En direct
Best of
Best of du 16 au 23 mars 2019
En direct
© FILIPPO MONTEFORTE / AFP
Business
Le patriotisme des Italiens sur lequel comptait Matteo Salvini pour financer son programme n’a pas été au rendez-vous
Publié le 24 novembre 2018
Rome a procédé cette semaine à une émission d’emprunts d’Etat proposés aux particuliers italiens, mais celui-ci a échoué.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rome a procédé cette semaine à une émission d’emprunts d’Etat proposés aux particuliers italiens, mais celui-ci a échoué.

L‘état de grâce ne va peut-être pas durer très longtemps. Les Italiens viennent d’envoyer un signal fort d’inquiétude au gouvernement de coalition et en particulier par rapport aux gesticulations de Matteo Salvini. La levée de fonds réalisée cette semaine s’est soldée par un échec. Les Italiens, qui ont toujours été très fidèles au financement public puisque la dette publique est couverte à plus de 60% par les Italiens, ont boudé la première opération lancée par la coalition.

La coalition gouvernementale se retrouve un peu coincée entre la prudence des financiers internationaux et la méfiance des épargnants italiens.

Les derniers épisodes du bras de fer avec Bruxelles sur la question du budget 2019 durcissent la position des investisseurs d’autant plus que Matteo Salvini ne semble prêt à faire aucun compromis sur son programme, ni même entendre les réserves faites par la Commission. Le seul problème dans cette affaire : le gouvernement aura du mal à couvrir sa trésorerie.

Pour sortir de ce piège, Salvini s’est donc tourné vers les Italiens mais ça n’a pas marché. Le grand appel au patriotisme auprès du peuple, et particulièrement à ceux qui ont porté au pouvoir cette coalition, n’a pas été entendu.

Le Trésor a l’habitude de lever entre 7 et 8 milliards d’euros. Dans l’euphorie, les amis de Salvini en attendaient 10 milliards. En réalité, il n’a pu emprunter que 2 milliards d’euros

Cette opération d’emprunts proposés en particulier aux particuliers a lieu trois fois par an. Les deux précédentes s’étaient passées correctement, la troisième a donc fait flop.

Pour le gouvernement, c’est un échec qui va lui poser un problème sérieux l'année prochaine, parce que le pays reste le plus gros emprunteur de la zone Euro avec la France. Les besoins de refinancement d’un pays comme la France sont de 220 milliards d’euros par an : la France trouve assez facilement cet argent à un coût très faible, parce qu'elle a présenté un plan de restructuration crédible dans lequel la Commission et les banques ont confiance. Mais pour l’Italie, c’est très différent. Les prévisions des seuls besoins ordinaires de l’Italie atteignent les 250 milliards. Mais, compte tenu des promesses et des réformes faites par la coalition sur la retraite, le revenu universel et les investissements en infrastructures, les besoins seront portés à plus de 400 milliards d’euros en 2019.

Bruxelles considère que le projet de budget n’est pas responsable, compte tenu de l’endettement existant et compte tenu des ressources attendues. La croissance ne sera pas suffisante.

Si les responsables politiques italiens pensaient obtenir des facilités de paiement de la part de l’Union européenne, elle s’est trompée parce que les 27 pays membres de l’Union européenne paraissent déterminés à faire appliquer les mêmes exigences de respect des règles budgétaires.

La conséquence première de cette situation va être de voir se relever les taux d’intérêt appliqués aux Italiens.

La deuxième conséquence, c’est le risque que les Italiens les plus riches sortent leur épargne des banques italiennes et se réfugient en Suisse ou ailleurs.

La troisième conséquence est de provoquer la crainte de la classe moyenne italienne qui préfère thésauriser leurs euros plutôt que de les apporter à l’Etat.

La gouvernance italienne se retrouve donc devant un mur de la réalité qu’il lui sera difficile de franchir. En fait, il n’y a que deux scénarios.

Ou bien, l’Italie s’affranchit des règles de la copropriété européenne et dans ce cas, elle organise sa sortie de l’Euro, mais ça paraît difficile parce que les Italiens ne le veulent pas.

