En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© Darren Hauck / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Agriculture
Pourquoi l’accord commercial sur le soja américain est une mauvaise nouvelle pour les agriculteurs comme pour les consommateurs français
Publié le 05 août 2018
Les Etats-Unis se félicitent d'un accord passé avec le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, selon lequel ils pourront vendre à l'Europe le soja jadis dévolu à la Chine. Mais où se trouve l'intérêt européen dans l'affaire ? Que signifie cette importation pour les agriculteurs européens ?
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Voir la bio
WikiAgri
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les Etats-Unis se félicitent d'un accord passé avec le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, selon lequel ils pourront vendre à l'Europe le soja jadis dévolu à la Chine. Mais où se trouve l'intérêt européen dans l'affaire ? Que signifie cette importation pour les agriculteurs européens ?

Pour l'instant, l'information reste incomplète : on ne connait pas les quantités en jeu, ni les monnaies d'échange. Pour autant, ceux qui ont suivi ce que devait être le Tafta (accord de libre échange entre l'Europe et les Etats-Unis) avant d'être abandonné doivent se souvenir que le secteur automobile européen était censé être avantagé dans ce cas... Au contraire de son agriculture, et par prolongement du secteur alimentaire dévolu aux citoyens européens.

On peut toutefois affirmer qu'il est question de quantités importantes tout de même, puisqu'il s'agit pour Donald Trump de redonner à ses farmers des marchés à l'export équivalents à ceux qu'ils ont perdu dans la guerre commerciale menée face à la Chine. Il y aura donc, de fait, des conséquences à l'intérieur de l'Europe.

La première d'entre elles est d'éloigner encore davantage un plan protéines à l'échelle européenne pour combler le retard de l'Europe, obligée aujourd'hui d'importer 78,6 % du soja qu'elle consomme, selon un communiqué du syndicat Coordination rurale. Ce déficit, il aurait été opportun de penser à la combler, avec un véritable plan de production à l'échelle européenne. Clairement, avec une nouvelle source d'importation auprès du premier producteur mondial (2,5 tonnes produites par seconde, soit 88,6 millions de tonnes par an), on n'en prend pas le chemin, au contraire...

Autre conséquence, sur notre alimentation, à nous, consommateurs européens. Le citoyen européen préfère aujourd'hui majoritairement une nourriture exempte (ou presque) de pesticides et ne voit pas les OGM d'un bon oeil. De fait, au fil du temps et des règlements renouvelés, les agriculteurs territoriaux ont dû s'adapter à cette demande, refuser de produire des OGM (à quelques exceptions près, en Espagne, Autriche...), et suivent des astreintes de plus en plus compliquées et peu financées en retour sur leur utilisation de phytosanitaires. Evidemment, les farmers américains sont très éloignés de ces contingences ! Ce qui signifie que l'on va importer massivement de la nourriture pour nos animaux qui ne bénéficiera pas des mêmes soucis dans la traçabilité que celle produite sur place...

Au passage, pour que nos agriculteurs s'y retrouvent, on imagine aisément que le tarif de cette nourriture destinée aux animaux sera, lui, alléchant. D'où une incitation à un élevage industrialisé en Europe, qui ne correspond pourtant pas à la multiplicité de nos modèles internes. En termes de gestion d'entreprise agricole, nourrir son élevage avec du soja américain sera (probablement) avantageux. D'où de multiples questions : ne vaudrait-il pas mieux produire soi-même son soja selon nos propres critères, quitte à financer un plan dans ce sens ? Les règles dites environnementales demandant à nos agriculteurs de produire plus vert que vert ne sont-elles finalement pas conclues pour augmenter l'export, c'est-à-dire pour réduire notre production agricole ? Ou encore, cherche-t-on réellement à arrêter le modèle familial (qui persiste en France sur une grande partie de son territoire mais avec de plus en plus de difficultés, mais également dans plusieurs autres pays européens) en agriculture en favorisant l'industrialisation ?

Aujourd'hui, la nouvelle de l'arrivée de contingents importants de soja américain sur le sol européen entraîne davantage de peurs que d'engouement. En attendant tout de même, avant d'émettre un jugement définitif, d'en savoir plus sur la mise en pratique de l'accord.

Article publié initialement sur Wikiagri

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ce rapport du Conseil national de productivité rédigé par des proches d’Emmanuel Macron préfigure-t-il le vrai tournant du quinquennat ?
02.
Pourquoi la France est malade de son immobilier
03.
1er Mai : les Gilets jaunes se préparent pour l'"acte ultime"
04.
Ces risques malheureusement ultra prévisibles liés au retour de l’encadrement des loyers à Paris
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Sauver la France en travaillant plus, pourquoi pas… Pourquoi le diagnostic initial ne correspond que de loin à la réalité vécue par les Français
07.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
01.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
02.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
03.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
04.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
05.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
06.
Tous végétariens ou vegans ? Quand l’OMS met le hola sur les régimes universels écologiques
01.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
02.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
03.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
04.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
05.
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE
06.
Névroses nationales : et la France de demain, vous la voulez à l’identique ou conscientisée ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires