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Depuis sa large diffusion par Internet, la question de la pornographie est devenue un sujet de société.
©Reuters

Gonflé

Les scientifiques se penchent (enfin) sur les effets de la pornographie sur les individus

L'impact de la pornographie sur le comportement des individus était jusque-là peu étudiée par les scientifiques. Le porno étant devenu sujet de société, les chercheurs se sont enfin emparés de ce thème controversé.

Jean-Paul Mialet

Jean-Paul Mialet

Jean-Paul Mialet est psychiatre, ancien Chef de Clinique à l’Hôpital Sainte-Anne et Directeur d’enseignement à l’Université Paris V.

Ses recherches portent essentiellement sur l'attention, la douleur, et dernièrement, la différence des sexes.

Ses travaux l'ont mené à écrire deux livres (L'attention, PUF; Sex aequo, le quiproquo des sexes, Albin Michel) et de nombreux articles dans des revues scientifiques. En 2018, il a publié le livre L'amour à l'épreuve du temps (Albin-Michel).

 

Voir la bio »Michelle  Boiron

Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles notamment sur le vaginisme, le rapport entre gourmandise et  sexualité, le XXIème sexe, l’addiction sexuelle, la fragilité masculine, etc. Michelle Boiron est aussi rédactrice invitée du magazine Sexualités Humaines

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Atlantico : Après une séquence pauvre en recherches scientifiques sur l'impact de la pornographie sur la santé des individus et sur la société, les chercheurs plébiscitent de plus en plus le sujet. Quelles sont selon-vous celles qui sont les plus intéressantes ? Quels sont les principaux enjeux de ces recherches ? 

Jean-Paul Mialet : Depuis sa large diffusion par Internet, la question de la pornographie est devenue un sujet de société. Dans ces dix dernières années, elle attire les chercheurs en quête de données objectives. Le phénomène était jusque-là passé sous silence ou abordé avec un regard connoté soit de réprobation morale, soitd’approbation libératrice.

Les premières données objectives importantes sont venues des pays nordiques. En 90, c’est à dire 20 ans après avoir autorisé la diffusion de matériel pornographique, on a constaté une amélioration des statistiques de la délinquance sexuelle, ce qui fut mis au crédit de la libéralisation. Mais faut-il y voir une conséquence de la libéralisation des mœurs qui avaient amené les sociétés nordiques à en venir là, ou bien un effet direct de la pornographie sur les individusà risque auxquels elle offre une façon de se défouler ? La question reste entière. Comme dans beaucoup de recherches concernant la pornographie, il n’est pas simple de distinguer ce qui revient à la surexposition de la sexualité par elle-même et ce qui tient à l’esprit de la société qui s’autorise cette liberté.

A l’époque, la pornographie ne concernait alors que des revues et films à diffusion restreinte. La situation est toute autre avec la prolifération des sites Internet. D’où la multiplication des recherches nouvelles depuis une dizaine d’années, tentant d’évaluer les conséquences de la pornographie à des niveaux neurobiologiques, psychologiques et sociologiques. Les données obtenues restent minces et sujettes à débat.Un fait demeure incontesté et il mérite d’être relevé : les femmes n’ont absolument pas le même intérêt que les hommes pour les scènes pornographiques… Question de formatage social, répondent les partisans des théories du genre. J’y vois plutôt, en ce qui me concerne, l’indice d’une différence fondamentale dans la structuration du plaisir érotique chez l’homme et la femme.

Qu'est-ce que les études menées jusqu'à présent nous apportent comme réponses concrètes sur les effets de la consommation de contenus pornographiques ?

Michelle Boiron : Les études concernant le risque de la pornographie augmentent et le phénomène prend de l’ampleur largement relayé par les médias. Elle est perceptible aussi dans le cabinet des thérapeutes et sexologues qui voient les demandes se multiplier de manières assez significatives. Reconnue comme une maladie, « l’addiction sexuelle » se soigne et n’ai plus vue comme liée à des obsédés sexuels. La terminologie ayant changé, les hommes consultent. Souvent parce qu’ils se sont faits « démasquer » et arrive avec une injonction de soins de leur partenaire.

