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La droite saura-t-elle résister aux tentatives de Macron pour la faire exploser aux Européennes ?
Publié le 29 avril 2018
A l’occasion des élections européennes de 2019, la liste officielle des Républicains, dirigé par Laurent Wauquiez, pourrait afficher une position peu europhile, alors que sur son flanc gauche, certains pourraient se rallier à une liste de soutien à Emmanuel Macron.
Maxime Tandonnet est un haut fonctionnaire français, qui a été conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions relatives à l'immigration, l'intégration des populations d'origine étrangère, ainsi que les sujets relatifs au ministère de l'...
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Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
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A l’occasion des élections européennes de 2019, la liste officielle des Républicains, dirigé par Laurent Wauquiez, pourrait afficher une position peu europhile, alors que sur son flanc gauche, certains pourraient se rallier à une liste de soutien à Emmanuel Macron.

Atlantico : Alors que les députés européens du PPE sont régulièrement présentés comme plus proches d'Emmanuel Macron que des membres de leurs partis au niveau national, soulignant par exemple les différences existantes entre Michel Barnier et Laurent Wauquiez, comment évaluer les risques, pour la droite française, d'explosion face à de tels courants contraires dans la perspective des européennes ? 

Maxime Tandonnet : Je ne pense pas qu'il y ait un risque d'explosion de la droite à l'occasion des élections européennes. Depuis 1979, la première élection du parlement européen au suffrage universel, il y a eu deux constantes. La première, c'est que le scrutin européen ne passionne pas les foules. Le taux d'abstention ne cesse d'augmenter. Il était de plus de 50% en 2014. Le second, c'est que les enjeux de politique intérieure dominent paradoxalement le scrutin. Les gens l'utilisent comme une manière d'exprimer leur satisfaction ou leur mécontentement envers le pouvoir en place. Il y aura bien des listes politiques: droite LR, LREM, Socialistes, Insoumis, Verts. Le choix existera. Ceux qui voteront pour la liste LR n'auront pas voté LREM, et donc auront exprimé leur défiance envers le pouvoir en place. Et l'inverse. J'ignore complètement si M. Barnier sera sur une liste LR ou sur une liste LREM ou sur une autre. Mais s'il figure sur une liste LR, il apparaîtra, aux yeux des électeurs comme étant parmi les adversaire de la liste concurrente LREM.  

Christophe Bouillaud : Il existe effectivement un risque qu’à l’occasion des élections européennes de 2019, les Républicains, les ex-UMP, se divisent. Il faut rappeler ici que cela ne serait vraiment pas la première fois que l’Europe constituerait un sujet de division à droite et au centre. Depuis les premières élections au suffrage universel en 1979, les épisodes de division à droite et au centre ont été en effet nombreux, ne serait-ce que parce qu’au départ le RPR et l’UDF n’avaient pas exactement la même vision de l’Europe. Depuis les années 1990,  la liste dissidente du courant principal de la droite et du centre affichait une ligne moins europhile, voire eurosceptique, par rapport à l’intégration européenne. La configuration de 2019 pourrait dès lors être plutôt inédite : ce serait la liste officielle des Républicains, dirigé par Laurent Wauquiez, qui afficherait une position moins europhile, voire eurosceptique, alors que sur son flanc gauche, une partie des ex-UMP et la totalité des centristes d’avant mai 2017 se seraient ralliés à la liste de soutien à Emmanuel Macron. En même temps, il ne faut pas oublier que DLF de N. Dupont-Aignan, qui s’inscrit dans la filiation du souverainisme de droite des années 1990, peut constituer un pôle d’agrégation de la droite souverainiste, et qu’avec un scrutin nationalisé avec un seuil de 5% pour avoir des élus le jeu en vaut pour lui la chandelle. Les Républicains auront donc aussi une concurrence souverainiste non frontiste à affronter.

C’est surtout au niveau du choix des éligibles par les Républicains que cela peut tanguer. Dans un tel scrutin de liste, le choix par la direction du parti de l’ordre des candidats détermine largement les élus. Cela peut donner lieu à des choix de la part de la direction des Républicains qui accentueront plus ou moins l’orientation eurosceptique ou europhile affichée. De fait, cela serait difficile d’avoir Michel Barnier tête de liste des Républicains pour les Européennes tout en affichant un euroscepticisme conséquent, mais ne pas le choisir revient de fait à lui interdire d’être le candidat du PPE pour la Présidence de la Commission européenne, puisqu’il est de bon ton d’être candidat dans son pays pour pouvoir briguer la Présidence de la Commission au nom de son parti européen de référence.  

Enfin, toujours en s’inspirant des situations passées, il faut bien noter que les enjeux européens n’ont jamais été assez forts pour imposer une fracture durable au sein de la droite républicaine. Les dissidences eurosceptiques ont fini par s’étioler, même si DLF n’a pas disparu. On peut imaginer qu’il en sera de même des actuels « constructifs » ex-UMP ralliés à Emmanuel Macron. En effet, au niveau parlementaire, au Sénat et à la Chambre des députés, la solidité des deux groupes parlementaires des Républicains et apparentés reste entière. En réalité, du point de vue de la carrière politique, cela reste un choix prudent que de rester aux Républicains pour la plupart des élus de droite, surtout que l’année suivante il y a les élections municipales où, probablement, le clivage gauche/droite reprendra toute sa vigueur, avec la possibilité de repousser LREM et le Modem vers la gauche.

Quels sont les principaux écueils qui pourraient empêcher Emmanuel Macron de réaliser à droite ce qu'il a fait à la gauche ? Quels sont les remparts qui peuvent protéger la droite ? 

Christophe Bouillaud : Tout d’abord, en 2019, Emmanuel Macron ne bénéficiera plus de l’effet de surprise dont il a profité en 2017. Surtout, il n’est pas évident du tout que l’européisme qu’il affiche corresponde bien à  tout l’électorat de droite.  C’est peu dire qu’une bonne partie de cet électorat, vieilli au regard des autres électorats du pays, n’a pas nécessairement envie de beaucoup d’ouverture sur le monde, et même sur l’Europe. Ce n’est donc pas un hasard si Laurent Wauquiez tient un discours identitaire : il suit aussi ses militants et sympathisants. De fait, Emmanuel Macron l’européiste aura du mal à attirer à lui une bonne part de l’électorat de droite. Celui-ci va plutôt être pris dans une surenchère d’offres identitaires entre le FN qui voudra se refaire une santé, DLF qui va jouer à plein sa carte souverainiste, et les Républicains qui vont vouloir contrer ces deux concurrences dans son cœur électoral. Par contre, la liste de concentration des macronistes des deux rives pourra sans doute récupérer tout ou partie de l’électorat de centre-droit, tout cet électorat aisé qui apprécie ses réformes économiques et qui souvent en bénéficie directement. 

 

Maxime Tandonnet : L'écueil principal, c'est celui du monde réel. La politique virtuelle atteint aujourd'hui son paroxysme: images, postures, surexposition médiatique, polémiques, illusions, faux-semblants, séduction et provocations. Cette évolution de la politique a des effets mi-figues, mi-raisins. Dans l'ensemble, elle marche si l'on ose dire. Le grand public ne connaît pas les coulisses de la politique, de la communication. Il n'est pas au courant du fond de dossiers juridiques ou techniques complexes, que seule maîtrise une poignée de spécialistes. En outre, le déclin du niveau scolaire, sur le long terme, notamment de l'enseignement de l'histoire et de la littérature, contribue à l'affaiblissement de l'esprit critique et donc, au conformisme ambiant. En gros, une grande partie de la population s'en tient au premier degré. Telle est la principale raison de l'adhésion d'une partie de la droite au message médiatique dominant et son fragile ralliement au pouvoir en place. Si, dans les années qui viennent, la situation du pays s'améliore sensiblement (violence, communautarisme, immigration, chômage, pauvreté, pression fiscale), la droite républicaine se réduira en effet à sa portion congrue. Par contre, dans le cas contraire, nous irons vers un rejet du pouvoir en place, d'autant plus viscéral, que les électeurs auront le sentiment d'avoir été manipulés. L'opposition LR gardera toute sa place et ses chances en cas d'alternance, sous réserve de présenter un visage et un projet respectables.  Et si ce n'est pas elle ce sera quelqu'un d'autre...

