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Tout faire pour “détruire l’armée des fanatiques” de l’Etat islamique : pourquoi la promesse mal posée de François Hollande aux victimes du 13 novembre pourrait se retourner contre la France

Publié le 04 décembre 2015
Toute la rhétorique de François Hollande - notamment lors de l'hommage national - se base sur l'idée d'une guerre contre le fanatisme ou le terrorisme. Le message se trouve brouillé par le fait de ne pas désigner l'ennemi par son nom, tout en disant faire la "guerre" en menant en réalité des opérations de "police".
Michel Goya est colonel dans l'armée de terre, aujourd'hui retiré du service actif. Il est désormais consultant en stratégie et organisation.
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Roland Lombardi est consultant géopolitique indépendant et associé au groupe d'analyse JFC-Conseil. Il est docteur en Histoire contemporaine, spécialisation Mondes arabes, musulman et sémitique. Il est membre actif de l’association Euromed-IHEDN et...
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Toute la rhétorique de François Hollande - notamment lors de l'hommage national - se base sur l'idée d'une guerre contre le fanatisme ou le terrorisme. Le message se trouve brouillé par le fait de ne pas désigner l'ennemi par son nom, tout en disant faire la "guerre" en menant en réalité des opérations de "police".

Atlantico : En visant le fanatisme comme ennemi, c’est-à-dire une guerre contre une idéologie, François Hollande ne contribue-t-il pas à l’extension du conflit vers d’autres territoires, comme la Libye, le Yémen, parmi d’autres, ou contre d’autres organisations comme Al-Qaïda ? Voire à l’importation d’un conflit sur le territoire français, dans une forme de guerre civile ?

Michel Goya : Si la question est de savoir si ces discours auraient des effets pervers sur nos ennemis, sachons d’abord qu’on n’a pas besoin “d’importer” d’une quelconque façon le conflit. Qu’un ennemi qu’on bombarde depuis 14 mois nous attaque sur notre territoire, ce n’est pas illogique. Ce qui l’est plus en revanche, c’est que ce soit des nationaux, des Français, qui agissent sous la bannière d’un ennemi extérieur.

Le second problème qu’on peut relever, c’est qu’on ne fait pas la guerre à une idéologie, ni au terrorisme, Pour la simple raison que le terrorisme est un mode d’action. De même qu’on ne fait pas la guerre au fanatisme, qui est un caractère. En revanche, on peut faire la guerre à des entités politiques. Or, on a du mal aujourd’hui à la nommer, cette entité. Comme si l’on ne pouvait se résoudre à désigner clairement l’Etat islamique comme notre adversaire.

D’abord par crainte d’accorder trop d’importance à nos ennemis en leur conférant un statut d’égal. Mais aussi, ce qui peut paraître à première vue louable, par souci de ménager la sensibilité de nos propres ressortissants musulmans ou la susceptibilité de nos clients du Proche et du Moyen-Orient.

Mais en reprenant ainsi la vieille phraséologie de George W. Bush,  en refusant de nommer notre ennemi, on tombe toujours dans la même ornière. En restant dans le flou, on reste prisonnier du vague.

N’oublions pas que la guerre c’est un affrontement, et c’est aussi une forme de dialogue très violente, où l’on cherche à imposer à l’autre sa volonté. Et en réalité, on ne fait pas la guerre au terrorisme, ou au fanatisme. On fait la guerre à l’Etat islamique, comme on fait déjà la guerre à Al-Qaïda (Aqmi plus précisément),  comme on a fait la guerre à Al-Mourabitoune au Sahel, ou à Al-Qaïda en Péninsule Arabique, au Yémen. Cette dernière entité ayant revendiqué une partie des attentats de janvier.

Il faut bien comprendre qu’il y a deux types d’emploi de la force, la guerre ou la police. La guerre connait une fin qui est généralement la négociation. La police au contraire est une mission sans fin. Elle s’attaque à ceux qui contreviennent à la loi et à l’ordre. Ces contrevenants n’ont pas un statut d’interlocuteur et l’objectif est de les neutraliser. 

Le problème quand on les confond tous les deux, quand on refuse le statut d’ennemi à ceux que l’on combat, c’est qu’on en fait des purs délinquants qui viennent spontanément. Dès lors, on s’engage dans une lutte sans fin.

