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Le député-maire UMP de Tourcoing Gérald Darmanin.
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Gérald Darmanin : "Dans ma région, ceux qui ont fait monter le FN avec une délectation toute scandaleuse sont les socialistes"

Publié le 16 février 2015
Le député-maire UMP de Tourcoing, insiste aujourd'hui sur l'aspect démocratique et uni de son parti, qu'il ne souhaite pas voir réduit à la lutte Sarkozy-Juppé pour les primaires. D'ailleurs, lui, ne cache pas son soutien indéfectible à un autre cadre dont il est proche: Xavier Bertrand, qui n'est pas sans incarner un certain gaullisme social. Sévère avec le bilan des socialistes dans sa région, le Nord Pas de Calais, Gérald Darmanin défend l'attitude du "ni-ni" face au FN.
Gérard Darmanin est député de la 10e circonscription du Nord. Juriste de formation et diplômé de Sciences Po Lille, il a été directeur de campagne de Christian Vanneste pour les élections législatives de 2007 et les municipales de 2008. Il soutient...
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Gérald Darmanin
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Gérard Darmanin est député de la 10e circonscription du Nord. Juriste de formation et diplômé de Sciences Po Lille, il a été directeur de campagne de Christian Vanneste pour les élections législatives de 2007 et les municipales de 2008. Il soutient...
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Le député-maire UMP de Tourcoing, insiste aujourd'hui sur l'aspect démocratique et uni de son parti, qu'il ne souhaite pas voir réduit à la lutte Sarkozy-Juppé pour les primaires. D'ailleurs, lui, ne cache pas son soutien indéfectible à un autre cadre dont il est proche: Xavier Bertrand, qui n'est pas sans incarner un certain gaullisme social. Sévère avec le bilan des socialistes dans sa région, le Nord Pas de Calais, Gérald Darmanin défend l'attitude du "ni-ni" face au FN.

Atlantico : La semaine dernière le Congrès de l'UMP a montré une fois de plus que les relations entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé étaient tendues. Quelle place cette opposition conjuguée à leur baisse de popularité laisse-t-elle à d'autres voix au sein du parti ?

Gérald Darmanin : Je ne pense pas qu'il y ait de tensions entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a, lui-même, pris la parole pour dire que dans un parti politique moderne, tout le monde pouvait, et devait, parler. Il est très important qu'Alain Juppé, comme Xavier Bertrand ou Bruno Le Maire, ait fait part de sa vision lors de ce Congrès, qui représente un moment d'unité qui n'était pas si évident il y a quelques semaines ou quelques mois. Il y a chez Alain Juppé des positions politiques fortes, comme chez Nicolas Sarkozy et comme, je crois, chez tous les candidats potentiels à la primaire. Il est tout à fait normal que dans un parti qui n'est pas chloroformé, on ait des échanges, parfois vifs, entre nous et avec l'ensemble des militants. Je rappelle que le Congrès national est le "parlement" du parti et il est normal que dans un parlement il y ait des échanges. Je n'y vois ni malice ni inconvénient, ce qui est important c'est la méthode. Tous nos candidats potentiels à la primaire sont des gens responsables qui acceptent de venir ensemble travailler, siéger au bureau politique, de voter à l'unanimité le texte issu de cette journée. Ensuite, ce qui compte c'est le projet : il a été convenu qu'il y aurait des conventions thématiques, qu'on étudierait puis voterait sujet par sujet, afin que ce projet nous concerne tous pour porter l'alternative et l'alternance. Enfin, il y a le choix du candidat, ou de la candidate, à l'élection présidentielle et nous sommes tous d'accord sur l'organisation d'une primaire ouverte.

Mais, selon vous, qui bénéficie le plus de cet "appel d'air" Nicolas Sarkozy- Alain Juppé ?