Certaines études convergent vers un risque d’addiction avec tous les stigmates qui la caractérise : l’isolement, la nervosité, le manque d’intérêt  pour les femmes dans la vraie vie, la dévalorisation des femmes dans ces films, le temps passé. La pornographie détruit la sexualité naturelle et crée une altération des circuits de la récompense et parfois aussi à l’origine de dysfonctionnements sexuels. Dans le porno il n’y a pas « d’autres » et il apparait dans nos consultations que la passivité de l’homme face aux images en dehors de l’acte masturbatoire n’est pas le reflet d’une sexualité masculine qui se veut active puisque pénétrante dans la vraie relation sexuelle. Les images visionnées ne sont pas réalistes. Elles induisent chez certains une demande d’opération chirurgicale intime pour ressembler aux acteurs du porno.

D’autres études minimisent les effets délétères dans le cerveau des films pornos comparant ses effets à ceux d’un film d’horreur, et puis aussi de la récompense apportée par une tablette de chocolat… Cela peut prêter à sourire néanmoins pour le chocolat, on connait sa valeur anxiolytique. On connait aussi les dérives des comportements alimentaires, boulimie notamment.

Certaines études encore trouvent que le visionnage du porno accroit même le désir sexuel, augmente la satisfaction de ceux qui le pratique… Sachant que le porno ne joue que sur l’excitation, ce serait une bonne nouvelle que le désir ne soit pas atteint. Rappelons que la sexualité se conjugue avec le désir et l’excitation.

Enfin, les études scientifiques ne trouveraient pas de corrélation entre le visionnage du porno et des pratiques à risques ! A risque pour les autres ? L’addiction sexuelle est avant tout un risque pour soi, même si les relations et le lien avec les autres en pâtissent.

Comment expliquer cette désertion précédente de la pornographie par les scientifiques ? Le nombre de recherches sérieuses effectuées en la matière est-il à la hauteur de l'importance du sujet ?

Jean-Paul Mialet : Cette différence entre hommes et femmes a pu contribuer à l’ignorance du phénomène porno avant qu’il atteigne cette ampleur: la moitié féminine de la population n’y prête guère attention. Il est également probable que  la mode de l’hédonisme libertaire - considéré comme l’expression saine de valeurs émancipatrices –n’a pas non plus favorisé une exploration méthodique de la question. Mais l’absence d’études scientifiques a d’autres raisons.

La pornographie se prête mal à des explorations scientifiques. L’approche scientifique exige une définition claire des variables à examiner pour construire des hypothèses.

Or la notion même de pornographie n’est pas si simple à définir : où s’arrête l’érotique, où commence le porno ? Si l’on borne la question à la pornographie sur Internet, celle-ci est tentaculaire avec des sites variés aux menus innombrables.Quant aux comportements qui pourraient être influencés, ils sont complexes et délicats à observer. On ne parle pas facilement de son intimité fantasmatique et de sa vie sexuelle. Et le choix des variables d’observation retenues par les chercheurs peut refléter une orientation idéologique.

On comprend que les scientifiques se soient jusqu’à présent tenus à l’écart du sujet. Les recherches sérieuses ne font donc que débuter. Mais elles sont appelées, vu l’importance du sujet, à se multiplier : il semble que l’on soit sorti du consensus qui consiste à ignorer le phénomène ou à le minimiser.

Michelle Boiron : Le phénomène de la pornographie n’est pas un phénomène récent. Ce qui est nouveau c’est sa facilité d’accès et l’usage que l’on en fait. La consommation semble s’accélérer et atteindre toutes les couches de la population et à tous les âges de 7 à 77 ans voire plus aujourd’hui !

