En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
La vie (trop) chère
Arrêtons de croire béatement aux chiffres de l'INSEE ! L’inflation est à 10 % en France
Publié le 14 mars 2012
L'Insee a annoncé ce mardi une variation des prix à la consommation de +2.3% sur un an. Mais dans les faits il semblerait que l'inflation soit bien plus importante...
Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012) et de La...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Philippe Herlin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012) et de La...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'Insee a annoncé ce mardi une variation des prix à la consommation de +2.3% sur un an. Mais dans les faits il semblerait que l'inflation soit bien plus importante...

Les journalistes de France 2 ont enquêté sur les prix alimentaires en grande surface en comparant les étiquettes sur un an : la hausse des prix s’établit à 9 % pour les grandes marques, 11 % pour les marques distributeurs (cf journal de 8h du 13 mars à partir de 4’). Les dépenses de consommation ne concernent pas que l’alimentation bien sûr, mais un autre poste important comme l’énergie (essence, électricité, gaz) augmente au même rythme, chacun peut le constater. Le logement ? Les prix se calment, mais ils ont fortement augmenté ces dernières années. Des postes sont stables, c’est vrai, comme le textile.

Alors, comment l’Insee arrive à nous sortir une inflation annuelle à 2 % ?

1) Déjà l’immobilier ne figure pas dans l’indice, mais seulement les loyers (qui sont contrôlés par l’Etat, donc augmentent moins vite que la valeur des biens). En effet, un bien immobilier est considéré comme un investissement, alors que l’office statistique calcule un indice des prix à la consommation. Une belle entourloupe car l’acquisition d’un logement fait partie d’un « parcours de vie » normal, et que s’il s’agit d’un investissement, c’est aussi par essence un bien de consommation, et il pourrait tout à fait figurer dans l’indice.

2) Le « new iPad » coûte le même prix que l’ancien mais – attention – comme il est plus puissant que le modèle précédent, l’Insee considère que « vous en avez plus pour votre argent » et inscrit dans sa base un prix en baisse. C’est l’effet progrès technique. Une pure arnaque que personne ne dénonce. Ainsi les biens technologiques (téléphone, Internet, télé, etc) tirent vers le bas l’indice des prix.

3) L’effet pondération : vous aimez le poisson, vous en mangez deux fois par semaine. Le prix augmente, vous n’en prenez plus qu’une fois par semaine. Tout le monde fait de même, contraint par ce renchérissement. Résultat, l’Insee constate une baisse de la consommation de poisson et donc diminue sa part dans le calcul de l’indice. La hausse du prix du poisson s’en trouve d’autant diluée. Magique.

Et il y a certainement d’autres magouilles…

Cette hausse des prix est malheureusement « normale » : la monétisation des banques centrales (Europe, Etat-Unis, Japon) fait monter le prix des actifs réels (matières premières, énergie). Le producteur de pétrole, de cuivre, ou de blé, qui vend sa production en dollars, lorsqu’il voit la banque centrale américaine faire tourner la planche à billets, veut garder son pouvoir d’achat, et donc augmente ses prix. Ces hausses se retrouvent finalement dans le panier de la ménagère. C’est ce qu’on appelle « l’inflation de second tour », qui passe par le détour des matières premières.

Serait-ce trop demander à ceux qui nous gouvernent, ou le prétendent, d’arrêter de croire aveuglément aux sirènes de l’Insee et d’affronter ce qui va devenir un problème de plus en plus pressant : le retour de l’inflation ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
02.
Ces éléments qui viennent perturber l'idée que le chômage serait revenu à son plus bas niveau depuis 10 ans
03.
Comment Donald Trump est en train de se sortir des soupçons qui pèsent sur lui d'une collusion entre la Russie et sa campagne électorale de 2016
04.
Et les pays qui participent le plus à l’extension des forêts sur la planète sont…
05.
Le coffre-fort d'Alexandre Benalla aurait été déplacé par Chokri Wakrim, le compagnon de l'ancienne cheffe de la sécurité du Premier ministre
06.
François Ruffin craint d’être visé après les perquisitions chez Mediapart et La France Insoumise
07.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Il faut détruire Jean-Luc Mélenchon et le secret de l’instruction avec…
03.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
04.
Laeticia Hallyday s'ennuie à L.A; Johnny Depp craque pour la fille d'un vieux pote; Dany Boon veut que vous sachiez qu'il est amoureux (pour vous faire oublier ses impôts); Nicolas S. & Carla B. qu'ils étaient à Venise pour leur anniversaire de mariage
05.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
06.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
03.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
06.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
Commentaires (22)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Rhytton
- 15/03/2012 - 11:31
Strategie de conquete: plus on passe de temps...
Plus on passe de temps a conquerir quelque chose, et plus cette conquete se doit d'etre eclatante. Cela semble etre un principe sorti tout droit de "L'Art de la Guerre" de Sun-Tzu, mais cela me semble coherent: le temps, c'est de l'argent alors le temps qu'on passe a s'impliquer sur une affaire doit se faire dans une idee de progression de la performance. Si l'OPA est possible depuis le depart, elle se doit d'etre de plus en plus majestueuse au fur et a mesure que le temps avance. Cela peut se traduire par une meilleure connaissance du marche occidental par ses rivaux (en rachetant la dette des pays occidentaux, il devient possible pour une personne bien renseignee de savoir quelle est la meilleure creance a reprendre), une methode de demantelement industriel voir culturel (usines et chateaux), etc. Ce ne sera pas une OPA dans le cadre d'une fusion, mais d'une acquisition, permettant de conserver le marche interieur chinois, indien ou russe, tout en ayant des antennes a l'etranger, afin d'amortir (a nos depens?) les possibles fluctuations de marche dans le futur.
cqoiqéqon
- 15/03/2012 - 08:00
l'OPA organisée est déja en
l'OPA organisée est déja en place. Je ne pense pas qu'elle devienne hostile. Au niveau des État nations on ne parle plus de guerre des changes mais de guerre tout court ... et ni les chinois ni personne n'enverront la première ogive.
Maintenant je vous rejoint sur le fait qu'il soient les mieux organisés et les mieux armés dans la fuite en avant ( et désorganisée) monétaire mondiale. Ceci étant même si leur politique actuelle plaide (ou impose comme on veut on fait pas de la diplomatie ici) pour un rééquilibrage des force, ils ne se gaveront pas de nos dettes jusqu’à en devenir dépendant et garderont leur libre arbitre: leur marché intérieur.
Rhytton
- 15/03/2012 - 07:34
@cqoiqéqon: l'inflation est mondiale, mais pas uniforme
Comme ecrit Herlin, la monetisation de la dette est faite aux USA, en Europe, au Japon... mais pas dans les memes proportions en Chine! Je m'explique. Supposons que l'Angleterre et la France aient la meme quantite X de biens et la meme quantite X d'argent. Les monnaies sont a parite un pour un. Si la France multiplie arbitrairement sa quantite d'argent par cinq (donc 5X) pour la meme quantite X de biens, il y aura non seulement inflation sur les prix, mais egalement depreciation de la monnaie face a la livre sterling. Maintenant, remplacons "France" par "Europe, USA, Japon" et "Angleterre" par "Chine": nous voici au XXIe siecle, la Chine ne monetisant pas sa dette, cela lui laisse plus de marge pour lancer une OPA organisee sur le bloc d'en face.