Dans toutes élections, il peut y avoir des surprises, et aucune élection n'est gagnée d'avance. D'ailleurs tous les sondages et les observateurs ne mettaient pas monsieur Hollande dans que quartet de tête à l'époque au Parti socialiste. Je pense qu'il serait donc bien prétentieux de penser qu'il n'y a que deux favoris. La situation pourrait donc bénéficier à Xavier Bertrand, à Bruno Le Maire, et à tous ceux qui demain souhaitent concourir pour porter leur idées pour la France. Mais nous sommes très loin des élections primaires, et nous avons beaucoup d'échéances qui seront très importantes pour notre famille politique et pour la France : les départementales, les régionales, les réformes institutionnelles annoncées par le Président de la République, les questions fondamentales que les attentats du mois de Janvier ont posé au pays, mais aussi le congrès du Parti socialiste du mois de juin et les questions sur notre façon de fonctionner à l'UMP. Tous ces évènements vont sans doute bousculer l'agenda et les certitudes de tout à chacun.

Quelle place cela laisse-t-il à Xavier Bertrand, duquel vous êtes proche, mais qui s'est fait discret depuis les élections à la présidence de l'UMP ?

Je ne pense pas qu'il se soit fait discret. Xavier Bertrand est dans une technique qui ressemble à celle de Jacques Chirac, c'est-à-dire celle d'un homme qui, au moment où Edouard Balladur était un candidat aux avant-postes médiatiques car il était le Premier ministre, parcourait les villes et les villages de France avec son petit carnet à l'écoute de la population française. C'est ce que fait Xavier Bertrand aujourd'hui. Ensuite, je pense qu'au contraire il a été d'un courage assez rare d'être candidate dans la région Nord-Pas de Calais-Picardie, ce qui a bousculé les certitudes et les calendriers alors que rien ne l'obligeait. Une région qui est la troisième de France et représente 6 millions de personnes, soit 10% du corps électoral français, ce qui est énorme, et qui bien-sûr est en prise avec toutes ces difficultés, dues notamment au bilan des socialistes dans la région qu'ils ont gouvernée mais aussi dues à la montée du Front national qui est très présent, dans cette région plus qu'ailleurs.

Quelle ligne peut-il incarner  entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé mais aussi Bruno Le Maire qui est apparu comme le 3e homme de l'élection à l'UMP ?

Je crois que la ligne qu'il incarne, et qu'il a toujours incarné, cela doit être clair, est la ligne Séguin. Il s'agit d'une ligne réaliste, patriote, de droite qui n'est pas forte avec les faibles, qui croit en une politique sociale qui n'est pas une politique d'assistanat, aux valeurs de l'Etat. C'est également une ligne qui peut être sceptique, de temps à autre, sur l'Europe, mais qui, réaliste, ne propage pas l'idée d'une main invisible du marché, elle ne fonctionne pas, et en même temps qui n'entre pas dans l'étatisme idiot et gauchisant de Marine Le Pen. Je crois que cette "vision Séguin", celle d'un gaullisme social, est celle qu'incarne le mieux Xavier Bertrand. Ce qu'il faut reconnaître chez Xavier Bertrand, c'est l'idée du droite "populaire". D'ailleurs je pense que Bertrand remplit les critères de ce qu'attendent les français : c'est quelqu'un de nouveau, issu du privé (il était assureur, patron de PME), mais c'est aussi quelqu'un qui connaît les difficultés sociales de la France car il est maire de Saint Quentin, une des villes qui connaît le plus de difficultés sociales parmi les villes françaises, de plus il vient de province alors que tous les autres sont parisiens ou francilien, et n'a pas fait l'ENA mais l'école "du terrain". Je crois que toutes ces différenciations font que Xavier Bertrand offre manifestement une alternative très différente à droite, et il est le seul.

Vous étiez pour que Xavier Bertrand se lance dans la campagne des régionales dans le Nord. C'est désormais chose faite. Néanmoins, une campagne un an à peine avant les primaires de l'UMP ne risque-t-elle pas de le pénaliser ?

