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"Nevada" de Laure de Clermont-Tonnerre : beau, impressionnant, et fort

Publié le 19 juin 2019
Dès son premier long-métrage, Laure de Clermont-Tonnerre s'impose comme une réalisatrice hors pair. Suivez-la, elle a tout ce qu'il faut pour faire une grande carrière.
Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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Dès son premier long-métrage, Laure de Clermont-Tonnerre s'impose comme une réalisatrice hors pair. Suivez-la, elle a tout ce qu'il faut pour faire une grande carrière.

CINEMA
Nevada

de Laure de Clermont-Tonnerre 

Avec Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern….

 

RECOMMANDATION

         EN PRIORITE

 

THEME

Roman, un dur de dur, est incarcéré dans une prison du Nevada. Il n’a plus de contact avec l’extérieur. Même avec sa fille, les ponts sont coupés. Pour tenter de le faire sortir de son mutisme et de sa violence, qu’on devine extrême, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Confronté à ces mustangs aussi farouches qu’imprévisibles, Roman va, peu à peu, réapprendre à se contrôler et à surmonter son passé.

 

POINTS FORTS

- Le scénario : Lorsqu’elle découvre, aux Etats-Unis, l’existence d’un programme de thérapie des prisonniers par les chevaux, Laure de Clermont-Tonnerre décide tout de suite qu’il sera au centre de son premier long métrage. « Cela reliait, dit-elle, deux univers qui me fascinent depuis toujours, le monde carcéral et celui des animaux ». Parce qu’elle aime les grands espaces et les histoires individuelles d’une portée universelle, son scénario s’impose assez vite : Il va raconter la rencontre d’un homme sauvage avec un cheval qui ne l’est  pas moins.

- le décor : Voulant tourner dans des lieux où elle va pouvoir « jouer » entre plans larges et plans serrés, vastes paysages et espaces confinés, elle opte pour le Nevada  où, perdu dans une nature majestueuse et désertique, il y a encore un vrai  pénitencier.

- Matthias Schoenaerts : Pour incarner Roman, la cinéaste cherche un acteur qui ait la masse physique du personnage, et en même temps une émotion à fleur de peau. Elle contacte Matthias Schoenaerts. Malgré son appréhension des chevaux sauvages, le comédien (César 2013  du meilleur espoir masculin pour son rôle dans De Rouille et d’os  de Jacques Audiard) accepte… Il est si indubitable dans son personnage de Roman qu’on ne cherche même pas à savoir qui d’autre aurait pu le jouer.

- Les chevaux : La débutante Laure de Clermont-Tonnerre a su filmer leur beauté sauvage avec la maestria d’une professionnelle aguerrie. 

 

POINTS FAIBLES

Je n'en vois aucun.

 

EN DEUX MOTS

Quand on regarde Nevada, il est impossible de ne pas songer au Prisonnier d’Alcatraz, à L‘Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, aux Sept Mercenaires ou encore au très puissant The Rider sorti l’année dernière. Sa réalisatrice, Laure de Clermont-Tonnerre, prétend, elle, avoir été surtout influencée par Le Paris Texas de Wim Wenders, « pour cette façon de vivre les silences, et ce personnage somnambulique qui ne veut pas se confronter à soi parce que le passé est trop dur ». Mais au fond, qu’importent les références, vraies ou supposées. Nevada est un film beau, impressionnant et fort. Laure de Clermont-Tonnerre est, sans aucun doute, à l’aube d’une grande carrière.

 

UN EXTRAIT

« Matthias Schoenaerts est un cheval sauvage. Il a une énergie explosive, qu’il faut canaliser. Il est d’une générosité folle, il déborde de partout, il est volcanique, incandescent… Cette énergie, le film en avait besoin et Matthias a apporté ces mouvements imprévisibles comparables à ceux de l’animal sauvage »  (Laure de Clermont-Tonnerre, réalisatrice).

 

LA REALISATRICE

Après avoir suivi, d’abord à Paris, des études d’Histoire, puis à New York, des cours d’art dramatique, Laure de Clermont-Tonnerre, née à Paris en 1983, commence par se faire remarquer comme actrice. Le bleu de ses yeux et le blond de ses cheveux, son élégance naturelle aussi, illuminent notamment Adèle Blanc-Sec de Luc Besson, Demain ? de Christine Laurent et  La Résistance de l’air de Fred Grivois. 

