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Pourquoi vous pourriez tout à fait apprendre à parler 30 langues (et ce serait bon pour votre santé)
Publié le 13 juillet 2017
Depuis quelques années, les études se multiplient pour démontrer que les polyglottes ont une meilleure santé que ceux qui ne parlent qu'une seule langue. Et c'est encore plus vrai chez certains parlant même une trentaine de langues comme Daniel Krasa, un professeur autrichien.
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Depuis quelques années, les études se multiplient pour démontrer que les polyglottes ont une meilleure santé que ceux qui ne parlent qu'une seule langue. Et c'est encore plus vrai chez certains parlant même une trentaine de langues comme Daniel Krasa, un professeur autrichien.

En mai, comme chaque année, s'est déroulé à Berlin le "rassemblement polyglotte". C'est l'occasion d'évoquer tous les bienfaits qu'apporte le fait de parler plusieurs langues sur le cerveau. Car, évidemment pour s'exprimer dans des langues différentes, il faut faire travailler divers muscles dont la langue pour pouvoir effectuer certains accents. Mais, aussi son cerveau pour être capable de retenir environ 10.000 mots pour chacune das langues. Cela fait travailler aussi la mémoire : un excellent exercice donc pour stimuler son cerveau, et ce, à tout âge. Contrairement aux jeux proposés un peu partout ces entraînements ont un effet sur le cerveau à long terme.

Depuis deux décennies le bilinguisme suscite un regain d’intérêt de la part de nombreux scientifiques. Les enfants bilingues notamment ont fait l’objet de diverses études, car les mécanismes précis qui permettent l’acquisition simultanée de plusieurs langages restent encore méconnus. De très nombreuses études, menées un peu partout dans le monde, ont ainsi montré que parler plusieurs langues permet notamment d'améliorer l'attention et la mémoire.

Les travaux de la Canadienne Ellen Bialystok ont ouvert la voie à ce type d’étude, en 2011. Cette scientifique a montré que parmi des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer, les bilingues étaient atteintes quatre ans plus tard que les monolingues. Des résultats confirmés par une étude indienne. "La principale limite méthodologique des études qui comparent monolingues et bilingues tient à la grande hétérogénéité des groupes considérés, relève toutefois Jean-Marie Annoni, neurologue et professeur à l’Université de Fribourg. Difficile de savoir si les bilingues vieillissent mieux grâce au seul bilinguisme ou pour tout un tas d’autres raisons socio-économiques, notamment."

En 2007 déjà, une étude canadienne montrait que les personnes âgées bilingues pratiquant quotidiennement deux langues avaient moins de risques, ou retardaient l'apparition d'une démence sénile. 184 patients atteints de la maladie d'Alzheimer dans une clinique de Toronto avaient été suivis entre 2002 et 2005. Les chercheurs avaient mis en évidence que ceux qui avaient parlé deux langues durant toute leur vie pouvaient retarder de quatre ans l'apparition de la maladie par rapport à ceux qui ne parlaient qu'une seule langue. Des résultats à nuancer, mais intéressants.

Une étude écossaise, publiée en juin 2014 dans la revue Annals of Neurology, apporte pour la première fois la preuve qu’avoir appris au moins une langue étrangère dans sa vie est un facteur indépendant de protection des fonctions cérébrales après 70 ans. La force de l’étude publiée par l’équipe de Thomas Bak, médecin au département de psychologie de l’Université d’Edimbourg, provient des sujets étudiés. L'équipe a eu la chance de retrouver des résultats de tests d’intelligence menés sur un large groupe d’enfants écossais âgés de 11 ans en 1947.

L'avantage majeur de ce groupe est son homogénéité. Partant du principe que les capacités cognitives mesurées dans l’enfance sont un bon élément pour modéliser leur évolution au fil du temps, Thomas Bak s’est donc mis en quête, soixante ans plus tard, des 1091 personnes qui avaient pris part à cette évaluation psychocognitive de grande ampleur. Puis, en 2008, il leur a fait passer les mêmes tests qu’en 1947. En conclusion, le bilinguisme a un impact positif sur les facultés cognitives, y compris sur les débuts de la démence.

Enfin, en Belgique où trois langues sont officielles (flamand, français et allemand), Evy Woumans, doctorante à l’Université de Gand, a décidé d’étudier les effets de cette pluralité sur le cerveau. Selon les premières conclusions de ses recherches, les enfants pratiquant le plurilinguisme auraient des aptitudes cognitives bien plus importantes que les autres. L’étude a été menée sur 54 enfants wallons, divisés en deux groupes au hasard. Le premier devait suivre les cours dispensés en deux langues (français et flamands) alors que pour les autres, les cours n’étaient dispensés qu’en français.