Ce phénomène a pu trouver un écho aussi important dans une société qui privilégie l’individualisme. En matière de sexualité, la pornographie, presque exclusivement réservée aux hommes, correspond à l’auto-érotisme, très marqué chez eux, car il n’est pas axé autour du lien. En effet le lien avec la femme chez l’homme reste problématique puisqu’il doit pour devenir un homme s’en éloigner comme il a dû s’éloigner de sa mère. Alors les images pornographiques lui permettent de connecter à la fois avec ses premiers émois avec la découverte de son sexe en solo et en même temps ces images viennent satisfaire son excitation qui est visuelle.

La performance sexuelle est venue s’ajouter à l’individualisme ainsi que la revendication féminine à obtenir une jouissance.

L’auto-érotisme, suggére aujourd’hui à l’homme et aussi à la femme pour connaitre son corps afin d’avoir accès à la jouissance, tend à devenir un plan B. On pouvait à juste titre ne pas trop s’inquiéter de ce phénomène jusqu’à ce que l’on découvre que la sexualité au même titre que l’alcool, le tabac, la drogue pouvait chez certaines personnes créer tous les ingrédients de l’addiction. Le discours ambiant normalisant la consommation de porno a retardé la vigilance des scientifiques sur le sujet. La sexualité, comme le jeu, sont rentrés dans la nosographie des addictions sans aucune ingérence. En effet les autres addictions nécessitent une absorption, c’est pourquoi on pouvait comprendre les éventuels dégâts dans le cerveau des consommateurs. Pour la sexualité, ce sont les circuits de la récompense qui sont altérés ce qui entraine une sur consommation et aussi une graduation dans les images qui déclenchent l’excitation.

La sexualité est normalement du ressort de l’intime et à ce titre ne regardait pas les autres. La société relayant la « norme sexuelle » le sujet du sexe est dorénavant jeté en pâtures et livré sur la place publique. Lucy Vincent a ouvert une réflexion sur les mécanismes biologiques en jeu et ainsi relayé le coeur à d’autres fonctions ! La sexualité vient elle aussi interroger les scientifiques puisqu’elle n’a plus comme but la reproduction, mais la jouissance dont les fonctions pour certains seraient altérées notamment à cause d’une consommation excessive de pornographie. Elle désocialiserait certains et surtout servirait de modèle aux jeunes générations qui s’en servirait comme modèle et initiation sexuelle.

Comment évaluer l'importance de la pornographie actuellement, et par quels mécanismes pourrait-elle influer, au-delà de la santé, sur la société en générale ?

Michelle Boiron : Il est difficile aujourd’hui d’évaluer l’importance de la pornographie, et de la mettre en exergue pour la rendre responsable de tous les maux dont souffrent actuellement les couples en difficulté, et la relation sexuelle en particulier.

C’est forcément multi factoriels. La société actuelle est anxiogène. Les liens ne sont plus durables et crée une anxiété côté masculin comme féminin. Même si la sexualité des hommes et des femmes diffèrent c’est quand même de leur complémentarité qu’elle se nourrissait jusqu’alors. Ces repères finalement assez confortables volent en éclat aujourd’hui notamment à cause de la volonté de parité dans les rôles féminin/ masculin, qui étaient jusqu’alors parfaitement établis, et l’arrivée en renfort de la théorie du genre qui perturbe l’être sexué que nous sommes.

Ce phénomène de repliement par l’auto-érotisme/ versus la relation sexuelle vient à un moment où la récompense et l’apaisement deviennent vitaux pour survivre face à l’agression ambiante. Pour les jeunes, les études sont difficiles, le travail est dur, la compétition angoissante, l’avenir incertain. Alors un plaisir seul le soir après une journée épuisante, pourquoi pas ?

