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"Mélodie de Vienne" : torrentiel, tumultueux, fascinant

Publié le 23 février 2017
Claudie Saliou est chroniqueuse pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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LIVRE

MELODIE de VIENNE

d'ERNST LOTHAR

Editions Liana Levi          

 

L'AUTEUR

Ernst Lothar est né en 1890 à Brunn en Moravie (Tchécoslovaquie) Sa famille s’installe à Vienne en 1897, où après ses études de droit, il travaille comme procureur. 

Dès 1925, il se consacre à l’écriture et fréquente le cercle des écrivains dont font partie Stefan Zweig, Robert Musil, Joseph Roth. Il se fait remarquer au théâtre comme metteur en scène et  comme directeur.

D’origine juive il quitte l’Autriche en 1938 après l’Anschluss. 

Réfugié à New York, il fonde l’ Austrian Theater.

‘ Mélodie de Vienne ‘ parait en 1944 sous le titre ‘ The Angel With The Trumpet ‘ il ne sera publié en allemand qu’en 1946, sera adapté au cinéma en 1948 par l’autrichien Karl Hartl, puis en 1950 par le réalisateur Britannique Anthony Bushell. 

Ernst Lothar rentre en Autriche en 1946, comme conseiller du gouvernement américain, en charge de la dénazification culturelle.

Il reprend ses collaborations théâtrales et dirige le Burgtheater de Vienne. 

Il meurt en 1974.

Il est l’auteur de nombreux romans.

THEME

En 1888, au cœur de Vienne, la famille Alt occupe la totalité d’un très bel immeuble. Le fondateur Christoph Alt a construit le piano sur lequel a joué Mozart. Une référence pour cet atelier d’où sortent des œuvres exceptionnelles. Une notoriété qui oblige cette famille non titrée à se soumettre aux règles de la Haute Société Viennoise.

Henriette Stein, très belle jeune femme, romanesque, impulsive et sentimentale, d’origine juive, fait irruption dans cet univers bien réglé. 

Elle aurait été la maîtresse du prince héritier Rodolphe, qui se suicide à Mayerling le jour de son mariage avec Franz Alt, héritier de la fabrique. De cette union naîtront quatre enfants. Hans, ‘ une mise au monde douloureuse ‘: l’enfant ne parle pas. Sa jeune cousine, Christine, le délivre miraculeusement de son mutisme, une relation fusionnelle s‘instaure entre ces trois protagonistes. 

Christine, d’une grande lucidité, observe les agissements de sa famille; très pure, elle perd ses illusions et entre en religion. 

Hans, d’une grande sensibilité, n’aura de cesse de protéger sa mère. 

Deux sœurs naîtront, Francisa aura une vie sans vague, mais perdra un enfant mort né. Martha Monica, ravissante,  au cœur de toutes les hypocrisies, enfant de l’adultère, va mener une existence légère, multipliant les aventures.

Hermann enfin, anti-sémite, malgré ses origines, en perpétuelle rivalité avec son frère ainé, empoisonnera Selma, sa belle- sœur, comédienne talentueuse et juive, le grand amour de Hans. Il participe à l’assassinat du Chancelier Fédéral Dollfus, ayant rejoint l’idéologie de l’Allemagne Nazie; il sera exécuté.

Au 10, maison mythique, ’ un ange à trompette surmonte la façade ‘ Le destin de la famille se déploie au rythme de l’Histoire de l’Autriche.

Les rencontres se succèdent : Famille Impériale, les plus grands musiciens, les politiciens, l’Intelligentsia autrichienne. Freud est un proche ainsi qu’Hitler,  jeune étudiant, Toscanini et bien d’autres. 

La guerre de 1914 bouleverse toutes les données.

Frantz, le père, rentre brisé par ce conflit, les deux fils ayant choisi des chemins diamétralement opposés. Il décède, laissant une famille écartelée. Henriette, avant de disparaître, souhaite tourner le dos au malheur, et pour préserver ses enfants, quitter le quatrième étage de cette maison familiale maudite.

La fabrique Alt sera réquisitionnée dans le cadre de l’organisation des milieux d’affaires viennois, en raison de deux ascendances juives. Hans tente de résister, justifiant son attachement à l’Autriche, s’accrochant désespérément au piano de Mozart. L’impasse dans laquelle il se trouve  finira bien, espère-t-il,  par prendre fin. Il y aura un avenir après…

" Je vais vous délivrer de la peur, proclame une voix de femme". C’est l’ultime phrase du roman.

POINTS FORTS

- Un roman oublié depuis 70 ans, et curieusement d’actualité, une redécouverte dans la lignée des grandes sagas familiales, Downtoun Abbey , Au plaisir de Dieu et bien entendu les romans de Thomass Mann et Joshua Singer. Une adaptation cinématographique, pourquoi pas ?

- Une immersion dans l’Histoire de l’Autriche, berceau de l’Europe.

  Magie Viennoise : musique, pensée, théâtre, créativité, frivolité.

  Mais aussi intrigues politiques, montée du nazisme, de l’antisémitisme, pouvoir de la Franc-maçonnerie, rêve d’Amérique, essor du mouvement ouvrier, fractures sociales, traumatisme de la guerre et surtout drame historique : Mayerling, Sarajevo, assassinats, incendie du Reichtag, ce roman aborde tout.

- Un mélange subtil de légèreté et d’horreur. Un pays, par sa nature, empli de douceur mais au cœur des désastres du siècle dernier.  

POINTS FAIBLES

Je n'en vois pas.

EN DEUX MOTS

Comment ne pas se laisser emporter par l’Histoire et le destin d’une famille, en tous points, hors du commun?                    

UN EXTRAIT

Ou plutôt trois:

- "Le temps est donc peut-être venu de présenter aux Autrichiens ce tableau, initialement destiné aux étrangers, qui montre les fondements de l’éternel autrichien. Ils ont de toute éternité pour noms : Joseph II ou la religion de la Tolérance, Mozart ou l’élévation de l’Ame, la forêt Viennoise ou les bienfaits de la beauté."

- "Même quand c’est un clown qui met le feu au monde, le monde brûle. Au demeurant, en rire serait dans tous les cas une erreur. Il met certes le feu au monde ou du moins il essaie. Il est moins clown que vous ou moi. L’erreur est justement de le prendre trop peu au sérieux."

- "C’est justement parce qu’on se maîtrise toujours, pensa la veuve du facteur de piano Alt. parce qu’on dissimule, qu’on minimise, qu’on nie, qu’on renonce ! On ne peut pas être heureux en dissimulant ses sentiments. Ni rendre heureux."

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