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Cela fait tout de même trois trimestres consécutifs que le PIB français stagne.
Réveillez-vous !
Croissance nulle et dette publique en hausse : le budget 2013 est-il mort-né avant même le début de son exécution ?
Publié le 15 octobre 2012
Les prévisions gouvernementales semblent très optimistes. Dans le meilleur des cas, la croissance annuelle moyenne sera de 0 % cette année et le déficit public dépassera les 4,5 % du PIB.
Marc Touati est économiste et président fondateur du cabinet ACDEFI (aux commandes de l'économie et de la finance). Il s'agit du premier cabinet de conseil économique et financier indépendant au service des entreprises et des professionnels.Il a lancé...
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Les prévisions gouvernementales semblent très optimistes. Dans le meilleur des cas, la croissance annuelle moyenne sera de 0 % cette année et le déficit public dépassera les 4,5 % du PIB.

Récession, dette publique à 91 % du PIB, flambée du chômage, hausse des impôts,… A l’évidence, la fin 2012 et l’année 2013 s’annoncent particulièrement dramatiques. Certes, comme cela s’était déjà observé au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, le PIB français a miraculeusement évité le repli au cours du deuxième trimestre 2012. Ainsi, comme il y a six et trois mois, en dépit des évolutions déjà connues (notamment la baisse de la production industrielle) qui laissaient imaginer un recul d’au moins 0,2 % du PIB hexagonal, ce dernier a finalement stagné. En d’autres termes, les Présidents et les majorités passent, mais les magiciens de l’INSEE restent les mêmes.

Pour autant, en dépit de la magie, il y a des réalités qui ne peuvent être masquées. Ainsi, cela fait tout de même trois trimestres consécutifs que le PIB français stagne. On pourrait appeler cela une « récession Canada Dry », c’est-à-dire qu’elle s’y apparente à tous points de vue, mais qu’elle n’en porte pas le nom. En effet, pour qualifier une récession il faut normalement deux trimestres consécutifs du PIB. Cela n’est donc pas le cas en France, mas avec trois trimestres de stagnation, la situation économique française est au moins analogue à une récession.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de la baisse de 0,1 % de l’emploi salarié au deuxième trimestre. En outre, il faut noter qu’hors stocks, le PIB français a bien reculé pendant deux trimestres : - 0,1 % au premier trimestre 2012 et - 0,3 % au deuxième.

Pour couronner le tout, l’acquis de croissance pour 2012 n’est que de 0,2 % au sortir du premier semestre. Dans la mesure où le PIB devrait encore reculer au second semestre, cela signifie donc que les prévisions gouvernementales en termes de croissance et de déficit public ne seront pas respectées. Dans le meilleur des cas, la croissance annuelle moyenne sera de 0 % cette année et le déficit public dépassera les 4,5 % du PIB.

Quant à 2013, il est clair que le budget annoncé est loin de pouvoir arranger les choses. Et pour cause, avec 24 milliards d’euros de hausse d’impôts et un ratio dépenses publiques / PIB de 56,3 %, la récession va s’installer au moins jusqu’à l’été 2013. Conséquence logique de ce marasme économique, le chômage va continuer de faire des ravages. Déjà à 10,3 % en août, le taux de chômage devrait rapidement atteindre la barre des 11 % et très probablement des 12 % fin 2013. Il ne faut effectivement pas oublier que le chômage est une variable retardée de l’activité, avec un décalage d’environ six mois. Ainsi, le nombre de chômeurs d’aujourd’hui correspond à la situation économique du début 2012. De même, la récession du second semestre 2012 et du premier de 2013 continuera d’agir sur le chômage jusqu’au printemps 2014. Dans ces conditions, les promesses du Président Hollande d’inverser la tendance d’ici un an tiennent plus de l’utopie que du réalisme économique. Et ce, d’autant que les mesures annoncées par le gouvernement Ayrault vont exactement à l’opposé des réformes nécessaires pour moderniser notre économie. Certes, les nouveaux emplois aidés qui ne veulent pas dire leur nom réussiront à limiter les dégâts. Cependant, ils resteront un écran de fumée qui sera balayé par la récession, l’augmentation de la pression fiscale et les rigidités du marché du travail. Bien loin des objectifs de réduction des déficits et de la dette publique, cette dernière devrait atteindre 100 % du PIB dès l’été 2013.

Si l’on veut vraiment inverser cette spirale infernale, il n’y a pas trente-six solutions. Il faut avant tout restaurer la croissance, et ce notamment grâce à un euro plus normal (autour des 1,15 dollar), à une politique budgétaire efficace et à une réduction de la pression fiscale. Dans le même temps, il faudra réduire les dépenses publiques, notamment de fonctionnement. En outre, il faudra doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique. Enfin, une fois que la croissance sera revenue, il sera grand temps de moderniser le marché du travail. Cela fait trente ans que l’on attend, nous ne sommes plus à six mois près. En conclusion, il faut arrêter de bercer les Français avec des illusions et des promesses que l’on ne peut pas tenir. Soit la France retrouve la croissance et modernise son économie, de manière à faire baisser le chômage. Soit elle continue de s’y refuser et ce dernier continuera de flamber, avec tous les drames économiques, sociaux et humains que cela engendrera. MM. Hollande et Ayrault, réveillez-vous !

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vangog
- 01/10/2012 - 03:30
Les socialo-écolo-cocos vont enfin assumer leurs choix ...
...et leurs erreurs.
Plus l'échec de leurs illusions devient patent:"la relance par la croissance, le changement c'est maintenant...", plus il leur sera difficile d'invoquer Sarkosy, à la manière des Soviétiques justifiant l'échec du socialisme par les anciens présidents (tous y sont passés), corrompus par le libéralisme et la réaction(SIC)...
Ce type de lâcheté est très répandu à gauche, et ils fonctionnera encore quelques mois, mais la chute n'en sera que plus dure...
vangog
- 01/10/2012 - 03:24
Les socialo-écolo-cocos vont enfin assumer leurs choix et leurs
erreurs. Plus l'échec de leurs reves ("la rela
vangog
- 01/10/2012 - 03:24
Les socialo-écolo-cocos vont enfin assumer leurs choix et leurs
erreurs. Plus l'échec de leurs reves ("la rela