Roland Lombardi : D’abord, rappelons que les territoires que vous citez, connaissent déjà de graves conflits. Ensuite, oui nous sommes en guerre comme l’ont répété maintes fois nos ministres et notre Président. Mais comme le fait toute nation entrant en guerre, il est impératif que la France assure et protège « ses arrières », ce qui malheureusement, n’a pas été fait sérieusement jusqu’ici. Car si nous menons une guerre asymétrique contre Daesh au Levant, nous menons cette même guerre sur notre propre sol en faisant face au terrorisme. Alors bien sûr, pour gagner une guerre dite asymétrique, il faut de la détermination et de la force. Ainsi, même tardives, les dernières mesures sécuritaires prises depuis deux semaines vont dans le bon sens. Cependant, il faudra inévitablement réfléchir aux dispositions adéquates et durables à adopter après l’Etat d’urgence et après la fermeture provisoire des frontières…

Ensuite, pour venir à bout d’une guerre asymétrique, il faut aussi de l’intelligence. C'est-à-dire qu’il faut aussi « gagner les cœurs ». (Re)conquérir les cœurs de ces milliers de Français qui exècrent leur propre pays. Et là, la tâche est considérable. Mais il n’est plus que jamais urgent d’agir.

De ce fait, il faut s’attaquer rapidement, et sans tabous, au mal profond qui touche depuis plusieurs décennies une partie de la jeunesse française. Celle-ci, mal intégrée, facilement manipulable, travaillée par son islamité et le communautarisme, se sert finalement d’une « cause sacrée » pour justifier sa haine de la France et de l’Occident. Pour cela, l’amélioration des conditions socio-économiques ne suffira pas. Car il ne faut pas exagérer : les banlieues françaises ne sont ni Soweto, ni les favelas brésiliennes, ni Gaza et parler d’Apartheid en France est faux et surtout stupide !

Ce sont surtout une reconstruction identitaire nationale et des révolutions coperniciennes qui seront nécessaires, notamment dans la culture et l'éducation nationale (retour du patriotisme, arrêt des repentances, des reniements et de l'auto flagellation historiques) et dans la justice (fin du laxisme généralisé et de la victimisation des délinquants)…

Enfin, il est urgent aussi de s’atteler sérieusement à organiser une bonne fois pour toute l’Islam en France. Il faudra sûrement un nouveau et grand concordat avec la création d’un véritable Islam de France, sans influences extérieures et dont l’organisation pourrait alors s’inspirer de l’Islam en Russie…

Pour toutes ces mesures profondes, quitte à « contrarier » peut-être certains membres du gouvernement comme la ministre de la Justice, il est vital de faire évoluer le plus vite possible notre logiciel mental, d’abandonner des décennies d’angélisme, de « bien-pensance » et d’idéologies si néfastes et qui ont pourtant une immense responsabilité dans la situation actuelle. Reste à savoir si nos responsables actuels en auront le courage et la volonté ? Ce n’est pas certain…

Que doit-on en comprendre de cette guerre contre le fanatisme? S’agit-il de nier la réalité territoriale et géopolitique du conflit ? Selon cette vision, le sort de Bachar Al-Assad est-il devenu totalement secondaire, ou faut-t-il l’inclure parmi les fanatiques ? Quelle cohérence ?

Roland Lombardi : D’abord, il est fort regrettable que le véritable nom de ce « fanatisme », à savoir l’islamisme, ne soit jamais évoqué. Ensuite, pour mener à bien cette guerre en Syrie et en Irak, il est évident que la France doit clarifier sa position et qu’elle redéfinisse ses objectifs. Si la politique de Paris en Méditerranée et au Moyen-Orient peut clairement être définie comme une politique de gribouille, cela est essentiellement dû au fait que la diplomatie française est depuis plusieurs années une diplomatie de l’émotionnel doublée d’une diplomatie économique.

A propos du sort du dictateur syrien, depuis la dernière visite de François Hollande à Moscou et suite aux derniers propos du ministre des Affaires étrangères sur le futur rôle des troupes du régime de Damas, nous assistons à un énième revirement diplomatique mais enfin à une inflexion positive. Le réalisme et le pragmatisme reprendraient-ils enfin leurs droits aux dépens de l’émotionnel ? Espérons-le.

Par contre, et malheureusement, je pense que notre diplomatie économique ait encore de beaux jours devant elle. J’espère me tromper, mais je ne vois pas nos dirigeants faire courageusement un trait sur les nombreux contrats commerciaux et les multiples investissements de nos partenaires et « alliés » saoudiens et qataris. Qu’en sera-t-il alors de l’incontournable question sur la place des salafistes et des Frères musulmans (respectivement soutenus par Riyad et Doha) présents en France ?...