Bien sûr que non et au contraire, je crois qu'on a besoin, à la tête de l'Etat, de quelqu'un qui connaît les réalités sociales, la réalité du combat, et qui combat de la même façon le Parti socialiste qui amène le déclin et le Front national qui prospère sur lui. Quelle plus belle voix pour la France que celle d'une région avec tellement d'atouts mais qui aujourd'hui connaît tellement de handicaps à cause de sa mauvaise gestion ? C'est la France des ouvriers, des classes moyennes, de ceux qui sont, parfois, oubliés par les politiques sociales, de ceux qui souffrent. Le Nord-Pas de Calais-Picardie sera d'ailleurs la première région agricole d'Europe. Je crois qu'on a besoin, dans la région, mais aussi nationalement, d'un porte-parole des convictions, des propositions et des détresses, mais aussi des espoirs de la France. Or la région Nord-Pas de Calais-Picardie est la concentration des atouts et des défauts de la France. Je crois, qu'au contraire, loin d'éloigner Xavier Bertrand d'un destin national, la région le pousse encore plus dans la réalité du pays.

Un sondage Ifop pour Atlantico publié au mois de Janvier montre qu'en janvier, 58 % des sympathisants de l'UMP souhaitent voir Nicolas Sarkozy représenter le parti en 2017, contre 27 % pour Alain Juppé, et 5 % pour François Fillon. Nicolas Sarkozy, qui s'est largement emparé de ces questions, est-il dans une meilleure posture pour démonter l'argumentaire du Front National ?

Je ne pense pas que la question se pose ainsi. Il y a des débats très importants dans la vie politique, sur lesquels l'ensemble de la famille politique doit avoir des positions claires. Par rapport à l'assimilation et à l'intégration (les mots d'ailleurs, sont différents), doit-on considérer que les religions, notamment l'islam, doivent être mieux définies dans le pacte républicain ? Je pense qu'il s'agit là d'une question très compliquée, quels que soient les candidats potentiels à la primaire de l'UMP, et pour laquelle l'UMP doit avoir une position claire. Quant à la question "Pense-t-on que l'immigration doit continuer de la même façon ?", elle est également très importante. Aujourd'hui il est donc normale que ces personnalités très fortes comme celles que vous citez, aient des idées précises sur la question, mais il est également temps que le collectif joue. Le sens du collectif c'est qu'importe le candidat à la présidentielle, nous serons tous derrière ce candidat et nous devons donc définir ce que pene la droite et le centre républicain sur ces questions.

Pour ce qui est des rapports entre Nicolas Sarkozy et les thématiques privilégiées du Front national, je ne suis pas sûr de cela. Pour parler du potentiel candidat que je connais le mieux, cela fait plus d'un an que Xavier Bertrand se prononce sur la question du droit du sol et du droit du sang, en affirmant qu'il faut un troisième droit qui fait la synthèse des deux précédents, trop largement dépassés par la mondialisation, et qui s'appelle le "droit de la volonté". Ce droit de la volonté pose la vraie question de l'assimilation, de comment on intègre les étrangers, de comment on fait des Français, mais aussi celle de la place de la religion dans le pacte républicain. Après, c'est vrai que l'on écoute particulièrement la voix de Nicolas Sarkozy, car il a déjà réussi à faire baisser le Front national en 2007, et c'est normal. Mais il faut également écouter les autres. Quand je vois que François Fillon affirme, dans Le Figaro, qu'il est contre l'interdiction du port du voile à l'université, je trouve qu'il prend une position forte et très importante. Quand Alain Juppé fait un distingo entre intégration et assimilation, et rejette ce dernier, lui-aussi lance un débat tout à fait légitime. Nicolas Sarkozy a, bien sûr, démontré, par sa première candidature à la présidentielle, qu'il savait faire baisser le Front national : c'est important, mais ce n'est pas le seul.