C’est à New York, sa ville d’adoption, qu’en 2013, la comédienne passe derrière la caméra. Elle réalise deux courts métrages, Atlantic Avenue et Rabbit. Sélectionné dans la compétition officielle court-métrage au Sundance Film Festival, Rabbit lui permet de développer le scénario de son premier long métrage Nevada. Emballés par le sujet, Robert Redford se porte producteur et le comédien Matthias  Schoenaerts  en accepte le premier rôle. Le film est sorti aux Etats-Unis en mars dernier.

Laure de Clermont-Tonnerre poursuit sa carrière américaine. Elle vient de signer, pour la télévision, deux épisodes de la nouvelle série The Act.

 

 

ET AUSSI

**********

**********

 

- « Noureev » de Ralph  Fiennes- Avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos, Raphaël Personnaz…

En 1961, Rudolf Noureev, une des « étoiles » du Ballet du Kirov, est en tournée européenne. Au cours d’une escale de quelques semaines à Paris, fasciné par la ville Lumière, il décide de faire faux bond à son pays et de passer à l’Ouest : au moment de prendre un avion pour Londres, trompant la pesante vigilance du KGB grâce à la complicité d’une amie parisienne haut placée, il demande l’asile politique à la France… Cette décision, incroyablement culottée et courageuse, va le faire entrer dans l’Histoire…

Pour son troisième passage derrière la caméra, Ralph Fiennes, fasciné depuis toujours  par la trajectoire hors norme  de celui qui fut le danseur le plus célèbre du XX° siècle, a choisi de nous faire revivre les semaines qui précédèrent son passage à l’Occident… Ce très sage biopic, n’apprendra sans doute pas grand chose aux fans du danseur. L’intérêt de ce Noureev est ailleurs: dans ce qu’il nous rappelle pourquoi ce danseur électrisait les spectateurs; dans sa reconstitution, élégante et méticuleuse, du Paris artistique et mondain des années 60; dans ce qu’il nous offre, en prime, de plongées dans la Russie de ces  mêmes années.

Les séquences de danse sont splendides. Oleg Ivenko, dans le rôle-titre, est habité, époustouflant.

Recommandation : excellent

 

- « Dirty God » de Sacha Pollack, avec Vicky Knight, Katherine Kelly…

Brûlée à l’acide par l’homme qu’elle venait de quitter, Jade a dû se réinstaller chez sa mère avec sa petite fille de deux ans. Désormais, elle doit apprendre à vivre sous le regard des autres, et notamment celui des hommes qu’elle continue, malgré tout, de désirer. Se réapproprier sa vie et son corps quand on est non seulement défiguré mais profondément traumatisé va se révéler être un combat de chaque instant…

En suivant le quotidien d’une femme si abimée, la réalisatrice  néerlandaise Sacha Pollack aurait pu tomber dans le voyeurisme malsain. Il n’en est rien, parce qu'au lieu de s’attarder sur les ravages visibles dont est victime son héroïne, ce sont ses souffrances intérieures qu’elle a cherché à faire ressentir : son manque de confiance, sa peur, ses difficultés à assumer sa libido… Ici l’héroïne  s’appelle Jade, mais elle est comme le porte-parole du nombre croissant de femmes qui subissent le même sort, en Angleterre, mais aussi en Inde, au Pakistan, en Colombie et au Bengladesh. C’est ce qui rend ce Dirty God  si émouvant On est d’autant plus touché que la comédienne qui joue Jade ,avec une force impressionnante, est elle même une grande brûlée.

Recommandation excellent

 

- « Tolkien » de Dome Karukoski - avec Nicholas Hoult, Lily Collins…

Qui était John Ronald Reuel Tolkien avant de devenir l’auteur de Bilbo le Hobbit et de la saga mythique du Seigneur des anneaux ?  Sur quelles expériences le romancier s’est-il appuyé pour développer un imaginaire si fantastique ?

C’est à ces deux questions essentielles et à quelques autres plus subsidiaires – J.R.R. Tolkien avait-il des tendances homosexuelles ? – que tente de répondre cet ambitieux bio pic. Depuis son enfance orpheline, pauvre et solitaire, jusqu’à son expérience terrible des champs de bataille de la première guerre mondiale, en passant par ses années universitaires où il apprit le sens de la véritable amitié, tout est montré ici de ce qui a pu construire le poète et écrivain Tolkien. La facture est classique ? On subit quelques longueurs ? Qu’importe ! Car l’émotion dégagée est grande, le scénario, soigné, les dialogues, justes, et la photographie, magnifique. Et puis, surtout, il y a celui  qui joue le rôle-titre,  Nicholas Hoult (X-men, Warm bodies, Mad Max : Fury Road…), prodigieux d’intensité,  dont le regard, bleu saphir  évoque à lui tout seul  le monde imaginaire de celui qu’il réincarne.  