 

Dans une telle configuration comment anticiper la suite ? Comment pourrait réagir Laurent Wauquiez pour affirmer sa position au sein du PPE, probable leader européen à l'issue de ces prochaines élections  ? 

Maxime Tandonnet : Je pense que M. Laurent Wauquiez, dans une logique politique, c'est-à-dire, tournée vers un bon résultat électoral, n'a aucun intérêt à crisper le débat. Il me semble qu'il doit parler aux Français des sujets concrets, qui les intéressent au premier plan, la lutte contre le chômage, la pauvreté, la violence, le communautarisme, le logement, l'école, le chaos migratoire, l'écrasement fiscal du pays. L'erreur serait à mon avis d'entrer dans un débat théorique sur l'avenir de l'Union européenne par exemple. Une bataille de principes aurait pour effet de déchirer son camp politique. Elle s'achèverait par une tragédie, une partie de la droite rejoignant LREM et l'autre le FN. Cette situation serait de nature à assurer des décennies au pouvoir pour LREM. L'avenir de l'Europe est certes, en soi, un sujet essentiel. Il ne se décidera pas dans le cadre d'une campagne électorale, mais d'une réflexion de long terme. A l'occasion des élections européennes, il faut l'aborder indirectement, non pas à travers un débat sur les institutions, qui n'intéresserait pas les Français et aurait pour effet de déchirer le camp LR, mais au contaire par le biais pragmatique des sujets qui préoccupent les Français: emploi, sécurité, immigration, fiscalité, pouvoir d'achat, éducation...  

 

Christophe Bouillaud : La situation va se décanter en deux phases. Tout d’abord, il faudra voir quel candidat les Républicains de L. Wauquiez appuieront pour briguer la Présidence de la Commission européenne. Il vaut mieux pour eux appuyer le candidat qui aura la faveur de la majorité du PPE réuni en Congrès. Or il n’est pas sûr que les actuels choix de L Wauquiez n’aillent pas dans le sens du vent conservateur qui souffle sur la droite de gouvernement européenne, soumise presque partout à la concurrence de l’extrême droite. Après tout, un Michel Barnier est peut-être de toute façon trop centriste et trop fédéraliste pour la CSU allemande, l’ÖVP autrichienne, le PP espagnol, etc. Un candidat correspondant au virage conservateur d’un PPE, qui garde contre vents et marées un Viktor Orban dans ses rangs, peut parfaitement convenir à L. Wauquiez, et il s’inscrirait donc dans le mainstream du PPE de 2019.  Du coup, si Emmanuel Macron et d’autres dirigeants nationaux refusent de nommer Président de la Commission le candidat du PPE, L. Wauquiez pourra se draper dans la défense de la démocratie européenne outragée, ce qui ne saurait lui nuire auprès des électeurs français de droite. 

 

Ensuite, tout dépendra du score des Républicains lors de ces élections européennes. Si L. Wauquiez voit son parti réaliser un beau score, les élus républicains joueront un rôle plus important au sein du groupe PPE du Parlement européen. Ils pourront en particulier disputer aux élus allemands les postes clés du groupe PPE et aussi du Parlement européen. Inversement, si les Républicains s’écroulent électoralement lors du scrutin aux Européenne, il est probable qu’en dehors d’une perte de poids parlementaire, c’est la direction Wauquiez qui serait mise en jeu. En effet, un grand parti d’opposition comme les Républicains ne peut perdre aux Européennes sans que cela remette en jeu sa direction, puisqu’il est si facile de gagner de telles élections de second-ordre en jouant sur le vote-sanction…  Pour L. Wauquiez, c’est donc la victoire ou la retraite anticipée en Auvergne-Rhône-Alpes.

 
 

 

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A M A
- 29/04/2018 - 17:33
La droite, c'est ce qui
La droite, c'est ce qui prétend ne pas être de gauche. Si la gauche est morte, la droite l'est aussi.
assougoudrel
- 29/04/2018 - 16:24
Wauquiez accompagné de
Juppé. Il ne va pas tarder à appeler NKM et Coppé.
Poussard Gérard
- 29/04/2018 - 14:25
Wauquiez veut uhe autre europe celle
Des peuples autonomes grace a l'industrie, leconomie qui affirment leurs identités, et protègent leur civilisation gréco romaine et religion judéo chrétienne.
Seul Wauquiez peut porter ces messages