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"Je ne veux pas travailler"
Vie de bureau : comment rendre cool un boulot qu’on déteste ?
Publié le 10 décembre 2015
Réorganiser le temps de travail, acquérir une plus grande autonomie ou apprendre à défendre ses idées en réunion, sont autant de clés qui peuvent grandement favoriser l'intérêt que l'on porte au travail. Et bonne nouvelle: être passionné par son travail peut aussi bien venir du lien social qu'on y développe que de découvertes extraordinaires.
Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des...
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Olivier Babeau
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Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des...
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Réorganiser le temps de travail, acquérir une plus grande autonomie ou apprendre à défendre ses idées en réunion, sont autant de clés qui peuvent grandement favoriser l'intérêt que l'on porte au travail. Et bonne nouvelle: être passionné par son travail peut aussi bien venir du lien social qu'on y développe que de découvertes extraordinaires.

Atlantico : Lorsque l'on occupe un nouvel emploi, il arrive que le poste ne corresponde pas à ce qui avait été décrit par l'employeur. Frustré, mis en difficultés, un salarié peut alors en venir à détester son job. Comment, malgré tout, réussir à transformer l'essai et rendre intéressant un travail que l'on n'aime pas (ou plus) ? Comment réussir à créer un environnement plus varié et plus épanouissant ?

Olivier Babeau : L'intérêt pour un travail et la satisfaction à l'exercer dépendent de deux facteurs principaux : le contenu des tâches et l'appartenance au groupe. Il faut commencer par comprendre la cause de son insatisfaction, faire soi-même le diagnostic clair de ce qui nous rend malheureux au travail, stressé, ennuyé ou déprimé. Si le contenu est en cause: il faudra voir ce qu'il y a à changer au niveau des tâches, de la charge de travail, des horaires, de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Mais travailler en entreprise, c'est aussi appartenir à un groupe social. Pour comprendre une insatisfaction, il faudra donc améliorer son intégration au groupe, apprendre à faire valoir son avis, s'interroger sur son implication dans les discussions lors de prises de décision, sur le respect mutuel qui règne entre employés... Il suffit que l'un de ces éléments ne soit pas rempli pour que se développe de l'insatisfaction voire de la souffrance au travail.

Les solutions dépendent ensuite du type de travail et du diagnostic posé. Les objectifs fixés sont-ils trop ambitieux ou est-ce un manque de liberté dans l'organisation du travail qui indispose ? Dans ce dernier cas, demander davantage d'autonomie peut résoudre le problème ; dans le premier une révision des tâches s’impose. L'ergonomie du poste de travail doit aussi être étudiée pour s'assurer que la pénibilité ne vient pas aussi d'un trop grand bruit dans la pièce de travail ou d'un matériel inadapté par exemple.

Et si aucune amélioration n'est finalement possible, ou si de toute façon l'emploi ne correspond pas à nos capacités et à nos goûts, je considère qu'il ne faut pas se priver d'employer une solution radicale : avoir le courage de quitter une entreprise. Une solution évidemment difficile en ces périodes de fort chômage, mais c’est un conseil que je donne à des jeunes actifs qui ont souvent la possibilité d’envisager des réorientations avec succès. 

Comment aborder le sujet avec sa hiérarchie en douceur en vue d'une évolution de la situation, sans verser dans le négativisme ?

En parler n'est pas facile, mais effectivement cela est nécessaire la plupart du temps. Aborder les difficultés avec des pairs, au même niveau hiérarchique, est déjà un premier stade. On saura ainsi ce que ses collègues ressentent et l'on pourra éventuellement dresser un diagnostic collectif. D'une personne à une autre, un même environnement peut être perçu différemment d'une personne à une autre: on n'a pas tous les mêmes aspirations, les mêmes goûts, la même tolérance à l'autorité, les mêmes résistances face aux risques, à l'incertitude. Une fois la cause identifiée, si elle est liée au mode de management, il faut alors en parler avec son supérieur. On pourra par exemple solliciter un passage au management par objectif pour gagner les zones d’autonomie dont on a besoin.

Il y a toujours des façons positives d'aborder le sujet.  L'employé peut aborder la question sous le prisme de ses possibilités d'évolution, ce qui amènera naturellement la discussion vers les options de diversification des tâches ou de formation . Si le problème vient d'un manque de reconnaissance de la part d'un supérieur, le salarié peut évoquer la nécessité d'avoir plus d'évaluation, solliciter davantage de retours (positifs ou négatifs) sur son travail en vue de s'améliorer.