Pour ce qui est plus précisément des positions d'Alain Juppé, j'éviterai de faire des plans sur la comète et je me méfierai des sondages. D'ailleurs, comme on dit dans ma circonscription que "c'est quand on voit le grain dans la grange, qu'on fait la récolte". Il y a beaucoup d'évènements qui font bouger les sondages : l'exposition médiatique, les évènements internationaux, nationaux, les prises de position des uns et des autres. Je ne pense pas qu'on puisse faire des corrélations pour Alain Juppé. D'ailleurs, sur un certain nombre de choses, les propositions de Juppé ont été jugées plutôt favorablement, sa position vis-à-vis de l'islam par exemple, même si je ne comprends pas tout à fait, sa position vis-à-vis de la laïcité, car ce genre de débats ne peut pas se faire en 140 signes sur Twitter, ou en quelques minutes sur BFM ou Itélé. Il faut prendre le temps de la réflexion, et c'est ce que nous allons faire maintenant.

Vous avez été le porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne mais vous êtes toujours prononcé en faveur de la candidature de Xavier Bertrand pour la présidentielle. Etes-vous toujours favorable à cette dernière ?

Bien sûr que j'y suis toujours favorable, et plus que jamais. En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, il n'est pas candidat à ma connaissance ! Si cette possible candidature arrive, je la regarderai comme une candidature extrêmement intéressante, et je pense qu'elle aura de grande chance de marquer la primaire mais je reste fidèle à mon choix de premier tour, et de second tour je l'espère, celui de Xavier Bertrand. Je crois qu'indépendamment de l'homme que j'admire et respecte, il y a des convictions et de la sociologie : moi je suis maire de Tourcoing, et je considère que Xavier Bertrand connaît le mieux les difficultés d'une population comme celle de ma ville ou de la région Nord Pas de Calais, et je n'oublie pas ce que Xavier Bertrand incarne, c'est-à-dire une droite sociale issue du terrain, et je pense que c'est très important.

Selon vous Nicolas Sarkozy a-t-il encore envie de tout cela ? On peut penser qu'il se croit encore Président de la République, cependant pour gagner la primaire il doit être avant tout  président de  l'UMP. Croyez-vous qu'il puisse finalement claquer la porte ?

Je pense que Nicolas Sarkozy démontre tous les jours son envie. Je le vois travailler du matin au soir à l'UMP. S'il revient en tant que président de l'UMP après l'heure glorieuse en tant que Président de la République, c'est bien qu'il a envie de travailler pour sa famille politique et donc pour son pays. Cela démontre sa très forte volonté. Je pense qu'il arrive à incarner le président de l'UMP : le parti n'a pas explosé, bien au contraire. On n'oublie assez vite qu'il y a quelques semaines, pris par l'affaire Copé-Fillon et par Bygmalion, le parti allait exploser. Nicolas Sarkozy a réussi à créer l'unité, et à remettre le parti au travail, pour les élections départementales et régionales, qui sont très importantes pour le mouvement et pour le pays. Il démontre tous les jours que grâce à lui, il a gardé cette unité sans laquelle la droite ne peut pas gagner.

La semaine dernière, le PS s'est imposé de justesse face au Front national dans le Doubs lors de la législative partielle. A l'approche des élections départementales, qui pourraient voir plusieurs candidats UMP éliminer dès le premier tour, quelle stratégie pensez-vous qu'il faille adopter ? (front républicain, ni-ni, cas par cas ?)

Je pense comme le bureau politique, c'est-à-dire que lorsque nous n'avons pas notre candidat au second tour, il ne faut voter ni pour le Parti socialiste, ni pour le Front national. Je suis bien placé pour vous dire que dans ma région, ceux qui ont fait monter le FN avec une délectation toute scandaleuse sont les socialistes. Nous n'allons pas non plus les récompenser d'avoir favoriser la montée et l'ancrage du FN, dans le bassin minier notamment.

