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Cercle vicieux

Le déclin ? Non, la décadence… et ça, il est plus difficile d’en sortir : quand Valéry Giscard d’Estaing met le doigt là où la France a mal

Publié le 25 décembre 2015
Dans un entretien accordé par Valéry Giscard d'Estaing, à la question de savoir si la France est en décadence, l'ancien Chef d'Etat répond "sans aucun doute" et ajoute que "le problème de la décadence est qu'elle ne s'arrête jamais". Un processus commencé par les bouleversements des structures de mai 1968.
Anthony Escurat est directeur des études de Nouveau Cap (think tank du MEDEF). Il est l'auteur de « Fiscalité locale des entreprises : un échec français » pour Nouveau Cap (mars 2019, 156 pages) et de « Le lobbying : outil démocratique » pour la...
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Yves Roucaute est philosophe. Agrégé de philosophie et de sciences politiques, il enseigne à la faculté de droit de l’université de Paris-X.
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Anthony Escurat
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Dans un entretien accordé par Valéry Giscard d'Estaing, à la question de savoir si la France est en décadence, l'ancien Chef d'Etat répond "sans aucun doute" et ajoute que "le problème de la décadence est qu'elle ne s'arrête jamais". Un processus commencé par les bouleversements des structures de mai 1968.

Atlantico : Comment ce processus de "décadence" tel qu'exprimé par l'ancien Chef de l'Etat se manifeste-t-il selon vous ?

Maxime Tandonnet : Cette question renvoie à la célèbre citation de Valéry: "Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles". Il y a deux manières de voir les choses me semble-t-il. Sur le très long terme, la "décadence" est une réalité historique. Au XVIIème siècle, la France était la première puissance européenne sinon mondiale, militaire, économique, démogaphique. La langue française était la langue internationale. Les souvenirs de Richelieu puis de Louis XIV  renvoient à la domination française sur le continent. La puissance Française a connu ensuite des résurections éphémères, l'empire napoléonien, l'empire colonial construit par la IIIème République. Le contexte actuel n'a plus rien à voir et c'est inévitable: le monde a profondément changé. Il est inutile de se lamenter là-dessus et d'éprouver de la nostalgie. La révolution industrielle, les deux guerres mondiales ont banalisé la puissance française qui n'est plus en position de dominer le monde. La population française représente moins d'un centième de la population mondiale. Il y a là une logique de l'histoire mondiale sur laquelle il est inconcevable d'espérer revenir. Notre pays pourrait avoir l'ambition d'être un phare et un modèle pour les autres nations s'il était capable de  donner l'exemple d'une gestion saine de l'économie, de la prospérité, de la stabilité, de la sécurité, de la justice. Il en est bien loin aujourd'hui. En effet le mot "décadence" veut aussi dire tout autre chose: à court terme, affaissement de l'autorité de l'Etat, mise en cause des valeurs et des repères sociaux, désordre, violence, incivisme, fragmentation de la société, incapacité de se gouverner et d'exprimer une ambition collective. En ce deuxième sens là, la décadence est réversible.

Anthony Escurat : La bataille sémantique entre "décadence" et "déclin" n’est pas évidente et confine, in fine, à renvoyer dos à dos avocats d’un hypothétique sursaut contre partisans d’un pessimisme quasi suicidaire.

Au-delà du débat terminologique, quel regard porter sur la France d’aujourd’hui ? Chiffres à l’appui, la "déclinophilie ambiante" prend une ampleur vertigineuse.

Il convient tout d’abord de s’attarder sur le front économique et social, creuset de la dépression française actuelle. Or, force est de constater que le bateau France prend l’eau de toutes parts. Malgré les incantations à la petite semaine de François Hollande, la croissance hexagonale demeure engluée dans une atonie préoccupante, à la remorque de la moyenne de la zone OCDE. Ce trou d’air économique est d’autant plus inquiétant qu’il s’inscrit dans un contexte favorable de reprise chez la majorité de nos partenaires occidentaux et de quantitative easing de la BCE.

Du côté de la dette, pas de quoi pavoiser non plus. En dépassant les 2 100 milliards d’euros au deuxième trimestre 2015, elle se rapproche dangereusement des 100% du PIB. Un record depuis quarante ans.

Parmi les autres indicateurs alarmants figurent bien entendu au premier rang le taux de chômage, épée de Damoclès au-dessus de tous gouvernements. Avec 10,2% au troisième trimestre 2015, il est l’un des plus élevés de la zone OCDE.

