En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
Passoire
Quand le Washington Post retrace l’itinéraire de quatre terroristes de l’Etat islamique infiltrés en Europe au milieu des migrants
Publié le 28 avril 2016
Ils n'ont jamais vraiment été interrogés ou retenus à leur entrée sur le continent.
Rédaction Atlantico
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Atlantico.fr
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rédaction Atlantico
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Ils n'ont jamais vraiment été interrogés ou retenus à leur entrée sur le continent.

Plus d'un million de migrants sont entrés en Europe, un record. Et selon les agences de renseignement européennes, plusieurs centaines de milliers d'entre eux l'ont fait sans vérifications de sécurité suffisantes à leur point d'entrée en Grèce. Sur les six derniers mois, près de 40 islamistes présumés qui se sont fait passer pour des migrants ont été arrêtés ou sont morts pendant la préparation d'actes terroristes. L'Etat islamique se vante qu'il y en a beaucoup d'autres.

Parmi tous ceux-ci, quatre d'entre eux au moins étaient des agents de l'Etat islamique. Deux ont été arrêtés, deux se sont fait exploser à Paris le 13 novembre. Le Washington Post, se fondant sur des entretiens avec des membres de services de renseignement européens ainsi qu'avec un dirigeant de l'Etat islamique, et sur des documents des services de sécurité français, a recensé les itinéraires de ces quatre agents.

En septembre dernier, les quatre hommes, agents entraînés, se sont retrouvés dans le salon d'une maison dans une ville du centre de la Syrie. Là, un officier leur a expliqué qu'il était l'heure de quitter le califat. "Votre mission est d'aller en France, de tuer, de devenir des martyrs", leur a-t-on dit. "Ils étaient heureux et se sentaient honorés d'avoir été choisis pour aller mourir pour Allah", raconte un membre d'un service de sécurité européen.

Leur objectif : Leros, l'île grecque où se retrouvent la plupart des migrants. Pour cela, ils se sont glissés de la Syrie vers la Turquie, puis sont allés sur la côte et ont pris un bateau. Certaines des îles grecques sont à 30 minutes de bateau à peine de la côte turque. L'afflux de migrants était tel que la Grèce, déjà mise à genoux par les coupes budgétaires imposées par l'UE, ne pouvait pas gérer. Si Frontex, la police des frontières européennes, a fourni un peu d'assistance, la plupart de la gestion du problème était laissée à la police locale et aux gardes-côtes grecs, complètement débordés.

Selon une estimation des services de sécurité européens, jusqu'aux attentats de novembre, seuls 20% des migrants arrivés ont vraiment fait l'objet d'un entretien et d'un contrôle d'identité rigoureux.

Zacharoula Tsirigoti, général dans la police grecque, a déclaré avoir supplié l'Union européenne de fournir de l'assistance, comme des personnels et ordinateurs supplémentaires pour rentrer les informations des migrants dans la base de donnée régionale, Eurodac, mais cette assistance n'a pas été fournie, jusqu'aux attaques de Paris.

Le matin du 3 octobre, les quatre terroristes se sont mêlés aux migrants arrivés sur l'île ce matin. Ils faisaient partie d'un groupe de 47 demandeurs d'asiles déclarant fuir la guerre en Syrie, mais il y avait également de nombreuses autres nationalités : Somaliens, Yéménites, Afghans et Palestiniens. Les deux terroristes irakiens ont montré des passeports syriens ; les restes des passeports retrouvés sur leurs corps au Stade de France ont indiqué qu'ils venaient d'une cache de plus de 3 800 vrais passeports syriens saisis par l'Etat islamique en 2013. A part les nouvelles photographies, les passeports étaient authentiques. Ni Frontex, ni les Grecs n'ont sérieusement remis en question leurs allégations. Comme les dizaines d'autres migrants arrivés ce jour-là, ils n'ont pas été retenus ou interrogés outre-mesure.