Que signifie l'expression "front républicain" ? Cela n'a pas de sens. Electoralement je ne suis pas certain que ce soit, d'ailleurs, utile. Je crois que les électeurs n'écoutent pas les consignes de vote, quand on est éliminé au second tour, pourquoi voulez-vous que les électeurs qui ne vous ont pas choisi au premier vous entendent pour le second ? Ce qu'il faut, par contre, c'est convaincre les Français que nous sommes une alternative, car ils ne sont manifestement pas encore tout à fait convaincus, et l'on y travaille. Il faut aussi dire aux électeurs, que s'ils ne veulent pas avoir le choix entre deux candidats qu'ils n'aiment pas, ils ont intérêt à voter pour celui qu'ils aiment au premier tour. Pour ce qui est du "cas par cas", je pense que la clarté et le principe sont plus importants, et le principe a été déterminé par notre bureau politique après des heures de débat. Il y a eu un vote démocratique, ce qui a rarement été le cas sur un sujet aussi important.

L'examen de loi Macron à l'Assemblée nationale touche à sa fin et pourrait bien être votée mardi 17 février. Nicolas Sarkozy a demandé que les parlementaires s'y opposent. Allez-vous suivre ces consignes ?

Je ne suis pas les consignes de Nicolas Sarkozy mais ceux de ma conscience. En tant qu'élu de la nation, je suis profondément convaincu que cette loi ne règle aucun des grands problèmes de la France, ni de sa croissance ni de son emploi, mais surtout en rajoute. Quel intérêt d'aller embêter les notaires, huissiers et autres avocats ? De libéraliser les transports en autocar alors qu'on a un vrai problème de sécurité des transports européens sur les questions de terrorisme ? Est-ce si important de toucher l'arsenal sur le travail le dimanche alors même que le gouvernement précédent avait pris une mesure équilibrée et nette ? Je crois que monsieur Macron, par ses hésitations, a démontré qu'il était un peu comme un danseur de samba qui fait un pas en avant, et deux en arrière. D'ailleurs, on ne sait plus très bien ce qu'il y a dans ce texte, entre ce qui recule, et ce qui avance. Cette loi est mauvaise par nature, mais surtout ne règle aucun problème.

Au vu du contexte économique actuel, très morose, ne serait-il pourtant pas judicieux de se prononcer en faveur de cette loi ?

Pour moi, cela ne règle aucun problème ! Je prends un exemple tiré de ma ville, s'il y a si peu, voire aucune, contestation sur les titres de propriété, c'est parce que le système juridique français existe, et ait envié par le monde entier. Cela grâce aux notaires. Monsieur Macron veut mettre le bazar là où tout va bien, et engendrer des difficultés, notamment parce que les entreprises et les collectivités ne pourront plus acheter ni vendre des terrains sans risquer des contestations à tout moment. Pour monsieur Macron il s'agit d'un pis-aller pour faire croire que l'on fait quelque chose. C'est une supercherie intellectuelle, alors que ce compte dans le pays est avant tout un code du travail plus léger, une mise en place d'un contrat unique, la possibilité d'éviter les seuils sociaux pour les PME qui ne peuvent pas embaucher, le retour des heures supplémentaires pour donner du pouvoir d'achat supplémentaire aux ouvriers et  permettent aux entreprises de remplir leur carnet de commandes etc. Ce que propose monsieur Macron n'a pas de sens.

Pour passer à une autre thématique, les représentants de gauche comme de droite ont-ils été à la hauteur des attentats de janvier en France ?

Je crois que lorsque ces évènements affreux et horribles ce sont produits, les positions des politiques ont, tout de même, été à la hauteur. Là où les choses se sont gâtées c'est lorsque le Premier ministre a parlé "d'apartheid", pour justifier une politique qui est l'échec de la politique socialiste, c'est-a-dire de la politique de la ville, depuis 30 ans. Je crois que quand on utilise un mot comme celui-ci on ne dit pas la vérité et l'on fait de l'inflation verbale pour le plaisir d'en faire, mais on blesse aussi ces français et la République. Cette dernière étant à l'opposé du régime sud-africain. Il ne faut pas oublier que la République soigne gratuitement, éduque gratuitement, protège gratuitement, quelles que soient les religions ou les couleurs de peau. Je crois que le Premier ministre a raté une bonne occasion de se taire.

