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© ludovic MARIN / AFP / POOL
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Jeu des sept différences

Cette petite musique qu’Edouard Philippe fait subtilement entendre pour se différencier d’Emmanuel Macron

Publié le 29 septembre 2018
Qu'il s'agisse de son absence de petites phrases ou de l'acceptation d'une Commission parlementaire dans le cas de l'affaire Benalla, Edouard Philippe marque de plus en plus, et en douceur, sa différence avec le président de la République.
Jean Petaux est docteur habilité des recherches en science politique. Ingénieur de recherche, directeur de Communication, des Relations extérieures et institutionnelles de Sciences Po Bordeaux, il dirige une collection aux éditions Le Bord de l’Eau, «...
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Jean Petaux est docteur habilité des recherches en science politique. Ingénieur de recherche, directeur de Communication, des Relations extérieures et institutionnelles de Sciences Po Bordeaux, il dirige une collection aux éditions Le Bord de l’Eau, «...
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Qu'il s'agisse de son absence de petites phrases ou de l'acceptation d'une Commission parlementaire dans le cas de l'affaire Benalla, Edouard Philippe marque de plus en plus, et en douceur, sa différence avec le président de la République.

Atlantico : Absence de petites phrases, acceptation d'une Commission parlementaire dans le cas de l'affaire Benalla, Edouard Philippe marque de plus en plus, et en douceur, sa différence avec Emmanuel Macron, marquant une forme de prise de distance avec le chef de l'Etat. Comment se construit au fil du temps cette différence entre le premier ministre et le Président ? Comment la relation évolue-t-elle ? 

Jean Petaux : Depuis le mois de mai 2017 la relation entre le président Macron et le premier ministre Philippe semble être une des plus apaisées de la cinquième République. Pour autant les deux personnages sont assez différents l’un de l’autre et fonctionnent aussi de manière spécifique. Question de personnalité évidemment mais aussi question de statut et de rôle. En terme de jeu d’acteur, celui qu’interprète le président de la République est tout en affichage et en mise en scène ostentatoire de la suprématie de la fonction ; celui du Premier ministre est nettement plus en retenue et moins extraverti. Il est faux de dire cependant qu’Edouard Philippe ne monte pas au front quand le canon tonne et que les obus des oppositions convergent vers le « Quartier général » (l’Elysée). Sa défense en béton lors des questions au gouvernement posées au plus fort de l’affaire Benalla (deuxième quinzaine de juillet 2017) a été plutôt unanimement saluée comme étant de qualité et pas du tout pusillanime.  Mais, encore une fois, les statuts respectifs des deux plus hauts personnages de l’exécutif ne sont pas les mêmes : au PR le soin de présider, au PM le soin de gouverner, autrement dit de mettre en musique et en forme la volonté politique formulée par celui qui dispose de la légitimité électorale. La particularité de la Cinquième République, surtout depuis la dérive politique instaurée par le quinquennat et le calendrier électoral consensuellement organisé par les deux grands partis de gouvernement en 2002 : présidentielles et, un mois plus tard, législatives, fait que la seule véritable légitimité électorale qui prévaut est celle du président de la République élu au suffrage universel. De fait et mécaniquement, le premier ministre n’est même plus le « chef de la majorité parlementaire », il ne gouverne plus vraiment le groupe politique parlementaire majoritaire (si tant est qu’il l’ait vraiment fait : hormis Georges Pompidou entre 1965 et 1968, il n’existe guère d’autres exemples depuis lors). Edouard Philippe, subtil et fin politique, a intégré la différenciation des rôles et surtout la volonté du président de la République d’être plus que présent sur le devant de la scène. D’une certaine manière il fait de « l’enfer de Matignon » une sorte de « zone démilitarisée » bien plus calme que l’Elysée. Pour l’instant le premier ministre n’est pas du tout dans le rôle de fusible du chef de l’Etat susceptible de « griller » en cas de surchauffe politique et/ou sociale. Aussi parce que le président ne veut pas d’un tel « coupe-circuit » dans son ombre. Reste à savoir si, à l’approche des futures échéances électorales intermédiaires (d’abord les Européennes et surtout ensuite les Municipales) Edouard Philippe pourra continuer à « survoler » la scène politique française suffisamment haut pour ne pas être touché par un missile en provenance d’une des oppositions présidentielles. En tous les cas face à Laurent Wauquiez sur France 2 il a montré qu’il était équipé pour le combat politique rapproché et qu’en matière de ruse rhétorique et dialectique il a fort bien tenu face au chef de LR. Comme quoi la pratique de la boxe (Philippe) est aussi profitable que l’équitation (Wauquiez) pour tenir le coup sur un ring télévisé.

