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Une solution loin d'être fumeuse
Le lièvre est levé : la manière la plus sûre d'arrêter de fumer est débusquée par la science
Publié le 15 mars 2016
Depuis les années 50 et les preuves indiscutables du caractère nocif du tabac, les fumeurs qui souhaitent mettre un terme à leur habitude constatent, à leurs dépens, que l'addiction est réelle. Parmi les techniques mises au point pour les aider, une piste aussi sérieuse que contre-intuitive émerge : l'arrêt soudain et total.
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Depuis les années 50 et les preuves indiscutables du caractère nocif du tabac, les fumeurs qui souhaitent mettre un terme à leur habitude constatent, à leurs dépens, que l'addiction est réelle. Parmi les techniques mises au point pour les aider, une piste aussi sérieuse que contre-intuitive émerge : l'arrêt soudain et total.

Nicola Lindson-Hawley, docteur en psychologie à l'université d'Oxford, le reconnaît : "Bien des gens pensent qu'une réduction graduelle de la consommation de cigarettes revient à faire preuve de bon sens" ; ses propos sont rapportés par le Time. Et pourtant, l'étude qu'elle publie dans le journal Annals of Internal Medicine soutient précisément le contraire : le plus sûr, c'est l'arrêt soudain.

L'équipe qu'elle dirigeait a suivi une méthodologie rigoureuse : 700 personnes résidant en Angleterre ont été réunies, au motif qu'elles fumaient plus de quinze cigarettes par jour et qu'elles souhaitaient arrêter. Il leur fut proposé une date limite : quinze jours, au bout desquels ils seraient rendus libres.

Deux groupes furent aléatoirement organisés : au premier, on recommandait de fumer normalement jusqu'à la date limite, puis d'arrêter totalement ; au second, on demandait de réduire graduellement jusqu'au jour dit. 

Chacun des membres des groupes bénéficiait de l'assistance d'un thérapeute spécialisé, de patchs de nicotine, de gommes à mâcher et d'autres substituts.

Quatre semaines après le début de l'expérimentation, les résultats étaient les suivants : 39,2 % des membres du second groupe, à la réduction graduelle, étaient effectivement sevrés, contre 49 % des membres du premier, à la réduction abrupte. Six mois après le début de l'expérimentation, 15,5 % des membres du second groupe avaient maintenu leur sevrage, contre 22 % des membres du premier. 

Par ailleurs, 38,3 % de ceux qui disaient préférer la réduction graduelle étaient sevrés à quatre semaines, contre 52,2 % de ceux qui préféraient au contraire la réduction abrupte.

Par conséquent, l'arrêt soudain et total est plus susceptible de susciter une abstinence durable qu'une simple réduction graduelle de la consommation, même pour les fumeurs qui avaient initialement exprimé leur préférence pour la méthode progressive.

Les autres méthodes, y compris la cigarette électronique dont l'efficacité reste à prouver, semblent donc reléguées au second plan.

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Mots-clés :
fumeurs, Navarro, Angleterre
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Septentrionale
- 19/03/2016 - 10:24
J'ai fumé jusqu'à près de 2 paquets de Dunhill
Enceinte j'ai arrêté net, c'est mon organisme qui s'est imposé pas ma volonté. Puis j'avais repris la cigarette. Je fumais moins. Quarante ans plus tard j'ai arrêté net. Il y avait un sentiment ambigu d'autre chose, d'autrement qui rôdait en moi. Dix ans après la cigarette ne me sollicite pas et ne me gène pas outre mesure. Seuls les personnes qui empestent le tabac m'incommodent.
papinet
- 16/03/2016 - 22:49
Cause ou conséquence ?
Et si ceux qui ont choisi la méthode brutale étaient ceux qui avaient le plus envie de s'arrêter ou qui avaient le plus de volonté ? Ça remettrait en cause l'efficacité de la dite méthode non ?
J'ai toujours beaucoup de doutes sur ce type d'études soit disant scientifiques.
schangi
- 16/03/2016 - 00:15
J'ai arrêté de fumer un soir...
Je roulais mes cigarettes à la main, avec du scaferlati bleu, sans filtre, dans du papier Zig Zag jaune. J'en fumais une quinzaine par jour, bien tassées.
Un vendredi soir de février 2009, plus de tabac... Samedi matin, il pleuvait : j'attendis pour sortir acheter mon paquet de bleu. Et puis j''ai décidé subitement de ne pas fumer ce samedi-là. En réalité, je n'ai jamais acheté mon tabac, et je n'ai plus JAMAIS fumé depuis 7 ans.
Curieusement, ça ne me dérange pas qu'on fume en ma présence. Je n'ai jamais pu expliquer comment et pourquoi j'ai arrêté de fumer avec tant de facilité après 50 ans de clope.
A mon avis, fumer est avant tout une posture, une attitude, bien plus
qu'une intoxication. Sinon comment aurais-je pu m'arrêter en une nuit, sans qu'apparaisse un phénomène de manque ?
Dans un tiroir j'ai toujours encore un bloc de papier Zig Zag jaune "au Zouave", en souvenir de mes années de tabagie.