Michel Goya : On ne peut les réduire à des purs fanatiques ou à des  psychopathes. S’ils existent, s’ils ont prospéré, s’ils se sont nourris du ressentiment arabe sunnite et s’ils ont reçu l’allégeance de groupes rebelles syriens ou iraquien, c‘est parce qu’ils représentent quelque chose d’autre. Cette dimension politique est fondamentale. Si on veut détruire l’Etat islamique, il faut s’intéresser aux raisons qui font sa force.

Le problème de Bachar al-Assad, c’est qu’il nourrit aussi ce ressentiment arabe sunnite, et qu’il a joué lui aussi la carte du djihadisme. L’existence d’Assad nourrit celle de l’Etat islamique. La double ligne qu’on avait suivie jusqu’à présent, à savoir lutter à la fois contre Assad et contre l’Etat islamique, (ce qui a été envisagé sérieusement à l’égard d’Assad à l’été 2013) subit maintenant un revirement. Ne serait-ce parce que nous y avons intérêt, pour des raisons concrètes, ne serait -ce que de s’entendre avec les Russes.

Cette rhétorique n’est-elle pas le pas le signe d’une trop grande précipitation du chef de l’Etat face à la complexité de la situation ? Ce qui pourrait être opposé à la notion de « patience stratégique » de l’administration Obama ?

Roland Lombardi : S’il y a précipitation du chef de l’Etat, c’est qu’il faut rattraper le temps perdu ! Temps perdu depuis janvier mais aussi depuis bien des années… car la situation est certes complexe mais elle est connue depuis très longtemps. Nous étions quelques-uns à prêcher dans le désert en avertissant des inévitables risques et des dangers intérieurs comme extérieurs. Espérons juste que le massacre de Paris et les malheureuses 130 victimes du 13 novembre soient un mal, un mal tragique, pour un bien, un bien constructif. Seront-ils l’électrochoc salvateur qui transformera nos dirigeants en vrais hommes d’Etat dignes de ce nom ? Il faut ardemment le souhaiter…

Finalement, pour mener à bien cette guerre, il faudra s’en donner les moyens et relever les immenses défis traités plus haut…

Michel Goya : Une première remarque : après le 13 novembre, il fallait marquer le coup, montrer notre détermination. Le but de l’attaque du 13 novembre était peut-être justement de nous faire reculer, comme c’est arrivé pour les Espagnols lorsqu’ils se sont retirés d’Irak après avoir subi des attaques sur leur sol en 2004.

Leur objectif était de nous frapper chez nous pour diviser la société française et lancer le trouble. Il fallait au contraire montrer que ce n’était pas du tout le cas, il fallait montrer qu’on était fermement décidés à les combattre.

Les déclarations du Président de la République de vendredi aux Invalides ne consistaient pas à faire des annonces, c’étaient d’abord des hommages. Le Président n’a pas détaillé des mesure à prendre, ce n’était pas l’objet de son discours. Il fallait que chacun entende avec certitude que ceux qui avait commis ces crimes avaient payé. C’était une première étape.

Pour la seconde étape, nous sommes encore dans le flou. Elle va beaucoup plus loin et notre problème est que nous avons des marges de manœuvre limitées, que le conflit sera long et qu’il y a toute une stratégie à réélaborer. 

Jusqu’à présent nous avions une stratégie de présence dans la coalition, avec 12 avions pour 300 frappes, ce qui représentait 4% des frappes totales de la coalition.

Notre présence était essentiellement diplomatique, nous voulions peser sur les décisions et les négociations dans la région. Il n’y avait pas les moyens suffisant pour vaincre l’EI. Maintenant nous nous retrouvons contraints à continuer à attendre ou à mettre des moyens supplémentaires. Nous devons réfléchir à notre stratégie.

Le fait de nous avoir frappés durement sur notre sol, très durement, nous distingue des Américains. Obama et ses concitoyens ne subissent pas la même contrainte devant ce qu’ils considèrent maintenant comme un vieil ennemi. Après la mort de leurs deux journalistes, ils sont restés loin de l’ennemi, avec des frappes aériennes et des conseillers au sol. Ils n’ont pas vraiment l’intention de s’impliquer plus directement.

Aussi, nous nous retrouvons en porte-à-faux: soit nous continuons ce que nous faisons, mais ce n’est pas très efficace, soit on s’implique plus avant, avec le risque d'être un peu seuls...

