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Débat présidentiel : comment l'affaire de Benghazi risque d'effacer les bons résultats d'Obama en politique étrangère
Publié le 22 octobre 2012
Alors que le troisième et dernier débat pour la course à la Maison Blanche entre Barack Obama et Mitt Romney se tient ce soir, les deux candidats sont au coude-à-coude dans la plupart des sondages. Comment l'affaire de Benghazi va peser sur cette troisième confrontation et risque de balayer les bons résultats d'Obama en politique étrangère, notamment la capture de Ben Landen.
Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Alors que le troisième et dernier débat pour la course à la Maison Blanche entre Barack Obama et Mitt Romney se tient ce soir, les deux candidats sont au coude-à-coude dans la plupart des sondages. Comment l'affaire de Benghazi va peser sur cette troisième confrontation et risque de balayer les bons résultats d'Obama en politique étrangère, notamment la capture de Ben Landen.

L’affaire de Benghazi promet d’occuper une place proéminente dans le débat de ce soir. Enjeux, la place et le rôle de l’Amérique dans le monde à venir. Ce lundi 22 octobre à l’Université Lynn de Boca Raton en Floride, Barack Obama et Mitt Romney se retrouveront pour leur troisième, et dernière, confrontation (21h00 locales, 03h00 mardi marin heure française). Le débat portera sur les affaires étrangères et sera modéré par Bob Schieffer de la chaine télévisée CBS. Faut-il en attendre des étincelles? La réponse est oui. Trois fois oui.

Un, la controverse autour de la tragédie de Benghazi rend ce débat d’une actualité brûlante. Deux, les candidats ont des visions radicalement différentes du rôle de l’Amérique dans le monde au XXIe siècle. Trois, ce sera l’ultime chance pour Mitt Romney de déstabiliser un président sur lequel il ne parvient pas à prendre l’ascendant dans les sondages. Inversement ce sera, pour le président, l’occasion de le décrédibiliser définitivement, en soulignant son manque d’expérience sur un terrain que lui maîtrise désormais parfaitement. 

Traditionnellement, ce ne sont pas les questions internationales qui décident d’une élection présidentielle aux Etats-Unis. L’exception notable fut l’élection de 1980 où le fiasco américain en Iran – révolution islamique, prise en otage des membres de l’ambassade de Téhéran et opération commando ratée pour les délivrer- eut une influence directe sur la défaite de Jimmy Carter face à Ronald Reagan. Or cette année les Républicains rêvent d’une « cartérisation » de Barack Obama.

La capture et la mort de Ben Laden, en mai 2011, se devait d’offrir à Barack Obama, une garantie d’immunité face à cet écueil. La tragédie de Benghazi a changé la donne. Parce qu’elle a mis en lumière les possibles errances de l’administration.

Le 11 septembre dernier, date anniversaire des attentats de 2001, le consulat américain de Benghazi en Libye était pris d’assaut par des émeutiers armés de fusils mitrailleurs, de grenades incendiaires et de lance-roquettes. L’attaque, qui dura plus de quatre heures, coûta la vie à l’ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens et trois membres de sa sécurité.

Le même jour l’ambassade des Etats-Unis au Caire était envahie par une foule en colère. Cette colère, dirent les médias, s’expliquait par la diffusion sur Internet d’un film ridiculisant Mahomet. Dans les jours qui suivirent les chancelleries américaines d’une vingtaine de pays du monde musulman furent la cible d’émeutiers. On vit leurs locaux caillassés des drapeaux américains brûlés…

Dès le 12 septembre, le président Obama condamnait « les attaques » contre le consulat de Benghazi, affirmant que leurs auteurs seraient pourchassés et amenés devant la justice. Il condamnait aussi les « actes de terreur » et toute forme de manifestation portant préjudice à la religion des uns ou des autres.

Le 14, Jay Carney, porte-parole de la présidence, réaffirmait que les évènements du 11 étaient une réponse spontanée à la diffusion de la désormais notoire vidéo anti-musulmane. Le dimanche 16, sur les plateaux de télévision, Susan Rice, ambassadrice américaine à l’Onu, confirmait cette analyse. Pourtant dès le 12 septembre certains journaux et sites Internet avaient fait état du caractère « organisé » et « planifié » de l’attaque de Benghazi, qui en faisait un acte terroriste.

Pourquoi cette réticence de la Maison Blanche à caractériser cet évènement comme tel ? Pour deux raisons. Un, parce qu’une telle concession serait reconnaître que la révolution libyenne, soutenue en son temps par Obama, qui s’était alors vanté de « mener depuis l’arrière » (« lead from behind ») a favorisé le retour d’Al Qaida dans cette partie du monde. Deux, parce que ce serait reconnaître aussi que l’administration avait mal évalué la situation en particulier le risque sécuritaire encouru par ses diplomates.

