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Tout sauf Sarkozy
Pourquoi l'anti-sarkozysme est-il devenu un élément central du quinquennat ? Le point de vue de Dominique Jamet
Publié le 13 avril 2012
Quatrième partie de notre série consacrée à l'anti-sarkozysme. Excès de promesses, excès de présence, excès de pouvoir : Nicolas Sarkozy est-il victime de ses excès ou paye-t-il pour son mauvais bilan ?
Dominique Jamet est journaliste et écrivain français.Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.Parmi eux : Un traître (Flammarion, 2008), Le Roi est mort, vive la République (Balland, 2009) et Jean...
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Dominique Jamet est journaliste et écrivain français.Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.Parmi eux : Un traître (Flammarion, 2008), Le Roi est mort, vive la République (Balland, 2009) et Jean...
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Quatrième partie de notre série consacrée à l'anti-sarkozysme. Excès de promesses, excès de présence, excès de pouvoir : Nicolas Sarkozy est-il victime de ses excès ou paye-t-il pour son mauvais bilan ?

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Le caractère massif et passionnel du phénomène de rejet dont le Président sortant est la victime n’a pas d’équivalent dans l’histoire de la Ve République. Les choses en sont au point que le second tour de l’élection présidentielle, s’il devait opposer Nicolas Sarkozy à François Hollande, à défaut d’être un plébiscite en faveur de celui-ci, dont la personnalité imprécise et la campagne floue sont loin de susciter l’enthousiasme, a toutes les chances de se transformer en un référendum contre celui-là, un referendum où le « non » part favori.

Les erreurs de communication et de comportement qui ont caractérisé le début du quinquennat et défavorablement impressionné l’opinion sont-elles la cause de ce rejet ? Nicolas Sarkozy s’en est expliqué ces derniers temps de façon sincère et convaincante et a fait son mea culpa. Pour symboliques et significatives de l’homme, de son tempérament, de ses affinités, de ses choix de vie et de société qu’aient pu être ces erreurs, il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus, ou seulement en souriant avec l’indulgence à laquelle a droit un débutant, si la France entretemps avait remonté la pente et si le bilan de ces cinq ans était globalement positif.

Il s’en faut, hélas, du tout au tout. L’effroyable alourdissement du fardeau de la dette publique, l’effondrement de notre balance commerciale, le démantèlement de nos industries sous les coups de boutoir d’une compétition sans règles et sans frein, l’explosion du chômage, le creusement des inégalités sociales, la paupérisation de la société, voilà ce que l’on risque de retenir des années Sarkozy. Pour quelques réformes réussies, combien d’autres ne sont que le nom dont on a habillé la régression. Nul ne saurait de bonne foi imputer directement à Nicolas Sarkozy la responsabilité de la crise mondiale, crise qui est celle du néo-libéralisme pris à ses propres pièges et du vieux monde confronté à l’émergence des pays naguère ses sujets et ses clients, aujourd’hui ses concurrents victorieux.

De même ne saurait-on renier sans injustice une énergie, un volontarisme, un activisme qui n’ont eu que trop l’occasion de se déployer de sommets de la dernière chance en sommets de la dernière chance ; mais c’est la pertinence de ses choix fondamentaux qui est en cause. Dans la tempête, le capitaine a mis et maintenu le cap sur l’austérité, la rigueur, la défense de la stabilité monétaire, le maintien de la zone euro coûte que coûte, et il en coûte chaque jour davantage. L’horizon s’est chargé de menaces terribles : faute d’avoir eu le courage et l’intelligence d’abandonner la Grèce à sa destinée, c’est son sort qui nous guette, faute d’avoir à temps repris notre liberté, nous courons tout droit vers la catastrophe générale. Faut-il vraiment persévérer dans la mauvaise direction ?

Dans la perspective sinistre qui nous est offerte, Nicolas Sarkozy est discrédité aujourd’hui à la mesure de ses excès de toute sorte. Excès de promesses, excès de présence, excès de pouvoir. Alors qu’approche l’heure de vérité, comment oublier que le candidat Sarkozy, en 2007, s’était engagé à faire de la France un pays de propriétaires, un pays où chacun aurait droit à un logement décent et avait fait de la lutte contre le chômage la pierre de touche de sa réussite ? Réunissant entre ses mains tous les pouvoirs, omniprésent à l’avant-scène de la politique, ayant - sans rencontrer d’obstacle - imposé sa volonté à son gouvernement, à sa majorité et finalement au pays, Nicolas Sarkozy ne saurait faire retomber sur personne d’autre que lui-même le poids de ses échecs.