Dans le climat de tension actuel que doit-on dire aux musulmans et comment leur tenir un discours de vérité dans la bienveillance ? Quels gages leur donner et sur quels sujets la République ne doit-elle pas transiger ?

Je pense qu'il faut rappeler le cadre républicain, mais surtout le définir, et c'est le plus difficile. Qu'est-ce que la laïcité ? Est-ce la négation des religions, comme certains extrémistes laïcs veulent nous le faire croire ? Ou est-ce une laïcité qui permet, au contraire, à toutes les religions, sans distinction, de permettre s'exprimer dans le respect des autres et de ceux qui ne croient pas ? Je crois que cela n'a jamais été très bien tranché. Les politiques doivent le faire aujourd'hui, pour rendre service aux musulmans de France et à la République. Nous devons définir les termes du contrat. Je suis pour l'assimilation des Français, "à Rome fais comme les Romains dit l'adage", et que l'on intègre les étrangers qui bien sûr ont le droit de garder une identité particulière, mais dans ce cas-là, sans accéder à la nationalité.

Je pense que la République n'a pas de gages à donner. Elle reconnaît tous ses enfants, mais ceux-ci doivent la reconnaître. C'est une question très importante et très difficile car nous avons eu une "culture de l'excuse" comme boussole pendant de nombreuses années. Aujourd'hui il faut savoir qu'il y a eu 80.000 morts musulmans à Verdun, des dizaines de milliers de harkis massacrés, et qu'en même temps qu'il y a des gens qui ne sont pas dans la République car ils tiennent des discours qui sont contraire à l'esprit de l'égalité, entre hommes et femmes par exemple, et cela doit être combattus. Moi je ne globalise pas les musulmans, ce n'est pas une communauté, il n'y a qu'une communauté qui existe, la communauté nationale, et parmi les Français, certains sont musulmans.

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cadi67
- 17/02/2015 - 07:46
Blablabla
Toujours les mêmes rengaines pétries de langue de bois. Vous ne représentez pas le changements mais la continuité. La politique de la ville? Un échec bien sûr. Celui du PS et de l'UMP. Le PS n'a pas été au pouvoir pendant 30 ans. De 2002 à 2012 votre parti à gouverné en continuité. C'est largement suffisant pour inverser les choses. Vous concluez en parlant de communauté nationale? Arrêtez de plagier Marine Le Pen. Sarkozy a réussi sur ce procédé en 2007. Une fois pas deux.
phegp
- 16/02/2015 - 19:57
Et le net est...
qu'il n'y a plus personne à droite pour proposer un grand parti, je veux dire : pas une union foireuse et de circonstance avec centristes, socialistes, voire écolos - ils disent "Front Républicain", les imbéciles ! -, mais une construction solide, loin des apparatchiks et du boboïsme parisien tellement néfaste (cf. NKM, Hidalgo et toute la clique) et qui parle enfin aux FRANÇAIS.... et.... mais où vais-je... je me frotte les yeux... mais oui... Ah non, hélas, ce parti qui propose la RETRAITE A SOIXANTE ANS... encore que, rien que pour emmerder l'UMPS, je voterai pour son candidat à la prochaine échéance électorale. Et, mais cette fois-ci pas pour emmerder et si rien n'a changé à droite, il aura ma voix à la présidentielle.
zouk
- 16/02/2015 - 17:48
G. Darmanin
Je ne le connais pas, mais il a certainement raison sue les responsabilités du Ps dans les progrès du FN, c'est la tactique inventée par Mitterand, et elle marche toujours, d'autant d'ailleurs que l'UMP s'enfonce dans une crise inquiétante. C'est tellement scandaleux que X. Bertrand, pur politicien et exclusivement politicien, càd expert en combinaisons, va finir par apparaître un candidat possible,sinon vertueux.