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Crise
Démocratie en crise : ce que la France gagne avec le remplacement de François Hollande par Emmanuel Macron. Et ce qu’elle y perd
Publié le 20 mai 2017
Selon l'Obs, François Hollande jugeait "peu démocratique" le fonctionnement d'En Marche !, à la veille de la passation de pouvoir. En observant les débuts d'Emmanuel Macron à l'Elysée, qu'est ce que la démocratie peut avoir à gagner ou à perdre par rapport au mandat de François Hollande ?
Michel Guénaire est avocat et essayiste. Il est l'auteur de  Le retour des Etats (Grasset, 2013), et président fondateur de Société civile 2017.
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Selon l'Obs, François Hollande jugeait "peu démocratique" le fonctionnement d'En Marche !, à la veille de la passation de pouvoir. En observant les débuts d'Emmanuel Macron à l'Elysée, qu'est ce que la démocratie peut avoir à gagner ou à perdre par rapport au mandat de François Hollande ?

Atlantico : Selon l'Obs, François Hollande jugeait "peu démocratique" le fonctionnement du mouvement En Marche !, à la veille de la passation de pouvoir. En observant les débuts d'Emmanuel Macron à l'Elysée, qu'est ce que la démocratie peut avoir à gagner par rapport au mandat de François Hollande ?

Maxime Tandonnet : L’observation de François Hollande est étonnante. Il veut sans doute signifier que les candidats de la République en Marche aux élections législatives ont été désignés par une procédure centralisée au niveau de l’état-major de ce mouvement. Mais c’est toujours le cas des élections nationales. Les autres partis, le PS comme LR accordent des investitures sur le plan national. De fait, la démarche du mouvement de M. Macron est d’essence démocratique. Elle consiste pour l’essentiel à désigner des candidats nouveaux venus dans la vie politique. Au regard de la tradition française de mandats éternellement renouvelables qui permettent à des notables de la politique d’accaparer les mandats pendant 30 ou 40 ans, cette opération de renouvellement du personnel politique est en elle-même rafraichissante et favorable aux principes démocratiques. André Tardieu, dans son ouvrage « la profession parlementaire » voyait dans la mainmise sur le Parlement d’une caste fermée l’une des failles de la démocratie française. Le renouvellement en cours des titulaires des mandats représente donc une réelle respiration démocratique.
 

Michel Guénaire : La démocratie n'est pas un forum sans fin. Il y a le temps du débat, puis celui de la décision. Emmanuel Macron veut apporter un sens de l'action que n'avait pas son prédécesseur, et ce sens peut à mes yeux enrichir plus qu'appauvrir la démocratie. Qu'avons-nous vu au cours des cinq dernières années ? Des ministres déjugés à cause de leur comportement privé, parlant sans le respect de la solidarité gouvernementale, et, finalement, presque indépendants ou laissés à eux-mêmes. Ce n'était pas acceptable. Emmanuel Macron l'a vu de l'intérieur en étant ministre de ces Gouvernements du temps de Hollande. Il veut réagir, et son expérience professionnelle dans le secteur privé où il a appris à s'organiser va beaucoup l'aider. La campagne électorale doit enfin cesser. La France a aujourd'hui besoin d'action. 

A l'inverse, quels sont les points sur lesquels la démocratie pourrait avoir à perdre avec Emmanuel Macron ? Sur quels points le nouveau Président pourrait s'avérer moins "pointilleux" sur l'exercice de la démocratie ?
 

Maxime Tandonnet : Bien sûr, il est beaucoup trop tôt pour répondre à une question relative à la pratique démocratique du nouveau président et de ses équipes. Je ne pense pas qu’on puisse reprocher à M. Macron sa prudence vis-à-vis des médias et de la presse. Il agit en réaction contre les excès de la présidence Hollande à cet égard et notamment ses confidence à des journalistes qui ont brouillé la fin de son mandat. En revanche, on sent bien où sont les risques inhérents à la nouvelle équipe au regard des valeurs démocratiques. Le danger est celui d’une présidence toute puissante, une hyper présidence qui absorberait les autres pôles du pouvoir, Premier ministre et ministres, les décisions se prenant, même dans le moindre détail, à l’Elysée. Ce cas de figure est dangereux car le président est par définition irresponsable pendant 5 ans et il n’a pas de comptes à rendre pour ses actes. En principe, selon la Constitution, seul le Premier ministre gouverne car il est responsable de ses décisions devant l’Assemblée qui peut le sanctionner. Dès lors que le chef de l’Etat se substitue au Premier ministre et gouverne à sa place, les fondements de la démocratie parlementaire sont menacés. Cette tendance était celle des précédents quinquennats. Reproduire voire accentuer cette erreur constituerait un piège redoutable pour le nouveau chef de l’Etat, s’exposant ainsi à l’impopularité. De même, le grand danger pour M. Macron est d’avoir en face de lui une majorité « godillot » dont la seule fonction serait de voter ses lois. Le débat, l’échange la discussion avec les parlementaires, l’équilibre entre l’exécutif et le législatif, le partage des responsabilités sont des qualités d’un bon gouvernement qui permettent de garder le contact avec le terrain et le sens des réalités.