Alors que le premier ministre n'appartient pas à En Marche, en n'organisant pas de pôle de centre droit, Edouard Philippe ne semble pas encore inscrire cette différence dans la réalité. Combien de temps cette situation peut-elle durer, et quelle pourrait en être l'issue ? 

On est en droit de se demander si Edouard Philippe qui fut l’un des plus proches collaborateurs d’Alain Juppé à la création de l’UMP en 2002 ne souffre pas du même syndrome que son mentor politique : l’absence d’intérêt qu’il y aurait à organiser une structure politique et à construire un appareil partisan fiable et capable de remporter des victoires. Alain Juppé, Edouard Philippe, Gilles Boyer, ont « fait le job » pour l’UMP mais c’est Nicolas Sarkozy qui a emporté la mise et l’ensemble de la structure en 2004, certes aidé par les ennuis judiciaires qu’a connu Alain Juppé et qui lui ont coupé les ailes pour la présidentielle de 2007 mais aussi parce qu’à l’évidence Sarkozy était beaucoup plus à l’aise dans les jeux d’appareils, dans les arrière-cuisines de l’organisation et dans cet art très particulier qui est la couverture territoriale d’un parti structuré à tous les échelons de l’organisation institutionnelle et administrative de l’Etat et des collectivités locales. Donc, pour l’heure, Edouard Philippe n’a pas du tout montré une quelconque velléité organisationnelle qui pourrait apparaitre comme une sorte de proto-parti de centre-droit. La place semble occupée par le MODEM ou l’UDI. C’est ainsi que pour la deuxième fois depuis 1958 Matignon abrite un titulaire de la fonction de chef de Gouvernement qui n’est pas encarté dans une quelconque organisation partisane. Le précédent (unique) a été constitué par Raymond Barre. Encore faut-il souligner que cet ancien vice-président de la Commission européenne de 1967 à 1973, non parlementaire quand il est nommé à Matignon par le président Giscard d’Estaing fin août 1976 après le départ fracassant de Jacques Chirac, va vite rallier l’UDF toute jeune alors.  

La situation politico-partisane d’Edouard Philippe risque d’évoluer après le premier « crash-test » pour le président Macron que vont représenter les Européennes du 26 mai 2019. Elle évoluera encore avec les municipales de mars 2020. Car s’il est loisible pour un président de la République, compte tenu de sa très forte légitimité électorale, de résister à une éventuelle série de défaites électorales lors de scrutins locaux ou supranationaux, il ne lui est guère possible de faire comme si ces revers n’avaient pas existé. En 2004 Jacques Chirac, deux ans après son élection présidentielle « soviétique » du second tour de 2002 face à Le Pen (plus de 80% des SE) a fait en sorte d’ignorer la lourde défaite de son parti aux Régionales. Il a épargné Jean-Pierre Raffarin dont, pourtant, la successeure à la tête de Poitou-Charentes avait été battue par Ségolène Royal. Mais un an plus tard, après le « non » au Référendum sur le TCE (mai 2005), le « fusible » Raffarin a bel et bien « grillé », tout comme, neuf ans plus tard, en 2014, le « fusible » Ayrault a fondu après la défaite du PS aux Européennes.  Voilà pourquoi Edouard Philippe devrait mettre à profit les 20 mois qui le séparent des municipales de 2020 pour, à tout le moins, se ménager un embryon de structure politique et partisane qui lui permettrait, en tant que de besoin, de rebondir politiquement pour les présidentielles de 2022 ou celles de 2027.  Mais il faudra sans doute attendre la recomposition électorale des Européennes pour voir se mettre en place cette éventuelle structure.

Au regard des couples exécutifs de la Ve République, quels sont ceux qui pourraient ressembler à celui incarné aujourdhui par Emmanuel Macron et Edouard Philippe ? 

