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Les axes de la refondation de l'école ont été présentés mardi par le président de la République.
Chicago style
Refondation de l’école : et si on payait les enseignants selon la réussite de leurs élèves ?
Publié le 10 octobre 2012
François Hollande, lors d'un discours prononcé à la Sorbonne, a présenté les axes de sa politique en faveur de l'école. Le président de la République est en fait revenu au tropisme habituel de gauche : plus de moyens permettra de régler les problèmes.
Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr ...
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Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr ...
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François Hollande, lors d'un discours prononcé à la Sorbonne, a présenté les axes de sa politique en faveur de l'école. Le président de la République est en fait revenu au tropisme habituel de gauche : plus de moyens permettra de régler les problèmes.

Les observateurs attentifs de la question scolaire auront vécu une belle déception en écoutant le discours de François Hollande sur la refondation de l’école.

Depuis une trentaine d’années, le niveau scolaire de nos élèves ne cesse de baisser, et l’échec scolaire complet (c’est-à-dire la sortie du système avec au mieux le brevet des collèges) stagne à une proportion d’environ 12% d’une classe d’âge. Et depuis tout ce temps, la stratégie éducative déployée pour enrayer cette spirale infernale se limite à une logique de moyens : l’illusion règne qu’en remettant de l’argent dans le système, les problèmes éducatifs se résoudront d’eux-mêmes.

Depuis une trentaine d’années, l’école de la République s’est transformée en un formidable outil de sélection sociale, où un enfant d’ouvrier est à peu près certain de sortir de ses douze ou quinze années de scolarité sans un diplôme utile pour améliorer son sort par rapport à celui de ses parents. Ce recul majeur infligé à l’école des fondateurs constitue probablement l’une des fractures essentielles de la société française contemporaine : alors que le savoir était encore au début des années 80 un gage de promotion sociale, cette vocation ne cesse de se dégrader depuis lors.

De façon probablement mal expliquée, Nicolas Sarkozy avait misé sur l’autonomie des établissements scolaires et sur la réforme du statut des enseignants pour relever l’école de ses ruines. Le pari était audacieux, car il prenait de front les bastions syndicaux qui, depuis des décennies, imposent une gestion des ressources humaines ubuesque et désespérante pour les enseignants eux-mêmes : les enseignants les moins chevronnés sont mis devant les élèves les plus difficiles, et les plus syndiqués bénéficient des fromages les plus crémeux, indépendamment de leurs compétences personnelles.

Dans cette étendue aride, faite de désespoir, de démotivations et de broyage systématique des bonnes volontés, la nouvelle majorité s’est empressée d’abolir les réformes mises en place par l’équipe précédente, et d’ouvrir une concertation à grand spectacle et en un délai record.

Cette rapidité ne manque pourtant pas d’intérêt, et il faut reconnaître aux rédacteurs du rapport final rendu la semaine dernière le mérite d’avoir cerné les principaux sujets de l’école d’aujourd’hui : la sénilité, voire la sénescence des programmes et des méthodes pédagogiques utilisées dans notre école qui fut un modèle d’avant-garde il y a cent cinquante ans, et qui a pris quelques rides depuis, à force d’immobilisme.

Le rapport Forestier, du nom de son rédacteur, a le mérite d’aborder le sujet qui fâche : un enseignement doctrinal, pyramidal, alors que la société française est pétrie d’Internet, de collaboration, de délibérations en tous sens. Il serait d’ailleurs intéressant de mesurer, à 18 ans, quelle part du savoir des élèves provient de l’école, et quelle part provient des médias et d’Internet. Il est sûr et certain qu’une part grandissante du savoir de nos chères têtes blondes n’est plus puisé à l’école.

Ce fameux Forestier, fin connaisseur du système scolaire, a d’ailleurs eu l’intelligence de se concentrer sur ce message majeur, en évitant les fâcheries : pas d’allusion à l’autonomie des établissements, rien ou presque sur la conception proprement dite des programmes, dévolue à une caste d’inspecteurs qui sont autant de gardiens désoeuvrés d’un temple de plus en plus semblable à une maison de retraite. Et silence radio sur le statut des enseignants. Une méthode habile pour orienter la décision publique sans soulever de hargne syndicale.

