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Edito

Comment le président Trump va découvrir les réalités américaines

Publié le 20 janvier 2017
Le Président le plus imprévisible de l’histoire américaine prête aujourd’hui serment. A l’inverse de l’élection de son prédécesseur Barack Obama qui s’était déroulée dans la ferveur, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche s’opère dans un climat délétère.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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Le Président le plus imprévisible de l’histoire américaine prête aujourd’hui serment. A l’inverse de l’élection de son prédécesseur Barack Obama qui s’était déroulée dans la ferveur, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche s’opère dans un climat délétère.

Il  a eu toutes les peines du monde à rassembler  pour cette cérémonie artistes et célébrités, tant sa personnalité est controversée. Il est à la fois adulé par ses partisans et détesté par une majorité de l’opinion alors que sa popularité est au plus bas  dans les sondages.

Il est vrai que son élection est aussi la chose la plus improbable que l’Amérique ait vécue l’an dernier. Au départ, ses chances d’arriver au sommet  du pouvoir paraissaient nulles, tant  ses  grossièretés, sa vulgarité paraissaient  aux antipodes de ce qu’on attend  d’un président.  Il voulait choquer en permanence, l’injure était sans cesse à portée de sa bouche, mais finalement,  il flattait les plus bas instincts d’un électorat de plus en plus mal à l’aise au sein de ce pays qui est encore le plus puissant  du monde.  Car malgré une conjoncture qui reste l’une des meilleures de l’occident, avec un quasi plein emploi, les Etats-Unis ont conscience d’être sur la voie du déclin face aux puissances montantes comme la Chine et bientôt l’Inde. Ils ne représentent plus que 4,4% de la population mondiale et leur poids sur la scène internationale  a diminué de moitié depuis la fin du deuxième  conflit mondial, qu’ils  avaient pu terminer  sans être envahis  à la différence de nombreux belligérants. Ils avaient d’ailleurs participé à la création des institutions  internationales, aidé à la reconstruction  de l’Europe. Mais au fil  des ans, les  liens se sont relâchés. La montée  en puissance des économies régionales les ont fait paraitre de plus en plus comme des rivales plutôt que des partenaires, d’autant  que ces dernières supportaient de moins  en moins le  comportement de Washington, davantage enclin à exiger et commander qu’à accepter de discuter et négocier des compromis. Le rattrapage des pays pauvres est d’autant plus mal  perçu que les Etats-Unis y décèlent une perte de leur autorité. Au demeurant, les années récentes ont montré l’échec de la politique de la « pax americana », alors qu’après la guerre froide, la Russie a repris son indépendance, tandis que les interventions au Moyen-Orient se sont traduites par l’un des pires fiascos des dernières décennies.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les idées véhiculées par Donald Trump sur le retour au protectionnisme,  le contrôle de l’immigration et d’une manière générale, la volonté de restaurer la grandeur perdue de l’Amérique, ait trouvé un écho dans l’opinion. Toute la question est de savoir comment il entend le mettre  en oeuvre.  Pour l’instant  il  règne par  l’incantation avec ses célèbres tweets de 140 signes qui ont  mis à genoux un certain nombre de grands patrons qui ont  décidé de faire allégeance en rapatriant  des emplois aux Etats-Unis pour se concilier les bonnes grâces du nouveau chef de l’exécutif qui privilégie les rapports de force et se prépare à une déferlante d’ordonnances pour accélérer la croissance.

Mais le rapport des forces a changé. Certains observateurs se demandent déjà si la brutalité des discours de Donald Trump n’est pas aussi fonction des obstacles qui se dresseront très vite sur sa route. La Chine a déjà prévenu qu’elle n’accepterait  pas un joug américain. La course aux armements qui a repris dans  le monde est un  signal inquiétant de nouvelles tensions dans  le domaine de l’internet aussi bien que dans le spatial, ou encore les formes les plus modernes du nucléaire. Mais en  premier lieu, c’est au sein  même de l’exercice du pouvoir que les  premières complications  vont surgir. Un président des Etats-Unis est moins puissant toutes proportions gardées qu’un chef de l’Etat en France, car il a en face de lui un Congrès  qui s’apprête déjà à exercer un contre-pouvoir. Au point que les intentions de Trump, au demeurant  souvent floues voire contradictoires, pourraient relever  rapidement  des rodomontades plutôt que d’un  plan  d’action précis.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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edac44
- 21/01/2017 - 11:10
Donald Trump président fantoche du déclin de l'empire américain
Quand le prestige de l'Amérique appartient désormais aux livres d'histoire, Donad Trump se veut être "le dernier des Mohicans" mais encore le dernier rempart du déclin américain. Construire des "murs" n'a jamais arrêté personne, on est bien placés pour le savoir en France (ligne Maginot, Espace Schengen, etc. ...), la grande muraille de Chine n'a jamais arrêté les invasions mongoles, pas plus que les terroristes palestiniens en Israël et cela n'arrêtera pas d'avantage les mexicains aux frontières sud américaines. Trump oublie que l'Amérique (du Nord) est historiquement un peuple de migrants, c'est ce qui a d'ailleurs fait sa principale richesse et sa puissance économique. Pourquoi feraient-ils maintenant sa ruine ??? Rockefeller, le célèbre banquier américain disait souvent : "dans la vie, il y a ceux qui travaillent pour gagner de l'argent, moi, c'est l'argent qui travaille pour moi". C'est ou c'était toute la philosophie de la réussite américaine, la réussite des plus riches en faisant croire à tous que n'importe qui pouvait devenir milliardaire. Ils ne sont plus que huit à posséder 50% des richesses de la Terre.
edac44
- 21/01/2017 - 10:24
@ leucate ===> transposition
On ne gère pas un état comme on gère une entreprise, ce ne sont pas les mêmes "actionnaires" ni surtout les mêmes intérêts. Dans le premier cas, les "investisseurs" n'ont souvent que leur force de travail à offrir, dans le second, ce sont souvent les acteurs financier qui pilotent l'entreprise au profit de leur propre compte et parfois celui de leurs actionnaires. Les critères de redistribution des bénéfices ne se décident ni à l’Élysée, ni à Matignon, CAC40 oblige !... Quelqu'un a dit un jour "la politique de la France ne se décide pas à la corbeille", un certain général de France je crois !... Le jour où ce ne sera plus ainsi, alors nous aurons des "Donald Trump" au pouvoir et le bruit des bottes résonnera à nouveau dans nos rues, nos villes et nos campagnes.
essentimo
- 21/01/2017 - 08:49
Ne le contrarions
pas trop ; nous pourrions avoir besoin des américains, comme en 45, pour nous sortir de la guerre qui pointe !