Au-delà de ces indicateurs économiques, la décadence française – pour reprendre le terme employé par Valéry Giscard d’Estaing – apparaît protéiforme. Le premier stigmate est assurément le manque de réforme. Comme l’expliquait avec justesse l’économiste Robin Rivaton à la suite du premier tour des élections régionales, "la principale cause du succès croissant du Front National c'est le vide. L'absence de résultats à droite comme à gauche, l'absence de projets à droite comme à gauche, l'absence de renouvellement à droite comme à gauche". Ce diagnostic est tout à fait transposable au sentiment de déclin qui anime tant de Français.

En effet, quand le gouvernement prétend tout faire pour l’emploi sans pour autant toucher d’un iota au droit du travail, il alimente le déclinisme. Quand les partenaires sociaux rechignent à réformer l’UNEDIC ou les régimes de retraite, ils alimentent le déclinisme. Quand Manuel Valls entend réaffirmer l’autorité de la République tout en gardant Christiane Taubira dans son gouvernement, il alimente le déclinisme et ce sentiment que tout change pour que rien ne change. Que la communication est bien plus importante que les actes.

En regardant ailleurs en Europe, la France fait preuve d’un immobilisme dont on peut légitimement rougir. De la "big society" portée par David Cameron en passant par les lois Hartz outre-Rhin ou le "job Act" et la réforme institutionnelle de Matteo Renzi, nos voisins européens ont tous, ces dix dernières années, mis en œuvre d’importantes réformes structurelles. La France, quant à elle, reste à la traîne. Immobile. Pétrifiée.

Adepte de la procrastination, la classe politique hexagonale doit – à la manière de Winston Churchill dans un contexte certes bien différent – dire aux Français la vérité sur l’état de la France, la marge de manœuvre dont elle dispose pour se réformer et les sacrifices auxquels nous allons devoir tous consentir. À force de repousser sans cesse les réformes structurelles, nous courons un grand danger.

Yves Roucaute : Votre question m’amuse, car ce point de vue de la décadence française, largement partagé parmi les élites politiques, est la raison pour laquelle j’ai un jour décidé d’arrêter mes travaux pour écrire Eloge du mode de vie à la française (Contemporary bookstore). 

Précisément, avant même de tenter de percer ce que révèle ce discours sur l’état de notre pays, sur son évolution, et sur son avenir, notons que ces propos sur la décadence française, du latin "cadere"  qui signifie "tomber", ne sont pas nouveaux pour certaines élites politiques depuis la disparition de Georges Pompidou, et pour certains intellectuels sophistes qui font le bonheur des médias en pleurant sur le malheur français avec des pensées aussi courtes que leurs CV scientifiques et universitaires. "La France est foutue", "la France est perdue", on connaît la chanson. 

Du côté de certains professionnels politiques, ils ressemblent en effet à Valéry Giscard d’Estaing qui n’a "aucun doute" sur la "décadence" française. En a-t-il eu, un jour ? Il tient depuis longtemps pour acquis cette chute de la France dans le concert des nations. En 1975, il n’avait ainsi déjà aucun doute sur le fait que la France était une "puissance moyenne", à vocation plus ou moins mondiale, modérait-il parfois. Dernièrement, il avait inventé  l’idée de "grande puissance moyenne". 

Mais s’agit-il d’une "pensée" ? Le terme est-il bien adapté s’agissant de la production de notions vagues comme "grande puissance moyenne" ? Je ne vois ni analyse concrète, ni pensée conceptuelle, ni, encore moins, de dessein stratégique. Il y a même quelque chose d’un peu ridicule à vouloir déclarer "moyenne", une puissance qui, sur 193 Etats dans le monde, est la troisième puissance nucléaire du globe, un des cinq membres du conseil de sécurité de l’ONU, premier contributeur militaire de l’Union européenne, cinquième ou sixième puissance économique mondiale, deuxième zone économique exclusive du globe, avec 12 millions de Km2, seule puissance à être présente sur tous les océans, première puissance culturelle mondiale en matière de Théâtres, de monuments, de musées, troisième pays producteurs de films et de musiques… sans même évoquer sa puissance symbolique dont les derniers événements dramatiques ont montré la force. Certes, à l’ENA, d’où sont issues les élites politiques depuis trente ans, les mathématiques ne sont guère enseignées, ni l’histoire, mais au point de ne pas savoir calculer une "moyenne" sur 193 Etats, j’avoue en être béat, au point de me demander si supprimer l’ENA ne serait pas une des premières mesures salutaires pour sortir le pays non de sa décadence mais de son passager déclin. 

