En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© Reuters
Aucun des candidats n’est capable de fixer un cap et de tracer une route entre toutes les contraintes de la modernité pour profiter de toutes les opportunités offertes aujourd'hui.
L'édito de Jean-Marc Sylvestre
Présidentielle : les candidats de la droite se réduisent à des experts-comptables, mais oublient de nous proposer un cap
Publié le 15 octobre 2016
Le premier débat a permis de mettre en évidence un vrai clivage sur le programme de redressement économique, mais n'a livré aucun élément sur le cap proposé.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le premier débat a permis de mettre en évidence un vrai clivage sur le programme de redressement économique, mais n'a livré aucun élément sur le cap proposé.

Pour beaucoup d’observateurs, ce premier débat des candidats de la droite à la présidence de la République a manqué de vigueur, de tonus et finalement de spectacle. C’est un peu vrai. Parce que les commentateurs politiques attendent surtout qu'un débat tourne à l’affrontement d’idéologies antagonistes, avec des petites phrases assassines et des surenchères de promesses pour la plupart irréalisables.

Toutes les démocraties du monde offrent sur toutes les télévisions cette sorte de match qui relève plus de l’entertainment hollywoodien que de l’exercice serein d’une information pédagogique. L’Amérique, qui se cherche un président, est incapable de sortir de ce modèle. La Grande-Bretagne avec la mascarade du Brexit nous en a, elle aussi, offert un exemple accablant.

La classe politique et médiatique, l’opinion aussi, sont d’ailleurs contradictoires. Tous veulent des débats polémiques, et même violents, où s’affrontent des personnalités, mais ils souhaitent aussi du sérieux, de la pédagogie, de la cohérence.  

Alors si on juge le premier débat français à l’aune du pugilat que l’opinion (et les médias) craignent ou espèrent, les candidats de la droite ont été finalement d'une incroyable sérénité. Du moins en apparence.

Est-ce à dire que le débat a été plus utile et plus pédagogique sur les moyens de réformer et de gérer le pays ? Pas évident.

Avec le recul, beaucoup y ont vu une confrontation un peu ennuyeuse entre des experts comptables qui nous ont noyé sous des tonnes de milliards d’euros à économiser ou à regagner sans nous dire exactement où ils voulaient nous conduire. 

Cela dit, à y regarder de plus près, il ressort quand même que les moyens proposés par tous ces candidats de la droite sont très différents et qu’ils portent des évolutions de la société qui sont très divergentes. Mais pour s’en convaincre, il faut s’accrocher et éplucher les chiffres.

1) Si le débat de la présidentielle se résume à une confrontation d’experts comptables, il en ressort, c’est vrai, le même diagnostic :  la France est au bord de la faillite, il faut donc la redresser pour relancer les moteurs, mais sur les moyens de réajuster le modèle de croissance, les candidats ne sont pas au diapason.

D’un côté, François Fillon envisage de provoquer un énorme choc de compétitivité au profit des entreprises, par un abaissement spectaculaire des charges sociales, puis un allègement des impôts qui pèsent sur le capital et les investissements (plus value, ISF, impôt sur les société, etc.), le tout financé principalement par une diminution des dépenses publiques. François Fillon considère, avec une majorité d’économistes, que le redressement viendra des entreprises et il n’a évidemment pas tort dans la mesure où il faut de façon urgente booster un processus de créations d’emplois.

De l'autre, Bruno Le Maire concentre son effort au bénéfice des ménages (donc de la demande) en proposant une baisse spectaculaire de la CSG qui pèse sur tous les revenus. Sachant que lui aussi finance cette baisse de CSG par des allègements de dépenses et fait l'hypothèse d’une reprise d’activité assez rapide avec des rentrées de TVA.

Ce qui est intéressant, c’est qu’entre ces deux écoles, les deux autres candidats importants, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, se glissent entre les deux logiques avec des modèles moins clivants. Ils mixent les outils du redressement en rééquilibrant l’effort entre les ménages et les entreprises.

2) Il est beaucoup plus inquiétant, voire décourageant, de constater qu'on a le sentiment que cette confrontation entre des experts qui évaluent l’impact d'une politique de l’offre comparée à une politique de la demande est d’un archaïsme abyssal dans la mesure où elle aurait pu avoir lieu il y a 5, 10 ou 20 ans.

Aucun des candidats n’est capable de fixer un cap et de tracer une route entre toutes les contraintes de la modernité pour profiter de toutes les opportunités offertes aujourd'hui.  

Rien sur l’Europe, rien sur la mondialisation, rien sur la transformation digitale, rien sur l’ubérisation de la société, peu de chose sur l’environnement.  

Le réajustement des comptes est absolument indispensable, nécessaire, parce que personne ne paiera durablement les loyers à notre place, mais une question récurrente n’a toujours pas de réponse : pour faire quoi, et aller où dans ce monde qui est désormais complètement ouvert ?

Qu’est ce qui fera la croissance de demain. Où, comment, avec qui ? Nos aînés sont sortis de la Seconde Guerre mondiale avec une ambition : assurer le développement économique et le progrès social et matériel comme facteur de paix. A l’issue du demi-siècle passé, les ambitions ont été satisfaites dans une grande partie du monde occidental.

Maintenant, qu’est ce qu on fait ? On rétablit l’équilibre des comptes, oui, on répare les charpentes, ok... Mais encore ? Pour aller où ? What else, comme dit la pub ? 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
03.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
04.
Laura Smet a épousé Raphaël Lancrey-Javal au Cap Ferret
05.
Le "chat renard", une nouvelle espèce de félin découverte en Corse
06.
Vous pensiez qu’un verre de lait et un jus d’orange étaient le petit-déjeuner parfait ? Voilà pourquoi vous avez tort
07.
Stars ET milliardaires : quand la puissance de la célébrité transforme Jay Z ou Rihanna en magnats des affaires
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
03.
Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies
04.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Révolution sur canapé : une enquête montre que 92% des activistes berlinois d’extrême-gauche vivent chez papa-maman
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
“Droite moderne”, “LREM pragmatique pour le bien du pays” : mais au fait, qu’est ce que cela veut vraiment dire ?
03.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
04.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
05.
Réforme des retraites : pourquoi les salariés du privé ont toutes les raisons de s’inquiéter
06.
De Benalla à Loiseau en passant par Castaner : ces déceptions personnelles d'Emmanuel Macron qui montrent son incapacité à bien s'entourer
Commentaires (15)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
bd
- 02/11/2016 - 15:55
Labeliser les politiciens?
Pour éviter, comme cela se présente aux U.S., de focaliser les débats sur des postures, des attitudes ou des comportements au détriment des vraie questions de fond, il faudrait une sorte de "sur-parti" qui garantit le contrôle de la qualité psychiatrique des candidats comme le ferait un label. 
Ce "label" garantirait au citoyen qu’un candidat -quelle que soit sa couleur politique- validé par ce label serait psychologiquement sain. 
Le premier critère serait l'aptitude à l'empathie. 
Un politicien sans empathie n'est intéressé que par lui-même et le pouvoir au prix de n'importe quelle manipulation. 
Les «sans empathie» sont aussi souvent des propagateurs de haine. 
Si l’on pouvait éviter ce genre de personne toxique…
mjb75
- 16/10/2016 - 12:12
Avant de critiquer, informez vous!
Il ont tous dessiné un cap dans leur programme et pas que F.Fillion!
Etre Président de la République, ce n'est pas simplement être gestionnaire comme dans une entreprise.
Ganesha
- 16/10/2016 - 00:22
Principe de base
Un principe de base de la vie politique, c'est que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent!