En direct
Best of
Best Of
En direct
© Reuters
Des économies vont notamment être réalisées sur les médicaments pour tenter de réduire le déficit de la Sécurité sociale
Etat providence
Financement de la sécurité sociale : quelles pistes pour essayer de sauver l’Etat providence ?
Publié le 10 octobre 2012
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale devrait s'établir à 13,3 milliards d'euros fin 2012. Frappée par la crise, quelle nouvelle architecture de la Sécurité sociale faut-il adopter si la France souhaite sauver son modèle d'Etat providence ?
Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Agnès Verdier-Molinié et l'équipe de l'iFRAP
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale devrait s'établir à 13,3 milliards d'euros fin 2012. Frappée par la crise, quelle nouvelle architecture de la Sécurité sociale faut-il adopter si la France souhaite sauver son modèle d'Etat providence ?

Lundi 1er octobre, le gouvernement a présenté le PLFSS 2013, le Projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ce PLFSS 2013 est tout à fait dans la lignée des précédents : une multitude de mesures ponctuelles et aucune des réformes de fond indispensables. Le déficit du régime général de la Sécurité sociale fin 2012 s'élève à 13,3 milliards d'euros, un déficit en baisse de 4,4 milliards d'euros par rapport à 2011.

Le Gouvernement assure que la baisse du déficit se fera sans toucher au niveau de protection des Français, sans les faire payer davantage : "nous avons fait le choix de ne pas demander d'efforts supplémentaires aux assurés, notamment en matière de santé", a déclaré Marisol Touraine, "l'Ondam 2013 ne comprendra pas de mesures d'économie à l'encontre des assurés sociaux." Des économies seront réalisées sur les médicaments (baisses de remboursements), les tarifs d’actes médicaux (baisses tarifaires des médecins et biologistes), ou encore la rationalisation des achats hospitaliers. Le PLFSS 2013 prévoit 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires, mais seulement 2,4 milliards d’euros d’économies sur les dépenses.

Pour la Fondation iFRAP, certaines de ces mesures vont dans le bon sens. 70 millions d’économies sont notamment prévues sur les transports sanitaires. Il faut en effet limiter ces prescriptions aux cas vraiment nécessaires, en en mettant une partie à la charge des intéressés ou en régionalisant les soins. Le coût des transports sanitaires a beaucoup augmenté et atteint plus de 3 milliards d’euros par an entre les taxis, les ambulances, les véhicules sanitaires légers, les véhicules des établissements eux-mêmes et ceux des pompiers. Les hôpitaux prescrivant les trois quarts de ces transports, c’est dans ce secteur qu’il faut surtout agir, mais avec un objectif plus ambitieux de réduction de 500 millions d’euros par an en 2016.

Mais le gouvernement pourrait aller plus loin, les affections longue durée (ALD) qui donnent droit à un remboursement des soins à 100% pourraient aussi être rationalisées. Le surcoût est de 8 milliards d’euros par an pour un système où le nombre d’assurés est en constante augmentation, car même en rémission, un assuré ALD ne revient pas dans le système général. Enfin, la médecine de ville peut également être repensée et rationalisée. Le PLFSS prévoit une évaluation du service médical rendu par certaines spécialités. Il devient urgent de réduire les actes inutiles en diversifiant les modes d’exercice de ces professions : exercice en groupes, délégation de tâches, salariat, entreprenariat, liaison avec un établissement de soins, etc., et en redéfinissant le rôle des généralistes, spécialistes, biologistes, radiologues, infirmières, … entourant les malades. Les gains de ces évolutions seront majeurs dans une décennie. 

Cependant, pour la Fondation iFRAP, les principaux gisements d’économies sont dans la convergence des tarifs des hôpitaux sur ceux des cliniques privées, une économie que nous estimons à 15 milliards d’euros en cinq ans. En 2005, le Gouvernement et le Parlement avaient décidé qu’à partir de 2012, l’assurance-maladie obligatoire paierait les mêmes prix aux différents fournisseurs de soins (hôpitaux publics, hôpitaux mutualistes ou fondations, cliniques privées). Cela pour des soins identiques sur des groupes de patients identiques. En 2012, l’écart est toujours de 26% au détriment des cliniques. En 2010, alors que la convergence des prix devait être effective pour la moitié des dépenses, la mise en pratique de cette règle a été repoussée à 2018 sous l’influence des élus, maires- parlementaires, soucieux de préserver l’emploi dans leurs villes. Au rythme actuel, la convergence ne serait effective que dans des décennies. Il faut revenir à une convergence totale en 2016.

