En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© MANDEL NGAN / AFP
Campagne de tous les dangers

En pleine tempête des “affaires” : Donald Trump pourrait-il tirer profit de la tentation démocrate de transformer les prochaines élections en référendum contre lui ?

Publié le 23 août 2018
Donald Trump se trouve dans une position délicate à la veille des élections décisives de novembre. Quel est l'impact des nouvelles accusations dans le cadre du scrutin ?
Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide et chercheur associé à l’institut l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis ...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Eric Branaa
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide et chercheur associé à l’institut l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis ...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Donald Trump se trouve dans une position délicate à la veille des élections décisives de novembre. Quel est l'impact des nouvelles accusations dans le cadre du scrutin ?

Atlantico : Mis en cause de façon concomitante par son ex-avocat, Michael Cohen, et par son ex-directeur de campagne, Donald Trump se trouve dans une position délicate à la veille des Midterms. Comment évaluer l'impact que pourraient avoir ces accusations dans le cadre de ces élections ? 

 
Jean-Eric Branaa : Pour l’instant, la mise en cause reste très fictive : Michael Cohen a déclaré avoir payé deux femmes sur les ordres d’un homme qui était candidat à une position fédérale. Même si tout le monde comprend qu’il parlait de Donald Trump, sur le plan juridique, il n’a accusé personne directement. Par ailleurs la mise en cause reste très légère et le crime n’en est pas un : tout au plus une infraction qui vaudrait une amende à son auteur. L’impact sur les élections semble totalement négligeable dans la mesure où plus personne ne semble capable d’influencer les électeurs avec ce type d’affaires : cela fait deux ans qu’elles sont montées en épingle et que les témoins, faux-témoins, vrais ou faux coupables sont disséqués dans les médias ou sur certains blogs ou certains comptes de réseaux sociaux. On imagine assez mal qu’un électeur de Trump puisse avoir été impressionné par cette séquence.
 
Pourtant, il faut se montrer prudent car Lenny Davis, l’avocat de Michael Cohen, prétend que son client connaît beaucoup de choses embarrassantes pour le président et qu’il a l’intention de se confier au procureur Mueller. Mais, là encore, l’impact sur la campagne reste limité : d’abord parce que le procureur travaille dans le secret et que les procédures seront nécessairement longues, et nous amènerons donc bien au-delà de la campagne. Et surtout parce qu’il faudrait que les secrets révélés soient vraiment horribles, choquant, ou hors du commun pour que la base électorale de Donald Trump en soit perturbée.
 
Le seul impact réel sera certainement une tentation pour certain de transformer la campagne en référendum anti-Trump, sur l’air de « c’est un escroc, voulez-vous d’un escroc à la Maison-Blanche ? ». On est toutefois bien obligé de rajouter que cet air-là a déjà été joué pendant la campagne de 2016 et que cela n’a pas empêché Donald Trump d’être élu président.
 
 

Dans un contexte de polarisation politique toujours plus marquée, apparaît la tentation, pour le parti démocrate de transformer cette élection en référendum anti-Trump. Quels seraient les avantages, et les inconvénients, d'une telle stratégie pour les opposants au président des Etats-Unis ?

 
Les avantages paraissent évidents en surface : ce serait principalement un moyen de répondre à un électorat de gauche qui s’est très largement positionné dans une attitude anti-Trump systématique. Pour beaucoup d’Américains, notamment ceux qui se reconnaissent dans un mouvement de « résistance », ce président n’aurait jamais dû être élu et il a « volé » la victoire à Hillary Clinton. Ceux-là rappellent d’ailleurs dès qu’ils le peuvent que ce président n’a pas gagné le vote populaire mais qu’il a été élu grâce au système du collège électoral. Dans de nombreux états, ces électeurs attendent donc de leurs représentants aux congrès qu’ils mènent avec la même énergie une lutte contre Donald Trump.
 
 
Mais ce n’est qu’une stratégie à court terme et les cadres du parti démocrate y sont tous opposés. Car les inconvénients sont plus forts que les avantages, et ils sont doubles : d’abord, la tentation de transformer cette élection en référendum anti-Trump ne mobilisera pas uniquement ceux qui veulent le voir quitter la Maison-Blanche. Inévitablement, cela ressoudera le camp des propres soutiens, qui ne laisseront pas leur poulain se faire massacrer sans réagir. Le parti démocrate pourrait alors avoir à faire face à une participation bien plus importante que prévue du côté des républicains, alors que ce type de scrutin n’est pas renommé pour une participation forte.
Mais, surtout, en cas de victoire du parti démocrate à la chambre des représentants, il y a le risque que les nouveaux élus du parti démocrate se laisse emporter par leur fougue et par la pression de leurs électeurs : l’un d’entre eux, voire plusieurs, pourraient alors être tentés de déposer des articles d’Impeachment, dans le but de faire plaisir à leur base. Quelle erreur ! Toutes les projections indiquent que le parti républicain devrait conserver le sénat, quoi qu’il arrive. Et même si tel n’est pas le cas, jamais les démocrates ne gagneront une majorité suffisante (60 voix sur 100) pour faire condamner le président au cours du procès qui suivrait. 
 
Un Impeachment ne serait donc rien de plus qu’une vaste opération de déstabilisation du gouvernement, avec le risque évident que les électeurs ne pardonnent pas au parti démocrate d’avoir provoqué un tel chaos en n’étant pas certain de pouvoir mener la procédure à son terme.
 
 

Quelles sont les cartes que Donald Trump peut encore jouer, notamment au regard de son bilan, pour mobiliser efficacement ses troupes, et éventuellement encore surprendre pour ces élections ? Aurait-il lui même intérêt à pousser à une "nationalisation" des enjeux dans une élection ou domine les enjeux locaux ? 

 
On peut le penser car son bilan est excellent sur le plan économique, voire exceptionnel. Personne n’aurait imaginé voici deux ans qu’il puisse parvenir à un tel résultat et il a tout intérêt qu’on s’intéresse à sa réforme des impôts, aux chiffres du chômage, aux cours de la bourse, à la croissance du pays ou à la reprise économique globale aux Etats-Unis. Mais ce n’est pas là-dessus qu’il compte le plus : Donald Trump reste fidèle à lui-même et divise les deux camps pour être certains que les troupes qui lui sont fidèles vont le rester. En semant perpétuellement le chaos entre les deux groupes, il sait bien que les républicains sont trop occupés par leur combat avec l’autre camp pour porter un regard critique sur ce qui a pu être réalisé. Ainsi, il dépasse deux écueils qui font sombrer tous els gouvernement : l’impatience et la déception. Dans son cas, l’un et l’autre ne pointent pas parce que les supporters de Donald Trump se sentent continuellement attaqués lorsque les démocrates attaquent leur champion. C’est une stratégie très efficace qui maintient Donald Trump en campagne permanente. Et c’est bien ce qu’il fait de mieux. Pour tenter d’élargir cette base, il ne lui reste alors qu’au répéter régulièrement qu’il obtient aussi de bons résultats économiques, tout en dénonçant cette opposition « stérile » et  « agressive », qui « veut voler sa victoire au peuple ».
 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

02.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

03.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

04.

Quand Isabelle (Saporta) trompe Yannick (Jadot) avec Gaspard (Gantzer) et que le vrai cocu s'appelle David (Belliard)

05.

La fin des Bisounours : les experts en marketing découvrent que plus d’un Français sur deux avoue une attirance pour « les méchants »

06.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

07.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

03.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

01.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

06.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires