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Dans ses bottes
Et le souffle lui revint (enfin) : Fillon est peut-être rigide comme une tringle à rideaux mais c'est sans doute pourquoi il lui arrive d'être droit…
Publié le 30 octobre 2016
L'ancien Premier ministre a les qualités de ses défauts. On ne va pas s'en plaindre.
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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L'ancien Premier ministre a les qualités de ses défauts. On ne va pas s'en plaindre.

Comme beaucoup d'autres, j'ai regardé le premier débat télévisé entre les candidats à la primaire de la droite. Alain Juppé dégageait un ennui distingué et soporifique : son "identité heureuse" est désormais prescrite comme somnifère dans toutes les pharmacies de France. Nicolas Sarkozy était nettement plus vivifiant. Avec lui, c'est toujours stimulant car on ne sait jamais à l'avance ce qu'il va dire : le problème est que lui non plus ne le sait pas… Bruno Le Maire était survolté : on pouvait se demander s'il avait mis du shit, du crack ou de la coke dans son moteur.

François Fillon était, lui, tel qu'on l'a toujours connu. Grave, un peu coincé. Maître d'école sévère à l'ancienne. Chevalier à la triste figure comme Don Quichotte. Le seul qui, à première vue, s'en est bien sorti, c'est un nommé Jean-Frédéric Poisson. Ses propos patelins et sages respiraient le bon sens près de chez nous, bien de chez nous. Tellement bien de chez nous, tellement à l'ancienne, que ce brave bonhomme s'est fendu d'une diatribe contre le lobby juif américain. Ce qui, l'ayant un tout petit peu (je reste modéré) rapproché de Soral et de Dieudonné, l'a un peu éloigné de moi. J'ai des cousines que j'aime beaucoup aux États-Unis, et j'ai bien peur qu'elles fassent partie de l'affreux lobby dénoncé par le bon M. Poisson.

Compte tenu de la qualité de ce débat télévisé, je ne pense pas regarder sa saison 2. Mais j'ai regardé Fillon. Tout seul. Sans ses concurrents. Je l'ai trouvé comme toujours rigide. Genre, il rit quand il se brûle… Mais de cette rigidité est née quelque chose qui s'appelle la dignité. Il était digne, honnête et courageux, que Fillon signe un livre pour dénoncer le fondamentalisme islamique. Dire les choses qui ne se disent pas ou qu'on ne veut pas entendre est en France une idée neuve. J'ai aimé qu'il soit méprisant avec une prétendue humoriste qui entendait clore L'émission politique en se foutant de sa gueule. "Je ne suis pas sûre que votre place soit ici". Les têtes déconfites de David Pujadas et de Léa Salamé faisaient plaisir à voir.

Et puis, il a osé ce que personne n'ose. Avec une déclaration qui mène droit au bûcher. "La France n'est pas coupable d'avoir voulu partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du nord. Non, la France n'a pas inventé l'esclavage". Ce disant, François Fillon s'inscrivait dans la droite ligne de Jules Ferry, grand homme de gauche. Le père de l'école laïque, et chantre du colonialisme, avait en effet estimé dans une déclaration restée célèbre, qu'il était du devoir de la France d'apporter sa culture "aux peuples inférieurs". C'était quand même pousser le bouchon un peu loin. Les colonisateurs français n'allaient pas en Afrique seulement avec des livres, mais aussi avec des fouets. Quant à nos curés et nos moines, ils ne se contentaient pas d'évangéliser, sinon la position du missionnaire ne serait pas devenue si célèbre sur le continent africain.

Dans sa déclaration, François Fillon avait lui aussi poussé le bouchon un peu loin. Mais ça fait du bien qu'en réponse à une étouffante avalanche bien-pensante exigeant sans cesse de nous une repentance, on entende quelques propos vigoureux, même s'ils sont exagérés. Comme la télévision veut du pugilat et qu'il était hors de question qu'un Fillon puisse dire librement ce qu'il dit sur l'esclavage, on lui trouva un contradicteur.

En l'occurrence, un certain Elie Domota, qui eut son heure de notoriété quand il organisa en 2009 en Guadeloupe des émeutes anti-blanches parfaitement racistes. Il était donc qualifié – n'est-ce pas ? – pour traiter Fillon de "raciste". La réponse de l'ancien Premier ministre fusa. Sèche et définitive. "L'esclavage n'a pas été l'apanage de la France. Je n'accepte pas qu'on fasse porter à notre pays cette responsabilité. Il faut considérer notre Histoire pour ce qu'elle est, avec ses pages brillantes et ses pages moins brillantes". Voilà. C'était une heure de télévision. Une heure, parfois, c'est bon à prendre…

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Anguerrand
- 01/12/2016 - 18:52
Fillon est un homme droit oui Dr Pal
Et ça change de TOUS les autres candidats y compris n'en déplaise à Ganesha, le FN qui a qq casseroles au cul. Ganesha, est un démocrate pour qui tout le monde DOIT PENSER comme LUI. Vous ne pensez pas comme vous devez subir ses injures à longueur de post. Je ne comprend pas qu'Atlantico qui pourtant averti que les posts doivent être respectueux n'annule pas Ganesha afin d'obtenir une certaine tenue aux opinions de chacun . En fait il enrage le succès actuel de Fillon qui est de droite, et va faire de l'ombre au très socialiste Philippot et à MLP qui n'a que la critique facile mais n'aura pas la capacité à gouverner. De Pal fait une excellente analyse, rien a rajouter.
bd
- 02/11/2016 - 11:34
Plus de narcissique à la présidence!
Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix.
Ex abrupto
- 31/10/2016 - 11:10
Le plus crédible!!
Pas excité. Il aborde les questions lourdes qui fâchent. Bien sur il est probable qu'il ne pourra pas aller aussi loin qu'il le dit: les oppositions sont nombreuses organisées et néfastes! Et il devra lacher du lest.
Je ne crois pas qu'il envisage de fonctionner dès le début par ordonnances: c'est dommage.
Et en plus, il a une revanche à prendre....