Certes, nombre d’ "intellectuels" sacrés "penseurs" par les médias, emboîtent le pas. Les voilà à se désespérer de l’impuissance française quand ils devraient plutôt s’inquiéter de l’impuissance de leur pensée. Remarquez, pourquoi s’encombrer de faire des thèses, de passer des agrégations, de tenter une reconnaissance à la façon des élites intellectuelles des pays nordiques, germaniques, anglo-saxons, japonais ou chinois, en passant devant les jurys de pairs, pourquoi aller sur le terrain, produire des concepts et des analyses des situations concrètes, quand on a la chance de vivre dans un pays comme la France où le système médiatico-politique, dans le mépris de la vraie pensée choisit lui-même ses "penseurs", s’enivrant devant les provocations de l’ignorance. 

A vrai dire, je ne vois guère de décadence, si j’en juge par ce qui a pu se produire lors de certaines périodes pur certains empires ou certains royaumes. Depuis la moitié du XIXème siècle, la première puissance mondiale militaire et économique est les Etats-Unis. Et la France, avec le Royaume Uni tient sa place, économique, militaire, culturelle. 

A l’inverse, je vois bien un déclin momentané qui n’a rien d’inexorable. Il se lit par des critères objectifs, en termes industriels, financiers, commerciaux, par la faible croissance, la dette publique, le PIB,  le chômage.  Par le nombre de brevets, dont je rappelle qu’ils sont une clef pour l’emploi et la compétitivité, le manque d’attractivité des universités, le départ des chercheurs, l’inadaptabilité du droit à la concurrence internationale et à la libération des énergies. 

Mais, plus encore, le déclin s’exprime dans la vie quotidienne. 

En particulier par l’affaiblissement  moral, par corruption générale des mœurs. Le délitement de la société française se lit dans les incivilités, auxquelles les élites n’ont pas prêté attention. Il leur paraissait anecdotique que des femmes soient sifflées et insultées dans la rue, que des  jeunes ne se lèvent pas pour laisser s’asseoir des gens âgés dans les transports en commun, que les drapeaux français soient brûlés, que La Marseillaise soit huée, que des enfants soient rackettés, que des drogues soient vendues à la sortie des lycées, que des revendications multiples viennent gangréner le mode de vie généreux français. Il leur paraissait anodin que les particularisme cherchent leur satisfaction à travers l’Etat, et que cet Etat cède quasi systématiquement devant les manifestations de ces particularismes au lieu d’être au service du bien public. Il leur paraissait inessentiel qu’au nom d’une idéologie de la compétence administrative, l’Etat lui-même devient la propriété d’une caste ignorant tout de la stratégie, règne sur l’exécutif, le législatif et le judiciaire, s’emparant même d’une grande partie du monde économique. 

Mais précisément, n’est-ce pas cela que veut la France profonde : la défaite des élites politiques qui se satisfont de la défaite française ? Une demande si forte que nombre de nos concitoyens sont prêts à soutenir des élites plus incompétentes encore, issues du ressentiment, du repli isolationniste et protectionniste, du rejet d’un système qui conduit la France à la faillite. 

Car, la France le sait : le déclin n’est pas fatal. La France l’a déjà connu à certaines périodes de son histoire. Depuis Clovis, combien de fois ne l’a-t-on pas cru morte ? Sans même remonter aux différentes crises qui l’ont sérieusement amoindrie, sans même évoquer les seules périodes républicaines, depuis la Terreur jusqu’à aujourd’hui, c’est bien ce déclin moral qui fut cause de la chute de la IIIème République qui vota les pleins pouvoirs à Pétain. Ce déclin fut la cause de la perte de la IVème République. A chaque fois, la France s’est relevée en combattant les fatalistes et les apocalyptiques de la décadence. 