A côté des qualités indéniables du Président sortant, de sa vivacité d’esprit, de son intelligence, de sa plasticité, nous avons identifié et nous connaissons ses défauts, son impulsivité, son imprévisibilité, son pragmatisme enfin qui donne le tournis et qui ressemble à s’y méprendre à une absence totale de principes et de convictions.

« J’ai changé », disait le candidat Sarkozy en 2007. « J’ai appris », nous dit-il aujourd’hui. Y a-t-il encore une majorité de Français désireux de vérifier pendant cinq ans encore en quoi le président sortant a changé, et ce qu’il a appris ? L’anti-sarkozysme risque bien le 6 mai d’être en France l’opinion la plus partagée.

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satelmarc
- 18/04/2012 - 21:42
Moi, ancien Sarkoziste - - -
Depuis 5 ans, NS s'est toujours cru supérieur et a profité de sa position, au détriment des 99 % de Français moyens qui rament.
Il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui, des centaines de milliers d'électeurs, ne souhaitent pas lui redonner leur confiance qui a été si souvent trahie depuis 2007. Et ça on ne peut pas l'effacer en 1 mois de campagne.
Quand on découvre en plus des choses comme ça, au moment ou la dette publique explose et où NS nous a augmenté des dizaine de taxes, c'est encore une preuve que ce Président comme beaucoup d'autre politiques, ne pense qu'à sa carrière mais surement pas à nos difficultés quotidiennes :
Les dépenses courantes de l’ Elysée sont 2 fois plus élevées qu’ à Berlin et à Washington.
Le coût des voyages de Sarkozy est 15 fois plus élevé que celui de Merkel.
De plus l’ Elysée compte 300 à 350 employés de plus que chez Angela Merkel et Barack Obama.
Le budget de l’ Elysée représente un coût de 1,44 euros par habitant alors que le budget de la chancellerie allemande représente 0,49 euros par habitant, et le budget de la Maison-Blanche 0,17 euros par habitant.
La suite sur marco44.over-blog.com
phoenix
- 18/04/2012 - 19:54
pourquoi ?
il a peu pres demoli tout ce qu'il a fait en plus de demolir le reste.
tout le monde critique le clientelisme des elites grecques, en france c'est du meme acabit, certes ce n'est pas nouveau, mais avant sarkozy, c'etait plus discret si ce n'est plus petit. depuis que la droite est decomplexée elle n'as plus peur de rein, meme pas de se foutre ouvertement de l'electeur en face
la politique qui dit, un fait divers une loi, ca donne une impression a cheval entre l'hyperactivité inefficace et le pointage au pifometre. la seule direction qui fut stable, c'est le bouclier fiscal (et il a fini par reculer quand meme).
l'application a outrance du principe "diviser pour regner" = il se fout de nous ouvertement.
une collection de pieds nickelés pour ministres choisis qui accumule les boulettes, on dirait que le critere de selection est d'etre moins intelligents que le chef (celui qui se fout de nous ouvertement avoir de nous demander de revoter pour lui).
une culture, une dignité, un comportement qui fait passer les francais pour des "mickeys" a l'international.
NS est le concentrer des prejugés negatifs sur les francais vu de l'etranger.
emmap
- 18/04/2012 - 16:03
pour quoi un tel antisarkozysme ?
à mon humble avis, cet antisarkozysme est la conséquence de l'humiliation qu'a ressenti le PS aux dernières élections de 2007 ! les socialistes n'ont pas digéré que la droite puisse de nouveau être élu après plus de 10 ans de non règne socialiste !
on l'a vu dès l'après élection de mr nicolas sarkozy, avec les attaques incessantes qu'il a subit depuis le Fouquet's jusqu'à aujourd'hui, à l'aide de médias très majoritairement adhérents à la gauche socialiste ; quoique fasse mr sarkozy et son gouvernement, ils étaient l'objet d'une critique totale et systématique ; dès 2007, la gauche s'était donné pour objectif de ne pas le laisser refaire un autre mendat et tout a été bon, (affaires bettencourt, attaque de Fillon, de Woerth, de Villepin, etc...) pour déstabiliser cet homme et salir son image dans l'opinion publique ; le summum étant cette avalanche de sondages, si vous écoutez les radios, depuis ces deux derniers mois, à vomir d'indigestion ! la tactique est la même que celle qui a été orchestrée au 2e tour de 2002 pour faire battre Le Pen ! La haine et la trouille de perdre ont pourri cette campagne ! belle démocratie !!