Recommandation : excellent

 

- « Beaux-parents » de Hector Cabello Reyes -  Avec Josiane Balasko, Didier Bourdon, Bruno Benabar, Bruno Salomone…

Coline (Josiane Balasko)  et André (Didier Bourdon) vivent en parfaite symbiose avec leur fille Garance et leur gendre Harold (Bruno Bénabar). Mais un jour, patatras ! à la suite d’un quiproquo, Garance largue Harold et interdit à ses parents de le revoir. Incapables d’obéir à leur fille, Coline et André vont inventer les stratagèmes les plus invraisemblables pour continuer à profiter de leur gendre adoré... Comme on est dans une comédie pur jus, « tout est bien qui finit bien »…

Ils le disent aujourd’hui : l’ambition d’Hector Cabello Reyes et de Benabar (les deux scénaristes du film) était d’écrire un vaudeville en hommage à leurs maitres Labiche et Feydeau, mais avec un esprit d’aujourd’hui, à la fois pop et rock. Après réflexion, ils avaient décidé d’exploiter une chanson de Bénabar sur un vieux couple qui, malgré le divorce de leur fille, refuse obstinément de se séparer de son beau-fils. Bingo ! Beaux-parents est la comédie la plus « explosive de la semaine ». Embarqués dans sa machinerie dramaturgique, aussi folle qu’impeccablement huilée, les acteurs s’en donnent à cœur joie ! Ils s‘amusent, en rajoutent un p’tit peu, parfois même beaucoup. Mais cela s’accorde à merveille avec l’esprit de « non-sérieux »  du film. Et l’émotion ? Ben oui, il y en a aussi. Comme dans toute bonne comédie à l’italienne.  

Recommandation : excellent

 

- « Anna, un jour » de Zsofia  Szilagyi - avec Szamosi, Leo Füredi,…

Entre son boulot, sa maison à tenir, ses trois enfants, et un mari dont elle doit pallier les absences de plus en plus répétées, Anna n’a pas une minute à elle. Submergée par le rythme frénétique de ses journées, elle commence à perdre pied, d’autant plus qu’elle sent que son mari s’éloigne. Va-t-elle arriver à conserver son équilibre, sauver ce qu’elle a de plus précieux dans sa vie, la cohésion de sa famille?

On a beau être sceptique, mais si ,  les films qui racontent la vie ordinaire de gens ordinaires peuvent convaincre, toucher, porter. Démonstration faite une fois encore avec ce film hongrois qui fait le portrait d’une mère de famille lambda et la hisse au rang d’une  Mère courage contemporaine dont les ennemis sont ici le stress, le manque de temps, la difficulté à joindre les deux bouts et le désengagement du père. L’identification fonctionne à merveille. L’actrice du rôle-titre est formidable d’intériorité et de justesse.

Recommandation : bon

 

- « Bunuel après l’Âge d’or » de Salvador Simo-  film d’animation

Nous sommes à Paris en 1930. Luis Buñuel déprime. Jugé trop anticlérical, son deuxième long métrage, L’Âge d’or  vient d’être interdit. La douche paraît d’autant plus froide au jeune cinéaste qu’une année avant, son Chien andalou avait été encensé. Désormais sans le sou, l’immigré espagnol retourne dans son pays. Il y retrouve son ami, le sculpteur  Ramón Acín. Les deux hommes se promettent de filmer l’Espagne des laissés pour compte. Un jour Ramón gagne au loto de quoi financer un projet qui tient Luis à cœur : un documentaire sur les Hurdes, une région pauvre de l’Espagne. De ce tournage tourmenté et sauvage (au nom du surréalisme, on n’hésitera pas à sacrifier des animaux), le cinéaste sortira  à jamais changé…

Il fallait un beau culot pour oser choisir le dessin animé comme un support à un « bio pic » sur l’un des maitres espagnols de l’image.  La preuve que l’audace peut payer: inspiré d’un roman graphique, ce Buñuel après l’Âge d’or est passionnant. Ses dessins sont délicieux, son scénario et  ses dialogues, bien fichus, et il réserve la surprise d’inserts de courtes séquences de films de Buñuel. Réalisé par Salvador Simo, cet étonnant long métrage a reçu les prix du Jury dans deux des plus grands festivals d’animations du monde : Los Angeles et Annecy.

Recommandation : excellent

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