Il fallut pour cela des stratèges qui avaient une vision de l’avenir et avaient décidé de mener une politique courageuse. Mon désaccord avec Valéry Giscard d’Estaing et tous les idéologues de la décadence porte sur le fond : l’esprit de la nation française n’a pas achevé le rôle qui lui est dévolu par l’histoire. Au contraire : cet esprit porte haut dans le monde, contre la vision ethnique des Cités, son projet de nation civique comme modèle de vie pacifiée pour toutes les nations, avec ses valeurs universelles  qui disent droits et devoirs de l’humain, droit et devoirs des minorités, droits et devoirs des individus. Qui disent qu’il faut rendre à Dieu ce qui appartient à dieu et à César ce qui lui appartient, clef d’une laïcité respectueuse de la liberté de chacun dans l’égale dignité. Cet esprit présente en modèle son mode de vie sucré, dont le sens caché est la joie de vivre ici et maintenant, avec son partage du pain et du vin, ses arts de la table, sa galanterie, son culte de la littérature, des artistes, des fêtes où se mêlent fraternellement les citoyens. Un modèle où l’humanité se découvre peu à peu, par ses french doctors comme par son croissant, comme humanité. Il reste à former une élite politique qui soit à la hauteur de cette nation.

"De la période de décadence naît inévitablement une période de confusion, parce que les structures auxquelles les gens sont habitués se disloquent, disparaissent, s'affaiblissent [...] et cela ne peut s'arrêter que s'il y a une génération qui arrive et qui veut autre chose. La génération de la société de consommation qui nous a gouvernée depuis 1968 jusqu'à maintenant a été très néfaste en fait". Famille, couple, vie spirituelle... En quoi l'épisode de mai 68 a-t-il pu porter atteinte aux structures de la société française ?

Maxime Tandonnet : Mai 68 a été une secousse mettant en question la société traditionnelle avec son fameux slogan, il est interdit d'interdire. La société française a connu une remise en cause en cette période. Pour autant, il n'est pas certain que le monde d'avant était forcément meilleur ni plus heureux. Je pense notamment à la condition de la femme. Mai 68 a ébranlé un univers fondé sur la domination de l'homme dans les couples et dans la vie professionnelle, par exemple, le concept d'autorité paternelle a été par la suite remplacé par celui d'autorité parentale. On ne peut qu'y voir un progrès. Je pense qu'on excède la portée de mai 68, une rébellion qui a duré deux mois et a entraîné une consolidation plutôt qu'une chute du pouvoir gaullo-pompidolien, en en faisant un symbole du malaise français aujourd'hui. Il me semble que la crise de notre pays correspond à un phénomène de longue durée qui remonte au milieu des années 1970 et tient à l'affaiblissement du pouvoir politique. Les gouvernements qui se sont succédé, ont toujours choisi la facilité et la démagogie, la pente descendante, plutôt que d'engager les réformes économiques et sociales difficiles et nécessaires à la France et qui ont été faites par l'Allemagne par exemple. 

Anthony Escurat : Comme l’explique Éric Zemmour dans le "Suicide français", les révolutionnaires de mai-68 n’ont pas fait tomber l’État mais ont conquis la société. Si mai-68 a permis de nombreuses avancées, ses tenants ont également déconstruit l’idée-même de nation au profit d’un mondialisme dont la vacuité a longtemps fait et faire encore le miel de l’extrême droite. Ils ont ainsi abandonné l’idée de communauté de destins, socle de la définition de la nation proposée par Ernest Renan, et de ce fait ouvert la voie à tous les communautarismes. Sans le vouloir, ils ont fait la courte échelle à l’islam radical. Ils lui ont déroulé le tapis rouge au motif que parler de patriotisme renvoyait soit au Front national soit aux heures les plus sombres du XXème siècle. Sur ce point, Éric Zemmour a parfaitement raison lorsqu’il propose de déconstruire les déconstructeurs ! C’est essentiel. 

Yves Roucaute : Mai 68 fut un moment de la vie de l’esprit de la nation, celui où elle mit en doute ses certitudes. Il fut un certain bouillonnement dont certains aspects furent positifs car il ouvrit le pays sur de nouvelles formes d’art, de nouvelles perspectives scientifiques, de nouvelles exigences d’organisation de vie et de communication transversale et horizontale contre la vision pyramidale et fermée du monde. Songeons seulement au fait que la télévision était réduite à une télévision d’Etat, contrôlée par le pouvoir politique, que les radios libres étaient interdites, que l’administration se pensait au dessus des lois du monde ordinaire au point d’intervenir dans l’anonymat. 

