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Attentat de Nice : quels politiques peuvent espérer ne pas pâtir des polémiques en série ?
Publié le 22 juillet 2016
Alors que les derniers sondages publiés montrent une société française sous tension et une priorité accordée aux questions de sécurité, la tragédie de Nice a suscité de nombreux commentaires dans la sphère publique. Reste à savoir qui pourrait tirer le plus de "bénéfices" politiques de la situation actuelle.
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Alors que les derniers sondages publiés montrent une société française sous tension et une priorité accordée aux questions de sécurité, la tragédie de Nice a suscité de nombreux commentaires dans la sphère publique. Reste à savoir qui pourrait tirer le plus de "bénéfices" politiques de la situation actuelle.

Atlantico : Plusieurs sondages publiés récemment sur Atlantico montrent une société française relativement sous tension, avec la sécurité érigée au rang de première préoccupation. Ainsi, 73% des Français estimaient avant l'attentat de Nice qu'il y aurait des actes de représailles contre la communauté musulmane en cas de nouveaux attentats à justification islamiste (voir ici), et 78% d'entre eux souhaitaient voir François Hollande aborder le thème de la sécurité lors de son allocution du 14 juillet (voir ici). Au vu des attentes des Français, des derniers attentats et de l'offre politique actuelle, quelle formation politique, quelle personnalité pourrait tirer le plus de bénéfices de cette situation selon vous ?

Jérôme Fourquet : Tout dépendra de l'attitude des différents responsables politiques. Il est possible que les attentats de Nice signent l'entrée dans une nouvelle séquence. Ces attentats tombent, du point de vue de leurs auteurs, au "meilleur moment", c’est-à-dire après un Euro de football qui a été bien géré du point de vue de la sécurité alors que les Français craignaient de possibles attaques, notamment contre les fan zones. Ce risque et ces dangers ont été écartés : on s'est mis collectivement à respirer se disant que peut-être, le pire était derrière nous. Cette attaque de jeudi contre un rassemblement de foule est venue nous rappeler qu'il n'en était rien. Il est possible que la préoccupation en matière de sécurité et l'attitude face au terrorisme remontent en flèche, si ce n'était pas le cas avant, dans la société française. Il n'est pas évident de dire qui va profiter aujourd'hui de cette situation nouvelle. Tout dépendra encore une fois de la posture, des annonces et des déclarations que feront les responsables politiques. 

Cela étant dit, on constate néanmoins que pas plus tard que jeudi 14 juillet à midi, lors de son allocution, François Hollande a annoncé solennellement aux Français qu'il ne comptait pas prolonger l'état d'urgence et qu'il allait diminuer les effectifs militaires attribués à l'opération Sentinelle. Il est pris à contre-pieds le soir même. Et il oublie de revenir sur cette annonce. En termes d'autorité et de vision, il est pris en défaut par cet événement. 

Deuxièmement, on constate, sondage Ifop-Atlantico à l'appui, que dans la dernière période, marqué par le double meurtre d'un couple de policiers à Magnanville et les manifestations violentes contre la loi Travail, Nicolas Sarkozy a repris du terrain au détriment d'Alain Juppé dans l'électorat de droite en incarnant une posture de fermeté et d'autorité. 

La séquence nouvelle qui s'ouvre après Nice, troisième attentat de masse, mais cette fois-ci en province et avec un mode opératoire différent, offrira sans doute une prime à ceux qui seront sur un discours à la fois extrêmement ferme et crédible. 

Jean-Daniel Lévy : Le premier aspect à souligner ici, c'est que c'est effectivement une vraie préoccupation des Français, avant même les attentats. Il faut l'avoir en tête pour bien comprendre la situation. Le deuxième aspect, c'est que les "bénéfices politiques" ne dépendent pas uniquement de l'attentat, mais aussi de la manière dont les différents acteurs peuvent prendre position.

Après les attentats du 13 novembre 2015, nous avons pu voir que François Hollande avait tiré une forme de bénéfice (au moins momentané) dans l'opinion, idem pour Bernard Cazeneuve. D'une manière générale, le Parti socialiste avait réussi dans le cadre des élections régionales à bénéficier d'un petit surplus de mobilisation, notamment au détriment du reste de la gauche.

Aujourd'hui, nous sommes sensiblement sur le même schéma, avec toutefois une forme de rupture de l'unité nationale suite aux arguments avancés par Christian Estrosi ou Alain Juppé notamment qui mettent une partie de la responsabilité sur le président de la République et le Premier ministre. Dans ce contexte-là, ils indiquent ainsi qu'il est important de mener une politique sécuritaire différente.

Généralement, c'est plutôt la droite, et au sein de la droite plutôt Nicolas Sarkozy, qui bénéficie des moments de tensions en matière de sécurité. Le Front national et Marine Le Pen aussi, évidemment.

