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Conflit ou pas, la SNCF ne pourra pas plus échapper à sa modernisation que la Poste il y a 20 ans
Publié le 07 avril 2018
Quoi qu’il arrive, la SNCF finira pas s’en sortir, mais la CGT risque fort de perdre ses derniers bastions de résistance.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Quoi qu’il arrive, la SNCF finira pas s’en sortir, mais la CGT risque fort de perdre ses derniers bastions de résistance.

C’est l’opinion publique, et parmi elle en premier lieu les clients de la SNCF, qui finira au terme de cette nouvelle bataille du rail par déterminer l’issue de ce conflit. Parce qu‘il y a des fondamentaux auxquels personne n’échappera, ni le gouvernement, ni la direction de la SNCF, ni les syndicats. Et ces fondamentaux s’imposeront :

1er facteur incontournable, la concurrence. Quoiqu’on fasse à la SNCF, la concurrence des moyens de transports s’imposera au profit du client. Parce que le client choisira le moyen qui lui semblera le plus pratique, avec une qualité/prix optimale. Cette concurrence existe déjà. Sur les liaisons entre Paris et les grandes capitales européennes, le voyageur a déjà le choix. Il a même le choix, selon le train, de l’horaire et ses prix, il peut choisir l’avion, le car ou l’auto partage (blablacar) ou s‘il a plus de moyens pour les courts trajets, il optera pour les VTC, eux-mêmes en concurrencent avec les taxis. Pour ce qui est des dessertes régionales, il est évident que les régions prendront elles aussi leurs responsabilités, mais il est évident aussi que les régions feront jouer la concurrence.

Face à cette concurrence, et dans tous les cas de figures, la SNCF pourra soit s’adapter et l‘assumer, soit la refuser et s’asphyxier. S’adapter signifiera proposer d’elle-même un meilleur service, car sinon elle ne pourra pas survivre. Le gouvernement a choisi la voie du réformisme, parce qu’une fois de plus, ça correspond à l’intérêt du client. 

2ème facteur incontournable, l'adaptation à la concurrence nécessite un changement de statut de la société avec la mise en place d’une direction disposant d’une gestion autonome et responsable. Ça passe sans doute par l’apurement de la dette et c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités. L‘Etat a d’ailleurs déjà affirmé qu'il prendrait la responsabilité de payer les factures du passé, y compris de respecter les contrats de travail qui ont été signés. Le statut des cheminots sera donc préservé pour les personnels en place. Il ne peut pas en être autrement.

3ème facteur incontournable, les syndicats qui, historiquementont un quasi pouvoir de cogestion à la SNCF, vont devoir changer de logiciel sinon ils vont être emportés dans un combat sans issue.

La CGT, leader syndical à la SNCF, se bat pour des revendications qui sont complètement dépassées par la mutation qui s’opère depuis 20 ans. La CGT s‘oppose à toute adaptation aux nouveaux besoins du client et du contribuable, qui ont déjà fait leur choix. En bref, la CGT s’oppose à l'arrivée de la concurrence qui est déjà là.

Du coup, la CGT, elle-même, est en concurrence avec les autres syndicats.

Sur sa gauche, elle est concurrencée par Sud-Rail, qui défend des positions plus radicales encore. De l’autre coté, la CGT sait très bien qu’elle est dépassée par des syndicats qui ont abandonné cette culture du conflit pour entrer dans une logique du compromis. La CGT n‘est pas sans savoir que la CFDT et FO se tiennent à l’écart de ce conflit et progressent dans toutes les entreprises, y compris dans les entreprises publiques.

Et puis, il y a le précédent de La Poste. Ce qui se passe à la SNCF n’est guère différent de ce qui s’est passé à La Poste il y a 20 ans. Il y a encore 20 ans, La Poste était un des symboles du service public à la française. L’administration des PTT avec un statut particulier et même un ministère entièrement dédié au service postal et aux télécommunications.

Et puis, la modernité technologique, le changement des habitudes de l’usager (on disait l’usager à l’époque) ont envahi la vie quotidienne. La téléphonie mobile, internet, le digital, le e-commerce, les mails ont introduit des nouveaux services et des nouveaux métiers.
La Poste a été obligée de s’adapter. Elle s’est adaptée. Les télécommunications sont devenues France télécom, puis Orange. La Poste, elle-même, a perdu l’essentiel du courrier, elle a du se réinventer. Les CCP se sont transformées en banque postale (très performante), les bureaux de poste sont devenus des boutiques où l’on vend quantité de services, les facteurs eux-mêmes ont changé de métiers. Beaucoup ont troqué leur vélo pour une voiture ou une bicyclette à assistance électrique. A la campagne, ils sont très souvent devenus des agents de proximité principalement pour les personnes âgées. Personne ne pourra prouver que les missions de service public ont disparu. Coursiers ou psy selon leur talent.

La Poste a donné naissance à plusieurs entreprises comme les autres, qui offrent désormais à leur personnel des plans de carrière, des possibilités d‘évolution. Les personnels anciens qui avaient un statut ont conservé ce statut, mais beaucoup ont finalement choisi la modernité. Coté représentation syndicale, on continue de négocier en permanence mais avec une obsession, trouver des solutions.  

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gerint
- 09/04/2018 - 22:06
Spinetta aurait pu faire le même rapport
Sur Air France que sur la SNCF !
Taravana
- 09/04/2018 - 11:52
article de bon sens
Ce sont des évidences qu'il faut rappeler ....Et Sylvestre a raison ...Seulement il faut toujours du temps pour que le vieux monde laisse la place à autre chose ...Personnellement je suis nostalgique de la SNCF d'il y a 40 ans , avec ses TEE qui n'étaient pas aussi rapides que les actuels TGV mais qui arrivaient à l heure et étaient confortables avec une restauration digne de ce nom .
Mais cela ne veut pas dire que le retour du mistral soit possible ...Le modèle Ryanair s'est imposé .à la SNCF ..
Je serais le seul client sur Avignon Paris d'un mistral ....Simplement puisque le voyage est devenu un moment pénible je souhaite que cela se fasse au moindre prix et le plus vite possible .
A M A
- 08/04/2018 - 11:32
Système d'irrigation du
Système d'irrigation du développement économique, le rail ne doit pas être l'instrument comptable de Bercy et l'une de ses vaches à lait, pas plus que le nid douillet des héritiers du "train sifflera trois fois". Il est inimaginable que certains aient pu penser à effacer du réseau les lignes non rentables donc desservant des régions à abandonnée alors qu'elles pourraient être l'outil de développement de ces régions. Il est étrange qu'ait été confié à un fonctionnaire d'Air France le soin de réfléchir au sort du rail donc du TGV, concurrent direct de l'avion. Pourquoi ne pas confier à Pepy le soin de réfléchir à l'aménagement de la circulation aérienne? Tous polyvalent, mais "bons à tout, propres à rien", du vrai Laurel et Hardy.
Tout ça, c'est pas clair.
.