Le discours prononcé par François Hollande hier à la Sorbonne montre que c’était encore trop. Non seulement, les règles du jeu délétères actuelles seront maintenues : co-gestion syndicale, centralisme pédagogique jacobin, et autres erreurs cataclysmiques pour la survie du système éducatif. Mais la volonté même de réformer la pédagogie est passée à la trappe.

Le président de la République est en fait revenu au tropisme habituel de gauche : plus de moyens permettra de régler les problèmes. Ainsi, François Hollande annonce une règle : plus d’enseignants que de classes dans l’enseignement élémentaire. L’idée de traiter le problème des difficultés scolaires dès les premières années d’école est évidemment pertinente. Mais si la pédagogie ne suit pas, si l’enseignement par projet proposé par le rapport Forestier n’est pas mis en place, ces moyens seront une fois de plus absorbés dans une gouffre sans fond, et des générations entières continueront d’être sacrifiées sur l’autel de l’immobilisme pédagogique.

Mais de grâce, ouvrons enfin les portes et les fenêtres de notre système scolaire ! Enseignons à l’école ce qui fait la vraie vie ! Épargnons à nos enfants les messages anxyogènes et nécrosants d’une école qui donne si souvent aux parents d’élèves le sentiment d’être un atelier forcé pour enseignants désabusés ! Et si les syndicats enseignants s’opposent à cette réforme, qu’on nous donne un chèque scolaire pour permettre à nos enfants de suivre l’enseignement de notre choix, sans financer une école publique qui devient de plus en plus un lieu d’asservissement!

De ce point de vue, l’école, en France, devrait regarder avec intérêt la réforme mise en oeuvre à Chicago, où, après des décennies d’échec scolaire sans solution, les pouvoirs publics ont recouru aux grands moyens: la rémunération des enseignants est liée à la réussite de leurs élèves. Bien entendu, ce système tient compte du niveau initial des élèves. Il ne s’agit pas de fixer à tous les enseignants l’objectif de porter leurs élèves à la mention très bien du bac S. Mais l’enjeu est de mesurer quel progrès les élèves ont fait grâce à leur enseignant durant l’année.

Les moins bons professeurs sont licenciés.

Une idée provocatrice. Mais à approfondir.

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zelectron
- 14/10/2012 - 12:37
Mise au point d'une grille de rémunération*
Soit ! un essai dans 10 lycées (avec volontaires) sur une durée de cinq ans plutôt que de grands discours !
*le plus difficile...
jerem
- 11/10/2012 - 13:07
@gdv vous avez confondu avec la publicité
c'est la télévision et ses kilometres de pub , lessupermarches et leurs kilos de pub dans les boites aux lettres ,qui font les bons bestiaux dont vous parlez . Merci de ne pas confondre !
gdv
- 11/10/2012 - 07:50
Quels sont les objectifs réels de l'éducation Nationale ?
Monsieur Éric Verhaeghe vous vous trompez sur les objectifs de l'éducation National.
Les objectifs politiquement correct de l'école ne sont que de la poudre aux yeux, l'école n'a pas pour objectif de former des gens autonomes et intelligents mais des animaux sociaux qui vont participer à la prologation d'un système existant sans trop poser de question.
L'élite s'extrait toute seule du système scolaire, le projet éducatif des parents et les qualités intellectuelles de l'enfant y pourvoient très bien.
Tout le monde ne peut pas habiter sur la place du village.
Bon Dieu, c'est tellement évident que la majorité des personnes ne s'en rendent pas compte.
Le système éducatif aurait été réformé depuis longtemps s'il s'agissait de remplir les objectifs politiquement corrects.
Regardez comme le système est efficace quand il s'agit des atteintes à la sûretée de l'Etat.