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Il marche à reculons

Commémorer mai 68 ? Pas vous et pas ça Monsieur Macron !

Publié le 23 octobre 2017
Le Président de la République se livre à un détournement de cadavre. Ce n'est pas puni, hélas, par la loi.
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Le Président de la République se livre à un détournement de cadavre. Ce n'est pas puni, hélas, par la loi.

Henri Guaino est un esprit fin doté d'une grande culture. Il a livré dans Atlantico un réquisitoire implacable, et en grande partie fondé, contre l'esprit de mai 68. Il y voit la matrice du nihilisme, de la permissivité, de l'individualisme, qui, selon lui, seraient au pouvoir aujourd'hui.

Henri Guaino estime que les "enfants gâtés de 68" sont les macroniens de notre temps et que Macron est leur héraut et porte-voix. Et là il se trompe. Macron en célébrant les barricades de 68 veut simplement, avec le concours du mal vieillissant Cohn-Bendit, mettre un peu de rouge sur les indices du CAC 40 qu'il contemple amoureusement.

Par choix, volontaire et réfléchi, l'ancien conseiller de Sarkozy retient, pour les tourner en dérision, deux slogans de 68 : "CRS = SS" et "jouir sans entraves". Le premier est imbécile. Le deuxième relève de la cour de récréation. Mais il en oublie un autre : "l'humanité sera heureuse quand avec les tripes du dernier bureaucrate stalinien, nous pendrons le dernier capitaliste russe". 

Guaino ne peut pas ignorer quand même que 68 fut AUSSI une révolte anti-communiste. Des dizaines de milliers d'étudiants défilèrent contre Marchais en criant : "nous sommes tous des Juifs-Allemands". Ce fut aussi une révolte antisoviétique, l'URSS étant, et c'était bien vu, assimilée au capitalisme d'Etat. En cela, mai 68, contrairement à ce que dit Guaino, ne peut pas être dissocié de Prague août 68. Même si, et c'est évident, il y a avait un peu plus de mérite à se dresser contre les chars de Brejnev que contre les grenades lacrymogènes de De Gaulle.

Que les soixante-huitards soient allés chercher leur corpus idéologique chez Trotski et Mao n'est pas autre chose qu'un bégaiement pathétique de l'Histoire. C'est affligeant en effet que d'avoir pu penser aux lendemains qui chantent avec ces deux personnages dont l'un fut un fanatique révolutionnaire et l'autre un monstre. Mais on ne doit pas occulter que derrière cette façade il y eut un souffle. Pas celui de l'individualisme forcené, contrairement à ce que dit Guaino. Celui du bonheur pour tous. Mais chacun sait que l'enfer est pavé des meilleures intentions…

Quant à Macron, il est dans sa posture un imposteur. Violer une sépulture pour s'approprier un cadavre, ce n'est pas très beau. Célébrer l'argent-roi, "ceux qui réussissent", et en même temps commémorer une révolte anticapitaliste, c'est faire preuve d'un cynisme au-delà de toute mesure. Mais il est vrai que le chef de l'Etat est un spécialiste du "en même temps". Plutôt qu'à 68, Macron ferait mieux de s'intéresser à "69, année érotique", si bien chantée par Gainsbourg. Cette année-là est toujours vivante. 

 

 

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Commentaires (19)
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ELIED
- 23/10/2017 - 21:30
@Lapalatine, bravo,
né en 37, en 68, j'ai quitté mon métier d'instituteur pour ne pas avoir à subir les parents dans ma classe, les voir venir me dire comment faire mon métier, entre autre. Je suis tout de même rester dans l'EN, mais comme gestionnaire de Lycées et Collèges et là j'ai vu ce qu'était devenu l'enseignement qui n'a fait que se dégrader jusqu'à maintenant. Bien sûr mai68 a foutu le bazar partout et la France ne s'en est jamais relevé car on traîne encore et toujours le résultat de ce grand chambardement, de ce grand espoir qui n'était qu'un énorme écran de fumée cachant la décadence qui a suivi et qu'on entretient.
Anouman
- 23/10/2017 - 20:43
Mai 68
Je suis persuadé que Macron commémorera très bien mai 68, c'est le roi du symbole superflu.
VV1792
- 23/10/2017 - 20:06
@tubixray
La haine de la France et des Francais a été assénée par tous ces socialococogauchistes depuis les années 50. Leur magistère intellectuel et moral a tué pdt toutes ces années toute fierté nationale, détruisant, insultant et moquant nos raciness et nos traditions. 68 n' a qu 'été le dépassement cynique de cette attitude des fils de ces priviligiés de gauche qui ont voulu se donner des airs de revolutions à bon compte, il fallait se garder un futur.. Renaud en a fait partie en se rendant complice de cette destruction en règle de notre, et comme son pote Boris Vian le disait, j' irais aussi pisser sur sa tombe...Il ne reste qu' une alternative, comme disait M Bloch, le redressement moral et intellectual..