La pérennité du « lien à l’autre » fortement chahutée entraine la consommation de rencontres multiples et avec une jouissance plus instantanée et prise sans engagement. Elle est validée d’une part par les applications Iphone de rencontres comme Tinder ou récemment APPH qui viennent faciliter les rencontres dans une société qui n’arrivent plus à se rencontrer. D’autre part, le site Gleeden nous propose l’adultère comme « la solution» pour palier à la sexualité en couple qui n’est pas satisfaisante (l’a-t’elle été un jour ?) Comment résister à tout cela ? La jouissance à bon compte, facile, enfin déculpabilisée après 2000 ans de judéo-christianisme qui nous a tous rendus coupables ? Hélas la sexualité s’est toujours nourrit de transgressions, d’interdits, par forcément de relations pures… Alors l’interdiction d’interdire vient mettre en exergue une consommation sans frein et qui ne se satisfait pas apparemment non plus de sa connexion facile… En témoigne la recrudescence des phénomènes addictifs.

Jean-Paul Mialet : Tout doit être mis en œuvre pour mieux comprendre comment réagit l’individu et la société à ce bain de pornographie ; quelles valeurs nouvelles se développent, comment évolue le désir pour chaque sexe,  les rapports au plaisir dans les deux sexes, quelle place prend le plaisir dans les échanges avec les autres. Encore une fois, il ne s’agit pas simplement d’un phénomène, mais d’une question de société. A ce titre, il est urgent que tous ceux qui réfléchissent sur la société, et pas uniquement les scientifiques, se penchent sur le sujet.

N’oublions pas que face à la vidéo, l’individu cultive le plaisir sexuel en soi et pour soi ; il se procure un plaisir solitaire. Cela pourrait ne pas avoir que des inconvénients. Après tout, beaucoup d’animaux jouent à des jeux qui paraissent n’avoir aucun but utile, mais représentent en fait un entraînement opportun pour l’accomplissement d’une activité fondamentale. La pornographie pourrait ainsi être l’exploration d’une gamme de jeux sexuels qui faciliteront la relation érotique lors de la rencontre amoureuse.

Mais le risque est que sa fréquentation excessive détourne du plaisir partagé au profit du plaisir pour lui-même.Ce risque pourrait être tempéré par une société qui saurait donner au plaisir sa place. Or notre monde sait-il encore donner au désir sa place ? N’en fait-il pas l’objectif d’un accomplissement personnel sans plus le concevoir comme un ressort qui pousse vers l’autre?

Il se pourrait ainsi que la pornographie accentue la désorientation d’une société qui a perdu le sens de l’autre et ne donne de poids qu’au plaisir individuel. On voit combien le sujet est complexe et nécessite la réflexion de tous. Quoiqu’on pense de la pornographie – symptôme d’un malaise ou péripétie de la liberté d’expression -  pornographie et société se donnent la main et se stimulent l’une l’autre en s’enfonçant dans une spirale hasardeuse.

Selon une récente étude, près de 40 millions d'Américains consommeraient quotidiennement des contenus pornographiques. Peut-on continuer à évoquer une addiction quand le phénomène est aussi répandu ? Qu'est-ce que cet engouement peut révéler de notre société (ou de la nature humaine ?) ?

Michelle Boiron : La sexualité aujourd’hui est le reflet de la société dans laquelle nous vivons. On est très certainement à l’aube d’une mutation radicale sans précédent dans l’histoire de l’humanité en ce qui concerne la relation sexuelle de l’homme et de la femme. En témoigne le sujet sur la reproduction jusque-là liée à la sexualité et qui aujourd’hui prend de plus en plus la forme en l’absence de rapports sexuels, de FiV ou autre manipulations médicales dont le recours n’est pas toujours lié à une pathologie de la reproduction.

Comment les gens aspireraient-ils à autre chose qu’à la jouissance alors que tout est fait pour qu’ils consomment tout et n’importe quoi et y compris du sexe ? On érige le sexe en fétiche et l’orgasme en réussite d’une vie. La société commence par le biais des scientifiques à se questionner sur un risque addictif d’une sexualité qu’on a promu en impératif vital ! La sexualité est un besoin mais il n’est pas vital comme dormir manger et boire.

En relisant aujourd’hui un livre écrit il y a 15 ans : Eloges des femmes mûres (de Stephen Vizinczey), on peut se questionner sur sa véracité aujourd’hui :"Vous les hommes, vous êtes des singes vaniteux. Votre seul plaisir, ce n’est ni les femmes ni même votre propre orgasme. La seule chose qui vous intéresse c’est de faire exploser une femme".

