En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
Pour Manuel Valls, l'adversaire le plus difficile à combattre ne sera pas issue de la gauche radicale, mais ce sera Emmanuel Macron.
Atlantico Business
Valls-Macron, vers l’affrontement inéluctable. Pour Valls, le pari est impossible. Pour Macron, c’est une aubaine
Publié le 05 décembre 2016
Le combat que vont se livrer Manuel Valls et Emmanuel Macron va être d’une telle violence, que même un Shakespeare dans ses plus belles pages de "Richard III", n’aurait jamais pu imaginer tant de férocité.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le combat que vont se livrer Manuel Valls et Emmanuel Macron va être d’une telle violence, que même un Shakespeare dans ses plus belles pages de "Richard III", n’aurait jamais pu imaginer tant de férocité.

Après une semaine de drame à droite, les projecteurs vont se braquer sur la scène de gauche. Le départ de François Hollande aura permis à Manuel Valls de se préparer à la course présidentielle. Une course infernale qu'il va faire contre Emmanuel Macron et qu’il n’est pas sûr de gagner. Pour n’importe qui d’autres que des professionnels de la politique, la situation serait inextricable.

1) Si François Hollande a finalement pris la décision d’abandonner la partie, alors qu’il mourrait d’envie de tenter un nouveau mandat, c’est bien parce qu’il s’est retrouvé devant un mur d’obstacles qui l’aurait conduit à la catastrophe politique et à l’humiliation.

D’abord, le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme a fait un effet désastreux dans son entourage proche.

Ensuite, le fait d’avoir accepté une primaire à gauche l’a mis dans une position très compliquée à gérer. D’autant que le succès de la primaire de droite empêchait la direction du PS d’annuler la primaire de gauche.

Enfin, la pression de Manuel Valls, pour qu'ils se décide, a fini par le précipiter dans le piège.

Il devait en sortir par le haut, et le seul moyen, à peu près digne, était de prendre acte de l'impossibilité d’aller plus loin.

François Hollande a dressé un bilan positif de son quinquennat, sauf que cet abandon signe son échec à rassembler sa majorité.

François Hollande laisse la majorité de gauche en miette. Complètement fracassée entre ceux qui vont suivre Macon, ceux qui restent fidèles à Valls, ceux qui entourent Martine Aubry ou Christiane Taubira. Les fans de Montebourg, les frondeurs et le Front de gauche de Mélenchon. Les indignes et les insoumis.

La gauche a explosé. 

2) Manuel Valls, Premier ministre, se retrouve légataire universelle d’une gouvernance en liquidation. Il s’est autoproclamé candidat à la succession. Il y pensait, depuis le jour où il est entré à l’hôtel Matignon. Son problème est que les circonstances qui lui seraient nécessaires pour atteindre cet objectif ne sont pas réunies.

D’abord, il a besoin de rassembler une gauche qu’il a contribué à exploser. C’est lui, qui à plusieurs reprises, a dit haut et fort qu’il y avait dans ce pays deux gauches irréconciliables. Il y avait une gauche radicale qui refuse de s’adapter à la modernité et qui protège les avantages acquis et les structures d’antan, et une gauche de progrès qui prépare l’avenir, pour mieux sécuriser cet avenir.

D’un coté, des archaïques comme Hamon, Taubira, Montebourg, anti-mondialistes, anti-européens parfois, anti-économie de marche, des écologistes, etc. , et de l'autre des modernes dont il voulait prendre la tête, prêt à assumer les contraintes nouvelles.

Une gauche socialiste qui n'a pas rompu avec les principes même du communisme, et une gauche social-libérale qui s’inscrit dans l'air du temps.

Pour gagner la primaire, et rassembler au second tour de la présidentielle, il doit évidemment mettre tout le monde d’accord. Sachant qu'en plus, le personnage est clivant jusque dans les rangs de ses partisans. Il y en a qui le supportent et l’admirent. Il y en a d’autres qui le détestent.

Difficile avec un tel patchwork de réunir une majorité homogène.

Un seul exemple : que peut dire le Premier ministre, futur candidat, quand un de ses ministres et non des moindres s’en va à Cuba rendre un vibrant hommage à Fidel Castro, alors que tout le monde reconnaît qu’il a été le pire des dictateurs et le pire des sanguinaires. Manuel Valls n’a pas demandé la démission de Ségolène Royal, il n’a même pas répliqué à tous ceux qui, à gauche, ont versé une larme quand Castro est mort ...

Cette affaire Castro illustre, jusqu’à la caricature, le piège dans lesquel Manuel Valls va se retrouver.

Ensuite, il n’a pas de programme capable de drainer et de fidéliser ses soutiens. La gauche s’est fracturée, la majorité au Parlement a explosé chaque fois qu'il a présente un texte. La loi travail a été le théâtre des contradictions. Un bon texte au départ, une prise en compte responsable de la vie de l'entreprise, s’est retrouvé déchiqueté par les socialistes radicaux.

