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Réchauffement climatique
Macron est-il en train d’inventer l’écologie libérale ?
Publié le 13 décembre 2017
Lors du One Planet Summit, Emmanuel Macron s'est curieusement fait l'apôtre d'une écologie libérale. Après avoir considéré que les politiques publiques en matière d'environnement étaient en voie d'échec, il a plaidé pour des initiatives privées en la matière...
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Éric Verhaeghe
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Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Lors du One Planet Summit, Emmanuel Macron s'est curieusement fait l'apôtre d'une écologie libérale. Après avoir considéré que les politiques publiques en matière d'environnement étaient en voie d'échec, il a plaidé pour des initiatives privées en la matière...

À y regarder de près, le propos d'Emmanuel Macron tenu lors du One Planet Summit surprend. Voilà un chef d'État qui convoque un sommet international pour expliquer que les États ne suffisent pas ou ne parviennent pas à lutter contre le réchauffement climatique. Ce constatant, le chef de l'État en appelle aux entreprises et aux particuliers pour compléter ou pour suppléer l'insuffisance des États.

Quelle que soit la perception que l'on peut avoir du réchauffement climatique à titre individuel, on retiendra d'abord du discours présidentiel ce constat terrible: l'État est moins efficace que l'initiative individuelle pour produire des "externalités positives". Il s'agit là d'une inflexion majeure dans la conception de l'écologie. 

L'échec de l'économie administrée dans la mutation des modes de production

Si l'on admet l'hypothèse que le réchauffement climatique est une conséquence d'un mode de production fondé sur les énergies fossiles, alors tout l'enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique tient à notre capacité de modifier radicalement ce mode de production. La question écologique aujourd'hui tient donc principalement à une problématique simple: quel est le moyen le plus efficace pour assurer une mutation rapide de notre mode de production?

De fait, la logique suivie depuis plusieurs décennies en la matière consiste à parier sur les politiques publiques pour modifier ce mode. On réunit des États, on signe des traités et on met en place des politiques publiques pour modifier la réalité.

Depuis le sommet sur la terre de Rio, en 1992, quelle est l'efficacité de ce processus? En l'état, les résultats sont maigres, et condamnent, selon Emmanuel Macron, la méthode étatique, administrée, suivie depuis le début.

Le marché plus efficace que les États?

D'où l'idée d'actionner le levier de l'initiative privée pour réussir là où les États ont échoué. Certes, Emmanuel Macron n'a pas ouvertement opposé l'un et l'autre, en disqualifiant de façon définitive l'action publique. 

En revanche, notre Président a eu cette phrase révélatrice, corroborée par ses propos dans Le Monde : « Nous sommes très loin de l'objectif de l'accord de Paris de contenir la hausse des températures sous le seuil de 2 degrés, et si possible 1,5 degré. Sans une mobilisation beaucoup plus forte, un choc dans nos propres modes de production et de développement, nous n'y parviendrons pas ».

Le temps des politiques publiques est passé, il faut désormais travailler sur la mutation accélérée des marchés. 

On voit bien le glissement qui s'opère peu à peu dans l'approche des problématiques globales. Le procès de l'inefficacité publique devient incontournable. Après des années de disgrâce, l'initiative privée apparaît comme le seul relais possible pour remodeler la réalité.

Le marché produit-il plus d'externalités positives que les États?

Les adeptes de théorie économique adoreront donc le sujet. Vaut-il mieux compter sur les États ou sur les individus librement organisés dans des marchés pour produire des externalités positives?

En réalité, les politiques publiques ont hésité jusqu'ici sur la voie à suivre, et c'est probablement leur principale limite. 

D'une part, les États ont adoré mener des politiques ambitieuses "directes": subventions à tour de bras en faveur des énergies renouvelables, des réhabilitations de logement, de l'abandon des énergies fossiles. Mais on s'est vite aperçu que cette stratégie a nourri des rentes inefficaces et découragé l'innovation. Les fraudes se sont par ailleurs multiplié. 

Parallèlement, le marché des droits à polluer créé à Kyoto visait à combiner les politiques publiques avec des logiques concurrentielles. Les règles de ce marché ont toutefois été biaisées par les normes en vigueur, trop favorables à la pollution. Elles ont découragé le marché...

De ce point de vue, l'action étatique paraît donc contre-productive et incapable de produire le choc de production nécessaire pour infléchir le cours du réchauffement climatique. On peut en conclure que seul le marché est capable de corriger les dysfonctionnements du marché. 

L'initiative individuelle sauvera-t-elle la planète du risque climatique?

Reste donc à savoir comment le désordre écologique mondiale pourra trouver dans ses causes (une production fossile proliférante) ses propres solutions (le passage à une autre trame de production). À ce stade, Emmanuel Macron a battu le rappel de tout ce qu'il pouvait trouver pour donner une impulsion à ce mouvement contraire. Il a par exemple obtenu un engagement d'Axa à investir plus pour le climat. 

On voit le type de logique qui est à l'oeuvre: les assureurs sont durement éprouvés par les catastrophes ou accidents climatiques. Ils ont donc tout intérêt à investir dans la prévention de ces risques pour préserver leurs marges de rentabilité. 

C'est dans ce genre de logiques économiques que le marché peut produire plus d'externalités positives que l'action publique. Le climat est devenu un risque, et il reste à voir si les logiques assurantielles peuvent protéger les populations plus efficacement que les États contre la réalisation de ce risque. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Anouman
- 13/12/2017 - 19:15
Prévention des risques
Pour un assureur la prévention des risques se limite à détecter les zones à risque connues (il y en a sans doute et pas forcément à cause du réchauffement) et éviter d'y assurer ce qui s'y trouve. Et ensuite ajuster les primes à la hausse. Quant à l'état, si son action ne donne rien c'est bien parce qu'elle est inefficace. Mais cela m'étonnerait que Macron s'en soit aperçu sinon il retournerait dans sa banque.
Borgowrio
- 13/12/2017 - 17:11
Capitalisme d'état
Le financement privé des éoliennes est un leurre . Un nouveau capitalisme est né de la chasse aux subventions . Celui ci , n'a de privé que les intérêts des promoteurs de ces machines inefficaces . Le contribuable au travers des subventions et le consommateur vont payer pour ce "privé" opportuniste . Fermer les robinets d'argent public , assainirait le marché par une régulation libérale et impartiale
kelenborn
- 13/12/2017 - 16:20
Oui
Atlantico est bien devenu le lieu où on soigne les problèmes de prostate! La mixion sylvestresque ou verhaegienne est désormais quotidienne! Verhaeghe sait-il déjà ce qu'est un effet externe en économie ? Il est permis d'en douter!!! Maintenant et sur le fond, il est clair que si le bateau des réchauffistes devait se transformer en Titanic parce qu'il a pris un iceberg pour une vahiné, il resterait que le passage à une source d'énergie autre que fossile peut être considéré comme positif ne searit ce que pour des raisons de facture énergétique et parce que le pétrole alimente des régimes peu sympathiques! Mais l'avenir va appartenir à ceux qui feront le choix de technologies alternatives performantes et avec Macroléon, on n'en prend pas le chemin !!! Pour le reste d'accord avec Moneo mais...quand même Natacha Polonuche est contaminée ça va être hard et c'est le peuple qui va payer