L’armée française doit faire face à de nouveaux types de conflits, comme peut le montrer le double combat actuel entre l'organisation Etat islamique et la guerre contre le terrorisme sur nos territoires. A quels types de conflits l’armée française pourrait être confrontée à l’avenir ?

Michel Goya : C’est toujours le même en réalité. Depuis 50 ans nous affrontons surtout des organisations armées. Ce doit être la 18ème guerre que nous menons depuis 1941.  On a toujours combattu que des organisations armées. Les 400 soldats qui sont mort pour la France depuis 1962, ont été tués par des organisations armées, c’est la normalité en réalité. Ce qui se passait jusqu'alors c’est que ces organisations armées ne parvenaient pas à nous attaquer sur notre sol national.

De fait, nous avons été en guerre avec le GIA, avant AQMI et l’EI, et cette guerre contre ce type d’organisations armées a commencé en 1995. En retour, la stratégie que nous appliquons est la même que celle appliquée en Irak. Elle consiste à coupler des missions de frappes et de soutiens.

Roland Lombardi : Ce type de conflits n’est pas nouveau pour l’armée française. Depuis la guerre d’Algérie jusqu’à aujourd’hui et l’opération Barkhane au Sahel, en passant par la guerre du Liban, la guerre de Bosnie et l’Afghanistan, les troupes françaises, et notamment ses troupes d’élite, ont acquis une certaine expérience dans, ce que l’on nomme communément, les guerres asymétriques. Elles sont même devenues des références pour toutes les armées à travers le monde. Pour preuve, le général américain David Petraeus, en tant que patron de la coalition militaire en Irak puis à la tête du commandement central supervisant les opérations en Irak et en Afghanistan, réussit, entre 2007 et 2008, à rétablir une situation catastrophique pour l’armée américaine. De son propre aveu, il devait son succès à l’étude minutieuse des faits d’armes du général Bigeard et des ouvrages sur la contre-insurrection, écrits dans les années 1960, par l’officier français, David Galula.

Aujourd’hui, tous les experts s’accordent à dire que les soldats français font un travail remarquable au Sahel et ce, malgré un manque de moyens notables…

Donc pour résumer, l’armée française a moins besoin d’une quelconque adaptation que de nouveaux moyens beaucoup plus importants et donc, d’un budget conséquent. Enfin, pour être réellement efficace, elle a surtout besoin d’être au service d’une politique étrangère réaliste et claire, doublée d’une stratégie globale, sérieuse et cohérente… ce qui n’est malheureusement plus le cas depuis bien longtemps…   

Sur le plan strictement intérieur et concernant précisément la lutte contre le terrorisme, les services de renseignement et les forces spéciales françaises (GIGN, RAID…) ont démontré largement leur expérience et leur efficacité. Mais là encore, s’il y a eu des ratés, ceux-ci sont principalement le fait de graves erreurs politiques en amont…

Quels sont les moyens à développer, les compétences à acquérir afin de préparer notre armée à ces situations ?

Michel Goya : L’armée n’a rien à faire dans les rues en France. Ce n’est pas son métier premier, la sécurité en métropole. Son métier premier, c’est d’affronter des combattants ennemis à l’étranger. L’opération Sentinelle est d’abord un geste politique destiné à rassurer les Français. Ce n’est pas très efficace, on l’a vu pour le 13 novembre,

Ce dont on a besoin en réalité c’est d’un système de sécurité plus efficace. Si on a besoin d’hommes armés, on peut réfléchir à d’autres solutions. L’armement des policiers hors service, et puisque les militaires font en fait ici des missions de vigile, on peut éventuellement développer des capacités de port d’armes pour des sociétés privées.

L’opération Sentinelle a en outre beaucoup d’effets négatifs sur les forces armées parce qu’elle perturbe complètement l’entraînement et son organisation, et mobilise en métropole des hommes qu’on pourrait déployer ailleurs.

Selon moi il faut ré-inverser la tendance, rétablir des moyens de défenses et de sécurité plus importants. Il faut abandonner les politiques de désarmement et de réduction des budgets qui sont tenues depuis 25 ans, et donner un peu plus de moyens aux actions extérieures.

Roland Lombardi : Comme je l’ai évoqué plus haut, l’armée française et ses forces spéciales sont très expérimentées et de très haute qualité. Les adaptations à de nouvelles formes de combat ou d’affrontement se font rapidement. Les tactiques et les techniques sont constamment remises à niveau et perfectionnées. Avec l’armée israélienne, l’armée française est sûrement l’une des armées les mieux préparées. D’ailleurs, notons au passage, que le GIGN et le RAID, par exemple, s’entraînent et échangent régulièrement avec leurs homologues israéliens…

Dans la notion de guerre civile, quel sort réserver aux terroristes sur le territoire français ? Dès lors, peuvent-ils être considérés comme des combattants ennemis ? Avec quelles conséquences ?