Chaque « couple » président de la République (PR) – premier ministre (PM) procède d’une logique propre sous la Vè République même s’il est possible, sur la durée, d’opérer une sorte de typologie des 23 chefs de gouvernement que la France a connu depuis presque 60 ans, autrement dit depuis l’entrée en vigueur de la Constitution du 4 octobre 1958. Quand on analyse plus dans les détails chacun de ces 23 couples dont la  durée de vie va de plus de 6 ans pour « de Gaulle – Pompidou » à moins d’une année pour « Mitterrand – Cresson » ou « Mitterrand – Bérégovoy », et, encore plus court, moins de 6 mois pour « Hollande – Cazeneuve », on trouve aussi de singulières évolutions. Si l’on met à part les 9 années (sur 60) où la Cinquième République a connu une configuration politique dite de « cohabitation » (avec 3 premiers ministres différents), pour les 51 autres années et 20 premiers ministres qui ont « servi » sous 8 présidents de la République différents, il est possible de constituer 4 catégories bien distinctes en ce qui concerne les couples « PR-PM ». I

1°) La première catégorie est celle du couple fusionnel : De Gaulle – Pompidou (de 1962 à 1967) ; Giscard – Barre (1976 – 1981) ; Mitterrand – Fabius (1984 – 1986) ; Mitterrand – Cresson (1991 – 1992) ; Mitterrand – Bérégovoy (1992 – 1993) ; Chirac – Juppé (1995 – 1997) ; Chirac – Villepin (2005 – 2007). Dans ce type-là, le PM est soit un très proche du PR (Pompidou, Fabius, Juppé, Villepin) soit une personnalité politique de second rang qui doit tout son cursus honorum politique au PR, avant même d’être nommé à Matignon (Cresson, Bérégovoy) et qui voue au chef de l’Etat une loyauté sans faille. On peut y ajouter un troisième type : celui de l’expert, du technicien, qui ne connait rien à la politique et qui abandonne totalement cette dimension du jeu au PR (cas de Barre).

2°) La deuxième catégorie est celle du couple de raison : de Gaulle – Pompidou (de 1967 à 1968) ; Pompidou – Chaban (1969 – 1972) ; Mitterrand – Mauroy (1981 – 1984) ; Sarkozy – Fillon (2007 – 2012) ou encore Hollande – Ayrault. Dans cette catégorie les deux protagonistes concluent une sorte de contrat apparemment équilibré : « je te prends comme premier ministre, nous n’avons pas particulièrement d’atomes crochus et avons même pu parfois nous combattre, mais tu m’apportes une partie de la majorité parlementaire et éventuellement une partie du parti majoritaire ». C’est le cas du « pacte » Pompidou – Chaban. Le PR n’est pas un « baron du gaullisme », ce n’est pas un « gaulliste de la Résistance », il le sait et sait aussi que les « barons » lui font un procès en illégitimité d’héritier du Général (d’où par exemple la ténébreuse « affaire Markovic » qui met gravement en cause Pompidou). Le président va alors chercher chez Chaban un brevet de « gaullisme résistantialiste » (« Général de la Résistance à 27 ans », Compagnon de la Libération, président de l’Assemblée nationale depuis 11 ans, etc.). Même chose pour le binôme Mitterrand – Mauroy en 1981. Ce dernier a même passé une alliance de courants avec celui de Rocard au congrès de Metz de 1979. Normalement cela suffirait pour être excommunié à vie de toute perspective de carrière aux côtés du président Mitterrand en mai 1981. Au contraire, le PR nouvellement élu, y trouve l’occasion de « racheter » la faute du maire de Lille et, plus cyniquement, de montrer un vrai « petit-fils de mineur de fond » issu de la puissante fédération socialiste du Nord. Quand le bourgeois charentais venu de la droite trouve chez le professeur socialiste venu du Nord un utile complément. On ne s’aime pas d’amour mais on renforce l’entreprise politique construite en commun.