Sur la forme, il vaudra mieux privilégier un entretien individuel et non une intervention en groupe contre un supérieur, pour éviter que cela ne prenne la forme d'une attaque personnelle et entraîne un raidissement probable. Il faut donc privilégier un abord plus personnel, discret, en face à face, lors d'un déjeuner à l'extérieur de l'entreprise ou d'un entretien annuel par exemple. L'entretien doit être l'occasion d'évaluer le travail en vue d'une évolution. Aborder les choses de cette façon est une preuve d'intérêt pour son travail dont l’entreprise ne peut vous tenir rigueur, au contraire. L'employé essaiera de s'adapter à la personnalité et la façon de communiquer de son supérieur. Il évoquera par exemple le souhait d’enrichir son poste plutôt que l’ennui qu’il y ressent. Dans une entreprise correctement organisée, il existe une culture d'évolution et d'évaluation régulière des employés, au moins une fois par an. 

L'épanouissement au travail est-il réservé aux personnes passionnées par leur travail ?

Oui mais il y a une infinité de formes d'épanouissement au travail. Celui-ci n'est pas forcément lié aux travaux créatifs ou intellectuels. Il dépend en fait de l'idiosyncrasie (c’est-à-dire des goûts) de chacun. Un chercheur sera passionné par le frisson de la découverte, un enseignant va s'épanouir par la transmission de savoirs, un journaliste va assouvir sa curiosité intellectuelle ou son goût des rencontres… Autant de facteurs qui vont pouvoir passionner celui qui y prend plaisir.

Mais l'on peut être formidablement heureux dans un boulot qui n'a pas forcément un contenu très intéressant ou particulièrement créatif, parce qu'on y trouve du lien social. C'est ce qui peut animer un commerçant de quartier ou une personne impliquée dans le tissu associatif.

Chaque personne doit donc trouver ce qui la passionne, c'est tout l'enjeu de l'orientation et des études lors desquelles on doit pouvoir expérimenter, découvrir… Malheureusement la connaissance de soi-même et celle de l’entreprise est la chose la moins bien enseignée. Le choix de l'emploi se fait souvent sur l'existence de débouchés et non sur l'intérêt qu'on y porte, et un enseignement qui aiguille en fonction des thèmes de formation et non par rapport à une connaissance réelle des métiers associés, ce qui est très différent !

Quelles sont les méthodes d'organisation du travail dont l'efficacité a été éprouvée pour réduire le stress ?

Il  y a un grand nombre de méthodes. Chaque dimension du travail peut faire l'objet d'une réflexion, mais l'on peut donner des conseils: 

- apprendre à prioriser, agir par rapport à des objectifs clairs (et demander à en fixer si nécessaire).  Pour prioriser, il existe par exemple la matrice d'Eisenhower, qui conduit à classer les tâches en fonction de leur importance et de leur urgence.

- savoir fixer des limites dans une entreprise qui peut exiger de vous toujours plus. On peut expliquer que l'objectif n'est pas tenable dans le temps imparti, à condition toutefois d'être suffisamment organisé pour que l’impossibilité de faire face à la charge de travail ne soit pas interprétée comme la conséquence du manque de méthode. 

- améliorer son savoir-être au travail: savoir présenter ses idées en réunion, savoir mettre en valeur ses idées auprès des autres, apprendre à travailler en équiper.

Pour cela, on n'est pas seul. Il existe des formations sur l'organisation, le travail en équipe, la prise de parole en public. On peut aussi réaliser des bilans de compétence à intervalles réguliers, et même si nécessaire consulter la médecine du travail ou un psychologue du travail. Aller échanger sur des forums en ligne peut aussi aider.

Propos receuillis par Adeline Raynal

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ISABLEUE
- 10/12/2015 - 17:17
Parler avec sa hiérarchie.....
Mais on est en France, on ne parle pas avec sa hiérarchie......

Les cadres sont cadres ici car capables de fermer leur bouche....
Le reste, ben zont qu'a bosser sinon la porte est grande ouverte..
Si si, Monsieur le professeur de stratégie d'entreprises......