En direct
Best of
Best Of
En direct
Atlanti-culture
Le coup de coeur de la semaine - "Des hommes sans femmes" : solide graine de Nobel
Publié le 09 avril 2017
Depuis plus de dix ans, Haruki Murakami est sur la liste des écrivains les plus cités comme possibles lauréats d'un prochain Prix Nobel de littérature. Son dernier livre publié en France, "Des hommes sans femmes", montre qu'il le mériterait amplement.
Yann Kerlau est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yann Kerlau pour Culture-Tops
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yann Kerlau est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Depuis plus de dix ans, Haruki Murakami est sur la liste des écrivains les plus cités comme possibles lauréats d'un prochain Prix Nobel de littérature. Son dernier livre publié en France, "Des hommes sans femmes", montre qu'il le mériterait amplement.

LIVRE

Des hommes sans femmes

de Haruki Murakami

Ed. Belfond

L’AUTEUR

Traduit dans le monde entier, le romancier japonais Haruki Murakami a derrière lui une œuvre impressionnante par sa diversité d’inspirations et de formes : il est en effet l’auteur de plus de cinquante ouvrages où alternent romans, essais, biographies, recueils de nouvelles et comptes rendus de voyages. 

Ayant passé une dizaine d’années en Europe du sud (Italie, Grèce), il a ensuite enseigné la littérature japonaise dans les prestigieuses universités américaines de Princeton, Harvard et Tufts. 

Traducteur en japonais des œuvres de Raymond Carver, F. Scott Fitzgerald, John Irving et J.D. Salinger, les livres de Murakami ont été maintes fois couronnés. Prix Gunzo pour son premier roman en 1979 Ecoute le chant du vent, prix World Fantasy en 2006 pour Kafka sur le rivage et, la même année prix Kafka de littérature. Il a été fait docteur Honoris Causa des universités de Liège (2007), de Princeton (2008) et de Tufts (2014). En 2015, il a reçu le prix Hans Christian Andersen de littérature. 

Des hommes sans femmes que Belfond vient de traduire a été publié en 2014 au Japon. 

Depuis 2006, le sexagénaire nippon est sur la liste des écrivains les plus cités comme possibles lauréats d’un prochain Nobel de littérature.

THEME

Des hommes se racontent : l’un en engageant comme chauffeur une femme qu’il n’a jamais vue auparavant, l’autre en proposant à un ami de rencontre de prendre sa petite amie pour maîtresse avant qu’il ne devienne son amant, le troisième en écoutant un de ses proches lui raconter l’amour fou qu’il porte à une femme mariée. A mi-chemin de ces récits, une femme survient et c’est elle, cette fois, qui explique à son amant ce qu’a été sa vie antérieure. 

Leurs récits se mêlent comme le feraient mille espèces naviguant dans le gigantesque fleuve de la vie. Pour chacun d’entre eux, c’est une part de leur propre destin qu’ils livrent ainsi à autrui sans pudeur ni fioritures. 

Au travers de ces révélations intimes, un morceau d’eux-mêmes se détache comme une peau que le sang irriguerait encore. Dans le secret des chambres à coucher de Tokyo, sous les draps ou au petit lever des amants, mots et aveux s’échangent, ouvrant au lecteur une porte sur des vérités trop longtemps enfouies.

Sur la scène du théâtre intime de Murakami, tout devient facteur d’inquiétude : un téléphone qui résonne en pleine nuit et dont on sait qu’il est annonciateur de catastrophes. Un homme inconnu et silencieux dont la seule présence dans un bar vous met mal à l’aise. Et, pourtant, aimanté, vous poursuivez votre lecture pour percer le mystère.

POINTS FORTS

Pour qu’elles soient réussies, les nouvelles doivent faire naître, quand on en a terminé la lecture, une certaine forme de regret. La nostalgie qui en découle tient à ce que le récit s’interrompe toujours trop tôt. C’est le cas avec Des hommes sans femmes où Murakami brosse à petites touches ses portraits d’hommes blessés au cœur de métropoles où les jours et les nuits se confondent. Nul vacarme mais des conversations courtes à l’image de celles que ces hommes échangent entre eux. La vérité en sort nue, sereine, sans l’once d’un faux semblant. On s’y installe comme on le ferait au chevet d’un être aimé, attentif à ne rien perdre de ce qu’il va nous confier. Comme si se détachait de lui la part la plus intime de lui-même que nous aurions pu manquer.

POINTS FAIBLES

Quel plaisir de constater qu’il n’y en a pas...

EN DEUX MOTS

Il y a un univers Murakami que l’on reconnait d’emblée chez cet écrivain heureusement peu classable. S’il échappe aux étiquettes, la raison en est simple : il est un narrateur hors du commun, fuyant autant les sentiers battus que les intrigues prévisibles. Après l’inoubliable trilogie 1Q84 au succès planétaire, l’étrange, l’irrationnel, la solitude des héros de Murakami comme leur fragilité habitent une œuvre somptueuse destinée à rester dans nos mémoires. On ne sait jamais très bien pourquoi ou comment ses personnages surgissent dans nos vies mais, quelles qu’elles aient été, ils prennent soudain possession de l’espace où nous pensions vivre seuls. S’y glisse une musique particulière, des souvenirs de lecture ou de peintres aimés dotant chacun d’une âme dont les vagabondages nous emportent bien au-delà de nous-mêmes.

UN EXTRAIT

Ou plutôt deux:

- Les rêves, c’est le genre de choses que l’on peut emprunter ou prêter, si besoin est. J’en suis persuadé…Quand je songe à l’époque de mes vingt ans, ce dont je me souviens pourtant le plus, c’est de ma solitude, de mon isolement …Je n’aurais pu dire vraiment si cette période n’était qu’un rude hiver durant lequel se formaient à l’intérieur de moi de précieux anneaux de croissance.

- Comme un sol desséché pour qui la pluie est bienvenue, il se laissait pénétrer par la solitude, le silence, l’isolement…au fond, il le reconnaissait, sa vie était un échec….La seule chose qu’il pouvait réussir à se construire était un lieu auquel il serait fermement amarré, où son cœur, sans profondeur et sans poids désormais, ne serait pas constamment ballotté.

RECOMMANDATION

EXCELLENT

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Mont Everest : la fonte des glaces fait apparaître de nombreux corps d'alpinistes
03.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
04.
Fumer du cannabis à forte concentration de THC augmenterait les risques de développer une grave maladie mentale
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Profondément convaincus ou en réaction épidermique à Emmanuel Macron ? L’enquête exclusive qui révèle que les Français se disent nettement plus nationalistes et favorables au protectionnisme que les autres Européens ?
07.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
03.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
06.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Révolution, le retour : le scénario d’un vrai dérapage insurrectionnel est-il en train de devenir possible en France ?
03.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
04.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
05.
Recours à l’armée face aux Gilets jaunes : la dangereuse fuite en avant du gouvernement
06.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires