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Climat de violence et de haine

Fusillade à Pittsburgh : quel impact sur des Midterms sous haute tension?

Publié le 28 octobre 2018
La fusillade dans une synagogue de Pittsburgh a fait onze victimes et six personnes ont été blessées. Les fidèles étaient rassemblés pendant le chabbat. Cette tragédie intervient à quelques jours des élections de mi-mandat et juste après l'affaire des colis suspects envoyés à des personnalités Démocrates.
Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide et chercheur associé à l’institut l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis ...
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Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide et chercheur associé à l’institut l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis ...
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La fusillade dans une synagogue de Pittsburgh a fait onze victimes et six personnes ont été blessées. Les fidèles étaient rassemblés pendant le chabbat. Cette tragédie intervient à quelques jours des élections de mi-mandat et juste après l'affaire des colis suspects envoyés à des personnalités Démocrates.

Atlantico : Que révèle cette attaque de Pittsburgh sur le plan politique à 10 jours des midterms ?

 
Jean-Eric Branaa : D'abord il faut souligner qu'il va y avoir une sidération qui va frapper les Etats-Unis. On est dans un climat de fin de campagne tendu avec des pronostics très serrés. On ne sait pas à 10 jours du scrutin si les chambres vont être contrôlées par les démocrates ou les républicains alors que cela va déterminer la politique du pays dans les deux ans qui viennent.
 
Dans ce contexte là s'est installé non seulement des invectives, des insultes et une haine manifeste entre les deux camps, symbolisée par ces attaques avec les colis piégés et la récupération des uns et des autres.
 
Cette fois l'irréparable s'est produit puisqu'il y a un grand nombre de morts. La sidération va tomber sur le pays d'autant plus que c'est un lieu de culte qui a été attaqué.
 
Il y aura forcément des conséquences à cette attaque et la première que l'on peut noter est le retour du débat sur les armes. Ce débat va rebondir brutalement alors que les démocrates avaient essayé de les mettre en avant sans réussir. Plus personne ne parlait du second amendement mais ce débat va ressurgir dans les 10 derniers jours de campagne. On va revenir à tous les fondamentaux de la campagne de 2016. Même climat, même thème.
 
Bien malin celui qui pourra dire de quel côté la balance va pencher. La surprise serait que Donald Trump gagne les deux chambres comme il a gagné la présidence à la surprise générale. Je n'exclu absolument pas ce type de résultat.
 
 

Comment interpréter les premières réactions de Donald Trump face à cette attaque ?

 
Dans ses premières déclarations il répondait en tant que président vu qu'il n'est pas candidat dans ces élections. Il a pour l'instant vu juste puisque, comme dans le cas des lettres piégés, il s'est mis au-dessus de la mêlée. Et c'est la bonne réponse à apporter en tant que président. Cette fois il est dans l'écoute et l'accompagnement des victimes en expliquant que le pays est en train de souffrir profondément. On peut noter une réponse extrêmement rapide, à la fois sur Twitter et devant les journalistes à prendre la parole et je pense qu'il y aura d'autres déclarations à venir. Il est dans cette stature présidentielle et c'est la meilleure qu'il peut jouer dans le cadre de cette fin de campagne.
 
 

Les suprémacistes et l'antisémitisme reviennent aussi au-devant de la scène…

 
Tout à fait. Je disais qu'on avait fait un retour à 2016 et il faut se souvenir que c'était aussi l'année qui marquait la montée en puissance de ces groupes suprémacistes dont on a beaucoup parlé en fin de campagne en expliquant qu'ils étaient revendicatifs sur l'idée que les blancs devaient reprendre le contrôle dans le pays. Les minorités et en particulier les Juifs étaient particulièrement ciblés. À tel point que l'on accusait régulièrement Donald Trump d'être antisémite et lui se défendait en disant que sa fille s'était convertie au judaïsme et qu'il était très ami d'Israël (ce qu'il a démontré depuis en tant que président).
 
Il faut noter que depuis quelques semaines, les messages antisémites se multiplient aux Etats-Unis. Entre le 31 septembre et la semaine dernière il y a eu 7,5 millions de messages antisémites postés sur les réseaux sociaux aux Etats-Unis. Certains disaient qu'à travers l'argent, les Juifs essayaient d'acheter la démocratie américaine et qu'il fallait les chasser du pays.  Face à ce phénomène, des groupes de défense ont pourtant sonné l'alarme.
 
 

Est-ce que ces phénomènes de violence révèlent un climat plus explosif qu'avant aux Etats-Unis ?

 
Totalement. C'est ce que je décrivais dans Trumpland. On est aujourd'hui dans une division marquée des deux camps. La tradition aux Etats-Unis est de pouvoir passer d'un camp à l'autre. On sent qu'aujourd'hui le pays s'est enfoncé dans la radicalité en ayant repoussé les limites sur la droite du parti républicain et sur la gauche pour le parti démocrate. Il n'y a plus vraiment de centre et cela rend les collaborations difficiles. C'est très compliqué aujourd'hui de tendre la main à l'autre, de faire ce que souhaitaient les pères fondateurs, c’est-à-dire de pouvoir construire la loi ensemble à travers des compromis. C'est pourtant comme cela qu'est bâti le modèle démocratique et la Constitution aux Etats-Unis. Aujourd'hui on sent qu'il y a une vraie impasse et on ne sait pas comment faire marche arrière. Le testament de Mc Cain qui expliquait qu'il fallait du bipartisanisme semble bien vain. Cette idée semble partie dans la tombe avec lui.
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