Au bout de la première année, les capacités des enfants monolingues ont été comparées avec celles des autres. Les enfants qui avaient suivi l’enseignement en immersion, ont récolté un meilleur résultat durant un test de connaissances que ceux du second groupe. Cette amélioration des capacités cognitives dès la naissance pourrait empêcher la maladie d’Alzheimer d’apparaître plus tard. Cette étude est à mettre en parallèle avec d’autres travaux menés en collaboration avec les hôpitaux universitaires de Gand et de Bruxelles, toujours en Belgique. En effet, ils ont réussi à conclure que le bilinguisme pouvait retarder les syndromes de la maladie d’Alzheimer de quatre à cinq ans.

Certaines langues peuvent aussi faire référence à des parties précises de sa vie comme ce fut le cas pour l'écrivain Vladimir Nabokov lorsqu'il se mit à écrire son autobiographie. De langue maternelle russe, l'auteur a écrit dans un premier temps dans sa deuxième langue, l'anglais. Mais, une fois qu'il a publié ses mémoires, il s'est rendu compte que quand il repensait à son enfance, les mots russes venaient tout seuls et cela lui permettait même de retrouver de nouveaux détails. Aneta Pavlenko de l'Université Temple à Philadelphie confirme ces effets sur le cerveau dans son livre "L'esprit bilingue".

Mais, comment faire pour parler toutes ces langues ? Il faut être motivé, évidemment, et dans la plupart des cas, beaucoup voyager. Ainsi, les exemples sont nombreux de personnes parlant plus de dix langues.Tim Keeley en fait partie. Ce dernier est devenu un spécialiste de la question et est l'auteur de nombreux ouvrages. Il explique que selon la langue parlée, la personne adopte une attitude différente. Si le français ne rend pas romantique ni l'italien plus passionné, il est prouvé que la langue est associée à un comportement, lié à la culture. 

Alex Rawlings, polyglotte, parle au total onze langues : l'anglais, grec, allemand, espagnol, russe, néerlandais, afrikaans, français, hébreu, catalan et italien. Ce jeune homme explique qu'il est né d'une mère grecque qui lui parlait, enfant, trois langues : français, grec et anglais. Puis, il raconte qu'il a étudié l'allemand et le russe à Oxford. Lorsqu'il était jeune, son père a travaillé au Japon pendant quatre ans ce qui lui a permis de pratiquer une nouvelle langue pour pouvoir communiquer avec les autres enfants. Une histoire qui permet de comprendre pourquoi, aujourd'hui, il parle 11 langues.

Les plus sceptiques seront bluffés par cet homme, qui fait partie de ceux que l'on appelle les hyperpolyglottes, et dont le portrait avait été diffusé sur France 2, dans le cadre de l'émission "Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain" présenté par Michel Cymès. Le médecin s'intéressait au cerveau, l'occasion de découvrir ce professeur autrichien qui maîtrise pas moins de 30 langues. Né à Vienne en 1976, Daniel Krasa a écrit près de 40 ouvrages dans 4 langues différentes. De langue maternelle allemande, Daniel s’exprime dans un français parfait, qu’il a appris au lycée. Mais surtout, Daniel est un spécialiste de l’arabe, du hindi et de l’ourdou.

Ses grands-parents parlaient des dialectes allemands, mais aussi le russe, le tchèque et le hongrois. Daniel a sans doute une sorte de prédisposition pour les langues. A l’âge de 6 ans, il a un déclic lorsqu'il entend son grand-père parler à un Polonais, en russe. Comme il est très attiré par l’Amérique du Sud, Daniel apprend l’espagnol tout seul à 14 ans puis intègre un lycée franco-allemand à Francfort. Il y apprend le russe et l’anglais. A 15 ans, il apprend le turc puis, un an plus tard, l’arabe avec la méthode Assimil.

C'est en devenant globe-trotter que Daniel Krasa va, au final, apprendre 30 langues. Il cherche surtout à pratiquer toutes les langues qu’il a apprises et à échanger avec des cultures différentes. Au fil du temps, il est devenu un écrivain spécialiste des langues et un linguiste qui vit de sa plume. 

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Anouman
- 13/07/2017 - 21:23
30 langues
Pourquoi pas si on aime. Mais, ça ne sert pas forcément à grand chose (surtout si on ne va pas dans les pays où on parle ces langues). Par ailleurs, la plupart des langues ne présentent aucun intérêt tellement elles sonnent mal. Restent le français , l'anglais, l'espagnol, le portugais... Ca fait quatre, le reste est inaudible.