Mais ce bouillonnement fut aussi une sorte de retour à l’adolescence, un moment de dérèglement moral où le relativisme régna jusqu’à ne plus savoir hiérarchiser, jusqu’à ne plus reconnaître le maître de l’élève, le comportement citoyen du comportement incivique, les règles d’assimilation du laxisme, jusqu’à ne même plus savoir, malgré la Shoah, malgré les camps, malgré les massacres sur le globe, malgré les attentats contre des populations civiles, qu’il y a du Mal et pas seulement du mal relatif. Sans doute fallait-il en passer par cette phase d’adolescence pour que notre société redevienne mature alors que la troisième révolution industrielle approchait. 

Mais le malheur de notre société est que certains dirigeants, à gauche et parfois à droite, ne sont pas sortis de cette adolescence tandis que d’autres, conservateurs, croient s’en être sortis en rêvant d’un retour en arrière. 

Un Georges Pompidou avait pourtant ouvert la voie post 68. Il sut prendre en compte les nécessités d’ouvrir plus encore la France au monde tout en préservant le conservatisme des valeurs universelles, le mode de vie et la recherche de la puissance. Pas facile. Il fut en quelque sorte le premier néoconservateur français car il savait cette conjonction de la morale universelle, du patriotisme et de l’ouverture au monde et aux sciences. C’est sans doute pourquoi, catholique, comme l’était le général de Gaulle, il ne se laissait pas embarquer dans des débats inessentiels dont la gauche est spécialiste, des débats dits "de mœurs", faute de pouvoir affronter les défis majeurs de la France. Malheureusement il disparut trop tôt. Et l’on vit ainsi persister l’esprit soixante huit et bientôt arriver une armada de fonctionnaires relativistes, abordant le politique par la gestion au lieu de l’être par une stratégie de puissance, plus préoccupés par leur carrière que par la grandeur du pays, jugeant le pays à l’aune de leur médiocrité.

"Le problème de la décadence c'est que malheureusement, historiquement, elle s'arrête rarement, elle ne revient pas en arrière". IVème république, monarchies jusqu'au XVIIIème siècle... A quels moment la société française a-t-elle été confrontée à un système décadents ? Voyez-vous des spécificités à celle que nous serions en train de vivre actuellement ?

Maxime Tandonnet : Je trouve que notre époque ressemble à certains égards aux périodes troubles de l'histoire, au cours desquelles l'Etat et le pouvoir politique sont affaiblis. Ainsi, le début du haut Moyen-âge, l'époque des Mérovingiens est marquée par une grande confusion. La notion d'intérêt public disparaît au profit des intérêts particuliers des familles régnantes. Le royaume franc est l'objet de partages continuels. Le rôle des souverains se cantonne au symbole, avec l'image d'Epinal des rois circulant dans des chars à boeufs et non au gouvernement effectif du pays. La morale publique est bafouée, dans un contexte d'héritiers assassinés, voués au couvent. Nous sommes alors en pleine crise du sens de la vie publique et de l'intérêt général.

Anthony Escurat : La France de Louis XVI comme celle de la IVème République peuvent à leur manière être qualifiées de décadentes. La première s’est effondrée sous le poids de la dette qui a provoqué la Révolution, la seconde à cause du manque de réforme institutionnelle qui a engendré sa paralysie, puis sa chute. Deux maux auxquels la France d’aujourd’hui fait terriblement face. En effet, nous l’avons évoqué plus haut, la dette tricolore n’a jamais été aussi élevée. De l’autre côté, les Français n’ont jamais eu si peu confiance en leurs responsables politiques accusés de préférer aux nobles combats (chômage, croissance…) les équations électorales les plus viles et, comme le démontrent les forts taux d’abstention enregistrés à chaque scrutin électoral, participent de moins en moins à la vie démocratique. Bon an mal an, surendettée et paralysée, la France de 2015 a des allures de fin de règne républicain.

Pour revenir au terme de "décadence" employé par Valéry Giscard d’Estaing, l’historien Alain Chaffel nous rappelle que dès les prémices du XIXème siècle, Chateaubriand pointait déjà du doigt les "symptômes de décadence" de la France. La défaite face à la Prusse ainsi que, plus tard, les deux guerres mondiales couplées à la décolonisation n’eurent de cesse selon Chaffel de renforcer ce sentiment de profond malaise. Raymond Aron lui-même partageait ce diagnostic, utilisant lui aussi la notion de "décadence" et non pas de "déclin", aujourd’hui plus en vogue dans les chorus politique et médiatique. Ce sentiment n’est donc pas nouveau mais il convient néanmoins d’observer que depuis bientôt une décennie les "déclinologues" cumulent succès en librairie et dans les urnes. Qu’il s’agisse de Michel Houellebecq, Éric Zemmour, Alain Finkielkraut ou encore Michel Onfray pour les premiers, et d’une partie de la droite et de l’extrême droite pour les seconds. Une vague "décliniste" que semble épouser une grande partie des Français. Selon un sondage Ipsos réalisé en 2006 (soit avant la crise économique et les attentats survenus en 2015), 52% d’entre eux estimaient en effet que notre pays était sur la voix du déclin, contre seulement 8% considérant a contrario qu’il progressait. Un véritable désenchantement. 

