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Donald Trump, candidat Républicain à la présidentielle aux Etats-Unis.
Les entrepreneurs parlent aux Français

Pourquoi les politiques ne "Trump" pas les entrepreneurs

Publié le 25 août 2015
De Donald Trump à Arnaud Montebourg en passant par Varoufakis, les politiques se contentent de taper sur tout ce qui bouge sans proposer aucun programme concret, ce qui fait le lit des populismes de tous bords.
Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 
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De Donald Trump à Arnaud Montebourg en passant par Varoufakis, les politiques se contentent de taper sur tout ce qui bouge sans proposer aucun programme concret, ce qui fait le lit des populismes de tous bords.

La politique est l’art du camouflage. L’apparence qui tente de singer la réalité. Et au jeu des grimaces, nos politiques sont au summum de leur art. L’Histoire avait-elle ou non de plus grands hommes ? Difficile à dire, tant l’analyse du passé avec les yeux du présent offre un prisme déformant dangereux à interpréter. Ce même prisme qui nous fait regarder avec condescendance, des pratiques primitives de tribus encore existantes sur terre et qui refusent obstinément notre si beau modèle de progrès en kit, qui détruit la planète, ses habitants, son alimentation, ses ressources dans l’indifférence quasi générale, malgré les appels à la conscience poétique de certains. Les noms des grands hommes qui nous viennent spontanément en mémoire, pour le meilleur ou le pire ont souvent été le fruit des circonstances, mais on su imposer une vision ou gérer ce contexte avec un brillo exceptionnel.

Alexandre le Grand était mu par une volonté de conquête hors du commun, mais animé d’une soif de savoir, de compréhension et d’analyse, qui construisait sa vision du monde et du leadership. Napoléon n’était pas éloigné de cette volonté hégémonique de dominer un monde mis à sa main. Les Churchill, De Gaulle, ont su gérer un moment de l’Histoire, qui pouvait aboutir aussi facilement à un écroulement définitif qu’à une reconstruction décisive.

Les démons de l’Histoire l’ont malheureusement et également écrite, et n’ont souvent été que les négatifs d’un cliché dans lequel ils discernèrent une opportunité d’inventer une vision du monde dans laquelle se reconnaîtraient suffisamment de déçus, de fanatiques et d’aveugles aux actes les plus extrêmes, pour embarquer un peuple dans un cauchemar criminel, au nom d’une idéologie. Qu’elle soit ou non étayée par des philosophes ou penseurs politiques. Les morts dont sont responsables les communistes, chinois ou russes, et aussi les nazis, devraient continuer à hanter et peser sur notre acceptation, voire notre organisation consciencieuse, des dérives anti-démocratiques, notre atteinte toujours plus forte, aux libertés fondamentales et à l’esprit de responsabilité qui présida à la reconstruction de tant de pays. URSS, France, Allemagne.

Mais ils ont écrit, pour le meilleur ou le pire, une grande Histoire. Les monstres ayant forcé l’Histoire à renouveler notre vision du monde et de la grandir, au moins dans un premier temps. Ils ont donc permis à des êtres de circonstances, eux aussi exceptionnels dans leur capacité à savoir être l’homme de leur temps, de ce moment, de proposer un contrepied positif à des idéologies ou délires destructeurs. Ils leur ont permis de proposer des héros alternatifs, plutôt que des zéros destructeurs et ainsi de se révéler au monde. Mais remis au pouvoir aujourd’hui, seraient-ils également extraordinaires ? Vraisemblablement pas.

La différence avec nos hommes politiques actuels, est que la vision du monde, pour le meilleur ou le pire, est totalement absente d’une équation sans saveur, dans des pays que l’on décrit comme allant d’une crise à l’autre, alors que notre système est simplement en survie artificielle, en attente d’un nouveau projet, d’un espoir, d’un rebond. D’une excitation renouvelée à faire. Tous ensemble. Saine ou malsaine. Mais nous cherchons une cinétique plutôt que la rampante stagnation dont nous afflige le discours politique depuis un peu plus de 30 ans.

Nous subissons des hommes insipides, incapables de sublimer un état de crise, d’en extraire la dynamique qui y est pourtant inhérente, afin de forger une vision du monde dont nous pourrions nous saisir. C’est la raison pour laquelle, ceux qui miment et singent cette vision, ou imitent la voix d’une apparente honnêteté, prospèrent aussi facilement.

Héritiers trop faciles, d’un patrimoine qu’ils n’ont su développer et renouveler, nos politiques ont pavé une voie royale que les populistes de tous poils, n’ont plus qu’à fouler avec vigueur, en bons fantassins des temps modernes. Lorsque la politique ne bâtit plus de cathédrales, le peuple se cherche de nouvelles églises, même petites, pour exprimer une foi qu’ils sont prêts à redécouvrir. C’est à ce moment de l’Histoire d’une civilisation, qui dans notre cas doit se réinventer rapidement, que nous pouvons faire basculer les choses dans l’obscurantisme ou la brillance.

En congés en Corse après mon périple annuel aux USA, je dînais ce soir avec un ami, fin connaisseur de la politique, conseiller de personnalités illustres, qui pourraient, pour 2017, être des alternatives aux morts ambulants, que nous proposent actuellement les statistiques. Il disait, justement, que le PS avait gagné jusqu’aux dernières grandes échéances, toutes les élections. Et que mécaniquement, elle ne pouvait que perdre.

