En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
Zone franche
L'Espagne en crise : call-girls de luxe et conscience sociale
Publié le 30 mars 2012
Les prostituées de luxe espagnoles refusent désormais leurs faveurs aux banquiers. A 300 euros de l'heure, ils étaient pourtant bien les seuls à pouvoir se les offrir.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les prostituées de luxe espagnoles refusent désormais leurs faveurs aux banquiers. A 300 euros de l'heure, ils étaient pourtant bien les seuls à pouvoir se les offrir.

Les journalistes  ― et les huissiers, ça va sans dire  ― peuvent dire merci aux banquiers. Depuis que ces derniers sont jugés responsables d'à peu près tous les maux de la planète, c'est tout juste si diffuseurs de propagande et expulseurs de familles surendettées apparaissent encore au palmarès des professions les plus universellement exécrées.

Pour les huissiers, je ne sais pas, je ne fréquente pas ce genre d'individu, mais pour les journalistes, c'est tout de même assez dur à vivre : être détesté, c'est au moins avoir la certitude de ne pas laisser indifférent. J'espère d'ailleurs que c'est ce que se disent les salariés de la Société Générale et de la BNP lorsqu'ils se rendent au boulot le matin sous les horions d'une foule hystérique.

Il faut dire qu'ils ont un peu exagéré, ces dernières années. Entre les subprimes, l'assèchement du crédit aux entreprises en dépit de subventions publiques faramineuses, la ruine de la Grèce et l'augmentation de la cotisation Carte Bleue à paiement différé, les gens sont agacés, c'est normal. On le serait à moins.

Bon, nous n'en sommes pas encore à enfouir nos euros sous nos matelas pour ne plus nourrir ces parasites, mais c'est juste parce que c'est la crise et qu'un Dunlopillo n'a jamais accordé d'autorisation de découvert, même avec agios. Que la croissance reparte et on va voir ce qu'on va voir.

En tout cas, il y a des signes qui ne trompent pas : même les banques font de la pub anti-banque, depuis quelques temps. Le Crédit Mutuel, qui promène sa famille Fenouillard à qui on ne la fait pas sur tous les écrans, tente bien de nous convaincre que le mot crédit dans sa raison sociale est synonyme d'organisation caritative mais je ne suis pas certain que ce soit très efficace. A la limite, on a moins de mal avec les spots du CIC qui font passer l'établissement pour un opérateur de téléphonie mobile, la parenté entre fournisseurs de forfaits avec engagement de 25 ans et prêteur sur gages étant plus facile à gober.  

Dernière manifestation en date de cette haine pour les éditeurs de RIB, la décision des prostituées de luxe espagnoles de ne plus les accepter comme clients. Ca peut sembler anecdotique, mais  c'est tout de même un sacré indice de l'exaspération ambiante : une call-girl vraiment haut-de-gamme, à part des banquiers et, peut-être, des directeurs de FMI, ça ne doit pas avoir une clientèle très diversifiée. Pas chiennes, les travailleuses du sexe accepteront toutefois de ne plus refuser les appels de leur gestionnaires de comptes lorsqu'ils se remettront à se comporter convenablement et à prêter de l'argent aux Ibères en difficulté. On imagine que ce n'est pas demain la veille.

Dans l'intervalle, elles se mettront peut-être à reprendre langue avec les huissiers, finalement pas si mauvais bougres, comme on a vu. Les journalistes, c'est moins sûr : à 300 euros de l'heure en moyenne, soit la grosse partie du salaire d'un pigiste famélique aux yeux rougis par le manque de sommeil et à l'estomac vide, les plumitifs risquent de ne pas être bien nombreux à faire la queue chez ces prostituées chics à conscience sociale.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
02.
Le paradoxe des sacs plastiques ou quand le remède (de leur suppression) est pire que le mal
03.
Public voit un nouvel homme dans la vie de Laeticia Hallyday; Angelina Jolie veut récupérer le sien; Brigitte Macron au chevet de l’AVC de Line Renaud; Ségolène Royal & François Hollande bientôt mamie-papy; Louis Sarkozy accouche d’une ligne de mocassins
04.
De mystérieux investissements immobiliers de Qatar Charity en France
05.
Notre-Dame : quand du recueillement on passe au cirque !
06.
Pourquoi la fonte du permafrost pourrait avoir des conséquences encore pires que prévues
07.
Les vrais objectifs de la sulfureuse ONG Qatar Charity
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
04.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
05.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
06.
Faut-il craindre l'opération "Revanche pour le Sham" de l'EI
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Democrator
- 31/03/2012 - 22:22
Bon, aujoird'hui c'est fini...
... mais sinon, à l'époque, il leur suffisait de devenir femme de ménage dans un hôtel vaguement haut de gamme pour pouvoir espérer...

Bref, "Les prostituées de luxe espagnoles refusent désormais leurs faveurs aux banquiers". En fait on les comprends !
Harmaggedon
- 30/03/2012 - 08:14
Vous allez nous faire pleurer, vous aussi ?
... sur ces pauvres... journalistes ?
Bien sûr, il y a les pigistes, mais il y a aussi tous ces nombreux journalistes, éditorialistes, polémistes militants, dans et, un peu moins, hors du service public, qui faut-il le rappeler, bénéficient, on peut se demander pourquoi, d'un abattement supplémentaire de 20% sur leur déclaration de revenus... bizarre qu'auncun d'entre eux, pourtant si prolixes sur les avantages fiscaux des autres, n'en parle !
Ravidelacreche
- 29/03/2012 - 19:28
:o)
Mr Serraf vous êtes bien informé ! secret des sources ou expérience personnelle ?!