D'après des documents confidentiels obtenus par le Washington Post, les Irakiens ont ensuite rejoint un camp de réfugiés en Serbie. D'ici à novembre, ils avaient rejoint les autres terroristes des attaques de Paris. Le 13 novembre, ils participèrent aux attentats de Paris.

Mais les attentats auraient pu être pires : les neuf attaquants auraient pu être onze.

Comme les deux Irakiens, d'autres terroristes, Adel Haddadi, algérien, et Mohamed Usman avaient des vrais-faux passeports syriens. Mais eux ont bien été interrogés et ont cédé sous la pression. Usman, pakistanais, parlait mal l'arabe, démontrant qu'il n'était pas syrien. Haddadi ne savait presque rien de la ville dont il disait être originaire, Alep.

Les deux hommes furent transférés vers l'île de Kos, où ils reçurent une décision judiciaire-éclair. Comme tous les migrants arrivés sous de faux prétextes, ils reçurent un sursis de trois mois ainsi qu'un ordre de quitter le pays dans le mois, et furent relâchés dans la nature, le 28 octobre.

Par l'application de messagerie WhatsApp, les deux hommes ont demandé de l'argent, qu'ils ont reçu par virement depuis la Turquie, et ont continué leur voyage. Comme de nombreux migrants, ils ont traversé les Balkans. Retardés, ils n'ont pas pu participer aux attaques. Ils sont rentrés en Autriche, sans passeports et sous de faux noms, mais avec leurs véritables nationalités. Les deux hommes ont fait une demande d'asile en Autriche et se sont retrouvés dans un centre pour réfugiés bondé, un dépôt de camions reconverti près de la frontière allemande. Les données de leurs téléphones montrent qu'ils étaient en contact avec des individus partout en Europe, à la fois des migrants nouvellement arrivés ainsi que des immigrés liés à la criminalité organisée.

Après les attentats du 13 novembre, une énorme enquête pan-européenne fut lancée. Après la découverte d'un passeport syrien au Stade de France, les enquêteurs ont recoupé les empreintes digitales et découvert que deux des hommes étaient arrivés en Grèce comme migrants syriens le 3 octobre. Avec l'aide des services de renseignement allemands et américains, un manifeste des arrivées de la journée, y compris les photos, fut passé dans un logiciel de reconnaissance faciale et comparé aux bases de données d'extrémistes connus. Deux individus ont été découverts : des hommes, se disant également syriens, arrivés le même jour.

Le 10 décembre, la police autrichienne a reçu leurs photos ainsi que leurs faux noms syriens ; en quatre heures, ils avaient retrouvé les individus et leur centre d'accueil, et les deux hommes furent arrêtés. Pendant l'arrestation, Haddadi a tenté de passer sa carte SIM à un autre migrant, qui fut lui aussi arrêté. Sur 150 heures d'interrogation, les deux hommes ont tout raconté ; ils sont maintenant détenus en Autriche, et leur témoignage a déjà permis l'arrestation de deux autres migrants du même camp. Il est probable que les deux hommes seront extradés en France où ils seront jugés pour leurs liens avec les attentats du 13 novembre.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Changement climatique : Alexandria Ocasio-Cortez déclare que "le monde touchera à sa fin dans 12 ans"
02.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
03.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France est-elle en train de renouveler avec l’Allemagne l’erreur de François Mitterrand au moment de la réunification ?
04.
Pourquoi Oxfam se trompe de combat (et passe totalement à côté de ce qui se passe dans les pays développés)
05.
Les patrons américains préfèrent la France de Macron à l’Amérique de Donald Trump et l’idée du « grand débat » leur plait
06.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
07.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
06.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
07.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France est-elle en train de renouveler avec l’Allemagne l’erreur de François Mitterrand au moment de la réunification ?
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pig
- 28/04/2016 - 16:41
Mais que fait la presse européenne ?
N'est-ce pas elle, et au premier chef la française, qui devrait enquêter et nous livrer leurs résultats ?