Ainsi, perdu pour perdu, elle pouvait mettre en œuvre un véritable programme pour la France, libéral en partie, sans se soucier des échéances à venir. Et que si ce programme tenait la corde d’une couse à la croissance, qui semble ne pas vouloir se retourner bien qu’on le lui prédise depuis quelques mois, alors le PS pourrait se retrouver, à la tête de l’élection présidentielle en 2017. Je crois qu’il a raison. Et, paradoxalement, pour nous qui avons fait les Pigeons, et qui vouons un capital méfiance extraordinaire vis-à-vis de ce gouvernement, le sentiment se développe qu’il vaudrait mieux un libéral mou, qu’un agité improductif ! Et surtout qu’une diseuse de bonne aventure, qui aimerait être orpheline d’une paternité désormais encombrante, qui, et ce n’est pas un détail, l’a construite, et se reconstruire un hymen politique à la cinquantaine naissante.

C’est ce qu’a compris Trump aux USA. A défaut de vision, il camoufle des thématiques dangereuses, sous l’apparence de solutions aux problèmes courants des américains. Il tape sur ce qui est facile. Les politiques, les cabinets ministériels, les étrangers, la presse consentante et partiale. Même si une partie de ses victimes expiatoires le méritent. Mais "l’establishment" il en fait partie. Usurpateur. Très fort ce Trump !

Tout cela fait vendre du papier, gonfle les sondages, mais quand il s’agira de délivrer un contenu, son "toupet" se retournera dans le sens inverse. Le fait qu’il soit entrepreneur (héritier certes, mais qui a réussi par lui-même, en échappant à 3 quasi banqueroutes), pourrait malgré cela nous le rendre sympathique à nous chefs d’entreprise, mais ce n’est pas le cas. Parce que cet homme qui s’ennuie et « Trump » son ennui en se présentant aux élections, n’a rien à proposer. Et qu’une alternative vide de sens s’appelle une comédie, un sketch, un vaudeville, mais pas une alternative. Taper sur l’étranger, bâtir sur ce qui oppose au lieu de tisser un lien social entre la différence, refuser l’autre, ne peut en aucun cas être encouragé et reste décrédibilisant pour notre corporation d’entrepreneurs.

Les entrepreneurs ne demandent pas grand-chose, au final. Exister dans l’esprit des politiques, participer au débat et à l’exécution des missions permettant de transformer l’esprit d’attentisme et révolte dynamique, avant que cette révolte ne parvienne seule à prendre nos bastilles et les faire voler violement. Les entrepreneurs ne se reconnaissent pas en Trump. En tous cas, pour ceux qui suivent au quotidien la campagne US. Trump nous trompe et les sondages se trompent également. Il s’écroulera progressivement, fondant face à l’échéance comme Icare au soleil, miné et réduit par le manque cruel de matière sur ses chairs.

Les entrepreneurs ne sont pas dupes. Devant la vitrine d’un homme qui souhaite avant tout s’amuser et distraire son ennui, prendre une stature internationale qui servira ses intérêts futurs, chacun voit cette supercherie se développer avec le plaisir de celui qui cherche un exemple dans le monde pour lancer la voie du  candidat issu de la société civile et l’angoisse qu’il grille une cartouche, qui laisse sans munition et totalement décrédibilisés ses semblables pour les élections de leur propre pays.

Si les circonstances font potentiellement les grands de ce monde, alors peut être, que nous pouvons trouver dans la société civile, celui ou celle qui exprimera la vision d’un monde doté d’un sens et d’un projet. Les entrepreneurs doivent se battre pour éviter que Trump, ce produit de test de soufflerie capillaire mégalomane, ne vienne détruire les tentatives que nous allons mettre en place, nous, pour incarner le renouvellement dans le pays. Nous ne voulons pas opposer les français, mais les réunir. Nous ne voulons pas retourner les courbes, mais en dessiner de nouvelles. Pas tuer nos pères, mais les embarquer dans une histoire intergénérationnelle. Vous venez ??

 

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Texas
- 25/08/2015 - 13:02
Vous auriez raté...
...l' entretien d' Antony Scaramucci avec Donald Trump dans votre observation attentive de la campagne U.S , Mr Jacquet ? . Il se trouve que le personnage en question n' est autre que le principal contributeur du candidat à la présidentielle du Wisconsin : Scott Walker . Antony Scaramucci ( Skybridge Capital ) évoque meme à demi-mots , l' idée de délaisser Walker pour Trump . Business is business .
john mac lane
- 24/08/2015 - 23:58
Comparer Trump à Montebourg et Varoufakis quelle ignorance....
Donald Trump ne brasse pas du vent, pas plus que ce soit un démagogue ou populiste comme les zozos auquel l'auteur le compare...
Donald Trump ne pratique aucune langue de bois ni posture dogmatique. Il dit ce qu’il pense. Il pointe les problèmes de manière franche et directe. Trump sait comment l'économie fonctionne et a gagné son cash autrement qu'obligé de l'état. Il ne vit pas sur une clientèle envieuse et frustrée de fonctionnaires et ne promet pas l'assistance et que l'état réglera tous les problèmes.
Gilly
- 24/08/2015 - 18:42
Un libéral mou plutôt qu'un agité improductif
Si j'ai bien compris le paragraphe, vous pensez, sans rire, qu'il vaut mieux un Hollande libéral mou (???) à un Sarkozy que vous qualifiez "d'agité improductif". Alors là..... Vous n'êtes pas seulement des Pigeons.... Il y a bien un qualificatif qui me vient à l'esprit.....