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Pourquoi Donald Trump favorise l’émergence de la Chine au détriment des anciennes puissances
Publié le 08 juin 2018
Alors que le G7 se tient ce week-end au Canada, la guerre menée par Donald Trump pourrait avoir des effets surprenant. Comme le fait de constater que le président américain soigne plus ses relations avec ses ennemis chinois qu'avec ses amis occidentaux.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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Alors que le G7 se tient ce week-end au Canada, la guerre menée par Donald Trump pourrait avoir des effets surprenant. Comme le fait de constater que le président américain soigne plus ses relations avec ses ennemis chinois qu'avec ses amis occidentaux.

Le G7 qui se tient ce week-end au Canada va peut-être entériner un mouvement de bascule du commerce mondial, prélude à une remise en cause totale des relations entre les grandes puissances occidentales, qui avaient créé cette institution dès 1974 en réaction au premier choc pétrolier de l’époque. Car Donald Trump a décidé de déclencher une véritable guerre commerciale en instituant des taxes sur certains produits comme l’acier et en annonçant de lourdes sanctions pour les pays qui continueraient de commercer avec l’Iran.  Des menaces suffisamment énergiques pour que les entreprises françaises annoncent déjà leur intention de rompre leurs échanges avec Téhéran.   

La brutalité avec laquelle Donald Trump met en route son programme en faveur du retour de l’Amérique à un protectionnisme pur et dur engendre un véritable désarroi dans le monde des affaires. En quelques semaines, le climat optimiste sur la croissance mondiale s’est évaporé. Dès maintenant, l’impression se répand que l’on a franchi un cap, que l’expansion était au zénith et que le ralentissement est en marche.  Les craintes concernent surtout l’Europe, comme si Donald Trump avait décidé de miser désormais sur l’Asie et d’abandonner l’Europe à son sort. Un vieux continent qui ne peut pourtant se passer de l’Amérique qui assure sa défense avec ses porte-avions et la force indispensable du dollar et qui risque d’être broyée à la fois par son manque de cohésion et surtout l’émergence de nouvelles puissances qui ne lui feront pas de cadeau.

Tout se passe aujourd’hui comme si Donald Trump poussait la Chine en avant, faisant ainsi volte-face avec son comportement d’il y a un an.   Car les mesures prises à l’encontre de l’Iran par exemple vont donner le marché de ce pays à Pékin. Les voitures chinoises vont remplacer les célèbres Peugeot. Et ceci au moment où la Chine démontre les exploits de sa technologie. La France vient ainsi d’enregistrer l’humiliation de voir que le premier EPR, conçu au départ par EDF est désormais chinois, alors que l’entreprise publique continue d’enregistrer des retards dans son programme de fabrication.   

A la réunion du G7, les Européens entendent afficher leur unité face aux Etats-Unis. Ils ont déjà annoncé des représailles commerciales, qui paraissent pourtant dérisoires, d’autant que la solidarité parait plutôt artificielle, notamment de la part du nouveau gouvernement italien, même si la chancelière allemande a donné des gages à ses partenaires, d’autant que les mouvements populistes continuent de marquer des progrès sur le vieux continent.

Rien ne serait pourtant plus préjudiciable que la tentation du repli à l’intérieur des frontières comme le prêche Donald Trump pour les Etats-Unis. Car la contraction des échanges conduirait rapidement à une réduction de l’activité et pourrait précipiter le monde dans une nouvelle dépression. L’Amérique serait la première victime avec les Européens, alors qu’elle enregistre déjà un déficit commercial de six cents milliards de dollars par an. Son déclin serait une conséquence logique, alors que les nouvelles puissances asiatiques, comme la Chine et l’Inde seraient en passe de prendre la maîtrise du monde. Ces perspectives inquiètent même certains milieux américains notamment au parti républicain, qui souhaiteraient un changement de politique. Certes, tout est encore possible tant Donald Trump et imprévisible et sa conduite présente est dictée par l’approche des élections de mi-mandat outre Atlantique. Son orgueil le pousse à braver tout le monde. Il n’aime tant que la résistance qu’on lui oppose parce qu’il espère toujours en triompher.  Et pour montrer le peu de cas dans lequel il tient le G7, il a d’abord fait mine de le bouder avant d’assurer qu’il le quitterait avant la fin. Un comportement toujours aussi erratique qui aura des conséquences néfastes, auxquelles l’Amérique elle-même ne pourra échapper.

 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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kelenborn
- 09/06/2018 - 08:56
On progresse
Garibal vient de découvrir que l'Europe c'était le radeau de la Merduse! Trump l'envoie par le fond pour éviter à ses occupants une fin pire encore! Mais lundi, le révérend père Sylvestre leur donnera l'absolution
A M A
- 08/06/2018 - 16:09
Le Pacifique et non pas l'Atlantique
Les USA, leur problème, c'est le Pacifique et non pas l'Atlantique. Pour faire face à la Russie qui a le même problème, Trump a besoin de la richesse et de la masse de la Chine. Il n'a pas besoin de ce magma résiduel qu'est cette Europe, inutile et encombrante, surtout depuis qu'elle a laisser partir le Royaume-Uni avec le Brexit.
gerint
- 08/06/2018 - 09:13
Le comportement de Trump avec la Chine n'est pas une nouveauté
En 2005 j'ai pour des raisons personnelles participé aux USA à une soirée où il y avait plusieurs personnes employées par la Maison Blanche ou gravitant autour. Bien sûr personne ne livrait de secret d'Etat mais sur le plan international, ces personnes m'on,t dit que l'attention des USA se portait vers la Chine essentiellement, et toutes considéraient l'Europe comme d'importance très secondaire, En matière de sécurité car la Chine leur paraissait et ils avaient à l'évidence raison comme une menace militaire potentielle sérieuse, mais aussi et pas qu'un peu en matière économique, à la fois un concurrent potentiel ennuyeux et une opportunité de premier plan. A l'époque, le "containment" de la Russie par l'OTAN restait la théorie dominante. Les dépenses militaires étaient prévues pour éventuellement soutenir au moins deux conflits majeurs en même temps, mais l'aspect économique d'un axe Washington-Pékin était tout autant au premier plan. Il me semble que cela a peut-être été mis en sourdine depuis l'ère Bush, mais que Trump réactive au grand jour une attitude qui n'a jamais été abandonnée depuis longtemps.