Il y a la question des attentats qui se pose, mais aussi celle de la sécurité et de l'anticipation. Ces trois dimensions sont des aspects importants à considérer pour évaluer le jugement des électeurs envers les responsables politiques. Le risque pour François Hollande, c'est le risque d'une perception de l'inefficacité de son action. Après novembre, sa cote de confiance était montée de façon moins nette qu'après les attentats de janvier 2015.

Selon moi, nous sommes plutôt actuellement sur une consolidation de François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Mais la tournure des débats peut évoluer suffisamment rapidement et avoir une incidence sur le jugement des Français.

Ce qui est certain, c'est qu'au sein de la droite c'est Nicolas Sarkozy qui en est le plus bénéficiaire. Parmi ceux qui sont les plus critiques à l'égard du gouvernement ou du président de la République, le Front national de Marine Le Pen pourra s'inscrire autour d'un diptyque sécurité – immigration.

Emmanuel Rivière : Nous avons hélas une expérience déjà lourde sur les effets du terrorisme sur l’opinion. Les attentats de 2015, chacun suivis de peu par des échéances électorales, ont montré en gros les même phénomènes : un regain de crédit de l’exécutif, qui ne dure qu’un temps, une consolidation de l’électorat du Front national, conforté dans ses choix, une opposition républicaine qui peine à exprimer une ligne spécifique, pour éviter les dangers de l’instrumentalisation et de la rupture du consensus, et une gauche de la gauche marginalisée par des propositions peu audibles ou trop en décalage avec les attentes des Français.

Après l’épouvantable attaque de Nice, on l’a vu, l’esprit de consensus est en train de craquer dans la classe politique. Mais la question des conséquences pour la société française est bien plus importante, et sur ce sujet le passé ne suffit pas à prédire les suites de ce troisième attentat d’ampleur. Le défi que pose le terrorisme est en effet celui de la capacité de la société française à faire face à l’accumulation des actes. Après les attentats de 2015, la résistance aux amalgames, l’envie d’opposer la cohésion nationale à ceux qui représentent la négation de notre modèle de société ont tenu, mais elles ont été fragilisées. La mécanique terroriste vise à dresser les uns contre les autres, et chaque coup porté la rapproche du but. Si les Français parvenaient à opposer un sursaut d’unité à ces agressions répétées, ce sont les personnalités qui incarnent cette cohésion vers lesquelles ils se tourneraient. Mais si les failles deviennent des cassures, alors ceux dont les discours se nourrissent de ces tensions en profiteront. A moins que les tentatives de récupérations ne canalisent le désarroi des Français contre sa classe politique et le spectacle qu’elle offre. Mais qui alors pourra préserver le pays du pire ?

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chamouton
- 22/07/2016 - 07:40
Matraquage médiatique
Les Français sont courageux, mais les sifflets à Nice montrent que la colère gronde mais, comme toujours, elle n'est pas bonne conseillère. Pendant ce temps, on se demande à qui profite le crime : Sarko ? Le Pen ? Hollande ? Cette question tellement secondaire est révélatrice de ce monde envahie par la communication même outrancière. C'est à celui qui fera la proposition la plus pertinente ou qui réagira le premier. A ce combat médiatique, je préfère le calme, la réflexion et le bon sens de Fillon. Mai comme il ne veut pas entrer dans ce jeu médiatique, il est considéré comme marginal, voire inexistant. Comme beaucoup de Français, au matraquage médiatique quotidien, je préfère la stature tranquille et respectueuse d'un homme qui rassure et qui fixe les objectifs, certes ambitieux, en expliquant la méthode pour les atteindre
lexxis
- 19/07/2016 - 18:21
L'ATTENTAT DE TROP?
Il n'est pas vraiment moral, ni sain qu'un Président et qu'un Gouvernement puissent - ne serait-ce que provisoirement - tirer profit auprès de l 'opinion des attentats qu'il était dans leur mission d'éviter et qu'ils n'ont en définitive pas su empêcher. Passe encore lorsque l'attentat était quasiment imprévisible ou pratiquement inévitable. Mais tel ne semble pas le cas à Nice, où l'on a de sérieuses raisons de se demander si la sécurisation de la zone névralgique n'a pas souffert de nombreuses lacunes, de multiples défaillances pour ne pas dire d'une certaine désinvolture, alors que l'utilisation de véhicules puissants et lourds n'est pas une première dans le comportement terroriste. C'est sans doute pour cette raison que les sifflets n'ont pas attendu, c'est pour cette raison aussi que l'antienne officielle de l'unité et de la solidarité peine tant aujourd'hui à resservir efficacement au point que l'on peut se demander si, venant après trop d'autres, l'attentat de Nice n'est pas pour l'opinion l'attentat de trop.