centre pour la réunification de l’électorat centriste, lutte dans laquelle le Mouvement démocrate, du fait de son passif, part avec un lourd handicap. On retrouve ici la tendance des électeurs aux prophéties auto-réalisatrices : « je voterais bien pour lui, mais il est seul et il n’a aucune chance de gagner. » Par comparaison, en s’inscrivant dans une alliance stable avec la droite qui a déjà un historique de victoires répétées, l’UDI part avec un avantage pour rassembler ces électeurs, soit 14% de l’électorat total.
 
Cette lutte à mort entre l’UDI et le Mouvement démocrate aura pour champs de bataille successifs, dès 2014, les élections municipales et européennes. Aux élections municipales, l’UDI aura un avantage supplémentaire, car elle disposera d’un meilleur vivier de candidats aux élections : elle hérite d’une bonne part du réseau d’implantation des élus locaux de l’UDF, et les militants centristes aspirant à être candidats et en ayant le potentiel tendent d’ores et déjà à préférer l’UDI au MoDem en termes de plan de carrière. L’UDI bénéficiera en outre très probablement d’une alliance électorale avec l’UMP, au premier ou au second tour selon les cas, sur le modèle de ce qui se pratiquait entre RPR et UDF.
 
Aux élections européennes, en revanche, sortes d’élections proportionnelles nationales, cela peut être plus disputé, sauf si entre-temps l’UDI parvient, en termes de symbole, à capter plusieurs mairies d’importance.
 
Qu’est-ce que l’apparition de l’UDI change pour la droite ?
 
Cette apparition entérine d’abord l’échec de la tentative de création d’un grand parti de la droite et du centre organisé en courants, ce qui était déjà la proposition des Réformateurs – Philippe Séguin, François Fillon, François Bayrou, notamment – et ce qui était la raison d’être du lancement de l’UMP en 2001-2002. Au distinguo RPR-UDF des années 80 et 90 succède, après la crise du centre des années 2000, le distinguo UMP-UDI. La constante ligne de droitisation suivie par l’UMP depuis 2007 y est pour beaucoup. D’ailleurs, si la droite et ses satellites centristes ont systématiquement perdu les élections depuis 2007, c’est principalement du fait de l’abstention croissante de l’électorat centriste, conséquence de cette droitisation, d’une part, et du vide laissé au centre-droit par l’explosion de l’UDF en 2007.
 
L’apparition de l’UDI est donc une bonne nouvelle pour la droite et le centre considérés en tant qu’attelage, et une mauvaise nouvelle pour la droite considérée en elle-même. Pour la droite et le centre, cette renaissance de l’UDF augure une possible augmentation des scores électoraux totaux obtenus par l’attelage, puisqu’il serait logique que le problème d’abstention croissante de l’électorat centriste disparaisse. Pour la droite, en revanche, cela implique très probablement un rétrécissement de la surface électorale de l’UMP jusqu’à retrouver l’assise traditionnelle du RPR, c’est-à-dire 20% de l’électorat. A fortiori, sachant qu’une partie de l’électorat de droite ne se reconnaît pas dans la ligne de droitisation – la droite libérale et la droite sociale, notamment –, un jeu de vases communicants plus poussé entre UMP et UDI ne peut être exclu.
 
À cet égard, quel que soit le prochain président de l’UMP, il se trouvera pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, tout positionnement allant davantage vers le centre-droit ouvre une crise interne avec la droite sécuritaire et accroît l’espace laissé au FN. De l’autre, tout positionnement persistant dans la droitisation perpétue les tensions avec les droites libérale et sociale, et accroît l’espace laissé à l’UDI.
 
Qu’est-ce que l’apparition de l’UDI change pour la gauche ?
 
François Hollande a gagné la présidentielle sur un score relativement serré. Cela a été possible grâce aux quelques points de voix d’extrême centre qui ont voté pour lui en 2012, principalement par rejet de la droitisation et par protestation envers la crise, après avoir voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, principalement du fait de l’écart de compétence comparée perçue entre l’ancien président et Ségolène Royal.
 
