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© REUTERS/Vincent Kessler
François Hollande et Angela Merkel au Parlement de Strasbourg.
© REUTERS/Vincent Kessler
François Hollande et Angela Merkel au Parlement de Strasbourg.
Une affaire de boutiquiers

Hollande-Merkel au Parlement de Strasbourg : deux discours sans souffle sur le fantasme de la sortie de l’Histoire de l’Europe

Publié le 08 octobre 2015
Mercredi 7 octobre, pour la première fois depuis plus de deux décennies, le président de la République française et la Chancelière Allemande ont donné, devant le Parlement européen, un discours conjoint, dans lequel ils ont exposé leur vision de l'Europe.
Alain Wallon
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Alain Wallon a été chef d'unité à la DG Traduction de la Commission européenne, après avoir créé et dirigé le secteur des drogues synthétiques à l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, agence de l'UE sise à Lisbonne. C'...
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Mercredi 7 octobre, pour la première fois depuis plus de deux décennies, le président de la République française et la Chancelière Allemande ont donné, devant le Parlement européen, un discours conjoint, dans lequel ils ont exposé leur vision de l'Europe.

Atlantico : Dans quelle mesure les propos que François Hollande et Angela Merkel ont tenus témoignent de la vision qu'ils ont de l'Europe, en tant que puissance dans l'histoire ? N'acte-t-on pas petit à petit sa sortie ?

Maxime Tandonnet : La vision de l'Europe qui s'exprime dans ces discours est dominée par l'incantation et les proclamations. Les mots de valeurs, responsabilité, solidarité reviennent à plusieurs reprises. La réalité est passée sous silence où à peine effleurée: les déchirements européens dans la crise des migrants, le rétablissement sauvage des contrôles aux frontières par l'Allemagne, en violation du réglement frontière Schengen, l'inquiétude des peuples devant l'afflux des populations, l'avenir des migrants dans une Europe qui compte 20 millions de chômeurs. La parole est généreuse, ouverte, parfois grandiloquente, mais dans l'ensemble n'apporte pas de réponse aux préoccupations des Européens. Elle exprime la bonne conscience des milieux dirigeants européens mais reflète une image passive de l'Europe comme terre d'accueil et non comme puissance désireuse de maîtriser son destin. Sur la situation au Moyen-Orient, il est question de "résurgence des haines religieuses" et "d'affrontements religieux". Mais l'essentiel semble ignoré: le génocide des minorités chrétiennes et Yézidies, le massacre des femmes et des enfants, le supplice des prisonniers de guerre, les destructions du patrimoine de l'humanité. Ces discours sont à l'image de l'Europe telle que nous la voyons fonctionner: éthérés, aseptisés, comme enfermés dans une bulle de verre à cent lieues du réel.

Alain Wallon : Ces deux discours, conjoints mais bien distincts, ont donné à entendre deux musiciens dans un duo sans accroc, l'un à la trompette et l'autre à la contrebasse. Le Président français se permettant quelques chorus en soliste pour illustrer le rôle de la France comme puissance militaire européenne par défaut, faute d'un réel engagement à ce niveau de ses partenaires, en Afrique notamment, et la Chancelière jouant surtout dans le registre humanitaire, sans référence aucune â la Politique européenne de sécurité commune (PESC) dont Francois Hollande a seul souligné qu'elle devrait se traduire par une politique européenne de défense digne de ce nom. Cette différence de ton reflète certes une répartition des rôles qui n'est pas nouvelle mais elle met aussi à nu l'incapacité  des deux pays moteurs de l'Europe à faire dépasser à celle-ci le stade actuel de la construction européenne et sa fragilité. L'un et l'autre ont évoqué des pistes, plus en mode mineur chez Merkel puisqu'elle affirme s'en tenir au cadre actuel des traités pour, dit-elle, "rectifier les erreurs de l'Union économique et monétaire" (UEM), alors que le musicien français, lui, se risque à plaquer un accord en majeur, évoquant "des choix institutionnels nécessaires", sans préciser, très prudemment lesquels. C'est donc moins une vision de l'Histoire, celle en train de se faire restant de plus difficile à décrire, que les deux partenaires historiques de la construction européenne ont esquissée qu'un état des lieux de leurs limites et une invocation aux autres États membres â les rejoindre pour sauver l'Europe de l'enlisement et les déchirements que la crise humanitaire présente menace d'aggraver jusqu'à la rupture. Hollande, comme il l'a fait lors de la crise grecque cet été, trace sa ligne rouge, qu'il invite ceux qui ont rejoint l'Union après la chute du mur, â ne pas dépasser, faute de voir les autres pays volontaires pour continuer l'Europe unie à les laisser sur le bas côté. L'avertissement vaut aussi pour le Royaume-Uni... L'Allemagne d'Angela Merkel ne dresse d'autre ligne rouge que morale. Seule la gestion de la crise ukrainienne, estimée réussie par le couple franco-allemand qui a obtenu un front uni de l'UE sur les sanctions, lui permet  de se voir en acteur d'une géostratégie. Mais on est loin d'Helmut Kohl et de François Mitterrand pesant les tenants et aboutissants historiques de la réunification allemande et de la fin du rideau de fer. 

