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"Métropole" de Vincent Farasse : la ville, machine à broyer
Publié le 27 décembre 2018
"Métropole", c'est la ville perçue comme une toile d'araignée qui nous prend dans ses fils. Impressionnant, percutant, sauvage.
Charles-Édouard Aubry est chroniqueur pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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"Métropole", c'est la ville perçue comme une toile d'araignée qui nous prend dans ses fils. Impressionnant, percutant, sauvage.

THEATRE

Métropole

Ecrit et mise en scène par Vincent Farasse

Interprété par François Clavier, Ali Esmili, Laure Giappiconi, Eve Gollac, Gaëlle Héraut et Aymeric Lecerf

 

INFORMATIONS

Théâtre la Reine Blanche

2 bis, passage Ruelle, 75018, Paris

ATTENTION: DERNIERE, LE 30 DECEMBRE

Durée : 1h50

Réservations : 01 40 05 06 96

 

RECOMMANDATION

          EXCELLENT

 

THEME

Six personnes se croisent dans le Grand Paris, symbole de la métropole d’aujourd’hui. Un PDG cynique et dépendant, sa fille brillante diplômée d’une école de commerce, son copain jeune étudiant en médecine, un cadre au chômage, sa femme traductrice le jour et stripteaseuse la nuit, une femme de ménage.

Ils vont se mêler, se rapprocher et s’éloigner comme des pions sur l’échiquier de la métropole où la vie se monnaie et le sentiment s’abîme.

 

POINTS FORTS

 

Le texte de Vincent Farasse met en scène des hommes et des femmes qui existent par couple (homme et femme, père et fille, frère et sœur, patron et employée, stripteaseuse et client, femme et petit-ami, particulier et femme de ménage) mais les liens qui les unissent sombrent immanquablement dans le rapport de forces que les lois du marché leur imposent. Leurs vies sont influencées, dictées, par des événements qu’ils subissent sans en maîtriser l’origine ni la force.

La métropole est un personnage à part entière, elle englobe jusqu’à les dissoudre dans son immensité solitaire les individus en quête de destin. Elle façonne leur identité et en fait des numéros comme dans la série « Le Prisonnier ». Chacun joue le rôle qu’elle leur assigne et les empêche d’accéder à leur propre humanité. C’est la ville que nous avons bâtie, inégalitaire et énergivore et dont nous subissons les effets destructeurs.

Les comédiens interprètent des personnages désincarnés, qui tentent de se réaliser et s’élever mais finissent toujours par retomber au niveau de leur condition de simple mortel.  Ils sont tous remarquables – avec une mention spéciale à Laure Giappiconi – et se débattent avec leurs différents masques comme des insectes pris dans la toile.

 

POINTS FAIBLES

 

Le petit point faible se trouve dans l’espace qui sépare le « excellent » du « encore meilleur ». La pièce est réussie. Elle surprend, questionne et nous impose une réflexion sur notre propre place dans la ville. Elle nous touche mais ne nous bouleverse pas, par manque peut-être d’un texte qui utilise parfois des raccourcis un peu rapides, qui observe mais ne trouve pas toujours le mot parfait et convainc tout en nous laissant un petit peu sur notre faim.

La mise en scène est volontairement dépouillée à l’extrême, peut-être un dispositif plus inventif (mais plus coûteux) aurait-il donné plus de relief ?

Mais ces points faibles ne sont que l’écume de la vague qui porte cette création ambitieuse, originale et qui suscite notre adhésion.

 

EN DEUX MOTS

 

Chaque personnage est contraint par l’espace qui lui est imposé et qui le définit au détriment de son intimité et de ses sentiments, plaquant sur lui une succession de masques sociaux dont il ne pourra jamais se débarrasser. Chaque scène est une somme d’instants qui constitue leur existence fragmentée, fracturée.

« Métropole » est à la ville ce que la pièce d’Eric Reinhardt « Elisabeth ou l’équité » est à l’entreprise : une machine à broyer.

 

UN EXTRAIT

 

-          « Tu voudrais qu’on passe du temps ensemble ?

-          Pourquoi pas.

-          Pourquoi tu ne rentres que maintenant ?

-          J’avais un entretien

-          Jusqu’à 20 heures ?

-          Je suis sorti à 6 heures 10

-          Alors ?

-          Je suis allé traîner au café et j’ai marché un peu, je suis resté un peu dans Paris

-          Pourquoi ?

-          Il y avait du mouvement, j’avais l’impression de faire quelque chose. Je ne supporte pas de rentrer avant 20 heures, ce n’est pas à cause de toi ».

 

L’AUTEUR

 

Vincent Farasse a étudié la philosophie et la musique. Il a écrit plusieurs pièces depuis 2006.

Il a travaillé en résidence au CNES à Villeneuve les Avignon et a été auteur associé au théâtre du Préau à Vire.

Il a mis en scène ses propres textes mais également des écrits de Mishima.

Il est lauréat de la Bourse Découverte du Centre National du Livre.

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