Michel Guénaire : Les exigences d'unité d'action du Gouvernement et d'économie du temps de parole des ministres que voudra mettre en avant le nouveau président vont avoir un effet sur ses relations avec la presse. Il faut là encore regarder les choses en face. Sous le quinquennat précédent, on était arrivé à une porosité incroyable et inconcevable à la fois entre le pouvoir présidentiel et la presse, dont deux journalistes, qui ont eu leurs ronds de serviette à l'Elysée, ont pu témoigner dans un livre sulfureux. Au-delà de cet exemple, les médias ont pris, comme on l'a vu durant la campagne, une liberté d'interpellation des candidats qui n'a pas toujours été constructive pour la bonne tenue des débats. C'est vrai que cette forme de nihilisme médiatique doit cesser. La démocratie s'en trouvera-t-elle limitée ? Je ne le crois pas, tant que les garanties fondamentales de notre Etat de droit seront maintenues. 


Entre François Hollande et Emmanuel Macron, quel serait le bilan de ce que la démocratie a à gagner et ce qu'elle a à perdre ? S'agit il d'un bilan neutre ou les  inconvénients de l'un pourraient compenser ceux de l'autre ?

Michel Guénaire : Emmanuel Macron veut incarner un temps de rupture par rapport au quinquennat précédent. S'il va jusqu'au bout de sa logique, qui est celle d'une refondation de notre vie politique, la comparaison ne sera plus possible entre l'ancien et le neuf. Une nouvelle démocratie est de toute façon à inventer. Nous vivons la fin d'un cycle où les formes traditionnelles de la représentation vont être remises en cause, au bénéfice d'une action plus dirigée du pouvoir et d'une relation renouvelée avec les journalistes. Ce qui comptera par-dessus tout ce sera la nouvelle balance entre un pouvoir se voulant plus efficace pour répondre aux attentes de la nation et une presse qui canalise les justes questions. Nous sortons d'un déséquilibre manifeste, et nous rechercherons un nouvel équilibre. Cette recherche, qui signifie un dépassement, est à elle seul encourageante.

Maxime Tandonnet : Il est difficile de comparer un quinquennat qui s’achève et un qui n’a pas encore commencé ! C’est aux actes qu’il conviendra de juger le nouveau pouvoir. Le thème de la démocratie a été très peu évoqué au cours de la campagne électorale et elle ne figure pas au premier plan du discours politique actuel. Elle pose avant tout la question du respect du peuple, des citoyens et de la fracture entre la France dite « d’en haut » et la France dite « d’en bas ».  Le quinquennat de M. Hollande a été dominé par une fuite permanente dans la communication : annonces, polémiques stériles, postures. La politique française évolue ainsi dans le sens de la manipulation de l’opinion publique. Gesticuler, parler, prendre la pose, faire semblant d’agir pour éviter des choix douloureux. La désignation du nouveau gouvernement semble poursuivre cette tendance. Elle donne une large part à la communication sur le thème de la « recomposition ». Le grand défi du nouveau pouvoir consisterait justement à renoncer au paraître pour le faire, en prenant ses responsabilités vis-à-vis du pays. Tenir un cap pour répondre à l’attente et aux espérances des électeurs : tel est le fondement même ‘une pratique démocratique du pouvoir.

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Paulquiroulenamassepasmousse
- 21/05/2017 - 09:52
Il ne reste plus qu'à dégager
Il ne reste plus qu'à dégager les "dégagistes",
LaMarine et Mélanchouille, et vous verrez comme on se sentira plus léger.........
ça pourrait marcher si à Marseille et Henin Beakumont ils voulaient s'en donner la peine.
doray jacqueline
- 20/05/2017 - 19:22
Déjà décu
par ce Président se faisant tout petit devant un Bayrou en lui accordant un poste de ministre d'Etat, un poste pour sa copine De Sarnez et le nombre de candidats Modem voulu par F. Bayrou qui arrive enfin à se caser. Espérons que ce ne sera pas un caillou dans la chaussure de notre nouveau Président car Bayrou n'a jamais été un partenaire très fiable.
janckroirien
- 20/05/2017 - 18:06
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