Si la France a été la première à instaurer la démocratie suite à la "décadence" représentée par la monarchie, elle a entraîné l'Europe entière avec elle. Dans quelle mesure cette décadence peut-elle se ressentir ailleurs en Occident ?

Maxime Tandonnet : La démocratie, le pouvoir du peuple constitue une arme contre la décadence. Une de dernière grande période de gloire de la France est la IIIème République à ses débuts, une ère de rayonnement français, pensons à la grande exposition universelle de 1889, à l'essor industriel de cette époque, aux grandes lois de liberté, la laïcité, l'école obligatoire, l'unification du pays par la langue française. La colonisation est bien sûr un épisode controversé. Mais à l'époque, elle était un signe d'universalisme et de grandeur nationale.  La démocratie est un système d'autorité: le peuple décide et la loi de la majorité doit être appliquée. La décadence intervient quand le principe d'autorité au sens le plus noble du terme, celui de capacité de décision, d'action collective, de gouvernement, s'affaiblit au profit du morcellement, du délitement de la société. La dénaturation de la démocratie, quand la Nation a le sentiment que ses dirigeants politiques ne tiennent pas compte ce ce qu'elle pense, est la forme la plus caractéristique de la décadence.  Ce sentiment est particulièrement marqué en France mais il se manifeste ailleurs en Europe en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Europe de l'Est, avec le sentiment que le pouvoir est monopolisé par des technocrates qui confisquent la souveraineté et étrangers aux inquiétudes populaires. Il explique une poussée un peu partout des passions extrémistes et nationalistes. La redécouverte de la démocratie est à l'évidence l'unique moyen de contrer cette évolution dramatique. Elle passe un peu partout par un renouvellement des représentations parlementaires, la décentralisation, le recours à la démocratie de proximité et à la démocratie directe par l'usage raisonnable du référendum.

Anthony Escurat : À la suite de l’effondrement de l’URSS, le politologue américain Francis Fukuyama avait prophétisé – un peu hâtivement – "la fin de l’Histoire". L’Occident, alors triomphant, et ses valeurs (libéralisme, démocratie) l’auraient ainsi définitivement emporté sur toute forme d’idéologie concurrente. La réalité près de trente ans plus tard a quelque peu évolué.

D’une manière globale, sur le plan international, comme le signalait Hubert Védrine dans vos colonnes il y a un an "la supériorité de l'Occident sur le reste du monde est de plus en plus illusoire". Le concert international est aujourd’hui multipolaire et les pays occidentaux (États-Unis en tête) cèdent inlassablement du terrain face à l’émergence de nouvelles puissances avec qui il faut assurément composer. Les rapports de force basculent à une allure effrénée et, d’une certaine manière, l’Occident peut apparaître en déclin.

Plus spécifiquement, les stigmates de la décadence que connaît la France se retrouvent également dans d’autres pays occidentaux : le péril du chômage (des jeunes notamment) et aussi les difficultés à vivre ensemble dans des sociétés multiculturelles. La vague de djihadistes européens (souvent très jeunes) partis en Syrie est à ce sens extrêmement révélatrice. La France mais aussi la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou l’Italie font ainsi face à une frange de leur jeunesse qui a choisi de faire sécession avec le roman national, qui ne se reconnaît plus dans les valeurs de leur terre natale et qui, in fine, se retournent contre elles. Certes les djihadistes n’excèdent pas quelques milliers, mais le mal est profond et ronge l’ensemble des sociétés multiculturelles occidentales. La décadence serait de fermer les yeux sur cette crise identitaire. Manifestement, les responsables politiques européens ne s’en sont pour l’instant pas saisi…

Si un déclin peut être résolu, la décadence appelle à un changement profond du système. Jusque quand le système actuel pourra-t-il tenir, quel est selon vous le seuil critique à partir duquel le système devra changer ?