3°) La troisième catégorie est celle du couple crépusculaire : le PR sent que sa « mort » (physique ou politique) est proche. Il veut avoir une « fin de vie » sinon heureuse du moins tranquille. Deux exemples se dégagent ici : de Gaulle – Couve de Murville (1968 – 1969) ; Pompidou – Messmer (1972 – 1974) ou encore Hollande – Cazeneuve (déc. 2016 – mai 2017).. Il peut y avoir des « passerelles » entre cette catégorie 3 et la 1. Au sens où certains couples « PR – PM » relèvent, « en même temps » de deux logiques : la fusion et la fin. C’est le cas par exemple du binôme « Mitterrand – Bérégovoy » entre 1992 et 1993, même si la tragédie de la vie politique va faire que c’est celui qui fut premier ministre qui va disparaître avant le président (Bérégovoy se suicide le 1er mai 1993, 6 semaines après la cuisante défaite du PS aux législatives de 1993 alors que Mitterrand est déjà très malade). Mais dans le cas Hollande – Cazeneuve on voit bien la réalité de ce type de situation : finir un mandat en « ayant la paix »…. Au point d’ailleurs que si Hollande avait choisi Cazeneuve comme PM au lieu de Valls, en avril 2014, il en serait certainement allé tout autrement de sa « non-candidature » annoncée le 1er décembre 2016.

4°) La quatrième catégorie est celle du couple mortifère : le PR veut en finir avec un rival ou pense circonvenir un potentiel concurrent en lui administrant une sorte de « baiser de la mort ». Le cas le plus connu est celui du binôme Mitterrand – Rocard (1988 – 1991) où, selon certains biographes et témoins, alors qu’on l’interrogeait sur le pourquoi de son choix en faveur de son plus « fidèle ennemi » au sein du PS pour Matignon en 1988, François Mitterrand aurait répondu, sans rougir : « Il faut bien lever l’hypothèque Rocard ». Dans le même ordre d’idée on peut s’interroger sur le choix de François Hollande en faveur de Manuel Valls qui n’a jamais été un « hollandais » de la première heure, tout au contraire. Relevant aussi de la même catégorie bien sûr le binôme Giscard – Chirac (1974 – 1976) : dès l’automne 1974 (en particulier à l’occasion de la légalisation de l’IVG à laquelle Chirac est hostile), les relations commencent à être exécrables entre le PR et son jeune PM. Giscard considère que Chirac est un dangereux excité et Chirac estime très tôt que Giscard se prend pour Louis XV… On connait la suite : elle dure depuis un demi-siècle. La haine que nourrissent l’un pour l’autre ces deux personnages est littéralement inépuisable. Giscard a cru pouvoir anesthésier son premier ministre, il n’a eu de cesse de l’humilier et Chirac lui a rendu la pareille très tôt après avoir quitté Matignon (fin août 1976) en prenant à la Hussarde la mairie de Paris aux  municipales de 1977 alors que le nouveau statut électoral de la  capitale était destiné à permettre à l’un des plus proches de VGE de s’installer à l’Hôtel de Ville qui retrouvait un maire pour la première fois depuis 106 ans : Michel d’Ornano.

Alors à quelle catégorie peut bien appartenir le binôme « Macron – Philippe » ? Pour en être pleinement sûr il faudrait attendre évidemment la fin de leur vie commune… Peut-être, avec eux, pourrait-il apparaître une cinquième colonne à cette typologie pratique : celle du couple libéré. Couple moderne évidemment, voire « trouple » pour être dans l’air du temps avec un Bayrou qui ne serait pas loin, un Juppé dans le rôle du beau-père encore très actif et surtout une grande liberté de fonctionnement, mélangeant à la Sartre « amours essentielles et amours contingentes ». Pas de sentiment (on est loin de la configuration du couple fusionnel). Manque d’intérêts politiques en jeu ce n’est donc pas un couple de raison :  Edouard Philippe n’a pas apporté de troupes parlementaires ou militantes à Emmanuel Macron qui n’en avait pas besoin en juin 2017 après le raz-de-marée législatif ; mais il s’est révélé une remarquable bombe à fragmentation explosant dans le camp de la droite parlementaire. La jeunesse des deux parties du couple écarte l’hypothèse d’un couple crépusculaire. Et, pour l’heure, rien d’indique un quelconque conflit entre eux, 18 mois après la constitution du binôme, on n’est donc pas (encore) en présence d’un couple mortifère (ou diabolique). Finalement c’est peut-être cela désormais le couple « PR – PM » dans le « nouveau monde », dans la « start-up politique » : que de la technique et pas de tendresse…

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