En matière de retraites, le PLFSS prévoit une concertation au printemps 2013 pour une réforme systémique. Les débats qui ont eu lieu pendant les élections présidentielles ont montré un consensus sur la nécessité d’entreprendre cette réforme. Comme le souligne le gouvernement dans le PLFSS, il faut « remédier à la fois aux déficiences de nos régimes de retraite en termes d’équité mais aussi les inscrire dans un cadre financier durablement équilibré. » Le gouvernement prévoit une hausse des taux de cotisations du régime de retraite des agents des fonctions publiques territoriale et hospitalière et du régime des professions libérales qui va à notre avis dans le bon sens, celui de la convergence des régimes de retraites.

Mais plutôt que de relever la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) pour financer le régime spécial de retraite des industries électriques et gazières (IEG), il aurait été plus équitable d’allonger la base de calcul des retraites des personnes partant en retraite : au lieu des 6 mois actuels, prise en compte des salaires des deux dernières années en 2013, puis deux ans de plus par an ensuite. Il faut surtout s’orienter à notre avis vers un système de retraites universel, unique pour tous, et qui mette fin au maquis de régimes spéciaux. Cette affiliation au nouveau régime général concernera tous les nouveaux embauchés civils du secteur public (les trois fonctions publiques, SNCF, RATP, EDF-GDF, Banque de France, etc.). Elle ne devrait pas poser de problème puisque les syndicats et la majorité des responsables politiques ont affirmé que ces régimes sont différents mais équivalents. L’objectif de ce changement est d’apaiser les relations entre les Français des deux secteurs, public et privé, et de préparer la réforme en profondeur de 2013-2016.

Pour finir, que dire des dépenses de l’assurance chômage ? Avec une économie en berne (l’INSEE prévoit +0,0% de croissance…), et une taxation accrue sur les entreprises, le nombre de chômeurs n’est malheureusement pas près de diminuer, et avec lui les dépenses de l’assurance chômage. Une première mesure, simple et qui serait facilement acceptée par l’opinion publique (à l’exception des intéressés), serait de réduire le coût du régime des intermittents du spectacle. Ce régime coûte 1 milliard d’euros par an, soit le tiers du déficit de l’assurance chômage, pour seulement 3% des assurés. Trop de personnes adhèrent à ce régime trop favorable.

Le véritable coût du travail des intermittents doit être pris en charge par leurs employeurs, y compris les heures de répétition ou de préparation si elles sont indispensables. Inévitablement, les producteurs adapteront leurs activités à cette situation. On pourrait commencer par n’indemniser que les artistes et pas les techniciens, qui peuvent plus facilement se reconvertir.

Autre piste, le différentiel des taux de cotisation chômage des salariés du secteur public par rapport au secteur privé. Dans le secteur privé, le taux de cotisation chômage est de 2,4% pour le salarié et 4 % pour l’employeur. Dans le secteur public, seul le salarié cotise au taux de 1% sur les salaires bruts supérieurs à 1 400 euros, sous prétexte que les fonctionnaires et autres salariés du public ont un emploi garanti à vie. Une situation qui était tolérable quand le taux de chômage était de 3 %, mais qui ne l’est plus quand il atteint durablement 10 %.

