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Le gouvernement planche sur l'équation de la politique éducative en France
Idée

Privatisons l’Ecole ! A moins qu’il ne faille la nationaliser...

Publié le 10 octobre 2012
La privatisation dont le système scolaire aurait besoin serait en fait la gestion de l’Education nationale sur le modèle du privé, en reposant sur la mise en concurrence.
Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
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Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
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La privatisation dont le système scolaire aurait besoin serait en fait la gestion de l’Education nationale sur le modèle du privé, en reposant sur la mise en concurrence.

Le Président de la République a prononcé hier son grand discours sur la politique éducative en France. Au cours d’une longue allocution, parfois un peu laborieuse, il a exposé ce que doit être son ambition pour l’Ecole au cours des cinq années à venir. Le problème, c’est que ce n’est pas avec les vieilles recettes qu’on fait de la nouveauté. Les pistes sont loin d’être à la hauteur : il aurait plutôt fallu annoncer la privatisation de l’Education nationale… voire sa nationalisation !

Le discours de François Hollande hier était sans surprise : il se contentait de reprendre les conclusions de la "Consultation" sur la Refondation de l’Ecole. Une série de propositions sans grande audace, qui viennent tenter d’amender, à la marge, le système scolaire. La gauche bénéficie d’une capital sympathie très fort dans le milieu éducatif : cela contribuera certainement à apaiser des tensions jusque-là bien vives. Ce qui est dommage, c’est qu’elle ne l’utilise pas pour réformer vraiment… Au contraire, elle fait ce qu’elle reproche à tant d’autres : elle gère ce capital comme une rente, qu’elle défend contre toute performance économique.

Au fond, peu importe les pistes de propositions du gouvernement : elles restent toutes dans un cadre dépassé : celui d’un système centralisé et rigide. Ce qu’il faut faire, c’est privatiser l’Ecole… A moins qu’il ne faille la nationaliser ?

La privatisation dont le système scolaire a besoin, c’est la gestion de l’Education nationale sur le modèle du privé, en reposant sur la mise en concurrence. Plutôt que d’une gestion uniforme, il a besoin de décentralisation. Chaque établissement pourrait être libre de sa gestion, mais aussi de ses méthodes, dans le cadre d’une liberté locale totale. Tous seraient évalués sur des critères établis et vérifiés nationalement (par exemple, faire en sorte que x % d’élèves lisent et écrivent à la fin de leur CP). Ceux qui échoueraient plusieurs années de suite seraient fermés : on ne laisse pas des élèves dans une école qui n’est pas capable de leur faire acquérir les compétences nécessaires. C’est ce qui se fait aux Etats-Unis pour les charters schools par exemple, dont les résultats positifs sont connus.

Au-delà, les parents devraient bénéficier de la liberté d’inscrire leurs établissements où ils le souhaitent. Soit tous les établissements se valent et alors les parents ne fuiront aucun d’entre eux ; soit ce n’est pas le cas et alors le système scolaire actuel oblige certaines familles à laisser leurs enfants dans des écoles de mauvaise qualité… Rendons-leur la liberté ! Pour cela, les chèques scolaires (ou vouchers) sont une solution ! Il s’agit d’attribuer à chaque famille, pour chacun de ses enfants, un droit à le scolariser dans l’établissement de son choix (un chèque scolaire). L’école sera financée en fonction du nombre d’élèves qu’elle accueille – un "bonus" peut même être prévu pour les élèves des milieux les plus fragiles. Les établissements auront donc intérêt à attirer les familles, c'est-à-dire à être performants.

Il s’agit au final d’une nationalisation puisque l’ensemble de l’Education sera financé par le budget publique. Au demeurant, avec cette solution, l’ensemble des familles aura désormais le choix de sa scolarisation, ce qui est aujourd’hui réservé aux familles les plus riches…

Malheureusement, ce n’est pas la voie choisie par le Gouvernement. Il y a fort à parier que rien ne s’améliorera vraiment dans l’Education nationale.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (10)
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ヒナゲシ
- 10/10/2012 - 18:18
Les faits sont têtus, M. Le Noan
Notre gentil soldat du MEDEF & d'Acadomia réunis — promoteur de la caporalisation des profs —a beau clamer sur tous les toits que le grand mal c'est le centralisme, et que le privé c'est la « liberté » (sic !), je me vois contraint de réitérer une objection que j'ai déjà émise et qui prouve — source à l'appui — que la corrélation *privé ⇔ meilleures performances* reste à démontrer…
 
http://www.atlantico.fr/decryptage/reforme-education-plutot-que-supprimer-notes-donnons-aux-etablissements-scolaires-veritable-autonomie-gestion-erwan-noan-464856.html#comment-135434
Titan75
- 10/10/2012 - 17:01
La solution : le privé, la concurrence et le chèque éducation
Mais l'EN impose un blocage scandaleux : la part du privé ne peut dépasser 20% en France. Si cette barrière sautait, la part du privé augmenterait très vite et très fortement et cela obligerait le public à se bouger. Encore plus si l'on instaurait un chèque éducation. Il faudrait un référendum sur le sujet car il y a des blocages même à droite (la franc-maçonnerie qui est allergique aux écoles catholiques). A cette détestable FM rappelons qu'il peut y avoir du privé non confessionnel. Pourquoi ne pas évoquer cet aspect essentiel dans cet article ?
sanglier intrépide
- 10/10/2012 - 16:25
Monsieur Le Noan
Vous faites une juste analyse des inerties qui paralysent l'école.

Mais vous vous trompez lourdement sur les remèdes à y apporter. Les mécanismes de mise en concurrence des profs sont une aberration complète. Votre mini-biographie prouve que vous croyez aux valeurs de compétition, mais j'ai bien peur que ce dogme ne vous mène au chaos.

Il est très réducteur de juger un prof sur les résultats de ses élèves aux concours, alors que les facteurs de succès et d'échec sont multiples. D'ailleurs, chacun sait qu'un prof de prépa à H4 vaut un prof de trifouilli les oies. C'est simplement que la classe est composée de meilleurs éléments dans le premier cas.

J'ai bien peur que la logique du tout concurrence ne conduise au formatage des esprits (comme c'est souvent le cas en école de commerce). Je crois davantage aux valeurs de coopération. Le soutien aux élèves en difficulté doit faire l'objet d'une prise en compte individualisée qui se passe volontiers de l'esprit de compétition. L'éducation est une science qui a besoin du long terme, et pas seulement d'une politique expéditive à la sauce compétition.