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Fin des vacances pour certains : comment faire face à la reprise sans déprimer ?
Publié le 16 août 2016
Si le fait de partir en vacances peut être ressenti comme une délivrance d'un quotidien routinier, le retour peut quant à lui s'envisager comme une étape bien plus menaçante. Pourtant, une ribambelle de petites astuces permettent d'aborder ce rephasage en douceur.
Catherine Berliet intervient depuis 15 ans en conseil, formation, coaching de cadres et dirigeants pour le compte de grandes entreprises françaises. Diplômée en communication, elle est également thérapeute, praticien en Rêve Eveillé libre. Elle est co...
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Catherine Berliet intervient depuis 15 ans en conseil, formation, coaching de cadres et dirigeants pour le compte de grandes entreprises françaises. Diplômée en communication, elle est également thérapeute, praticien en Rêve Eveillé libre. Elle est co...
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Si le fait de partir en vacances peut être ressenti comme une délivrance d'un quotidien routinier, le retour peut quant à lui s'envisager comme une étape bien plus menaçante. Pourtant, une ribambelle de petites astuces permettent d'aborder ce rephasage en douceur.

Atlantico : Certaines personnes souffrent d'une légère déprime au retour des vacances, et affrontent donc le retour au travail d'un mauvais pied. Le sentiment d'inconfort, une baisse d'appétit, ou encore une forme d'anxiété, autant de symptômes dont souffriraient les ex-vacanciers. Quels sont les fondements de ce blues post-vacances ? Cela peut-il révéler quelque chose chez les personnes atteintes ?

Catherine Berliet : Oui surtout si vous avez entre 25 et 40 ans, vous risquez de ressentir ce fameux syndrome du retour de vacances : un mal-être que 82,4% des Français connaissent un jour ou l’autre dans leur vie, une sorte de coup de mou, une forme de spleen des temps modernes, qui vient insidieusement parasiter notre rentrée à nous, les adultes.

Si partir en vacances est une délivrance, en revenir peut devenir une souffrance. Vous remarquerez à quel point l’idée de ce retour peut déclencher en nous toute une cascade de maux psychiques et physiques, dont ceux que vous énumérez.

La perspective des vacances nous donne des ailes, et je vous rappelle l’énergie que nous sommes capables de déployer à la veille de la coupure estivale. Tout à la hâte d’en finir pour rejoindre l’éden que nous nous sommes promis, nous rivalisons d’ingéniosité, d’organisation et de méthode pour boucler coûte que coûte tous nos dossiers et nous en tirons une immense satisfaction. Partir à tout prix… S’évader du quotidien : promesse de délices à venir.

Revenir, c’est une autre histoire. L’idée de fermer la parenthèse idyllique que nous avons patiemment élaborée tout au long de l’année nous apparait comme un changement douloureux à opérer. Revenir à notre routine et à nos automatismes suscite une perception anticipée d’une réalité parfois compliquée, stressante, voire menaçante.

Le fondement majeur de cet état intérieur empreint de crainte, réside dans la volonté de prolonger cette idée de paradis. Je me réfère à ce que disait Laborit (neurobiologiste, médecin, et philosophe ndlr), à savoir que "l’homme est doté d’un programme biologique de survie qui lui fait fuir le stress et rechercher en priorité le plaisir".

Les vacances sont associées à une rupture de rythme, à la détente, à l’absence de contraintes, mais aussi à l’écoute de nos besoins physiques et psychiques, de nos envies, et à l’accession aux plaisirs que nous nous refusons la plupart du temps, pour de multiples raisons : question de temps, question de moyens. C’est toujours la même histoire qui se joue entre le principe de réalité et le principe de plaisir, dualité si chère à Freud. Or, vous le savez, c’est souvent le principe de plaisir qui l’emporte.

Aujourd’hui, le monde du travail est un univers impitoyable, où il faut : faire nos preuves, nous mettre à l’épreuve, nous surpasser, et nous confronter pour exister. Autant d’efforts ou d’embûches qui nous confinent dans un système d’alerte permanent, facteur de stress et déclencheur d’appréhensions.

En vacances, nous entendons casser et fuir le train-train. Aussi, d’instinct nous nous mettons en roue libre et nous nous adonnons à tout ce qui nous plait et nous dépayse.

Plus question de nous soumettre à toutes les corvées, de prêter le flanc à la pression, nous nous recréons un monde magique auquel il est difficile de nous soustraire. Nous nous déprogrammons, nous faisons sauter les bastions ou verrous qui nous encombrent, mais les reconnexions sont parfois douloureuses et s’accompagnent de quelques court-circuits ou "pétages de plomb", face à l’impériosité du changement.

Mais au-delà de cette analyse, les vacances sont le révélateur des failles de notre système quotidien. En effet, ces temps de latence et de repos permettent la mise à jour de nos manques. Ils permettent aussi de les combler par divers rattrapages que nous avons à cœur de pérenniser pour notre bien-être.

A nous de mesurer les écarts, de réfléchir à ce que nous ne voulons plus, à nous d’imaginer la vie que nous voulons nous fabriquer. Le fait de marcher à reculons pour reprendre son travail peut indiquer une perte de motivation et de sens, à reconsidérer sans délai.

Ses effets peuvent-ils vraiment durer ? En quoi ne s'agit-il pas d'une dépression, mais bien d'un état passager ?

Si les symptômes sont variables (sensation de vide,  boule au ventre, troubles du sommeil, appréhension, mais aussi somnolence, anxiété, tristesse, irritabilité, douleurs musculaires, etc.), ils ne devraient pas durer plus de trois semaines, puisque les chercheurs estiment à 21 jours le temps nécessaire à la mise en place de nouvelles habitudes. La durée qu’il faut pour que les circuits neuronaux réenclenchent d’autres automatismes ; le temps de se réapproprier un planning en lien avec ses contraintes et ses obligations et de s’adapter aux changements induits par la reprise de ses fonctions.

Si les effets perdurent, cela sous-tend un mal-être plus profond, lié vraisemblablement à une dépression ou à d’autres troubles annonçant les prémisses d’un "burn-out". Une consultation chez un spécialiste s’impose pour poser un diagnostic.

Existe-t-il des moyens de palier à ses effets ?

Oui, nous pouvons mettre en place certains moyens pour contrecarrer ces effets :

Fragmenter ses vacances, pour éviter d’avoir à patienter un an. Fuir le phénomène "grande transhumance" du "je pars un mois d’affilée" qui ne fait qu’accentuer le manque lorsque nous reprenons nos activités, sachant qu’il n’y aura pas de joker. Répartir ses vacances sur des périodes plus courtes, l’unité idéale approchant les 10 jours. A chacun de doser savamment son mélange en fonction de son ressenti, de ses besoins et surtout de ses possibilités.

Modéliser les habitudes des plongeurs et faire des sas de décompression successifs pour nous réapproprier nos façons de faire et notre univers, sans dégâts collatéraux et ainsi nous réacclimater en douceur.

Rentrer un ou deux jours avant la date prévue et réintroduire progressivement des obligations en faisant l’impasse sur les corvées. Apprivoiser sa boîte mail en s’interdisant de la relever dans son intégralité et en fractionnant la charge de travail sur un temps donné.

Réenvisager ses journées en les harmonisant : un temps pour travailler et un temps pour se distraire ou faire du sport. Arrêter de penser que nous sommes efficaces en soumettant notre organisme à un travail continu et soutenu. Prévoir des plages horaires pour bouger, respirer, marcher, courir, décompresser ou que sais-je… Rééquilibrer ainsi sa vie quotidienne en se créant des soupapes de sécurité.

Comment positiver sur le retour au travail, et utiliser ce "déphasage" au mieux pour entamer sa rentrée sereinement ?

De retour sur le front, à vous de tout faire pour prolonger vos vacances au maximum et cela commencera par :

Garder ses lunettes de soleil sur le nez :

- Au sens propre : à vous la chasse aux derniers rayons de soleil volés dans quelques jardins publics non loin de votre lieu d’habitation

- Au sens figuré : à vous d’imaginer votre vie comme s’il y avait du soleil, c’est-à-dire en positif, malgré la sinistrose ambiante. A vous de changer votre regard sur le monde environnant

Conserver ses habitudes alimentaires estivales : du régime crétois aux délicieux breuvages que vous vous efforciez de boire pour conserver la forme, en passant par les salades légères et exotiques que vous vous plaisiez à imaginer. Ne changez rien et prolongez le dépaysement gustatif.

Jouer les touristes et se transformer  en "Indien dans la ville". Chaque week-end sera l’occasion de découvrir avec curiosité un bel endroit. Muni d’un guide, vous vous laisserez happer par le côté insolite d’un quartier de votre cité.

Compiler ses souvenirs : organiser les photos de vacances dans de très beaux livres pour faire remonter à la mémoire vos plus belles sensations : madeleine de Proust… à partager sans modération. "Je file acheter une bougie qui me rappelle les odeurs du figuier, ou des embruns".

Ouvrir une liste qui réponde à la question suivante : "Quelle vie ai-je envie de me fabriquer sans attendre l’année prochaine ?"

Rêver à ses futures vacances : se mobiliser autour d’objectifs avec votre famille et/ou vos amis. Projetez-vous puis mettez vos rêves en musique et construisez patiemment vos plus belles vacances.

Se shooter au Carpe Diem : reconsidérer les mille détails qui font votre quotidien et tenter de les enjoliver. "J’arrête le métro et je prends le bus", "Je zappe l’infecte pain industriel, et fais un détour pour une divine fougasse",  "Je laisse mon esprit divaguer comme sur la plage abandonnée…", "Je traîne et me donne des temps supplémentaires  pour tout".

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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assougoudrel
- 16/08/2016 - 14:31
Allez dire ça
aux nombreux chômeurs qui cherchent un emploi. Je trouve ça indécent. Si les gens qui ont un emploi dépriment, en plus au bureau...