Maxime Tandonnet : Je ne sais pas s'il existe un seuil critique... Il me semble qu'on peut s'enfoncer toujours plus. Aujourd'hui, c'est le système politique français qui est en faillite. Il me semble que nous assistons,depuis la moitié des années 1970 à une dérive narcissique du pouvoir. La notion de bien commun s'efface devant des intérêts personnels ou sectaires. Le pouvoir est recherché pour les avantages matériels ou de vanité qu'il procure. L'intérêt général passe au second plan. La conquête ou la préservation des attributs du pouvoir deviennent des fins en soi. Les dirigeants ne cherchent plus à gouverner, à changer la réalité en faveur du bien commun, mais à communiquer, répandre l'illusion de l'action. C'est pourquoi la vie publique est envahie par les postures, les polémiques, les mises en scène. La politique spectacle est le premier signe de la décadence. Celle-ci ne se situe pas tellement dans la société civile. La France a une jeunesse qui déborde d'initiatives, d'envie de créer, de se renouveler, de s'ouvrir au monde. Ce pays recèle des trésors d'inventivité et d'énergie. Le drame, c'est sa classe dirigeante qui est sclérosée et repliée sur elle-même, incapable de se remettre en cause. 

Anthony Escurat : Beaucoup (dont je fais partie) pensaient qu’il y aurait un avant et un après "Charlie" puis un avant et un après "13 novembre", imposant que l’on se pose (enfin) les bonnes questions, que l’on mette des mots sur des maux. Au final, rien (ou si peu) n’a bougé. Malgré les coups de menton (et de communication) de Manuel Valls, en dépit des discours martiaux de François Hollande, tout porte à croire que l’on continuera à se fourvoyer dans le déni.

Après "Charlie", les débats se sont concentrés sur l’islam radical et les menus de substitution dans les cantines. Après le "13 novembre", la focale s’est posée sur Daech et les enjeux sécuritaires uniquement. Tous ces débats éludant, ce faisant, la véritable question de la fracture identitaire. La France est aujourd’hui morcelée en un puzzle de communautés qui n’a plus rien à voir avec une quelconque union nationale. Résultat, aujourd’hui, bon nombre de nos compatriotes ne se considèrent pas Français tandis qu’une autre partie ne se sent plus en France, chacun portant son lot de revendications et de frustrations légitimes. Le cœur du mal est ici, dans la question de l’identité qui n’est ni infamante ni miraculeuse mais qui porte en elle de nombreuses solutions aux maux qui nous assaillent.

Rappelons qu’en 2005, lors des émeutes survenues dans nos banlieues, l’islam n’était absolument pas présent. Ces révoltes reflétaient un mal de vivre que nos responsables politiques de tous bords ont vite feint de ne plus voir une fois les émeutiers rentrés dans leurs cités. Résultat, l’islam radical s’est engouffré dans cette brèche et a surfé sur le désoeuvrement d’une partie de notre jeunesse. La question n’est donc pas tant liée à l’islam (comme Pierre Manent le présente dans son dernier ouvrage) mais à l’identité et, corrélativement, à l’emploi.

Si le système ne change pas après les attentats qui ont émaillé 2015, son acte de décès viendra peut-être de nouvelles révoltes dans nos quartiers, poudrières dont la mèche demeure aujourd’hui tenue à bout de bras par les aides sociales et les trafics en tout genre. Certains élus tel que Malek Boutih à gauche tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme. Il serait temps que nos responsables politiques l’entendent enfin et agissent en conséquence sur tous les fronts : éducation, économie, sécurité, etc. "L’urgence c’est maintenant", pourrait-on dire !

Yves Roucaute : Aujourd’hui le système est à bout de souffle. Ajouter d’autres textes aux 400 000 textes réglementaires et aux 8 000 lois n’y pourra rien changer. Pas même sur la question de l’identité. Nous souffrons d’un Etat mal pensé, incapable d’assurer ses fonctions régaliennes classiques, poussé à une intervention intempestive au nom d’une solidarité mal pensée, avec une redistribution qui passe à côté de son objectif, une dette publique qui arrive à 96% du PIB, des structures obsolètes et rigides qui ne peuvent assurer le bouleversement lié à la révolution numérique.

La solution est le retour à la politique. Car la clef face au déclin actuel ne peut être que politique. Inutile de croire qu’il suffit de laisser les choses en l’état. Elles ne resteront pas en l’état. Le déclin, les Français ne le veulent pas, qu’elle que soit leur origine, basque ou réunionnaise, bretonne ou polynésienne, auvergnate ou calédonienne, petits enfants de tirailleurs sénégalais ou de harkis, dans leur immense majorité, cette France, ils en sont fiers. Ils la veulent grande et prospère, fidèle à son passé, tournée vers l’avenir.