Ou bien le gouvernement italien modifie son programme pour revenir dans les clous de l’Union européenne. Il travaille alors à reconquérir sa souveraineté budgétaire pour pouvoir retrouver sa souveraineté politique et son identité. Mais dans ce cas, la coalition politique va devoir renier ses engagements et risque de perdre le pouvoir.

Dans les deux cas, la démocratie qui oublie de prendre en compte les contraintes de la réalité n’en sortira pas grandie.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Mots-clés :
Italie, dette, Matteo Salvani
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Vladimir Poutine est censé quitter le pouvoir en 2024. Certains au Kremlin envisageraient un autre scénario
03.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
04.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
05.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
06.
De crypto-macroniste à Paris à orbaniste à Budapest, où va le Nicolas Sarkozy d’aujourd’hui ?
07.
Acte 19 des Gilets jaunes : victoire sur le terrain pour le gouvernement, incertitude politique maximale
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
03.
“La révolte du public” : interview exclusive avec Martin Gurri, l'analyste de la CIA qui annonçait la crise des Gilets jaunes dès 2014
04.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Henri Guaino : « L’Union Européenne attise désormais les violences et les pulsions mauvaises qu’elle prétendait guérir à jamais »
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Recours à l’armée face aux Gilets jaunes : la dangereuse fuite en avant du gouvernement
03.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
04.
Violence inexcusable MAIS aspiration à la justice sociale : la double nature de la contestation des Gilets jaunes dont aucun parti ne parvient à tirer une synthèse convaincante
05.
Profondément convaincus ou en réaction épidermique à Emmanuel Macron ? L’enquête exclusive qui révèle que les Français se disent nettement plus nationalistes et favorables au protectionnisme que les autres Européens ?
06.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Ganesha
- 24/11/2018 - 11:31
Antidémocratique
C'est une évidence : l'Establishment, l'Oligarchie, les Milliardaires sont, à priori, opposés aux ''mouvements populistes'' ! Et, ce sont ces groupes de pression antidémocratiques qui subventionnent des individus comme mr. Sylvestre ! Souhaitons que les nouveaux gouvernants aient le courage de résister aux inévitables tentatives de corruption !
philippe de commynes
- 24/11/2018 - 11:31
J-M Sylvestre a un problème avec les chiffres ...
Ce n'est pas les besoins de financement de la France sont de 220 milliards et ceux de l'Italie de 250 milliards, mais de 225 et 240 milliards (https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0600199150351-les-etats-de-la-zone-euro-vont-lever-850-milliards-sur-les-marches-en-2019-2224280.php). Mais il faut être indulgent : il s'améliore , le 1er octobre il écrivait ici même "A priori, les besoins de financement de l’Etat italien sont considérables. Le projet d’agenda des émissions d’emprunts publics pour 2019 dépasserait les 400 milliards d’euros. Soit le double des besoins de financement d’un pays comme la France qui est déjà considéré comme très gourmand. " Et il nous a sorti ces faramineux 400 milliards à plusieurs autres reprises ... Et il n'est pas le seul , par exemple Moscovici, qui se scandalise des 2,4% de déficit Italien et qui quand il avait été ministre de l'économie avait eut 4,8% du PIB en 2012, 4,1% du PIB en 2013, 3,9% du PIB en 2014 ...Mais pour Moscovici il s'agit peut-être seulement de mauvaise foi : il vient de rejoindre la secte de Macron ...
Pharamond
- 24/11/2018 - 11:06
Italia farà da se
Mussolini avait fait appel au peuple pour financer sa politique, pour ne pas dépendre de l'extérieur,"italia farà da se" (l'italie se débrouillera toute seule); de nombreuses femmes italiennes avaient même fait don de leur alliance en or. En échange, il leur apportait ce qu'ils pensaient être la gloire,sorte de retour à la grandeur de l'Empire Romain d'Occident. Il ne pouvait pas réussir car il était à contre sens,comme le sont Salvini et tutti quanti. Ils ne réussiront pas non plus.