Serait-il acceptable que les personnes en bonne santé refusent de cotiser dans la même caisse d’assurance-maladie que celles qui sont exposées à la maladie ? Ou que les entreprises les plus prospères (Total, L’Oréal…) décident de créer leur propre caisse d’assurance chômage ? Le passage progressif d’ici à 2017 du taux de cotisation des salariés du public de 1% à 2,4% sur 5 ans rapporterait 2 à 3 milliards d’euros par an à l’assurance chômage, soit l’équivalent du déficit actuel.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
5 indicateurs de la (faible) culture démocratique du gouvernement
03.
Auto-positionnement politique des Français : le sondage qui montre l’ampleur de la crise existentielle vécue par la droite
04.
Au tableau : Christophe Castaner mal à l’aise après une question d’un élève
05.
Gilets jaunes : les états-majors des grandes entreprises imaginent trois scénarios de sortie de crise possibles
06.
Votre mémoire pourra-t-elle être piratée dans le futur ? La réponse est plus inquiétante que vous ne le croyez
07.
Alain Finkelkraut étrille Marlène Schiappa après ses propos sur la Manif pour tous
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
03.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
04.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
05.
5 indicateurs de la (faible) culture démocratique du gouvernement
06.
Le mystérieux contrat de 7,2 millions d'euros décroché par Alexandre Benalla
01.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
02.
Auto-positionnement politique des Français : le sondage qui montre l’ampleur de la crise existentielle vécue par la droite
03.
Ces lourdes erreurs politiques qui fragilisent la lutte contre l’antisémitisme
04.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
05.
Antisémitisme: voilà pourquoi je n'irai pas manifester le 19 février
06.
Derrière les faits divers dans les Ehpad, la maltraitance que l’ensemble de la société française inflige à ses vieux
Commentaires (15)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Carcajou
- 12/10/2012 - 19:03
Stop! (suite)
Pondez un papier par semaine dans tous les médias pour éclairez objectivement les petites dérives suivantes:

Faites preuve d’un vrai courage. Calculez ce que nous coûtent réellement « les chances pour la France »

Faites une étude poussée et concluante sur le mille-feuille des aides sociales qui coûtent une fortune en distribution et en gestion.

Faites un topo fouillé sur ces associations diverses et variées en mettant en regard leur coût et leur performances.

Vous qui avez une boussole à trouver les pistes pour économiser, afficher l’azimut qui vous conduira aux dépenses somptuaires de l’Etat : présidence de la République, chambre des députés et du sénat, cabinets ministériels et collectivités territoriales où pantoufles tant d’Enarques inutiles et improductifs.

Faites retirer les réductions d’impôts aux généreux donateurs des fondations comme la vôtre. Avouez que recevoir, même sous forme détournée de l’argent public quand on prêche votre politique très libérale, ça la fout mal.

Chiche !
Carcajou
- 12/10/2012 - 19:01
Stop! (suite)
Je connais dans mon entourage immédiat des retraités qui ont bossé toutes leurs vie en produisant des richesses, des vraies, pas des idées à la con issue de la masturbation d’un seul hémisphère cérébral, le moins humain. L’un d’entre eux à participer à l’invention de machines agricoles pour le ramassage des fruits – avec un certificat d’étude primaire et un solide bon sens comme bagage intellectuel - , un autre à bosser pour amener l’eau courante dans tous les foyers alors que vous n’étiez même pas une lueur dans les yeux de votre père et à une époque où les tranchées se creusaient à la main. Aujourd’hui, usés, vous voudriez qu’ils paient une parte du transport qui les conduit aux soins dont ils ont besoin avec une retraite de 762€ pour l’un et de 912€ pour l’autre. Ce sont les « penseurs » comme vous qui au nom des économies déjà, ont fait fermer les petites structures disséminés sur le territoire et aujourd’hui, vous vous indignez du prix des transports. Charlots !

Comme l'autre zozo qui voulait instaurer une taxe carbone après avoir éloigné au diable vauvert les services publics.
Carcajou
- 12/10/2012 - 19:01
Stop!
@Verdier-Molinié et ses comparses

Vous me sortez par les yeux, les néo-libéraux à tous crins.

La Sécurité sociale n'est pas l’État providence. La santé pour tous est la moindre des choses. Je ne prétends qu'il n'y ait pas du ménage à faire et sérieusement, mais pas ce que vous préconisez.

Le premier qui me traite de gaucho, je lui fous mon poing dans la gueule par clavier interposé. Sur ce site, nombreux sont ceux qui se réclament de la chrétienté. Aidez les pauvres est un devoir chrétien. La mise en place par le CNR de la sécurité sociale et des retraites par répartition sont les idées les plus humanistes depuis... belle lurette.

Que des nains politiques, par clientélisme électoral, aient dévoyé ces 2 magnifiques idées est patent. Mais le principe est génial et parfaitement applicable.

Verdier-Molinié, mon éducation m'interdit de vous dire ce que le dégoût de votre petite et courte pensée m'inspire. Vous ne valez pas mieux que les socialistes, eux parce qu'ils abaissent tout ce qu'il touche par angélisme et fausse humanité, vous parce que l'on sent en permanence ce sentiment de supériorité que vous procure le fait de péter dans une culotte de soie.