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Miss Nina Simone : "De ma solitude, j'ai fait un château"
Publié le 21 mai 2018
Artiste aussi exigeante que bourrée de talent, Nina Simone fut, plus que jamais, sur la fin de sa vie, une femme incomprise et malheureuse. Un spectacle attachant.
Alyette de Beru est chroniqueuse pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été...
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Artiste aussi exigeante que bourrée de talent, Nina Simone fut, plus que jamais, sur la fin de sa vie, une femme incomprise et malheureuse. Un spectacle attachant.

THEATRE

Miss Nina Simone
D’après Nina Simone, roman de Gilles Leroy (éd. Mercure de France)
Mise en scène Anne Bouvier et adaptation avec Jina Djemba
Avec Jina Djemba (Nina Simone), Valentin de Carbonnières (Ricardo), Julien Vasnier (Musicien)

INFORMATIONS

Lucernaire
53 rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris
jusqu’au 2 juin
du mardi au samedi à 21h, dimanche à 18h.
Réservations : 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

RECOMMANDATION

EN PRIORITE

THEME

Nina Simone, l’icône afro-américaine dont l’ambition avait été d’inventer « la musique classique noire », termine sa vie dans une villa de Marseille, abandonnée de tous.

Adaptée du roman de Gilles Leroy, le spectacle d’Anna Bouvier et Jina Djemba (qui incarne la chanteuse) nous fait entrer dans l’intimité de la légende : car c’est de l’envers du décor dont il est question. Au soir d’une carrière insatisfaisante bien que jalonnée de succès, « Miss Simone » - ainsi que l’appelle Ricardo, son intendant philippin – revient sur son enfance, sur une vie de succès apparents cachant de profondes désillusions, la souffrance d’avoir subi ségrégation et racisme, les maux de l’alcoolisme et de la bipolarité.

Dans une atmosphère de crépuscule, dialogues et chansons alternent pour tenter de reconstituer le timbre d’une voix incomparable : celle, intelligente et émouvante, d’une femme incomprise de ses admirateurs mêmes.

POINTS FORTS

1/ Le spectateur qui aura poussé la porte du Lucernaire avec l’espoir d’apercevoir quelque chose d’une Nina Simone en chair et en os ne sera pas déçu : le personnage qu’on trouve incarné par Jina Djemba est complexe, provocateur, d’une lucidité décapante sur notre monde contemporain, ce monde qui s’est construit dans le sillage de la société américaine des années 1940 qui avait anéanti les grandes espérances de la jeune musicienne. La comédienne et chanteuse a l’envergure nécessaire pour jouer la grande icône, comme le révèlent peu à peu les échanges avec son alter ego, Valentin de Carbonnières : il incarne quant à lui Ricardo, un immigré philippin entré à son service comme intendant, un naufragé d’un autre genre, attachant mais un peu trop larmoyant.

2/ Le spectacle est bien construit : l’alternance de dialogues entre Ricardo et Nina Simone et de moments musicaux qui rapprochent le spectacle d’un « seul en scène » fonctionne bien sans être artificielle. La scénographie très esthétique procure au spectateur un moment agréable : les paillettes des tenues de spectacle, les chaleur des couleurs rouge et orangées, les fumigènes composent une atmosphère onirique. On accroche bien à la distribution des rôles, entre un Ricardo souvent narrateur et commentateur et LE personnage Nina Simone.

POINTS FAIBLES

1/ C’est Nina Simone et ce n’est pas Nina Simone. Le spectacle aborde une artiste mythique mais n’est finalement qu’une évocation des dernières années, qui manque parfois d’intensité : ce sont là les limites que le cadre minimaliste (deux personnages, un huis-clos) imposent à la personnalité hors norme de la chanteuse.

2/ On reste un peu sur sa faim au niveau musical : si l’adaptation du texte de Gilles Leroy pour le théâtre a l’avantage, sur le roman, de nous permettre de réentendre plus directement la voix de l’icône, on regrette de ne pas entendre assez celle de Jina Djemba, très belle. Elle nous propose pourtant quelques interprétations, personnelles et réussies, des plus grands morceaux de Nina Simone. On aimerait en entendre davantage : si le personnage se plaint qu’on ne retienne d’elle que quelques tubes, assez loin de son projet musical, on regrette de ne pas avoir pu pousser l’exploration plus loin. De même, Julien Vasnier qui se révèle tout au long du spectacle instrumentiste et percussionniste de talent intervient finalement assez peu.

EN DEUX MOTS

Une évocation agréable et souvent touchante des dernières années de Nina Simone.

EXTRAITS

« De ma solitude, j’ai fait un château. »

L’AUTEUR

Gilles Leroy est né en 1958. Il est l’auteur de nombreux romans dont Les Maîtres du monde, paru en 1996, qui mêle à la fiction des éléments autobiographiques. Il obtient en 2007 le Prix Goncourt pour Alabama Song qui évoque la vie de Zelda Fitzgerald. En 2013, paraît aux éditions du Mercure de France Nina Simone, roman, adapté donc pour la scène par Anne Bouvier et Jina Djemba.

 

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Mots-clés :
Nina Simone, théâtre
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