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Témoignage : mon fils schizophrène est mort car l'hôpital l'a mis dehors
Publié le 28 septembre 2014
"Mon fils est schizophrène" est l’un des rares documents de langue française traitant des relations et du quotidien de parents avec leur enfant schizophrène. Toute la vie familiale a basculé lorsque l’auteur a découvert la schizophrénie de son fils, Xavier à l’âge de 19 ans. Extrait de "Mon Fils Est Schizophrène", de Dominique Laporte, publié chez François Bourin éditeur (2/2).
Dominique Laporte est comédienne de théâtre et se consacre à la prise en compte de la schizophrénie par les pouvoirs publics.
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"Mon fils est schizophrène" est l’un des rares documents de langue française traitant des relations et du quotidien de parents avec leur enfant schizophrène. Toute la vie familiale a basculé lorsque l’auteur a découvert la schizophrénie de son fils, Xavier à l’âge de 19 ans. Extrait de "Mon Fils Est Schizophrène", de Dominique Laporte, publié chez François Bourin éditeur (2/2).

On parle du sida, du cancer, de la sclérose en plaques et c’est très bien. Mais pourquoi les maladies mentales et la schizophrénie en particulier sont-elles toujours gommées, comme s’il s’agissait de maladies honteuses !

Les statistiques prouvent que sur cent bébés qui vont naître, l’un d’entre eux deviendra schizophrène, quels que soient son pays, son milieu, son ethnie. Les schizophrénies sont à l’origine de 1,5 à 2 % des dépenses de santé dans les pays industrialisés, ce qui les place parmi les maladies psychiatriques les plus coûteuses. Il n’existe aujourd’hui en France aucune structure spécialisée pour accueillir ces malades, aucun lieu de vie, hormis l’hôpital psychiatrique. On parle malheureusement de cette maladie uniquement quand elle a provoqué un fait-divers dont les médias s’emparent. Pour mieux l’oublier, jusqu’à la prochaine fois.

Pendant toutes ces années, j’ai écrit aux différents ministres de la Santé, sollicitant une audience pour évoquer le problème des appartements thérapeutiques. Les rares qui existent ne servent que d’appartements témoins, de vitrines. J’aurais voulu débattre de cette question avec des personnes compétentes, concernées et détentrices du pouvoir de commencer à mettre en place une stratégie de l’espoir. D’après ses médecins, Xavier faisait partie des malades pour lesquels ces appartements pouvaient se révéler bénéfiques. Lui-même évoquait parfois cette solution, il l’aurait acceptée, j’en suis sûr. Hélas, je revois encore la mine désolée de son médecin m’annonçant qu’elle n’avait aucun appartement de ce type à lui proposer. Pourquoi la France est-elle une zone sinistrée dès qu’il s’agit de prendre en charge ce type de maladie ?

Aucun ministre, toutes tendances confondues, n’a jugé bon de me répondre, ni même d’accuser réception de mon courrier. Seule Mme Chirac a pris acte de ma demande et a fait téléphoner sa secrétaire pour m’assurer de sa sympathie… J’avoue avoir été sensible à cet unique témoignage qui n’a malheureusement débouché sur rien, si ce n’est à renforcer notre sentiment d’isolement et d’incompréhension.

Nous avons vécu dans la hantise quotidienne des excès de Xavier. Les véritables soins n’ont commencé que le jour où il s’est armé d’une carabine pour tirer sur les toits. Placements d’office, traitements divers, hospitalisations musclées, retours au domicile familial, piqûres à effet retard, chambres d’isolement, rien n’y fit. Ma vie, celle de mes proches et la sienne furent rythmées par les hospitalisations traumatisantes et les déshospitalisations qui nous le rendaient à peine apaisé, toujours au bord de la crise, délirant et halluciné. Lors de son dernier séjour, le plus long, nos visites hebdomadaires nous prouvaient que son état, loin de s’améliorer, s’aggravait, la fréquence de ses passages en chambre d’isolement en étant la démonstration.

Comment sa psychiatre, Mme G., si attentive et vigilante depuis sept ans, avait-elle accepté les conditions de son départ de Perray-Vaucluse ? J’aurais compris que l’on fasse l’expérience de laisser mon fils seul à condition qu’il soit sous haute surveillance. C’est-à-dire en mettant en place un accompagnement thérapeutique relayant les soins prodigués depuis plus d’une année à Perray-Vaucluse.

Mon fils est mort le 16 mars 2002, à trente et un ans. Il avait tenu sept jours en dehors de l’hôpital ! À une époque où l’on parle à tort et à travers du respect des droits de l’homme, un schizophrène reconnu très atteint, qui a passé des années à l’hôpital, a-t-il comme unique « droit » de mourir abandonné parce que les pouvoirs publics ne se sont pas donné comme devoir de l’accompagner ?

Extrait de "Mon fils est schizophrène", de Dominique Laporte, publié chez François Bourin, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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cloette
- 11/10/2014 - 20:55
oui....
je me pose la question du diagnostic initial, il n'y a pas de critère scientifique (genre radio ou analyse de sang ,etc) , mais les neuroleptiques, tranquillisants lourds sont prescrits, a-t-on la preuve qu'ils ne sont pas nocifs et empirent la situation ? Pourquoi ne pas mettre l'accent sur une thérapie comportementale, on sait bien que c'est une maladie multifactorielle et que l'environnement est un gros facteur de risque..;Le malade est asocial, réservé, timide, est-ce que ça se soigne à coup de cachets ?