 

Aujourd'hui, sous la gestion de François Hollande et d'Angela Merkel, que peut-on dire du rôle civilisationnel de l'Europe ?  De la façon dont elle est projetée comme une puissance (autre qu'économique) ? Finalement, le défaut de cette Europe, n'est-ce pas celui d'être gérée comme on gère une boutique ? Dans quelle mesure cette responsabilité incombe-t-elle à François Hollande et Angela Merkel ?

Maxime Tandonnet : Dans ces discours n'apparaît pas la volonté de créer une Europe puissance, une Europe déterminée à peser de tout son poids dans les affaires du monde à travers la coalition de ses Etats. Les bons sentiments affleurent. Le nationalisme c'est la guerre. Oui, mais est-ce le problème essentiel aujourd'hui? Le pacifisme, la passivité face aux menaces, c'est aussi la guerre. Ils proclament de bons sentiments d'hospitalité et d'accueil. Pourtant, il manque l'essentiel: la volonté d'agir, de décider, d'agir, de gouverner. Ainsi, au printemps dernier, les chefs d'Etat et de gouvernement européens envisageaient une action militaire commune, réunissant les forces européennes volntaires, contre les passeurs esclavagistes qui exposent des milliers de personnes à la mort. Rien n'a été fait depuis six mois et aujourd'hui, plus personne n'en parle. L'Etat islamique Daesh, dans une logique de conquête génocidaire, de destruction de merveilles du patrimoine de l'humanité, de menace contre l'Europe, est mis exactement sur le même plan que le régime d'Assad: le non choix de l'inaction, de l'impuissance. Il n'est question que de recherche de "solution politique" dans une région qui est à feu et à sang, où des massacres atroces sont en cours. L'Europe, au sens de la collectivité de ses Etats, de l'unité politique de ses gouvernements, semble refuser d'exister. Première puissance économique par la somme de ses richesses, elle refuse d'envisager de constituer une force de frappe collective – par l'alliance de ses armées – pour intervenir et tenter de faire cesser le massacre en cours qui la menace dans sa chair. Il faut y voir une véritable démission. 

Alain Wallon : L'Europe reste une référence centrale, aux yeux du monde, d'une forme prestigieuse de civilisation. Pas seulement pour des raisons historiques; également parce que la mondialisation, en multipliant les échanges, dont ceux des images, des contenus en général, mais aussi des dizaines de millions de visiteurs qui arpentent l'espace touristique, entretient cette "icône" de la bonne vieille Europe, riche de sa civilisation. Cela n'en fait pas pour autant un modèle, encore moins une puissance au sens propre du terme. Géant économique mais nain politique, sorte de Gulliver paralysé par de multiples liens  qui sont surtout des manques: qui dirige cette entité à 28 têtes? Où est son armée ? Quel rapport de forces a-t-elle pu démontrer dans les grands conflits et enjeux du monde actuel ? Certes, l'UE agit sur maints dossiers, comme sur celui du climat où elle a réussi, malgré des échecs comme la Conférence de Copenhague, à en imposer un suivi international, mais son incapacité à faire évoluer positivement la situation dans le conflit israélo-palestinien, sa quasi absence, sauf par l'action et l'aide humanitaire, la première au monde, laisse l'Europe sur le banc de touche politique dans tous les grands matchs. Gestion boutiquière ? Oui, si on voit  la taille ridicule de son budget propre, et la lenteur mise à faire avancer les dossiers les plus vitaux de l'Union économique et monétaire. Et surtout la difficulté extrême à anticiper les étapes. France et Allemagne ont ainsi commencé par refuser une répartition organisée des réfugiés ainsi que la préconisait la Commission, avant de s'y rallier et de devoir maintenant batailler comme des chiffonniers pour faire accepter cette mesure... Il est bien temps maintenant de parler de responsabilité après s'être montré égoïste et peu sensible aux cris d'alarme des pays de premier accueil les plus touchés, comme la Grèce, Malte et l'Italie... Le duo d'aujourd'hui, notamment Francois Hollande criant au loup devant le Parlement européen, brandissant le spectre du tout ou rien, ne peut dès lors espérer convaincre. Sinon par d'autres biais, d'autres moyens moins transparents. Il y a du pain sur la planche !

Quels sont les risques d'une telle vision de l'Europe, concrètement ? Que faut-il craindre, si l'Europe "sort" de l'Histoire, en tant que puissance historique, militaire, morale, civilisationnelle ? Qu'est-ce qui motive à "sortir du jeu" ?

