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Affaire Ferrand, le cynisme au pouvoir... mais attention au retour de boomerang

Publié le 31 mai 2017
Pour Edouard Philippe, l'intransigeance ce n'est pas pour maintenant, mais pour après les législatives. En attendant le résultat des scrutins des 11 et 18 juin qui s'annoncent très prometteurs (la République En Marche est créditée de la majorité absolue par tous les instituts de sondages), le Premier Ministre fait le dos rond et s'érige en rempart pour Emmanuel Macron, dont Richard Ferrand a été le premier soutien.
Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
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Anita Hausser
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Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
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Pour Edouard Philippe, l'intransigeance ce n'est pas pour maintenant, mais pour après les législatives. En attendant le résultat des scrutins des 11 et 18 juin qui s'annoncent très prometteurs (la République En Marche est créditée de la majorité absolue par tous les instituts de sondages), le Premier Ministre fait le dos rond et s'érige en rempart pour Emmanuel Macron, dont Richard Ferrand a été le premier soutien.

Pour Edouard Philippe, l'intransigeance ce n'est pas pour maintenant, mais pour après les législatives. En attendant le résultat des scrutins des 11 et 18 juin qui s'annoncent très prometteurs (la République En Marche est créditée de la majorité absolue par tous les instituts de sondages), le Premier Ministre fait le dos rond et s'érige en rempart pour Emmanuel Macron, dont Richard Ferrand a été le premier soutien.

Invité de France 2, Edouard Philippe s'est livré à un exercice de contorsion intellectuelle en déclarant que Richard Ferrand peut rester au gouvernement, tout en affirmant  comprendre l'exaspération des Français. Autrement dit, les règles de rigueur et d'exemplarité ne s'appliquent pas -pour le moment, au Ministre de la Cohésion Sociale empêtré dans les révélations concernant des arrangements financiers dont il aurait bénéficié et fait bénéficier des proches pendant qu'il était parlementaire. Visiblement mal à l'aise avec cette patate chaude, le Premier Ministre plaide qu'il n'y a "rien d'illégal" dans ce qui est reproché au Ministre. D'ailleurs, tente de plaider Edouard Philippe, ça (ces pratiques là), c'était avant. A l'avenir, il en sera autrement : on va voir ce qu'on va voir avec la loi de moralisation de la vie Publique que l'on est en train  de ciseler. Pour se justifier le  Premier Ministre laisse encore entendre que Richard Ferrand n'est pas mis en examen; s'il l'était, il devrait démissionner. Or, pour  l'heure il ne risque pas de l'être puisqu'aucune information judiciaire n'est ouverte. Et là on ne peut s'empêcher de penser à la réflexion d'un avocat membre de LR  qui faisait observer que "la vitesse avec laquelle le parquet de Brest a déclaré qu'il n'y avait pas matière à ouvrir une information judiciaire pour Richard Ferrand, n'avait  d'égale que celle avec laquelle le Parquet National Financier en avait ouvert une pour François Fillon. Pour Richard Ferrand, dans l'état actuel des choses, c'est le suffrage universel qui est laissé juge : s'il est réélu député, il pourra  rester au gouvernement; s'il est battu, il devra démissionner explique le Premier Ministre.

Substituer le Suffrage Universel à la Justice est pour le moins curieux, car c'est ouvrir la voie au plébiscite. Telle n'est sans doute pas l'intention d'Emmanuel Macron, mais il est clair que le Président de la République ne veut  pas céder et veut s'en tenir à  la règle qu'il a, lui, fixée. Parce que Richard Ferrand est son ami, et que sans lui, l'aventure qui a mené Emmanuel Macron jusqu'à  l'Elysée n'aurait pas pu avoir lieu ? Parce qu'il pense qu'une démission "spontanée" de Richard Ferrand du gouvernement avant de se faire relégitimer par le suffrage universel aurait été plus dommageable sur le plan politique? Ou parce qu'il ne veut pas céder à la pression politico-médiatique, parce que mine de rien, l'exécutif s'est engagé dans un bras de fer avec la presse ? Le pari en tous cas est audacieux : à dix jours du premier tour, le cas Ferrand ne fait pas baisser  pas les intentions de vote en faveur des candidats de la majorité présidentielle, théoriquement parés de toutes les vertus de probité; comme si, après en avoir tant vu et entendu,  l'opinion restait sourde et indifférente  aux révélations sur les agissements passées des politiques, comme si elle était pressée de passer à de nouvelles pratiques...mais cette attente tient aussi lieu d'avertissement au pouvoir; l'état de grâce, cette période d'entre deux ne durera qu'un temps. Après, lorsque tout sera en place, il faudra des résultats. Sinon, gare à l'effet boomerang que tous les chefs d'Etat ont tous subi au cours de leurs mandats ! 

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jurgio
- 01/06/2017 - 19:10
La neutralité est la fleur de l'hypocrisie
Fillon, c'était bien avant. Avant les nouvelles dispositions... Ferrand, c'est le truquage intemporel.
essentimo
- 01/06/2017 - 06:58
Pour Fillon
c'était actuel, pour Ferrand c'était avant ! MM les journalistes qui n'avez eu de cesse de taper sur le premier, arrêtez de prendre vos airs de spécialistes. Vous êtes pris, vous aussi, à votre propre piège. Restez VRAIMENT neutres, ça nous changera !
jurgio
- 31/05/2017 - 15:51
« Ferrand, te voilà bien enferré ! »
L'Histoire qu'on veut nous faire oublier revient en boomerang. On connaît le comble du cynisme : persister à ne pas reconnaître son erreur pour tenter de convaincre qu'on a raison.