Si au lieu d’un recrutement politique ouvert sur les énergies de la société civile, la classe politique joue sa reproduction, si, au lieu de réformes profondes bouleversant le système,  le personnel politique poursuit ses réformettes de salon, alors les Français joueront la crise du système. L’échec des socialistes aux dernières élections, le demi-succès de la droite en raison de cet échec patent des candidats "centristes" et proches d’Alain Juppé, ne laisse aucun doute sur les conséquences de l’absence de courage. Car l’histoire de France le montre depuis plus de mille ans : les Français craignent plus la médiocrité que la crise.

Pour autant, y a-t-il des raisons de croire que ce changement de système sera positif ? 

Maxime Tandonnet : Le renouveau de notre pays passe sans doute par une révolution des mentalités et de la conception du pouvoir politique. Le système actuel est désastreux. Il concentre toute l'attention médiatique sur un personnage, le président de la République, censé incarner le salut collectif, à la fois chef de l'Etat, chef politique, chef du gouvernement.  Cette personnalisation excessive du pouvoir est une des sources du mal. Le chef de l'Etat doit d'incarner la Nation. Donc il soigne sa popularité, surtout s'il a en tête une éventuelle réélection. Dès lors, plus personne n'est en position de prendre des risques, d'assumer des responsabilités, de décider, de choisir, de gouverner les réalités. D'où la glissade permanente de la politique française dans la communication et la mise en scène, la facilité, le renoncement aux mesures qui permettraient de remonter la pente, le culte de la démagogie et de l'irréalisme que l'on retrouve aussi bien dans l'immobilisme des partis de gouvernements que dans l'outrance irresponsable des partis protestataires ou supposés "anti-système". En outre, par mimétisme, l'Elysée devient l'obsession d'une grande partie de la classe dirigeante. Tout le monde rêve du Palais et plus personne n'a vraiment envie de travailler. La France a besoin d'une transformation radicale de son modèle et de ses mentalités politiques, de réapprendre à se gouverner pour le bien commun, autour d'un Premier ministre responsable devant le Parlement, comme le veut d'ailleurs la Constitution de 1958. Elle a aussi besoin d'un immense brassage et renouvellement de sa classe dirigeante, l'arrivée au pouvoir des forces vives du pays, de ses jeunes, de ses entrepreneurs. Une limitation de la durée des mandat parlementaire, à un voire deux renouvellements, le recours au septennat présidentiel non renouvelables constitueraient un premier pas vers la sortie de crise.

Anthony Escurat : Difficile de répondre à cette question. Le fait que le Front national et l’abstentionnisme soient les deux premiers "partis" chez les jeunes est tout de même source d’inquiétude… 

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gayet.stephane@chru-strasbourg.fr
- 21/12/2015 - 11:53
Juste analyse
Cet article est de mon point de vue une juste analyse. On peut en recommander largement la lecture.
berdepas
- 21/12/2015 - 11:09
La Décadence, un mythe ???
En parcourant cet intéressant débat, j'ai eu le sentiment que parmi nos élites existe une tendance qui ressemble à celle qui a fait débat ces dernières années, et dont les effets nous explosent au visage aujourd'hui: il en est, semble-t-il, de la décadence comme il en fut de "l'insécurité".
Pour certains "l'insécurité n'existait pas". Il s'agissait seulement d'un "sentiment d'insécurité" entretenu artificiellement par l'extrême droite.... Il en est de même pour la "décadence"dont les symptômes sont pourtant perceptibles par n'importe quel citoyen lucide...
Carol Langloy
- 21/12/2015 - 07:36
Et si l'important, ce n'était
Et si l'important, ce n'était pas de "dominer le monde" mais de faire rayonner sa culture ? Dans ce sens, le siècle de Périclès a façonné le monde, et l'empire romain est bien vivant. Il suffit de voyager un peu (et être en contact avec la population, ce qui exclut la plupart des touristes), pour s'apercevoir que le rayonnement de la culture française est toujours intact : la France symbolise le beau, le bon, l'excellence dans tout ce qui fait l'agrément de la vie. Que demander de plus ? Bien entendu, cela n'excuse pas notre paresse actuelle de "rois fainéants"...