En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© JOEL SAGET / AFP
Paradoxe

Moralisation de la vie politique et démoralisation d’En marche, la semaine contradictoire d’Emmanuel Macron

Publié le 01 août 2017
Il croyait moraliser la vie publique, il a surtout démoralisé son camp, le Président de la République, avec ses deux textes pour "rétablir la confiance". L'opération tourne au fiasco. Elle risque même de plomber le reste du quinquennat, si l'on en juge par la chute de l'intéressé dans les sondages, qui fait de lui le Président le moins populaire de la Vè République au bout de deux mois de mandat...
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Éric Verhaeghe
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Il croyait moraliser la vie publique, il a surtout démoralisé son camp, le Président de la République, avec ses deux textes pour "rétablir la confiance". L'opération tourne au fiasco. Elle risque même de plomber le reste du quinquennat, si l'on en juge par la chute de l'intéressé dans les sondages, qui fait de lui le Président le moins populaire de la Vè République au bout de deux mois de mandat...

Durant la campagne électorale, et en réaction à l'affaire Fillon, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il moraliserait la vie publique dès son arrivée au pouvoir, par un grand texte qui devait renouveler la politique française. Le mois de juillet a porté un coup fatal au rêve Macron, notamment par la faute de ce texte tant promis dont le député Olivier Marleix a très bien résumé les faiblesses lors de son explication de vote lundi dernier

Avec un texte si faible et même si pernicieux, il est incompréhensible qu'Emmanuel Macron ait pu croire qu'il se crédibiliserait. 

Comment Macron a démoralisé son camp

Au premier chef, le texte du gouvernement comporte un manque essentiel: il ne touche qu'au conflit d'intérêts des députés (et encore, pas à tous), et évite soigneusement de légiférer sur les membres du gouvernement, et surtout sur les hauts fonctionnaires

Ce petit oubli a empoisonné une grande partie du débat. Il a aussi jeté le trouble sur les véritables intentions du texte: Emmanuel Macron profite-t-il de l'affaire Fillon pour diminuer un certain nombre de verrous qui bloquent les hauts fonctionnaires ou les ministres? Pas impossible...

L'affaire Pénicaud, celle qui tombe mal

Ce doute n'a pu qu'être nourri par le contexte désastreux qui a entouré la discussion. Pendant que les députés s'écharpaient sur ce texte, la presse révélait que Muriel Pénicaud avait amassé plusieurs millions, lorsqu'elle était DRH chez Danone, après l'annonce d'un plan social. 

Manifestement, la presse subventionnée n'a pas cherché à faire ses choux gras de cette affaire. Mais le buzz a fait son chemin. Il n'en fallait pas plus pour illustrer la toxicité des conflits d'intérêts au sein d'une équipe ministérielle. Un sujet bien plus embarrassant qu'à l'Assemblée. 

Mais, sur ce point, le gouvernement a avancé à découvert et le piège s'est refermé sur lui. 

La future affaire Kohler, que la presse subventionnée étouffe

La presse subventionnée se bat encore pour étouffer une autre affaire embarrassante: celle de la nationalisation "temporaire" de STX qui devrait permettre de céder les parts de Fincantieri au croisiériste italien MSC. MSC est un excellent client de STX. Mais c'est aussi l'entreprise installée en Suisse qui avait recruté Alexis Kohler comme directeur financier durant la campagne électorale de Macron. 

Et Kohler est aujourd'hui secrétaire général de l'Élysée, présenté comme très influent par les initiés. Tôt ou tard, une âme bien intentionnée (l'Italie en compte un certain nombre) se fera un plaisir d'allumer la mèche de cette bombe à retardement

Elle illustrera à merveille la question du conflit d'intérêts des hauts fonctionnaires. Celle que le gouvernement occulte savamment. 

Comment la société civile a démoralisé le débat démocratique

Tous ces points techniques ne seraient probablement pas parvenus aux oreilles des citoyens ordinaires, si l'équipe d'En Marche qui a pris possession de l'Assemblée Nationale s'était comportée de façon efficace et respectueuse des droits de l'opposition. 

Dans la pratique, la conduite des débats s'est transformée en chaos. Abandonné aux innombrables vice-présidents de l'Assemblée dont la compétence n'a éclaté aux yeux de personne, le texte a connu un vrai chemin de croix, en l'absence constante du ministre des relations avec le Parlement et du président du groupe En Marche. 

Emmanuel Macron avait promis un renouvellement, et le recrutement des meilleurs experts aux postes qui allaient bien. La promesse, là encore, n'est pas tenue. 

La déception risque d'être d'autant plus grande que le groupe parlementaire En Marche est en situation délicate. D'une part, il a donné le sentiment d'une profonde arrogance jointe à une grande incompétence. D'autre part, il porte désormais en lui des ferments de contestation. 

En Marche et les germes de la fronde

Lors des discussions sur le monopole de Bercy en matière de poursuite fiscale, la majorité a montré des signes de tension interne. C'est le rôle même de Richard Ferrand, président du groupe, qui est remis en cause. 

Bref, ce texte qui ne figurait pas dans le programme initial d'Emmanuel Macron et qui est devenu une sorte de leit-motiv de campagne, se transforme en Berezina douloureuse pour la majorité. 

Sur le fond, Macron porte un mépris profond pour le parlementarisme dont l'inconvénient apparaît aujourd'hui clairement. Il risque de se payer cher. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

02.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

03.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

04.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

05.

Au Yémen, les Emirats Arabes Unis défendent leurs intérêts... au détriment des Saoudiens

06.

Pourquoi le ralentissement économique occidental n'a que peu de liens avec la guerre commerciale sino-américaine

07.

Comme Richard Ferrand, nous appelons à un « sursaut collectif contre la violence ». Oui, mais contre toutes les violences !

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

03.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

01.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
vangog
- 03/08/2017 - 09:24
Les immigrationnistes collabos au pouvoir!
Dans les "#Macronleaks", certains donateurs pour le moins dérangeants pour Macron:

-#Soros: 2 365 910,16 euros
-David # Rothschild : 976 126,87 euros
-# GoldmannSachs: 2 145 100 euros
Obama : 10 654 euros
Anguerrand
- 01/08/2017 - 15:28
S'il voulait vraiment redonner le moral à ses troupes...
Il aurait dû, avec les casseroles qu'il se traîne et ne pas se cacher derrière son immunité pour ne pas être jugé. Macron, comme MLP voulaient apparaître " tête haute et mains propres " c'est raté pour les deux. Ce gouvernement a déjà 5 ministres avec des casseroles dont la plupart sont partis, sans parler de la folle Schiappa dont tout le monde a déjà oublié ses livres porno, " une femme bien, n'avale pas" et son Livre sur la façon de de frauder les aides sociales elle devrait dégager immédiatement du gouvernement.