Michel Goya : Il y a le front et il y a l’arrière. Le front, concernant l’EI, c’est la Syrie et l’Irak. L’arrière, c’est la France et ses territoires métropolitains. Il ne s’agit pas des mêmes logiques : la logique de guerre d’un côté, de police et de sécurité de l’autre. Sur le front on tue tous les ennemis qu’on rencontre.

En métropole, on ne tue pas tous les suspects : la différence est tout de même de taille. Quant aux gens qui agissent sur le territoire national, ils relèvent du droit particulier du terrorisme, selon une problématique à laquelle, encore une fois, on est confronté depuis longtemps.  Il ne faut pas mélanger ces différentes logiques.

Roland Lombardi : Comme l’a révélé Vincent Nouzille dans son livre Les tueurs de la République, paru en 2015, tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis près de 60 ans, ont ordonné  des opérations « homo » (pour homicides, assassinats) afin d’éliminer des terroristes à l’étranger. Concernant le sort réservé aux terroristes présents sur le territoire métropolitain, la question est très délicate pour une démocratie et un Etat de droit… en tout état de cause, ils doivent être neutralisés avec la plus extrême sévérité. De plus, en cas de prises d’otages ou d’attaques, comme en connaît la France depuis des années, les forces d’intervention ne doivent absolument pas hésiter…

Enfin, évoquer une guerre civile sur notre territoire est peut-être un peu exagéré. Néanmoins, il est vrai que les tensions communautaires n’ont jamais été aussi fortes depuis le carnage de Paris. De nombreux incidents sporadiques ont déjà eu lieu. On parle beaucoup de l’émotion et de la compassion légitimes qui ont touché nos compatriotes. Par ailleurs, on occulte quelque peu la colère latente qui les habite aussi. A court terme, celle-ci va sûrement s’exprimer dans les urnes les 6 et 13 décembre prochain. Mais, le risque zéro n’existant pas dans la lutte contre le terrorisme, que se passerait-il si un nouvel attentat de masse survenait ? Qu’adviendrait-il si la France devait faire face, comme actuellement l’Etat hébreu, à une nouvelle vague d’attaques venant d’ « assassins plus ou moins solitaires » et comme ce fut le cas en décembre 2014 ou durant toute cette année ? Enfin, que se passerait-il si, compte tenu de l’atmosphère ambiante, une « bavure » policière avait lieu et que les banlieues françaises s’enflammaient comme il y a dix ans ? En 2005, il y eut 2 morts lors de ces évènements. Aujourd’hui, avec la quantité incalculable d’armes circulant sur le territoire, le nombre de morts serait sensiblement supérieur à celui du 13 novembre dernier ! Certes, comme me le confia un jour un activiste célèbre, « lorsqu’il le faut, la République française sait très bien se défendre ». Bien entendu, les autorités auraient encore la possibilité de mettre en œuvre l’article 36 de la Constitution et l’état de siège… Mais assurément, nous assisterions alors à un scénario dramatique et à la somme de toutes les peurs…

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ERVEFEL
- 29/11/2015 - 15:11
Il n'est pas interdit de rêver
Vous voulez dire sans doute ne nous réveillons pas, car pour rêver c'est ce que la gauche/droite/bobo fait depuis plus de 15 ans et ce n'est pas les différents tocsins qui retentissent régulièrement qui les ont réveillés.
emem
- 29/11/2015 - 08:36
Il n'est pas interdit de rêver
(Re)conquérir les cœurs de ces milliers de Français qui exècrent leur propre pays.
Création d’un véritable Islam de France, sans influences extérieures
langue de pivert
- 28/11/2015 - 19:23
?????
§§§ L’armée n’a rien à faire dans les rues en France. Ce n’est pas son métier premier, la sécurité en métropole. Son métier premier, c’est d’affronter des combattants ennemis à l’étranger. §§§ C'est nouveau ça ! Parce que en 1914 c'était qui dans les tranchées, dans les villes et villages, dans les campagnes ? Les petites sœurs des pauvres ? Protection du territoire national et des intérêts vitaux de la France ! C'est quoi au Mali ? Des ennemis où l'uranium vital ?