Si Manuel Valls s’en va caresser les socialistes radicaux dans le sens du poil, ceux-ci ne le croiront pas.

Si Manuel Valls revient sur son Adn d’origine, beaucoup lui reprocheront d’y revenir trop tard, d’autant que son ancien ministre, Emmanuel Macron, a pris cette place.

Enfin, et c’est bien là où son bât va blesser, si Manuel Valls revient sur sa ligne de départ, il aura du mal à défendre son bilan et il aura du mal à ne pas reconnaître que Macron aura été lucide avant lui.

Entre la gauche radicale, incarnée par Montebourg, Mélenchon ou Benoît Hamon, et la gauche social- libérale incarnée par Emmanuel Macron, Manuel Valls n’a pas de place.

Plus grave, son adversaire le plus difficile à combattre ne sera pas issue de la gauche radicale, mais ce sera Emmanuel Macron.

Les représentants de la gauche radicale, les frondeurs, les indignés, ont des convictions, des brides d'idéologie, des pressentiments, etc. mais ils n'ont aucune idéologie dominante, aucune réflexion hormis une analyse critique, mais surtout, ils n’ont aucune politique alternative cohérente, responsable et par conséquent applicable.

Emmanuel Macron n’a, sans doute, pas de parti, peu de militants, mais il a des convictions, une analyse globale, une ambition et une politique alternative. Emmanuel Macron est très proche dans son analyse de la société économique de François Fillon. Il ne séduira pas la droite pure et dure acquise à François Fillon; il peut, en revanche, attirer ceux, qui à gauche et au centre, attentent plus de résultats en termes économiques et financiers que des discours sur la morale laïque. 

La guerre Valls-Macron va être terrible. Elle va faire des morts. François Bayrou n’aura rien d’autre à faire qu’à demander ses droits à la retraite. Cette guerre va exacerber une concurrence contre-nature entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Avec un peu de chance et beaucoup de travail, le vainqueur de ce duel Valls-Macron peut se retrouver face à François Fillon au deuxième tour de la présidentielle.

Le résultat ne sera pas d’une importance capitale. Que Fillon affronte Valls ou Macron, peu importe. Ce jour là, la France sera redevenue une démocratie normale, avec un président normal . Mais vraiment normal. C’est-à-dire, un président qui recommencera à travailler. Ce jour-là, la France sera sortie de la crise la plus terrible de ce début du XXIe siècle. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Pourquoi la trahison d'Emmanuel Macron envers François Hollande pourrait bien lui revenir en boomerang le jour où il aura besoin d'appuis...
04.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
05.
Attention danger (politique) : les gilets jaunes, une crise pour rien ?
06.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
07.
Céline Dion a refait 2 fois sa vie... en même temps; Laura Smet, mariée & heureuse, Karine Le Marchand seule mais heureuse, Charlotte C.&Dimitri, ni seuls ni mariés; Gala nous dit tout sur la vie sexuelle de Houellebecq, Match sur le divorce de Jeff Bezos
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
bd
- 11/12/2016 - 16:02
Macron plus moderne... et il a un vrai programme!
«La vérité est un miroir brisé, et chacun en possède un petit morceau», chantait le poète mystique persan Rumi.

Emmanuel Macron est le seul des candidats qui a eu le courage de sortir de son positionnement historique (de gauche) pour aller puiser les meilleures solutions partout et les combiner en un programme humaniste, démocrate, très complet et crédible.
http://vision-macron.fr/

Lors de son discours, il a surpris tous ceux qui le trouvaient atone en révélant un vrai talent de tribun.
Son "En Marche" est encore plus fort que le "Mangez des Pommes" de Chirac en son temps.
Il est sans aucun doute le plus moderne de tous les candidats à la présidence.
On pourrait le comparer à un John Kennedy à la française.

Grâce à tout ça, il emportera l'adhésion des Français en mai.
Il peut créer la surprise.
S’il est élu, il sera certainement le premier président appartenant vraiment au troisième millénaire.
zouk
- 05/12/2016 - 11:56
Valls
Il s'est si souvent montré détestable, envers les catholiques à propos du "Mariage pour tous" et ses instructions indignes à la police envers des manifestation totalement pacifiques (les veilleurs aussi). Il a attiré beaucoup de haines à gauche, Pourquoi ne pas se retirer "dans la dignité"?
Professore
- 05/12/2016 - 11:16
Affirmation sommaire
Dire de Macron qu'il n'a pas de militants est une vue parisienne. Il y a des zones entières en province où les adhérents cotisants à En Marche sont plus nombreux que ceux du PS et même de LR.