Maxime Tandonnet : Ce phénomène s'explique par les valeurs dominantes de l'Europe d'aujourd'hui, qui est fondamentalement pacifiste. L'Europe vit dans la hantise de son passé, des nationalismes comme l'a bien exprimé le président Hollande, des régimes totalitaires, fascisme, national-socialisme, stalinisme, puis de la colonisation et des guerres de la décolonisation. En outre, le drame de l'intervention occidentale autours des Etats-Unis, qui a déstabilisé l'Irak en 2003 et entraîné le chaos actuel reste dans tous les esprits. La situation actuelle n'a strictement rien à voir. Aujourd'hui, la priorité est d'arrêter un processus de conquêtes militaires et d'expansion d'un nouveau totalitarisme barbare qui conduit à l'apocalypse. Mais personne ne veut rien savoir, le sujet est éludé. "Vous avez choisi la honte pour ne pas avoir la guerre, vous aurez la honte et la guerre comme disait Churchill" Pour éviter d'avoir à maîtriser son destin, la classe dirigeante européenne s'enivre d'incantations, de grandes proclamations, de solutions bureaucratiques, à l'image des fameux quotas. Une coalition des forces armées européennes, solution qui devrait s'imposer pour intervenir par tous les moyens aux côtés de la Russie, des Etat-Unis, de l'Iran et des pays arabes afin de mettre fin au péril croissant, n'est même pas envisagée. Cette démission est dramatique et conduit l'Europe au pire.   

Alain Wallon : L'Allemagne doit enfin accepter de faire de la politique ! Être la première puissance économique en Europe oblige à dépasser la gestion de nonne mère de famille et à assumer un rôle leader. Avec la France, certainement, mais à condition de redonner de l'espace à la méthode communautaire au détriment de la tambouille intergouvernementale et d'une recherche de l'unanimité qui freine toute avancée et menace maintenant la cohésion du projet européen. Le vote â la majorité qualifiée, les coopérations renforcées entre États volontaires, la mise en place de nouvelles politiques communes, en particulier dans le champ de la politique étrangère et de sécurité commune, doivent être réanimés d'urgence. 

Comment pourrait-on revenir sur le chemin qui a été abordé aujourd'hui ? Cette sortie de l'histoire est-elle inéluctable ?

Maxime Tandonnet : L'Allemagne d'aujourd'hui a une vision essentiellement pacifiste du monde qui tient à son histoire. Elle entraîne la France dans cette sensibilité. Il faudrait qu'elle comprenne que le pacifisme est aussi l'ennemi de la paix et de la sécurité, comme l'histoire l'a prouvé dans les années 1920 et 1930. Pour l'instant, nous en sommes très loin. L'Europe se fragmente à une vitesse accélérée derrière le paravent des beaux discours. Le Royaume-Uni, mais aussi une partie des pays d'Europe centrale et orientale n'envisagent plus leur destin dans l'Union. L'Europe s'abandonne à la bureaucratie et à l'incantation pour masquer ses déchirements et refuser de se concevoir comme puissance agissant sur son destin.  Rien n'est jamais inéluctable. Il faudrait de nouveaux dirigeants, de nouvelles élites pour relancer l'idée d'une Europe puissance, au sens de l'unité, de l'alliance, la coalition d'Etats souverains pour combattre ensemble, par les moyens nécessaires le nouveau mal absolu en se projetant vers l'extérieur. A la faveur de la tragédie qui vient, une prise de conscience peut finir par s'imposer. 

 

Alain Wallon : Après de tels discours, celui de Hollande en particulier, il n'est pas concevable de reprendre le train-train des Conseils européens comme si rien ne s'était passé ! Tous, Institutions européennes, parlements nationaux, citoyens européens et observateurs internationaux, attendent que ces mises en garde solennelles du couple franco-allemand, fondateur de la CECA, de la CEE puis de l'UE, débouchent sur des propositions et un calendrier. France et Allemagne doivent sortir du bois et mettre sur la table commune, en sollicitant fortement la Commission pour en faire des propositions viables, les grandes lignes d'une nouvelle étape de la construction européenne qui la consolide enfin, après ces décennies d'élargissements et d'innovations (l'Union monétaire) insuffisamment aboutis. Ce n'est pas en freinant des quatre fers cette construction qu'on fera reculer le péril des replis nationalistes, bien au contraire. Le seul antidote, c'est un projet clarifié qui redonne corps â l'ambition d'une Europe puissance politique autant qu'économique, animée d'un esprit permanent et universel de paix mais dotée des moyens de contribuer à la faire respecter.

 

Propos recueillis par Vincent Nahan

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Commentaires (9)
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winnie
- 09/10/2015 - 07:38
voulez vous que cela continu ?
Voter PS ou Républicains (rien que le mot m' amuse )
vangog
- 08/10/2015 - 21:51
L'UE subit l'histoire, elle ne la fait pas...
Et à force de subir, elle va se faire sortir...de l'histoire!
jc0206
- 08/10/2015 - 21:34
J'ai l'impression ......
Que même Angela Merkel n'y croit plus ! ...... quant à l'autre mal fagoté, il aurait mieux fait de présenter un certificat médical et de ne pas venir. En qualité de fonctionnaire il n' aurait même pas à supporter le jour de carence.