Or l’UDI, dès sa convention fondatrice, s’est affirmée dans un rapport certes d’alliance stable avec la droite, mais aussi de compétition avec l’UMP pour le leadership de cet attelage, avec un rejet très marqué de la droitisation et de la stigmatisation de l’autre. En d’autres termes, si le PS est le contraire de l’UMP, l’UDI se positionne comme son inverse. On ne peut donc exclure un jeu de vases communicants entre le PS et l’UDI, surtout si la politique d’austérité du PS en vient, ce qui est probable, à toucher directement cet électorat plutôt non-aligné qu’indécis.
 
Cela étant, l’angle d’attaque du PS envers l’UDI est d’ores et déjà évident : les socialistes n’auront de cesse de souligner que l’UDI est alliée de l’UMP, et que l’UMP est sur une ligne de droitisation, ce qui revient par transitivité à user du repoussoir de la droitisation pour discréditer l’UDI vis-à-vis de l’électorat non-aligné.
 
Vous avez cité le centre écologiste. Qu’est-ce que l’apparition de l’UDI change pour les écologistes ?
 
Tout dépend de quels écologistes on parle. Si le mariage entre Europe-Écologie et les Verts est un échec, c’est fondamentalement parce que les Verts sont sur une ligne de gauche alors qu'Europe-Écologie est sur une ligne de centre-gauche. C’est très marqué, par exemple, sur la question du traité budgétaire européen : Daniel Cohn-Bendit, emblématique d’Europe Écologie, est pour, alors que le cœur de l’appareil des Verts est contre. Le divorce est donc possible et, à ce stade, c’est en tous cas le chemin que prend Daniel Cohn-Bendit, avec l’idée de constituer une liste spécifiquement Europe Écologie, mais pas liée aux Verts, pour les élections européennes de 2014.
 
Or, il faut se souvenir à cet égard qu’avant de s’affronter pour le même électorat dans un duel télévisé assez marquant lors des élections européennes de 2009, François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit avaient envisagé un temps de s’allier, ce qui, en cumulant les scores du Mouvement démocrate et d’Europe Écologie, les aurait potentiellement placés en tête du scrutin. On peut donc imaginer qu’en vue des élections européennes de 2014, Jean-Louis Borloo et Daniel Cohn-Bendit, sans aller jusqu’à être dans le même parti, négocient de faire listes communes, et ce d’autant plus facilement sur le plan des idées que le premier parti auquel Jean-Louis Borloo avait adhéré, au tournant des années 90, était Génération Écologie.
 
Dans cette perspective, il serait cependant difficile d’aller au-delà des négociations, c’est-à-dire de voir de telles listes communes exister. Elles pourraient en effet buter sur le fait que l’UDI a une alliance stable avec la droite, ce qui jouerait comme repoussoir pour l’entourage de Daniel Cohn-Bendit, ou sur le fait qu’Europe Écologie est depuis 2009 l’alliée du PS, ce qui jouerait comme repoussoir pour l’entourage de Jean-Louis Borloo.
 
Est-ce que l’apparition de l’UDI change quelque chose pour le Front national ?
 
Oui, à double titre.D’abord, même si cela semble paradoxal, une partie de l’électorat du FN est un électorat de droite qui ne se reconnaît absolument pas dans le programme frontiste, en particulier sur son protectionnisme économique et l’idée de sortir de l’euro. Ces électeurs votent FN pour sanctionner l’UMP. L’UDI, bien que cela soit surprenant intuitivement, peut donc prendre à la marge des voix au FN, comme vote alternatif de rejet de l'UMP mis à la disposition de cet électorat de droite. Les mesures des intentions de vote en faveur de Jean-Louis Borloo, au fil de 2011, attestaient d’ailleurs de l’existence de tels transferts, faibles mais réels. 
 
Ensuite, lors des élections à deux tours, au premier rang desquelles la présidentielle et les législatives de 2017, sans oublier les municipales de 2014, l’UDI peut, en se présentant sous ses propres couleurs sans alliance de premier tour avec l’UMP, faire baisser mécaniquement le seuil que le FN a besoin d’atteindre pour se qualifier au second tour. Ce risque sera d’ailleurs très probablement évoqué en boucle par l’UMP dans sa communication publique vis-à-vis de l’UDI. Il est toutefois probable que pour les élections municipales et législatives, justement pour ne pas s’exposer à ce type d’argument du « vote utile, » l’UDI calque son comportement sur celui du Front de gauche envers le PS, c’est-à-dire des candidatures communes dès le premier tour lorsqu’un risque de qualification du FN au second existe.
 
Reste sur ce second plan l’inconnue de la présidentielle de 2017. Cela étant, si l’idée qui est déjà dans l’air d’une primaire ouverte de la droite et du centre, copiée sur celle du PS et du Parti radical de gauche en 2012, se confirme, alors logiquement ce risque n’existe plus.
 
L’UDI peut-elle remplacer l’UMP comme formation dominante de la droite et du centre ?
 
Oui. Historiquement, en examinant leurs ancêtres respectifs, l’UDF était déjà passée devant le RPR au tournant des années 80, dynamique que la défaite de Valéry Giscard d’Estaing en 1981, au demeurant nettement devant le candidat de la droite, avait interrompue. Par ailleurs le duel du premier tour de la présidentielle de 1988 entre droite et centre avait été très serré : Jacques Chirac n’avait battu Raymond Barre que de trois points. En outre, on constate que jusqu’à la fin des années 90, aux élections locales, l’UDF obtenait généralement de meilleurs résultats que le RPR.
 
Cependant, si l’on revient au présent, l’électorat centriste pèse aujourd’hui 14% des voix, ce qui est insuffisant pour que l’UDI soit plus forte que l’UMP. En raisonnant à masses électorales constantes, ce n’est donc pas jouable. Par élimination, reste donc l’option d’une stratégie de conquête de l’électorat en jachère, dont les effectifs sont considérables : un Français sur deux est sans étiquette politique fixe. Cela impliquerait toutefois un lourd travail d’innovation programmatique et de combat culturel, au sens de Gramsci, à l’instar de ce que Nicolas Sarkozy, pour un autre camp, avait su faire de 2005 à 2007, portant la droite à son plus haut score de premier tour depuis Georges Pompidou.
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titine
- 23/10/2012 - 21:58
Ce qui change ?
Rien, parce que l'UDI va exploser en vol. On est au 21ème siècle... Et apparemment, "ils" n'ont rien compris ou parce que tout simplement cela ne les intéresse pas. En revanche, les sièges pour eux et les copains en perdition sont leur seul objectif pour continuer à vivre d'acquis aux frais des citoyens car ils ne savent rien faire d'autre... Quant à Bayrou, il va se retrouver dans un des gouvernements de Hollande !! Sur ce, c'est une bande de chimpanzés avec le côté sympathique en moins...
HdT
- 23/10/2012 - 18:15
Le premier parti de France borloosien...
... déjà apparu sous divers noms contient une Rama Yade qui par plusieurs fois s'est déjà ouvertement exprimée contre les Français. Alors c'est un parti peut-être, mais un parti en France, pas de France, un peu comme l'islam... un peu comme Rama Yade... un peu comme la gauche quoi.
HdT
- 23/10/2012 - 18:12
Un nouveau parti de type...
... Pschitt!!!
Les successifs partis centristes ne sont que des variantes proposées par des acteurs de gauche sous couvert de robe de bures de droite. Ce sont des diviseurs de droite, voire même une excuse pour une droite molle pour se laisser mettre et faire ses petites affaires.