Lors du débat du 16 octobre Mitt Romney et le président Obama se sont accrochés sur la question. Laissant sa résolution en suspens. Notamment du fait de l’intervention inopinée, et pas forcément justifiée, mais fort avantageuse pour le président Obama, de la modératrice Candy Crowley…
Mitt Romney va-t-il revenir sur cet incident dans le débat de ce soir. C’est probable. Il a tout à y gagner. Il doit en effet démontrer que l’administration Obama projette à l’extérieur une image de faiblesse qui porte préjudice aux intérêts américains, s’il veut emporter le débat. Quoi de mieux pour le prouver que de souligner ses hésitations et contradictions…

Lui président, cela se passerait autrement, va-t-il dire… ! Car Mitt Romney est partisan d’une Amérique forte, brandissant haut l’étendard de la liberté et menant le monde pour la faire progresser.

Barack Obama pense au contraire que les Etats-Unis n’ont plus les moyens financiers, humains et mêmes psychiques de cette politique et qu’il est temps pour l’Amérique de prendre une place plus modeste, aux côtés de ses alliés au sein d’opération multilatérales. Parce qu’il faut faire des économies pour combler le déficit, le budget de la défense sera d’ailleurs mis à contribution dans les années à venir. Moins de troupes et plus de drones, voilà l’appareil militaire que souhaite mettre en place Obama !

Nous couperons dans tout, sauf la défense, lui répond Romney ! Parce que la sécurité du pays n’a pas de prix… Ce sont donc bien deux visions radicalement divergentes qui vont s’affronter ce soir. D’un côté Mitt Romney et son alliance de réalisme et de néo-conservatisme. De l’autre Obama et des ambitions internationales et un activisme revus à la baisse.

Les propos du président Obama sont prévisibles. Il mettra en avant que sous son administration, Ben Laden a été tué, les troupes américaines sont rentrées d’Irak, et elles ont commencé de quitter l’Afghanistan. Il a mis fin à deux guerres engagées par les Républicains. Terriblement coûteuses en dollars et en vies humaines. Et il a éliminé l’ennemi numéro un des Etats-Unis. Justice a été faite! L’Amérique est vengée et plus en sécurité qu’il y a quatre ans.

Mitt Romney lui répondra que la mort de Ben Laden est une bonne chose, mais qu’il faut la mettre au crédit des Services de Renseignement pour avoir traqué le terroriste saoudien et des Forces Spéciales pour avoir mené le raid victorieux sur Abbottabad. Quant au départ des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan il s’effectue sans gloire et laisse des pays « libérés » par les Américains, à la merci de leurs ennemis, qu’il s’agisse des Iraniens ou des Talibans.

Mitt Romney accusera l’administration Obama de faire preuve de faiblesse, notamment sur le dossier du nucléaire iranien, et d’en payer le prix, comme le démontrent les évènements tragiques de Benghazi. Il en conclura que l’Amérique est moins en sécurité qu’il y a quatre ans, qu’elle est menacée et son prestige bafoué…

C’est toutefois Obama qui risque de sortir vainqueur de cette affrontement. Onze ans après le 11 septembre et le renversement des Talibans, neuf ans après l’invasion de l’Irak, les Américains sont fatigués des guerres lointaines et ne veulent pas d’un nouvel affrontement. Ni en Syrie pour faire tomber Bachar al Assad. Ni en Iran pour faire reculer les Ayatollahs dans leur quête d’une bombe atomique.

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Balyre
- 22/10/2012 - 17:18
Par pitié...
"Décrédibiliser"... pourquoi employer ce barbarisme de journaleux alors que la langue française nous offre un élégant "discréditer" ?
J'accuse
- 22/10/2012 - 16:54
Avantage Obama, dites-vous ?
Je ne comprends pas qu'on puisse parler de "bons résultats d'Obama en politique étrangère".
1) Il voulait tendre la main à l'Iran pour résoudre la question nucléaire : fiasco
2) Il voulait tendre la main aux Arabes (discours du Caire); s'il a amélioré l'image des États-Unis par rapport à l'époque Bush, c'est plus parce qu'il est que parce qu'il a fait; globalement, un fiasco
3) La mort de Ben Laden lui est crédité sans grand mérite de sa part, et l'attentat de Bengazhi montre que, même sans lui, Al-Qaïda peut encore nuire gravement aux USA.
4) Guantanamo devait être fermée
5) Les guerres en Irak et Afghanistan se terminent d'elles-mêmes plus qu'il y met fin; et la situation dans ces pays est toujours inquiétante
6) Il ne s'est engagé en Libye qu'avec réticence et sur l'insistance de Sarkozy, et n'y est pas considéré comme un libérateur
7) Son impuissance à agir en Syrie est patente.
Il ne peut en aucun cas prétendre qu'il "maîtrise parfaitement ce terrain", au vu de ses résultats.
Ni président de guerre, ni lauréat méritant du prix Nobel, Obama n'a pas placé son pays en position de sécurité convaincante, sans pour autant le montrer en leader de la paix dans le monde.