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L’illusion de l’antispécisme ne doit pas occulter le débat sur l’élevage éthique

Publié le 09 octobre 2018
La fourrure de la capuche de mon McMurdo® est en polymère de synthèse chimique. Je n’avais pas le choix à l'achat. Pourtant, je préfère le toucher des poils d’animaux à celui de cette fourrure artificielle, mais ce n’est pas politiquement correct. Pourquoi ?
Guy-André Pelouze est chirurgien à Perpignan.Passionné par les avancées extraordinaires de sa spécialité depuis un demi siècle, il est resté très attentif aux conditions d'exercice et à l'évolution du système qui conditionnent la qualité des soins.
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Guy-André Pelouze est chirurgien à Perpignan.Passionné par les avancées extraordinaires de sa spécialité depuis un demi siècle, il est resté très attentif aux conditions d'exercice et à l'évolution du système qui conditionnent la qualité des soins.
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La fourrure de la capuche de mon McMurdo® est en polymère de synthèse chimique. Je n’avais pas le choix à l'achat. Pourtant, je préfère le toucher des poils d’animaux à celui de cette fourrure artificielle, mais ce n’est pas politiquement correct. Pourquoi ?

L’illusion de l’antispécisme

 
Depuis Derrida, des intellectuels veulent imposer des croyances dans tous les domaines. L’antispécisme, sorte d'égalitarisme non plus seulement entre Homo sapiens mais entre tous les êtres vivants, en est l’ultime et plus extravagant avatar. A priori, cette croyance est du domaine de la liberté d’expression. Un cadre qu’elle dépasse quand des individus s’en saisissent pour l’imposer aux autres et instaurer une vision totalitaire du monde, y compris par la violence. Les récentes attaques contre des boucheries ou des détaillants de fourrure en fournissent une illustration.
 
Détruisons rapidement le vernis scientifique de l’antispécisme. Aucune preuve scientifique ne démontre l’existence de murs étanches entre végétal, animal et humain. Il est irrationnel de croire que cueillir une laitue est une action neutre, sans douleur, mais que par contre faire griller des escargots est un acte immoral. La science récente nous le confirme : les plantes dont on mange une feuille appellent à l’aide en diffusant un message grâce à un neurotransmetteur, le glutamate, que l’on retrouve également dans la douleur humaine
 
Les humains ont toujours utilisé les muscles d’animaux, de poissons, les insectes pour les protéines, les os longs pour la moelle, les cornes pour différents symboles ou créer des sons, la peau velue pour se protéger du froid... Chacun est (pour l’instant) libre de ses choix en la matière, mais avant d’être un choix ce fut une nécessité, ce que démontre l’apparition de certaines carences nutritionnelles chez ceux et celles qui se privent de viande. Aucune caution scientifique ne permet de condamner l’usage des produits animaux. Mais y a-t-il un débat éthique ? 
 

Pour un élevage plus éthique 

 
Bien évidemment, et la manipulation consiste à le centrer sur l’interdiction d’utilisation des animaux et non sur les conditions de production. Un glissement binaire et culpabilisant qui occulte cette question essentielle, à laquelle nous sommes pourtant en mesure d’apporter des réponses concrètes et réalistes. Il ne fait pas de doute que les animaux ressentent de la douleur en raison de mauvaises conditions d’élevage ou de conditions de mise à mort barbares. C’est un objectif tout à fait accessible d’éviter cette violence, objectif poursuivi par un nombre chaque jour croissant d’entreprises. Nul n’est besoin de vandaliser un magasin de fourrure. A l’inverse, il est utile de contrôler réglementairement les conditions de production, de supprimer les subventions quand elles existent et de s’assurer que les externalités négatives se trouvent dans les coûts. 
 
Dans ce domaine, un mauvais exemple est vite élevé au rang de généralité grâce à la diffusion épidémique des images dans les tuyaux d’information ; ce qui constitue une réelle question éthique : celle de la détermination de la vérité. Une vérité qui semble davantage pencher du côté de la prise en compte progressive par les industries exploitant les animaux de standards élevés liés à leur bien-être. Paradoxalement, cet élevage responsable joue un rôle favorable en termes de conservation des espèces. La production des crocodiliens pour leur peau, par exemple, permet d’accroître les populations en Louisiane, l’Etat exigeant la réintroduction dans la nature de 50 % des œufs éclos viables. 
 

L’homme, prédateur par nature 

Est-il envisageable pour les humains de survivre sans prédation du monde vivant ? La réponse est évidemment non. La vie se nourrit de la vie et il est impossible de survivre avec de l’eau et quelques minéraux “naturels”. Pour autant, il n’y a aucune différence entre se nourrir de végétaux et se couvrir de coton ou de lin et manger des animaux ou se protéger du froid avec leur peau : dans les deux cas, il s’agit d’une prédation dans le monde vivant. Croire que l’on va produire de la viande en éprouvette, du gras en laboratoire est une chimère.
 
L’histoire longue nous aide-t-elle à comprendre ces croyances ? Si des sociétés choisissent de se suicider, c’est déjà arrivé, d’autres survivront car elles ont placé la survie, y compris la reproduction, en tête de leurs priorités et les valeurs morales en second, en accord avec l’évolution des moeurs, pas l’inverse. L’humain n’est pas générateur de tous les maux de la planète, il est programmé pour survivre dans un environnement qui n’est pas devenu moins hostile qu’au paléolithique. Gaia n’est pas gentille, elle est bien souvent cruelle. 
 
Les sociétés relativement libres où nous vivons permettent à chacun de faire ses choix et il serait dangereux que des groupes d’ayatollahs postmodernes dictent leur façon de vivre aux Français. 
 
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