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Au sein des pays producteurs, qu'ils soient ou pas membres de l'Opep, il n'y a pas vraiment de vainqueurs car tous ces États subissent une perte considérable de recettes d'exportation et de recettes budgétaires.
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Production record en Russie, tensions arabo-iraniennes, prix du baril... Pourquoi la réunion informelle de l'Opep qui s'ouvre ce mardi est tout sauf anodine
Publié le 27 septembre 2016
Une réunion informelle de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s'ouvre ce mardi 27 septembre à Alger. C'est dans un contexte géopolitique et économique relativement tendu que les pays directement touchés par la baisse des prix du baril du pétrole se réunissent pour discuter et tenter de trouver un accord sur les niveaux de productions.
Francis Perrin a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste et consultant indépendant sur l’énergie et les matières premières. Il est chercheur associé à l'OCP Policy Center (Rabat) et directeur de recherche à l'IRIS (Paris).
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Une réunion informelle de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s'ouvre ce mardi 27 septembre à Alger. C'est dans un contexte géopolitique et économique relativement tendu que les pays directement touchés par la baisse des prix du baril du pétrole se réunissent pour discuter et tenter de trouver un accord sur les niveaux de productions.

Atlantico : Au cours de ce mois de septembre, la production de pétrole en Russie a atteint un plus haut jamais vu depuis l'ère soviétique, à 11,09 millions de barils par jour. Comment comprendre ce record dans le cadre des négociations entre Russie et Opep sur les niveaux de production ?

Francis Perrin : La production pétrolière russe est sur une tendance haussière dans la période récente et elle dépasse effectivement les 11 millions de barils par jour (Mb/j) mais on observe un tassement au cours des derniers mois. Il y aura bien sûr des fluctuations dues, notamment, à l'entrée en production de nouveaux gisements mais, compte tenu du niveau actuel des prix du pétrole (environ $46 par baril le vendredi 23 septembre en fin de journée pour le Brent de la mer du Nord) et des sanctions occidentales, il n'est pas sûr que le pays puisse à court terme aller bien au-delà de 11,20 Mb/j environ. Certes, la dépréciation du rouble a aidé les compagnies pétrolières russes à traverser une période difficile mais l'impact de ce phénomène a des limites.

Pour la Russie, parler de gel de la production dans le court terme a donc du sens. Il ne serait pas très difficile de réaliser ce gel, si la volonté politique existe, car on est sans doute à un maximum avec les niveaux actuels et, si cette attitude de la Russie contribue à un accord entre l'Opep et quelques pays non-Opep pour geler la production et faire remonter les prix du pétrole (et donc ceux du gaz naturel puisque ceux-ci sont souvent indexés sur les prix du brut et/ou des produits pétroliers), ce sera tout bénéfice pour Moscou. La Russie n'est pas le principal obstacle à un tel accord. Le principal obstacle demeure l'hostilité entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. Cela dit, les relations entre l'Opep et la Russie ne sont pas faciles. Par le passé, la Russie n'a pas toujours respecté les engagements pris envers l'Opep. Il y a une certaine méfiance, en particulier entre l'Arabie Saoudite et la Russie.

Le prochain sommet de l'Opep se tiendra ce mardi 27 septembre à Alger. Quels en sont les enjeux ? Quels sont les pays les plus vulnérables à une absence d'accord sur les niveaux de production ?

72 pays se retrouvent à Alger le 27 septembre pour une réunion ministérielle du Forum International de l'Energie (FIE), qui est un lieu d'échange entre producteurs et consommateurs d'énergie. Les pays membres de l'Opep, qui sont quasiment tous membres du FIE, ont décidé de profiter de cette occasion pour organiser en marge du FIE une réunion informelle de l'Opep. L'enjeu est de voir si tous les pays Opep - ils sont au nombre de 14 - sont prêts à un gel de la production ou s'ils sont tous d'accord pour exempter certains d'entre eux, notamment l'Iran et la Libye, de ce gel. Comme il s'agit d'une réunion informelle, l'Opep ne pourra pas prendre de décision mais, si la réunion d'Alger permettait de rapprocher les points de vue, l'organisation pourrait facilement convoquer une réunion extraordinaire de sa Conférence ministérielle en octobre. La prochaine réunion de l'Opep est prévue pour le 30 novembre à Vienne, mais si les discussions d'Alger débouchaient sur un accord potentiel, il serait important de le confirmer rapidement.

Au sein de l'Opep, les pays les plus vulnérables face à la baisse des prix du pétrole sont le Venezuela, la Libye, l'Irak, le Nigeria, l'Angola, l'Equateur et le Gabon. L'Algérie et l'Iran sont également frappés mais, pour des raisons diverses, cela va moins mal que pour les pays cités ci-dessus.

Deux années après le début de cette nouvelle période de "prix bas" pour le pétrole, quel bilan peut-on dresser de la géopolitique du pétrole ? Quels sont les vainqueurs, s'ils existent, de cette situation ?

Au sein des pays producteurs, qu'ils soient ou pas membres de l'Opep, il n'y a pas vraiment de vainqueurs car tous ces États subissent une perte considérable de recettes d'exportation et de recettes budgétaires. Ils font également face à un ralentissement économique et, pour certains, à une récession du fait du poids du secteur pétrolier et gazier dans leurs économies. En fait, il n'y a que des perdants parmi les producteurs mais certains sont moins perdants que d'autres. C'est le cas des pays arabes de la région du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Koweit et Qatar), qui disposent encore de ressources financières très importantes même si celles-ci ont chuté depuis deux ans. Lorsque des pays producteurs sont moins frappés que d'autres, on peut dire qu'ils sont gagnants en termes relatifs tout en étant perdants en valeur absolue. Pour prendre un exemple, l'Arabie Saoudite est affaiblie mais l'Iran l'est davantage. C'est une situation complexe.

Les vrais gagnants sont les pays importateurs de pétrole car leurs factures d'importations pétrolières et énergétiques ont beaucoup chuté depuis 2014. Cette baisse a un impact positif sur leurs balances commerciales et celles des paiements, elle réduit les coûts de l'énergie pour les ménages et les entreprises et elle favorise la croissance économique. De bas prix du pétrole font évoluer le rapport de forces entre producteurs et consommateurs au profit de ces derniers. En tout cas dans le court/moyen terme. Pour le long terme, c'est une autre histoire. Les prix du pétrole ne resteront pas éternellement à leur niveau actuel.

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Anouman
- 27/09/2016 - 19:58
Prix du baril
S'il y en a un qui ne voit pas trop la différence c'est le consommateur, en France en tous cas. Les taxes sur l'essence sont tellement confiscatoires que le baril passe de 100 à 46$ sans qu'on voit une grosse différence. Ce sont donc d'autres qui en profitent.