La question du nombre d’hommes qui consomment ne dit rien de ceux qui malgré une consommation régulière ne deviendront pas addict. Ce qui est en jeu n’est pas le nombre d’hommes qui consomment mais la différence de chaque homme face à une consommation de pornographie régulière. C’est là qu’intervient pour chacun un ensemble de facteurs qui conduiront certains à maintenir des rapports sexuels satisfaisants avec un/une partenaire malgré leur consommation de sites pornos réguliers voire fréquents et d’autres qui se feront piéger dans un temps plus ou moins long dans le risque addictif. La perte de contrôle et la liberté de s’abstenir en seront les marqueurs qui devront inciter à consulter. La prise de conscience de chacun individuellement pourra les aider à ne plus être dans le déni de l’addiction.

Les données des scientifiques peuvent nous renseigner sur ceux qui présentent des risques importants et les engager à consommer avec modération, ni plus ni moins qu’avec l’alcool ou le tabac…

En revanche, il faut savoir que le porno peut être un bon médicament contre l’anxiété et le stress quand on est seul/e ou que la frustration avec un/une partenaire est trop forte. Néanmoins, comme nous ne maitrisons pas encore très bien les conséquences de fortes consommations, il faut rester vigilant et privilégier la relation sexuelle en chair et en os. En d’autre terme « Molo le porno ! ». A consommer si possible avec modération.

Jean-Paul Mialet : Des enquêtes récentes démontrent qu’il y a en permanence sur la planète – par exemple, au moment même où j’écris – 1,7 million d’individus connectés sur du porno. Ils sont en effet 40 millions d’utilisateurs réguliers aux USA. La pornographie rentre donc bien dans les mœurs. Elle n’est pas le fait que de quelques individus dépendants. Pourquoi ? C’est simple : elle prend les hommes dans le sens exact du poil, elle flatte leur imaginaire. Difficile de résister alors qu’il suffit d’un clic pour pénétrer – à la différence d’une relation réelle…Aucune relation charnelle,aucun corps à corps avec un partenaire ne peut des prêter à de telles fantaisies : là c’est quand on veut, comme on veut, dans les situations les plus invraisemblables. Le désir, surtout le désir masculin qui ne demande qu’à s’éparpiller, se résigne mal à l’ordinaire ; le hors norme le stimule. La pornographie offre un vaste terrain de jeu.

Nous en avons vu certains risques : prendre l’habitude du jeu et ne plus parvenir à goûter la relation vraie.

Ce risque n’est pas si grave quand il s’agit d’individus mûrs qui savent faire la part du jeu et ne s’en servent que pour enrichir leurs jeux amoureux. Malheureusement, la pornographie a connu ce succès parce qu’elle est à la portée de tous via le Net : tous, mêmes les plus jeunes. Des enquêtes récentes montrent que la première exposition à des images pornographiques est très précoce –de plus en plus précoce : elle vient de passer de 8 ans à 6 ans. Quel est l’effet de cette rencontre précoce avec une sexualité virtuelle ? La curiosité pour le sexe est inscrite dans le règne animal ; elle sert les intérêts de l’espèce. L’enfant n’a pas besoin d’un enseignement pour manifester cette curiosité. Comment parvient-il à intégrer cette vision de la sexualité, dont il a déjà l’appétit malgré son innocence, avec ce qu’il voit autour de lui ? Réserve-t-il ces comportements aux « grands », et auxquels ? Les attribue-t-il à ses parents ? Devient-il avide de devenir comme les « grands » ? Autant de questions auxquelles il est encore impossible de répondre.

Il est certain que l’inconscient érotique des générations futures risque de connaître une transformation profonde. Quels en seront les effets sur la durée du lien ? Résistera-t-il à cette survalorisation du désir ? Le désir lui-même ne risque-t-il pas de s’épuiser par cette sollicitation constante ?Les enjeux du futur sont nombreux.

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